Gouvernement bruxellois : audit
Item : Gouvernement bruxellois. MP + 4 ministres + 3 secrétaires d'État Catégorie : Région bruxelloise. Structure Date : 2026-03-31 Statut : 🟠 Réformé
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale est le pouvoir exécutif de la Région de Bruxelles-Capitale. Selon la loi bruxelloise, il se compose de cinq membres, un ministre-président (en règle générale francophone) et quatre ministres (deux francophones, deux néerlandophones), auxquels s'ajoutent trois secrétaires d'État régionaux, dont au moins un néerlandophone : au total huit mandataires. Le gouvernement est élu à la majorité absolue au parlement et dans chaque groupe linguistique (double majorité).
Base juridique :
- Constitution, article 39 (Régions)
- Loi spéciale de réformes institutionnelles (LSRI), 8 août 1980
- Loi spéciale relative aux Institutions bruxelloises (LSIB ou loi bruxelloise), 12 janvier 1989 : articles 34 (composition), 35 (élection à la double majorité), 36 (motion de méfiance constructive) et 41 (secrétaires d'État)
Composition lors de la prestation de serment (gouvernement Dilliès, 14 février 2026) : Après une formation record de 615 jours (accord de gouvernement après 613 jours), le plus long processus de formation de l'histoire de la Belgique, une coalition de sept partis a été formée :
| Nom | Parti | Fonction | Compétences |
|---|---|---|---|
| Boris Dilliès | MR | Ministre-président | Sécurité, Tourisme, Énergie, Recherche scientifique, Relations extérieures, Pompiers, Affaires biculturelles |
| Elke Van den Brandt | Groen | Ministre | Mobilité, Travaux publics, Sécurité routière, Bien-être animal |
| Dirk De Smedt | Anders | Ministre | Budget, Finances, Fonction publique, Numérisation, Simplification administrative |
| Ahmed Laaouej | PS | Ministre | Action sociale et Solidarité, Pouvoirs locaux, Égalité des chances, Soutien scolaire |
| Laurent Hublet | Les Engagés | Ministre | Emploi, Économie |
| Audrey Henry | MR | Secrétaire d'État | Urbanisme, Développement territorial, Propreté |
| Karine Lalieux | PS | Secrétaire d'État | Logement, Secteur des taxis, Infrastructures sportives |
| Ans Persoons | Vooruit | Secrétaire d'État | Environnement, Climat, Rénovation urbaine, Patrimoine, Image de Bruxelles |
Partis de la coalition (7) : MR (20 sièges), PS (16), Les Engagés (8), Groen (4), Anders (2), Vooruit (2), CD&V (1) : ensemble 53 des 89 sièges. Le CD&V ne fournit aucun membre du gouvernement ; le parti fournit le président du Conseil de la VGC.
Budget de la Région bruxelloise (budget initial 2026) :
- Recettes : environ 6,6 milliards d'euros, dont 2,8 milliards d'euros d'impôts et 1,6 milliard d'euros de dotations
- Dépenses : environ 7,6 milliards d'euros (hors remboursements de dette)
- Déficit budgétaire : 957 millions d'euros (solde de financement SEC) ; en 2025, le déficit était de 1,03 milliard d'euros
- Dette consolidée : 16,1 milliards d'euros fin 2025 (provisoire), qui atteindrait 17,7 milliards d'euros fin 2026 selon la Cour des comptes
- Augmentation de la dette pendant la formation : en moyenne 2,74 millions d'euros par jour (un déficit d'environ 1 milliard d'euros par an)
Cabinets :
- 298 collaborateurs de cabinet (2026), contre 387 sous la législature 2019-2024 : 23 % de moins
- Budget des cabinets inférieur de 20 % à celui de 2019-2024 ; les crédits des cabinets baissent de 6,4 millions d'euros en 2026 ; d'ici la fin de la législature (2029), l'économie s'élèverait à environ 25 millions d'euros
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales : Le Gouvernement bruxellois exerce les compétences régionales : aménagement du territoire, logement, travaux publics, transports, politique économique, commerce extérieur, emploi, environnement, énergie, pouvoirs locaux, recherche scientifique et relations internationales.
