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Comité R + Comité P : contrôle des services de renseignement et de police

Date de l'audit : 2026-03-30 Statut : 🟠 Réformé : le Comité P rejoint la chambre médiation et police du conseil de contrôle fédéral, le Comité R reste distinct avec des membres sélectionnés sur score Catégorie : Sécurité et Renseignement


Phase 1 : recherche approfondie

1A. De quoi s'agit-il exactement ?

La Belgique connaît deux comités de contrôle parlementaires distincts pour ses services de sécurité :

Comité permanent de contrôle des services de renseignement et de sécurité (Comité R)

Comité permanent de contrôle des services de police (Comité P)

Effectif commun : environ 107 collaborateurs (fin 2025), plus 8 membres permanents, pour deux comités Budget commun : environ 20,6 millions d'euros de crédits de dépenses (2026)

1B. Que font-ils en pratique ?

Comité R :

Comité P :

Chevauchements et coordination :

Problèmes :

1C. Comparaison internationale

Pays-Bas. CTIVD + Inspectie Justitie & Veiligheid

Norvège. EOS-komitéen (le modèle de référence)

Allemagne. Parlamentarisches Kontrollgremium (PKGr) + G10-Kommission

Danemark. TET (Tilsynet med Efterretningstjenesterne)

Suisse. AB-ND (Aufsichtsbehörde über den Nachrichtendienst)

1D. Problèmes et critiques

  1. Morcellement structurel : une seule loi, une seule commission d'accompagnement et un seul bâtiment, mais deux comités distincts avec leur propre personnel, leur propre budget, leur propre administration et leur propre informatique pour ce qui est, en substance, une seule mission : le contrôle parlementaire des services de sécurité. Le contrôle de l'OCAM, ils l'organisent déjà ensemble.

  2. Pression budgétaire : le Comité P signale dans ses rapports annuels 2024 et 2025 que la dotation annuelle ne couvre pas la masse salariale. Le cadre du personnel n'est pas entièrement pourvu. En même temps tourne un Comité R distinct, avec ses propres frais de structure. Une fusion apporterait des économies d'échelle.

  3. Lacune de coordination dans la lutte contre le terrorisme : pour les dossiers qui touchent à la fois la police et les services de renseignement (terrorisme, criminalité organisée, menace cyber), deux comités doivent se concerter. C'est lourd et cela crée un risque d'angles morts dans le contrôle (« oversight gaps »).

  4. Capacité limitée du Comité R : avec 7 commissaires-auditeurs (fin 2025) pour deux services de renseignement (VSSE, SGRS) et, avec le Comité P, l'OCAM, la question est de savoir si le Comité R dispose d'une capacité suffisante pour un contrôle approfondi, surtout vu la croissance des compétences cyber et du partage international de données.

  5. Synergies non réalisées : depuis 2021, des groupes de travail des institutions de la Chambre bénéficiaires d'une dotation cherchent des synergies, mais structurellement il reste deux entités séparées. Les réformes du paysage du renseignement lui-même ne touchent pas à la question fondamentale de savoir si deux comités de contrôle sont nécessaires.


Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes

# Principe Appréciation Justification
1 Subsidiarité ✅ Le contrôle parlementaire des services de sécurité fédéraux relève du niveau fédéral. Correctement placé.
2 Transparence ⚠️ Les comités publient des rapports annuels et leurs budgets sont approuvés à la Chambre, mais le citoyen sait à peine qu'il existe deux organes de contrôle distincts, et encore moins qui est responsable de quoi.
3 Responsabilité = financement ⚠️ Le Comité P signale une dotation structurellement insuffisante : elle ne couvre pas la masse salariale. La Chambre donne le mandat mais ne prévoit pas toujours le budget correspondant.
4 Simplicité ❌ Deux comités distincts, chacun avec son propre service d'enquêtes, sa propre administration, sa propre informatique, pour ce qui est en substance la même mission (le contrôle parlementaire des services de sécurité), alors qu'ils relèvent de la même loi et de la même commission de la Chambre.
5 Taille critique ❌ Le Comité R, avec environ 29 collaborateurs (dont 7 commissaires-auditeurs, fin 2025), est petit pour contrôler en profondeur tous les services de renseignement. Le Comité P, avec environ 78, est plus grand mais souffre de déficits budgétaires. Ensemble, ils formeraient un ensemble plus professionnel.
6 Compétences concurrentes ⚠️ Pas directement applicable. Il s'agit d'un organe de contrôle fédéral. Mais la séparation rigide entre police et renseignement entrave un contrôle intégré des dossiers qui touchent aux deux.
7 Orientation résultats ⚠️ Les recommandations des deux comités ne sont pas contraignantes. Il n'existe pas de mécanisme structurel pour imposer un suivi. Que les recommandations aient un effet dépend de la volonté politique du ministre.
8 Numérique d'abord ⚠️ Les plaintes peuvent être introduites en ligne auprès du Comité P. Les deux comités modernisent leur informatique chacun de leur côté : le Comité R avec un projet de numérisation propre, le Comité P avec un nouveau système de gestion des plaintes propre. Deux systèmes informatiques distincts pour deux organes relevant de la même loi, c'est inefficient.
9 Éprouvé à l'étranger ⚠️ Le modèle norvégien de l'EOS (un seul comité pour tous les services de renseignement et de sécurité, y compris le service de sécurité de la police) et le modèle danois du TET (un seul organe pour les deux services de renseignement) montrent qu'un contrôle intégré fonctionne. Le Comité R le fait déjà pour les services de renseignement. Le contrôle de la police ordinaire reste toutefois séparé dans ces pays, et les Pays-Bas séparent eux aussi les deux.

Synthèse : les gains les plus importants se situent au niveau de la Simplicité (principe 4) et de la Taille critique (principe 5). Le contrôle de la police gagne en taille et en services partagés au sein du conseil de contrôle ; le contrôle du renseignement reste distinct, parce qu'il exige le secret, des habilitations de sécurité et la confiance des services partenaires étrangers.


Phase 3 : la proposition de HART

3A. Classification

🟠 Réformé Le Comité P rejoint la chambre médiation et police du conseil de contrôle fédéral (art. 36 de la Constitution HART) ; le Comité R reste un organe de contrôle distinct, dont la chambre contrôle de l'Organe de nomination indépendant sélectionne les membres sur score (art. 38)

3B. Proposition concrète

Ce qui change :

Niveau de pouvoir : fédéral : la chambre médiation et police du conseil de contrôle fédéral, et le Comité R. Pour la police des entités fédérées : le conseil de contrôle du groupe linguistique

Modèle international : les Pays-Bas pour le contrôle du renseignement (un contrôle distinct et indépendant et une commission parlementaire distincte) ; la Norvège (EOS) et le Danemark (TET) pour un seul contrôle de tous les services de renseignement, comme le fait déjà le Comité R

Gain d'efficience estimé :

Trajet de mise en œuvre :

  1. Une loi fédérale remplace la loi du 18 juillet 1991 : le Comité P rejoint la chambre médiation et police du conseil de contrôle fédéral, et le Comité R reste un organe distinct (art. 36 et 38 de la Constitution HART ; une majorité simple suffit)
  2. Période de transition de 18 mois pour l'intégration du personnel
  3. Les mandats en cours sont respectés jusqu'à leur terme
  4. Le contrôle de la police revient à des membres du conseil de contrôle, et les membres du Comité R sont désormais sélectionnés sur score ; dans les deux cas par la chambre contrôle de l'Organe de nomination indépendant (art. 38)

Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)

Comité R + Comité P : réformé

La Belgique a deux gendarmes parlementaires distincts pour la sécurité : un pour la police, un pour les services de renseignement. Le contrôle de la police rejoint le conseil de contrôle, avec le médiateur : un seul guichet pour les plaintes contre la police et l'administration. Le contrôle du renseignement reste distinct, comme aux Pays-Bas, car les services secrets exigent le secret, des habilitations de sécurité et la confiance des services partenaires étrangers.