Chevauchements et complexité : Le problème n'est pas le Gouvernement bruxellois en soi, mais la lasagne institutionnelle dans laquelle il opère. Au-dessus, à côté et à travers le gouvernement régional fonctionnent :
- VGC (Commission communautaire flamande) : compétences communautaires néerlandophones
- COCOF (Commission communautaire française) : compétences communautaires francophones
- GGC/COCOM (Commission communautaire commune) : matières personnalisables bicommunautaires (Iriscare compris)
- 19 communes ayant chacune son collège, son conseil communal, son CPAS et sa fiscalité
- 6 zones de police (la Chambre a approuvé en mai 2026 la fusion en une seule zone, à partir du 1er janvier 2028)
- Des dizaines d'OIP (organismes d'intérêt public)
Le Brussels Governance Monitor qualifie donc Bruxelles de ville institutionnellement la plus complexe d'Europe, avec six couches de pouvoir qui se chevauchent (Union européenne, État fédéral, Région, commissions communautaires, 19 communes et organismes pararégionaux) pour environ 1,26 million d'habitants (2026). En outre, la Communauté flamande et la Communauté française sont aussi compétentes à Bruxelles.
Indicateurs de performance :
- 615 jours sans gouvernement de plein exercice après les élections de 2024 (record)
- Un déficit budgétaire d'environ 1 milliard d'euros : 1,03 milliard d'euros en 2025, 957 millions d'euros dans le budget initial 2026
- La Cour des comptes met en garde contre un effet boule de neige des déficits et de la dette (rapport sur le budget 2026)
- Belfius a résilié sa ligne de crédit de 500 millions d'euros à partir du 1er janvier 2026 ; fin mars et début avril 2026, la Région a conclu de nouvelles lignes de crédit auprès de Deutsche Bank (250 millions d'euros) et d'ING (500 millions d'euros)
Déficit démocratique : La double majorité impose de larges coalitions :
- Après les élections de 2024, sept partis ont été nécessaires pour 53 sièges sur 89
- Du côté néerlandophone, quatre partis réunissent ensemble 9 des 17 sièges (Groen 4, Anders 2, Vooruit 2, CD&V 1)
- L'accord de gouvernement n'est arrivé qu'après 613 jours, au terme d'une négociation de trois jours : le plus petit dénominateur commun devient politique
1C. Comparaison internationale
Berlin (Allemagne) : ville-État
- Structure : Regierender Bürgermeister + 10 sénateurs (ministres) au maximum
- Population : 3,7 millions (fin 2025)
- Un seul niveau de pouvoir en tant que ville-État : le Senat = gouvernement de l'entité fédérée = administration de la ville
- 12 Bezirke (districts) aux compétences déléguées limitées. Pas de parlement ni de fiscalité propres
- Aucune obligation linguistique dans la composition
- Richtlinienkompetenz : le bourgmestre fixe les lignes directrices politiques
Hambourg (Allemagne) : ville-État
- Structure : Premier Bourgmestre + 11 sénateurs au plus (12 membres au maximum)
- Population : environ 1,9 million (fin 2025)
- Un seul niveau de pouvoir : le Senat gouverne tout
- 7 Bezirke aux missions exécutives déléguées
- Le Premier Bourgmestre choisit lui-même ses sénateurs, le parlement approuve
- Modèle fortement centralisé et efficient
Vienne (Autriche) : ville-État
- Structure : le bourgmestre est Landeshauptmann, le Stadtsenat est le gouvernement de l'entité fédérée
- Population : 2,0 millions (1er janvier 2026)
- Gemeinderat = Landtag (100 membres, double casquette)
- Un seul appareil administratif (Magistrat) pour toutes les missions
- Pas de communes distinctes à l'intérieur de la ville, mais 23 Bezirke (districts)
Copenhague (Danemark) : gouvernance métropolitaine
- Structure : Lord Mayor + 6 bourgmestres (commissions sectorielles), choisis au sein d'un conseil communal de 55 membres
- Population : environ 672.000 (commune, 1er janvier 2026)
- Système de comités : 7 commissions permanentes prennent les décisions finales dans leur domaine
- Prise de décision directe : chaque commission sectorielle, présidée par un bourgmestre, décide elle-même dans son domaine
- Un seul niveau de pouvoir pour toute la ville
Conclusion de la comparaison internationale : Aucune capitale européenne comparable n'a :
- 6 couches de pouvoir pour environ 1,26 million d'habitants
- Une majorité obligatoire dans chaque groupe linguistique pour former un gouvernement
- 19 communes distinctes dotées d'une autonomie complète
- 3 commissions communautaires par-dessus le gouvernement régional
- Une formation record de 615 jours
Berlin, Hambourg, Vienne et Copenhague montrent qu'une capitale ou ville-État dotée d'un seul gouvernement efficace, d'un seul appareil administratif et éventuellement de districts décentralisés est le modèle qui fonctionne.
1D. Problèmes et critiques
Morcellement institutionnel : L'OCDE (Territorial Review de la Région de Bruxelles-Capitale, la « Metropolitan Review », février 2024) recommande de rationaliser la gouvernance et d'envisager à cet effet de transférer les compétences de la COCOM, de la VGC et de la COCOF à la Région, de sorte que la Région et les trois commissions puissent former un seul ensemble. Elle cite aussi comme option le transfert de l'urbanisme, de la mobilité et du stationnement à la Région (sur le modèle des districts d'Anvers ou de Paris) et recommande d'envisager des fusions de communes.
Durée de formation : 615 jours sans gouvernement de plein exercice. Un problème structurel, pas accidentel. La double majorité (une majorité dans chaque groupe linguistique) et le grand nombre de partis rendent les coalitions extrêmement difficiles.
Crise budgétaire : 16,1 milliards d'euros de dette consolidée (fin 2025), un déficit d'environ 1 milliard d'euros par an (2025-2026). Pendant la formation, la dette a augmenté en moyenne de 2,74 millions d'euros par jour.
Légitimité démocratique : Après les élections de 2024, sept partis ont dû collaborer, dont trois (Anders, Vooruit, CD&V) avec seulement 1 ou 2 sièges. Cela mène à une politique de consensus sur le plus petit dénominateur commun.
Chevauchement avec les communes : 19 communes disposant de leurs propres collèges, conseils et CPAS créent une prolifération de mandats et des doublons de services.
Culture des cabinets : Malgré les économies, les cabinets (le personnel propre des ministres) restent un phénomène belge qui n'existe sous cette forme dans aucun des pays de comparaison.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ | Le gouvernement régional se situe au bon niveau, mais les 19 communes en dessous et les 3 commissions communautaires à côté créent des couches inutiles. Beaucoup de missions seraient mieux placées au centre (la Région) ou au niveau local (les districts). |
| 2 | Transparence | ❌ | Pour le citoyen, il est impossible de savoir qui décide de quoi : Région, communes, VGC, COCOF, COCOM, OIP. Personne ne comprend ce système. Même après 615 jours de formation, on ne savait pas clairement qui devenait responsable de quoi. |
| 3 | Responsabilité = financement | ❌ | Fiscal gap énorme. La Région dépense 7,6 milliards d'euros mais ne perçoit que 2,8 milliards d'euros d'impôts (2026). Le reste provient de dotations, d'autres transferts et d'emprunts. Les communes lèvent leurs propres impôts à côté de la Région. Aucun lien clair entre qui décide et qui paie. |
| 4 | Simplicité | ❌ | La structure de gouvernance la plus complexe d'Europe. 6 couches de pouvoir, 8 membres du gouvernement, 19 bourgmestres, 3 commissions communautaires, des dizaines d'OIP. Un jeune de 16 ans ne peut pas comprendre cela. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ | La Région (environ 1,26 million) a une échelle suffisante, mais les 19 communes sont souvent trop petites (environ 66.000 habitants en moyenne, de 22.578 à Koekelberg à 198.674 à Bruxelles-Ville, 1er janvier 2026). Bien trop morcelé pour une gestion professionnelle. |
| 6 | Compétences concurrentes | ❌ | Aucun espace d'innovation. Le système est verrouillé par des lois spéciales, des doubles majorités et des accords de coopération. Chaque changement exige une majorité spéciale. |
| 7 | Orientation résultats | ❌ | Pas de KPI structurels pour le gouvernement. La Cour des comptes met en garde contre un effet boule de neige des déficits et de la dette. 615 jours sans gouvernement montrent que le système ne fonctionne pas de manière orientée résultats. L'équilibre budgétaire est sans cesse reporté. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ | Avec IRISbox, la Région bruxelloise offre un guichet électronique unique pour les services régionaux et communaux, mais derrière ce guichet, les 19 communes travaillent chacune avec leur propre administration et leur propre informatique. Pas de principe once only à travers les couches de pouvoir. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | Aucune ville comparable n'a ce modèle. Berlin, Hambourg, Vienne, Copenhague : toutes ont un seul gouvernement urbain efficace, sans commissions communautaires ni 19 communes autonomes. |
Score de synthèse : 0 ✅ · 3 ⚠️ · 6 ❌
Top 3 des principes offrant le plus de gains :
- Simplicité : simplifier toute la structure vers un seul niveau de pouvoir
- Transparence : montrer clairement qui décide et qui paie
- Éprouvé : reprendre le modèle de ville-État de Berlin, Hambourg et Vienne
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé : le Gouvernement bruxellois est maintenu mais est fondamentalement simplifié comme élément d'un modèle bruxellois de ville-État plus large.