Comment cela fonctionne aujourd'hui

La Belgique a deux Comités permanents qui contrôlent les services de sécurité : le Comité P (police) avec environ 78 collaborateurs et un budget de 14,4 millions d'euros, et le Comité R (renseignement) avec environ 29 collaborateurs et un budget de 6,2 millions d'euros (personnel fin 2025, budget 2026). Les deux ont été créés par la même loi en 1991, sont installés dans le même bâtiment et font rapport à la même commission de la Chambre. Pourtant ils fonctionnent comme deux organisations séparées, chacune avec son propre service d'enquêtes, sa propre administration et ses propres systèmes informatiques.

Ensemble, cela représente environ 107 collaborateurs, 8 membres permanents et un budget d'environ 20,6 millions d'euros par an.

Ce qui ne va pas

La séparation entre le contrôle de la police et celui du renseignement semble logique sur le papier, mais dans la pratique elle entraîne trois problèmes :

1. Frais de structure en double. Deux greffes, deux services RH, deux environnements informatiques, deux comptabilités. Pour deux organes qui relèvent de la même loi et font rapport à la même commission de la Chambre. Le Comité P signale dans ses rapports annuels 2024 et 2025 que sa dotation ne couvre pas la masse salariale et que le cadre du personnel n'est de ce fait pas entièrement pourvu. En même temps tourne un Comité R distinct, avec ses propres frais de structure.

2. Lacune de coordination. Face au terrorisme, aux menaces cyber et à la criminalité organisée, la police et les services de renseignement collaborent étroitement. Mais leurs organes de contrôle sont séparés. Ainsi apparaissent des « oversight gaps » : des angles morts lorsque deux organes voient chacun une partie du tableau mais que personne ne surveille l'ensemble. La loi reconnaît elle-même ce problème : le contrôle de l'OCAM se fait déjà conjointement, et les deux comités doivent se réunir ensemble au moins deux fois par an.

3. Sous-capacité. Le Comité R dispose de 7 commissaires-auditeurs (fin 2025) pour contrôler la VSSE et le SGRS, et avec le Comité P l'OCAM. À une époque de compétences cyber croissantes, de partage international de données et de méthodes particulières de recueil de données. C'est intenable.

Comment cela fonctionne ailleurs

La Norvège dispose depuis 1996 de l'EOS-komitéen : un seul comité parlementaire de 7 membres qui contrôle TOUS les services de renseignement et de sécurité : le service de renseignement militaire (NIS), le service de sécurité de la police (PST), l'autorité nationale de sécurité (NSM) et le service de sécurité de la défense (FSA). Un seul point de contact pour le parlement, pas de problèmes de coordination, pas de double administration. La police ordinaire n'en relève pas, tout comme chez HART.

Le Danemark suit une voie comparable avec le TET (Tilsynet med Efterretningstjenesterne), qui contrôle depuis 2014, comme organe indépendant, aussi bien le service de renseignement civil que le service militaire, ainsi que l'unité PNR de la police nationale. En 2020, le TET a formulé, après des éléments fournis par un lanceur d'alerte, de lourdes critiques à l'encontre du renseignement militaire : un organe de contrôle disposant d'un accès complet peut montrer les dents.

Les Pays-Bas disposent avec la CTIVD d'un contrôle du renseignement de 4 membres avec un secrétariat propre, complété par la TIB, qui contrôle au préalable et de manière contraignante les compétences particulières. Le contrôle de la police passe par d'autres canaux, et la Tweede Kamer contrôle les services secrets dans une commission distincte. C'est le modèle que HART suit pour le contrôle du renseignement.

Ce que HART propose

Le Comité P rejoint le conseil de contrôle fédéral, le Comité R reste distinct (art. 36 et 38 de la Constitution HART) :