3B. Proposition concrète
Ce qui change :
- Un seul gouvernement de l'entité fédérée bruxelloise remplace l'actuelle Région + les 3 commissions communautaires (la VGC, la COCOF et la COCOM sont supprimées)
- Composition : un gouvernement collégial de cinq membres au plus : un président et autant de membres néerlandophones que francophones (art. 6 et 43 de la Constitution HART ; auparavant un ministre-président, 4 ministres et 3 secrétaires d'État). Plus de secrétaires d'État. Des portefeuilles clairs et délimités.
- Garanties linguistiques sans paralysie : des garanties inscrites dans la Constitution pour les néerlandophones : au moins un siège sur cinq au parlement (7 sur 33) et la parité linguistique au gouvernement (art. 6 de la Constitution HART), des services en néerlandais ou en français au choix, une offre d'enseignement en néerlandais garantie via le concordat néerlandophone (art. 31) et un Commissaire linguistique fédéral doté d'un pouvoir de sanction. Ce qui disparaît, ce sont la double majorité lors de l'élection du gouvernement et la sonnette d'alarme : une majorité simple au parlement suffit. Cela évite les blocages de formation.
- 19 communes → une seule ville de 8 à 10 districts de 120.000 à 150.000 habitants, avec un conseil de district élu directement et des compétences déléguées (espaces verts locaux, culture, sport, jeunesse). Les compétences lourdes comme l'urbanisme, la mobilité et le CPAS passent à l'administration centrale (sur le modèle de Vienne, d'Anvers et de Berlin). Pas de fiscalité propre, pas de parlement propre.
- Réduire les cabinets : passage au modèle d'une administration professionnelle comme aux Pays-Bas, avec des hauts fonctionnaires nommés via la chambre gouvernance de l'Organe de nomination indépendant (art. 38 de la Constitution HART) et le Service belge d'administration générale (BABD). Le BABD est d'abord mis en place, puis les cabinets sont réduits à cinq collaborateurs politiques au plus par membre du gouvernement (art. 40 et 43 §3). Les ministres pilotent des hauts fonctionnaires, pas des collaborateurs de cabinet.
- La motion de méfiance constructive est maintenue : la LSIB (art. 36) prévoit déjà que le gouvernement ne peut tomber que si le parlement propose en même temps un successeur. Ce principe, qui vaut aussi en Allemagne, est maintenu. Avec la majorité simple lors de la formation du gouvernement, il garantit la continuité de la gouvernance.
Modèle international : hybride de Berlin (structure des Bezirke) et de Vienne (administration combinée de la ville et de l'entité fédérée avec un seul Magistrat), avec un gouvernement collégial sur le modèle du Regierungsrat cantonal suisse.
Gain d'efficience estimé :
- Suppression de la VGC, de la COCOF et de la COCOM : fin du doublon des trois administrations de commission, ensemble environ 15 à 25 millions d'euros par an (estimation HART, comptée dans l'audit VGC)
- 19 communes → une seule ville avec districts : économie sur les collèges, les conseils communaux et les structures de CPAS, comptée dans l'audit 19 communes bruxelloises
- Réforme des cabinets : comptée dans l'audit faîtier Cabinets ministériels (tous niveaux de pouvoir confondus)
- Cinq membres du gouvernement au plus au lieu de huit : petit montant, non chiffré séparément
- Cet audit n'ajoute aucun montant propre au total de la réforme de l'État, afin d'éviter les doubles comptages. Son gain propre est une prise de décision plus rapide et meilleure.
Trajet de mise en œuvre :
- Fondement : art. 2, 6 et 43 de la Constitution HART (Bruxelles comme entité fédérée, un gouvernement paritaire de cinq membres au plus, sans secrétaires d'État) et art. 40 (cinq collaborateurs politiques au plus par membre du gouvernement)
- Le fonctionnement du gouvernement est réglé par Bruxelles dans son statut organique (art. 43)
- Horizon temporel : 5 à 10 ans (une législature complète de préparation + une pour la mise en œuvre)
- Étape intermédiaire : transférer d'abord les compétences des commissions communautaires à l'entité fédérée bruxelloise et, pour l'enseignement, aux concordats, puis fusionner les 19 communes en une seule ville avec districts
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
Gouvernement bruxellois : réformé Bruxelles devient une vraie ville-État : un seul gouvernement efficace au lieu de l'enchevêtrement actuel de Région, de commissions communautaires et de 19 communes. Les droits linguistiques restent garantis, mais la structure devient assez simple pour que chaque Bruxellois sache qui décide.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
Le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale se compose d'un ministre-président, de quatre ministres et de trois secrétaires d'État, répartis selon une parité linguistique obligatoire (francophone/néerlandophone). Cela paraît lisible, jusqu'à ce que vous réalisiez qu'il ne s'agit là que d'une des six couches de pouvoir qui se chevauchent et qui gouvernent Bruxelles. À côté de la Région, il y a trois commissions communautaires (VGC, COCOF, GGC/COCOM) pour les matières personnalisables, 19 communes ayant chacune son bourgmestre, son collège et son conseil communal, et des dizaines d'institutions autonomisées. La Région bruxelloise dépense environ 7,6 milliards d'euros par an (2026), a une dette consolidée de 16,1 milliards d'euros (fin 2025) et un déficit budgétaire d'environ 1 milliard d'euros par an (2025-2026).
Ce qui ne va pas
Après les élections de juin 2024, il a fallu 615 jours pour former un gouvernement bruxellois : un record belge. La cause : le gouvernement a besoin d'une majorité dans chaque groupe linguistique, et du côté néerlandophone, quatre partis ont dû s'unir pour réunir 9 des 17 sièges. Entre-temps, la dette augmentait en moyenne de 2,74 millions d'euros par jour. Le résultat est une coalition de sept partis, dont trois avec seulement 1 ou 2 sièges : un compromis sur le plus petit dénominateur commun. Dans sa Metropolitan Review de 2024, l'OCDE a recommandé de simplifier la structure institutionnelle de Bruxelles et d'envisager à cet effet de transférer les compétences de la VGC, de la COCOF et de la COCOM à la Région, de sorte que la Région et les trois commissions puissent former un seul ensemble. Le système actuel viole six des neuf principes que HART applique à un État qui fonctionne : pas de transparence, pas de simplicité, pas d'orientation résultats, pas de responsabilité claire.
Comment cela fonctionne ailleurs
Berlin (3,7 millions d'habitants, 2025) est gouvernée par un seul Senat : un Regierender Bürgermeister avec dix sénateurs (ministres) au maximum. En dessous fonctionnent douze Bezirke (districts) aux missions déléguées limitées : pas de fiscalité propre, pas de parlement propre. Hambourg (environ 1,9 million, 2025) fonctionne de la même manière : un Premier Bourgmestre avec onze sénateurs au plus, sept districts. Vienne (2,0 millions, 2026) combine la ville et l'entité fédérée dans une seule administration : le bourgmestre est en même temps gouverneur de l'entité fédérée, le conseil communal est en même temps parlement de l'entité fédérée, et un seul appareil administratif (Magistrat) exécute l'ensemble. Aucune de ces villes ne connaît de commissions communautaires, de 19 communes autonomes ni de périodes de formation de plus de 600 jours.
Ce que HART propose
Bruxelles devient une vraie ville-État sur le modèle germano-autrichien :
Un seul gouvernement de l'entité fédérée bruxelloise de cinq membres au plus : un président et autant de membres néerlandophones que francophones, sans secrétaires d'État (art. 6 et 43 de la Constitution HART). Les trois commissions communautaires (VGC, COCOF, GGC) sont supprimées et leurs compétences intégrées à l'entité fédérée ; pour l'enseignement, Bruxelles fait partie des deux concordats (art. 31).
Des garanties linguistiques sans paralysie. Des garanties inscrites dans la Constitution pour les néerlandophones : au moins un siège sur cinq (7 sur 33) et la parité linguistique au gouvernement (art. 6 de la Constitution HART), des services en néerlandais ou en français au choix, une offre d'enseignement en néerlandais garantie via le concordat néerlandophone et un Commissaire linguistique fédéral doté d'un pouvoir de sanction. Mais la double majorité lors de la formation du gouvernement et la sonnette d'alarme disparaissent : une majorité simple au parlement suffit. Ainsi, les formations ne sont plus prises en otage par la recherche d'une majorité distincte dans un groupe linguistique néerlandophone morcelé de 17 sièges.