Ce que cela rapporte


Phase 5 : sources

Source URL Utilisé pour
Wet van 18 juli 1991 tot regeling van het toezicht op politie- en inlichtingendiensten en op het Coördinatieorgaan voor de dreigingsanalyse https://www.ejustice.just.fgov.be/eli/wet/1991/07/18/1991009963/justel Base juridique des deux comités, mandats de 6 ans (art. 6 et 30), réunions et enquêtes communes (art. 52-55), contrôle de l'OCAM
Comité P. Over het Comité P https://comitep.be/over-het-comiteacute-p.html Création en 1991, début des activités à la mi-1993
Comité P. Organisatie https://comitep.be/organisatie.html Composition (5 membres, 6 ans), cadre du personnel (52 + 36)
Comité P. Jaarverslag 2024 https://comitep.be/document/jaarverslagen/Comité%20P%20Jaarverslag%202024.pdf Dotation 2023-2024, la dotation ne couvre pas la masse salariale (2023 et 2024), adresse Leuvenseweg 48
Comité P. Jaarverslag 2025 https://comitep.be/document/jaarverslagen/Comité%20P%20Jaarverslag%202025.pdf Personnel fin 2025 (46 commissaires-auditeurs, 32 administratifs), dotation 2025, 91 % de dépenses de personnel, plaintes 2025 (2.783 reçues, 1.184 clôturées)
Kamer. DOC 56 0983/002, begrotingen dotatiegerechtigde instellingen 2026 https://www.lachambre.be/FLWB/PDF/56/0983/56K0983002.pdf Budget 2026 : Comité P 14,4 M€ (dotation 14,2 M€), Comité I 6,2 M€ (dotation 4,1 M€)
Comité I. Activiteitenverslag 2023 https://www.comiteri.be/images/pdf/activiteitenverslagen/AV_RA_2023_NL.pdf Chiffres des plaintes 2023 (43 clôturées), réunions communes avec le Comité P, groupes de travail sur les synergies, contrôle des banques de données communes avec le COC
Comité I. Activiteitenverslag 2025 (FR) https://www.comiteri.be/wp-content/uploads/2026/06/1785-CRI-Rapport-dactivite_FR-OPMAAK_AS.pdf Composition, mandat de 6 ans, personnel fin 2025 (7 commissaires-auditeurs, 22 administratifs), budget 2025, composition de l'Organe de recours
Comité I. Activiteitenverslagen https://www.comiteri.be/publications/rapports-dactivites/ Rapports depuis 1994
Comité I. Officiële website https://www.comiteri.be Missions, adresse Leuvenseweg 48
CTIVD (Nederland): Leden en staf https://www.ctivd.nl/over-ctivd/leden-en-staf-ctivd Composition (4 membres, deux départements, secrétariat)
TIB (Nederland) https://www.tib-ivd.nl Contrôle préalable contraignant des compétences particulières aux Pays-Bas
EOS-komitéen (Noorwegen): Over het comité https://eos-utvalget.no/en/home/about-the-eos-committee/ Modèle norvégien : 7 membres, créé en 1996, un seul comité pour tous les services de renseignement et de sécurité
EOS-komitéen. De EOS-diensten https://eos-utvalget.no/en/home/about-the-eos-committee/the-eos-services/ Quels services sont sous contrôle (PST, pas la police ordinaire)
TET (Denemarken): Officiële website https://tet.dk/en/ Services sous contrôle (PET, FE, unité PNR)
TET. Persbericht bijzonder onderzoek FE (augustus 2020) https://tet.dk/wp-content/uploads/2020/08/PRESSEMEDDELELSE.pdf Critique du FE, création du TET le 1er janvier 2014
Bundestag. Controleorganen https://www.bundestag.de/en/committees/bodies/scrutiny PKGr et G10-Kommission allemands
Grundgesetz, art. 45d https://www.gesetze-im-internet.de/gg/art_45d.html Base constitutionnelle du PKGr
G10-Gesetz, § 15 https://www.gesetze-im-internet.de/g10_2001/__15.html Composition de la G10-Kommission
AB-ND (Zwitserland): Officiële website https://www.ab-nd.admin.ch/en Contrôle indépendant suisse
Tweede Kamer. Inlichtingen- en veiligheidsdiensten https://www.tweedekamer.nl/debat_en_vergadering/uitgelicht/inlichtingen-en-veiligheidsdiensten Pays-Bas : contrôle distinct (CTIVD, TIB) et commission parlementaire distincte pour les services secrets
Comité I. Advies over de bijzondere inlichtingenmethoden https://comiteri.be/images/pdf/eigen_publicaties//bim%20advies%203.pdf Le Comité R comme juridiction pour les méthodes particulières de recueil de données, avec des décisions contraignantes

Audit réalisé le 2026-03-30 dans le cadre de l'audit ligne par ligne de la réforme de l'État de HART.