Les 19 communes deviennent une seule ville de 8 à 10 districts de 120.000 à 150.000 habitants, avec un conseil de district élu directement et des compétences déléguées limitées (espaces verts locaux, culture, sport, jeunesse). Les compétences lourdes comme l'urbanisme, la mobilité et le CPAS sont centralisées, sur le modèle de Vienne, d'Anvers et des Bezirke berlinois. Pas de fiscalité propre, pas de parlement propre.
Réduire les cabinets au profit d'une administration professionnelle avec des hauts fonctionnaires (via l'Organe de nomination indépendant et le Service belge d'administration générale), jusqu'à cinq collaborateurs politiques au plus par membre du gouvernement. Les ministres pilotent la politique, les fonctionnaires l'exécutent.
La motion de méfiance constructive est maintenue (sur le modèle allemand, et déjà ainsi dans la LSIB) : le gouvernement ne peut tomber que si le parlement désigne en même temps un successeur. Avec la majorité simple lors de la formation du gouvernement : plus de périodes de formation de plus de 600 jours.
Ce que cela rapporte
- Simplicité : une seule gouvernance bruxelloise avec des districts au lieu d'une Région, de trois commissions communautaires et de 19 communes. Chaque Bruxellois sait qui décide.
- Économie : la suppression d'administrations doubles, de mandats et de frais de structure rapporte de l'argent, mais HART le compte dans les différents volets : environ 15 à 25 millions d'euros par an pour les trois commissions communautaires ensemble, le reste dans la fusion des 19 communes et la réforme des cabinets. Ainsi, rien n'est compté deux fois.
- Rapidité : plus de blocages de formation dus à la double majorité. La motion de méfiance constructive garantit la continuité de la gouvernance.
- Meilleurs services : une seule administration numérique derrière un seul guichet pour tous les Bruxellois, au lieu de 19 back-offices communaux à côté des services régionaux.
- Sécurité linguistique : les droits des néerlandophones ne dépendent ni de la bonne volonté politique ni d'une loi spéciale, mais sont ancrés dans la Constitution et opposables via un Commissaire linguistique.
Phase 5 : sources
| Source | URL | Date | Utilisé pour |
|---|---|---|---|
| be.brussels. De Gewestregering | https://be.brussels/en/about-region/structure-and-organisations/parliament-ministers/government-region | En continu | Composition (ministre-président, 2 + 2 ministres, 3 secrétaires d'État) |
| Codex Vlaanderen. Bijzondere wet van 12 januari 1989 met betrekking tot de Brusselse instellingen | https://codex.vlaanderen.be/Portals/Codex/documenten/1006967.html | Consolidé | Art. 34 (composition), 35 (double majorité), 36 (motion de méfiance constructive), 41 (secrétaires d'État) |
| Wikipedia. Brusselse Hoofdstedelijke Regering | https://nl.wikipedia.org/wiki/Brusselse_Hoofdstedelijke_Regering | En continu | Répartition linguistique et désignation par le parlement |
| Wikipedia. Regering-Dilliès | https://nl.wikipedia.org/wiki/Regering-Dilli%C3%A8s | 2026 | Prestation de serment le 14 février 2026, partis de la coalition et sièges |
| BRUZZ. Zo ziet de nieuwe Brusselse regering eruit | https://www.bruzz.be/actua/politiek/zo-ziet-de-nieuwe-brusselse-regering-eruit-de-smedt-begroting-van-den-brandt | févr. 2026 | Ministres, secrétaires d'État et compétences |
| VRT NWS. Brusselse regering alle ministers | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2026/02/13/brusselse-regering-alle-ministers/ | 13 févr. 2026 | Coalition et rôle du CD&V |
| BRUZZ. Dalle officieel voorzitter van VGC-Raad | https://www.bruzz.be/actua/politiek/benjamin-dalle-nu-officieel-voorzitter-van-de-vgc-raad-2026-03-06 | 6 mars 2026 | Le CD&V fournit le président du Conseil de la VGC ; le collège de la VGC se compose des membres néerlandophones du gouvernement |
| 21bis. De nieuwe regering-Dilliès: wie is wie? | https://21bis.be/2026/02/de-nieuwe-regering-dillies-wie-is-wie/ | févr. 2026 | Répartition linguistique des membres du gouvernement |
| Wikipedia. Regeringsformaties België 2024-2025 | https://nl.wikipedia.org/wiki/Regeringsformaties_Belgi%C3%AB_2024-2025 | 2026 | Durée de la formation (accord après 613 jours, prestation de serment le 14 février 2026) |
| NOS. Na 600 dagen formeren eindelijk akkoord | https://nos.nl/artikel/2602175-na-600-dagen-formeren-eindelijk-akkoord-over-regering-brusselse-gewest | 12 févr. 2026 | Accord le 12 février 2026, sept partis |
| Euronews. Brussels coalition after 600-day deadlock | https://www.euronews.com/2026/02/13/brussels-government-reaches-coalition-agreement-after-600-day-deadlock | 13 févr. 2026 | Majorité requise dans les deux groupes linguistiques |
| VRT NWS. Uitdagingen voor de nieuwe Brusselse regering | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2026/02/16/brusselse-regering-uitdagingen-dillies/ | 16 févr. 2026 | Accord négocié en trois jours |
| Rekenhof. Ontwerpordonnanties houdende de begrotingen 2026 van het Brussels Hoofdstedelijk Gewest | https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2026_17_BegrotingenBHG2026.pdf | 13 mars 2026 | Solde SEC de -957 millions (2026), dette consolidée de 16,1 milliards (fin 2025) et de 17,7 milliards (estimation fin 2026) |
| BRUZZ. Brusselse begroting groen licht | https://www.bruzz.be/actua/politiek/brusselse-begroting-krijgt-groen-licht-commissie-2026-03-23 | 23 mars 2026 | Recettes de 6,622 et dépenses de 7,613 milliards (2026) |
| BRUZZ. Marathon naar begrotingsevenwicht | https://www.bruzz.be/actua/politiek/zo-start-de-brusselse-regering-haar-marathon-naar-een-begrotingsevenwicht-2026-03-16 | 16 mars 2026 | Impôts de 2,8 et dotations de 1,6 milliard ; crédits de cabinet -6,4 millions ; 20 % de personnel de cabinet en moins ; avertissement de la Cour des comptes (effet boule de neige) |
| BRUZZ. Brussels tekort 2025 'maar' 1 miljard euro | https://www.bruzz.be/actua/politiek/brussels-begrotingstekort-voor-2025-maar-1-miljard-euro-2026-01-31 | 31 janv. 2026 | Déficit 2025 : 1,029 milliard |
| BRUZZ. Dossier Brussel zonder regering | https://www.bruzz.be/dossier/brussel-zonder-regering | 2026 | Augmentation de la dette de 2,74 millions par jour (1 milliard divisé par 365) |
| RTBF. Les cabinets ministériels bruxellois au régime | https://www.rtbf.be/article/les-cabinets-ministeriels-bruxellois-au-regime-avec-pres-de-100-collaborateurs-en-moins-11751420 | 2 juill. 2026 | 298 collaborateurs de cabinet contre 387 ; budget -20 %, 25 millions sur la législature |
| VRT NWS. Belfius stopt kredietlijn voor Brussel | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/10/14/brussel-belfius-kredietlijn-kredietrating-gatz/ | 14 oct. 2025 | Ligne de crédit de 500 millions résiliée à partir du 1er janvier 2026 |
| BRUZZ. Nieuwe kredietlijn bij ING voor 500 miljoen | https://www.bruzz.be/actua/economie/brusselse-regering-krijgt-ademruimte-door-nieuwe-kredietlijn-bij-ing-voor-500-miljoen-2026-04-01 | 1 avr. 2026 | Lignes de crédit ING (500 millions, 1er avril 2026) et Deutsche Bank (250 millions, 27 mars 2026) |
| VRT NWS. Kamer geeft groen licht voor fusie Brusselse politiezones | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2026/05/13/kamer-geeft-groen-licht-voor-fusie-brusselse-politiezones/ | 13 mai 2026 | Une seule zone de police à partir du 1er janvier 2028 |
| Statbel. Bevolking per gemeente op 1 januari 2026 | https://statbel.fgov.be/sites/default/files/files/documents/bevolking/5.1%20Structuur%20van%20de%20bevolking/Bevolking_per_gemeente.xlsx | 1 janv. 2026 | Habitants de Koekelberg (22.578) et de Bruxelles-Ville (198.674) |
| Statbel. Bevolking per gewest 2026 | https://bestat.statbel.fgov.be/bestat/crosstable.xhtml?view=7ef37f09-4a96-4c4c-8d90-350d3dafb4ac | 1 janv. 2026 | Population de la Région bruxelloise (1.255.834) |
| OESO. OECD Territorial Reviews: Brussels-Capital Region, Belgium | https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2024/02/oecd-territorial-reviews-brussels-capital-region-belgium_836ed7b2/0552847b-en.pdf | févr. 2024 | Recommandations (p. 165-166) : envisager le transfert des compétences de la COCOM, de la VGC et de la COCOF à la Région, urbanisme, mobilité et stationnement à la Région comme option, envisager des fusions de communes |
| BRUZZ. OESO beveelt aan: interne staatshervorming | https://www.bruzz.be/actua/politiek/oeso-beveelt-aan-kilometerheffing-soepelere-bouwregels-en-een-interne | 6 févr. 2024 | Recommandations de l'OCDE |
| BRUZZ. Brusselse regeringsleden zien in OESO-rapport bevestiging | https://www.bruzz.be/actua/politiek/brusselse-regeringsleden-zien-oeso-rapport-een-bevestiging-van-hun-analyse-2024-02 | févr. 2024 | Metropolitan Review de l'OCDE |
| urban.brussels. Metropolitan Review OESO | https://urban.brussels/nl/articles/de-metropolitan-review-van-de-oeso | 2024 | Présentation du rapport le 6 février 2024 |
| Brussels Governance Monitor. Levels of power | https://governance.brussels/en/explainers/levels-of-power | En continu | Six couches de pouvoir qui se chevauchent ; "most institutionally complex city in Europe" |
| The Low Countries. Why Brussels Needs to Rethink Governance | https://www.the-low-countries.com/article/why-brussels-needs-to-rethink-its-governance/ | 15 juin 2022 | Analyse de la complexité institutionnelle |
| be.brussels. IRISbox | https://be.brussels/en/about-region/values-budget-and-strategy/transparency-free-access-information/irisbox-electronic-service-counter-government-agencies | En continu | Guichet électronique pour les services régionaux et communaux |
| Wikipedia. Politics of Berlin | https://en.wikipedia.org/wiki/Politics_of_Berlin | En continu | Douze Bezirke sans fiscalité propre |
| Berlin.de. Political structure | https://www.berlin.de/rbmskzl/en/the-senate/political-structure/ | En continu | Senat avec dix sénateurs au maximum, Richtlinienkompetenz |
| Amt für Statistik Berlin-Brandenburg. Bevölkerungsfortschreibung 2025 | https://www.statistik-berlin-brandenburg.de/presse/2026/73-bevoelkerungsfortschreibung-2025-berlin/ | 2026 | Population de Berlin fin 2025 (3.700.577) |
| Wikipedia. Government of Hamburg | https://en.wikipedia.org/wiki/Government_of_Hamburg | En continu | Senat de 12 membres au maximum, sept Bezirke |
| hamburg.com. Government | https://www.hamburg.com/residents/about-hamburg/government-18852 | En continu | Structure de gouvernance de Hambourg |
| Statistikamt Nord. Bevölkerungsentwicklung in Hamburg 2025 | https://www.statistik-nord.de/zahlen-fakten/bevoelkerung/dokumentenansicht/bevoelkerungsentwicklung-in-hamburg-2025-67884 | 2026 | Population de Hambourg fin 2025 (1.869.473) |
| wien.gv.at. City Government of Vienna | https://www.wien.gv.at/english/politics/citygovernment/ | En continu | Bourgmestre en même temps Landeshauptmann |
| Wikipedia. Municipal Council and Landtag of Vienna | https://en.wikipedia.org/wiki/Municipal_Council_and_Landtag_of_Vienna | En continu | Double fonction à Vienne (100 membres) |
| Statistik Austria. Bevölkerung Österreichs 2025 nur leicht gewachsen | https://www.statistik.at/fileadmin/announcement/2026/02/20260209Bevoelkerung1.1.2026.pdf | 9 févr. 2026 | Population de Vienne au 1er janvier 2026 (2.042.036, provisoire) |
| City of Copenhagen. Government | https://international.kk.dk/about-copenhagen/government | En continu | Structure de gouvernance de Copenhague (55 conseillers, 7 commissions) |
| Danmarks Statistik. Statistikbanken, tabel FOLK1A | https://www.statistikbanken.dk/FOLK1A | 1 janv. 2026 | Population de la commune de Copenhague (671.714) |
Métadonnées
- Économie estimée : aucun montant propre (pour éviter les doubles comptages). La suppression de la VGC, de la COCOF et de la COCOM (environ 15 à 25 millions d'euros par an pour les trois ensemble) est comptée dans l'audit VGC, la fusion des 19 communes dans l'audit 19 communes bruxelloises et la réforme des cabinets dans l'audit faîtier Cabinets ministériels.
- Révisé : 2026-09-27 (vérification des faits : chiffres, sources, formulation intemporelle)