CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) : audit
Date : 2026-03-31 Catégorie : institutions de la FWB. Redistribuées Statut proposé : 🟣 Fusion. Absorbé dans un seul Institut belge des médias (BIM)
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Nom officiel : Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) Base juridique : créé en 1987 comme organe consultatif au sein de l'administration de la Communauté française. Le décret du 24 juillet 1997 lui a donné l'indépendance ainsi que des compétences de contrôle et de sanction. Le décret du 27 février 2003 sur les médias audiovisuels en a fait une autorité administrative indépendante dotée de la personnalité juridique. Le cadre légal est le décret du 4 février 2021 relatif aux services de médias audiovisuels et aux services de partage de vidéos, qui a remplacé le décret coordonné du 26 mars 2009 (issu du décret de 2003).
Niveau de pouvoir : Fédération Wallonie-Bruxelles (Communauté française) : un niveau de pouvoir qui est supprimé dans le modèle HART.
Budget : la dotation annuelle de la FWB s'élevait à 3,751 millions d'euros en 2024. En octobre 2024, le gouvernement de la FWB a décidé que la dotation resterait gelée à ce niveau pour les années suivantes, bien que le contrat de financement 2024-2028 prévoie une indexation annuelle plus 1 %. Le contrat précédent (2019-2023) partait de 2,8 millions d'euros (année de base 2019). La dotation couvre tant les frais de fonctionnement que les frais de personnel et est inscrite au budget de la FWB (division organique 25, allocation de base 41.04). Les modalités de financement sont fixées dans un contrat de financement quinquennal conclu avec le gouvernement de la FWB.
Personnel : environ 30 collaborateurs répartis en unités spécialisées (médias, numérique et technologie, monitoring, service juridique, études et recherche, communication, affaires internationales et européennes, secrétariat d'instruction).
Tutelle : autorité administrative indépendante. Le Bureau se compose d'un président (à temps plein) et de trois vice-présidents (à temps partiel, avec jetons de présence), désignés par le gouvernement pour un mandat renouvelable de cinq ans.
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales :
- Régulation des services de médias audiovisuels en Communauté française : chaînes de télévision (RTBF, télévisions locales et privées), radios, services à la demande, webTV, webradios, plateformes de partage de vidéos
- Régulation des distributeurs (câblo-opérateurs comme Proximus, VOO, Telenet ; diffusion numérique terrestre ; satellite)
- Octroi d'autorisations aux radios privées (FM et DAB+) et enregistrement des déclarations des services privés de télévision et à la demande
- Contrôles de conformité annuels
- Sanctions : de l'avertissement au retrait d'autorisation
- Traitement des plaintes via le Secrétariat d'instruction indépendant
- Monitoring de la concentration des médias et du pluralisme
- Depuis 2024 : coresponsable de l'application du Digital Services Act (DSA) ; l'accord de coopération avec l'IBPT, le VRM et le Medienrat est en vigueur depuis le 9 janvier 2025
Structure à deux collèges :
- Collège d'autorisation et de contrôle (10 membres : les quatre membres du Bureau, trois membres désignés par le Parlement de la FWB et trois par le gouvernement de la FWB) : octroie les autorisations, contrôle le respect des règles, inflige les sanctions
- Collège d'avis (les quatre membres du Bureau, seize membres effectifs issus du secteur audiovisuel et six membres avec voix consultative) : rend des avis sur la publicité, la protection des mineurs, la dignité humaine, l'information politique en période électorale, l'accessibilité
Chevauchements avec d'autres institutions :
- Le VRM (Vlaamse Regulator voor de Media, régulateur flamand des médias) fait exactement la même chose pour la Communauté flamande
- Le Medienrat fait la même chose pour la Communauté germanophone
- L'IBPT (fédéral) régule les télécoms et est désigné comme coordinateur numérique national pour le DSA
- Pour l'application du DSA, il y a donc quatre autorités compétentes dans un pays de 11,9 millions d'habitants (2026) : IBPT + VRM + CSA + Medienrat
Indicateurs de performance : le CSA publie des rapports annuels et des études spécifiques sur le pluralisme des médias. Le Media Pluralism Monitor 2026 du Centre for Media Pluralism and Media Freedom (EUI) attribue à la Belgique un risque élevé pour la pluralité du marché (68 %) et un score de risque de 44 % pour l'inclusion sociale. Aucune évaluation externe indépendante du CSA lui-même n'a été trouvée.
1C. Comparaison internationale
Pays-Bas. Commissariaat voor de Media (CvdM)
- Un seul régulateur national des médias pour tout le pays (18,1 millions d'habitants, 2026)
- Budget : environ 13,7 millions d'euros (2025), dont 10,2 millions d'euros de financement par le ministère de l'OCW
- Personnel : 80 ETP (87 collaborateurs) fin 2025
- Compétent pour les médias publics et commerciaux, les services à la demande, la publicité
- Le contrôle du DSA relève aux Pays-Bas de l'ACM (coordinateur des services numériques), l'Autoriteit Persoonsgegevens étant la seconde autorité compétente
- Conclusion : un seul régulateur des médias dessert 18,1 millions de personnes, contre quatre régulateurs des médias (trois des Communautés plus l'IBPT pour Bruxelles bilingue) pour 11,9 millions en Belgique
Allemagne. 14 Landesmedienanstalten
- Modèle fédéral avec 14 autorités régionales des médias (problème comparable à celui de la Belgique)
- Elles collaborent sous la coupole « die medienanstalten », avec un bureau commun à Berlin (GGS) et des commissions communes, notamment pour la concentration des médias (KEK) et la protection de la jeunesse (KJM)
- Depuis novembre 2020, le Medienstaatsvertrag place aussi les plateformes de médias, les moteurs de recherche, les réseaux sociaux et les portails vidéo sous surveillance
- Différence avec la Belgique : l'Allemagne compte 83,5 millions d'habitants (2026) (l'échelle justifie une approche régionale) et dispose d'une structure de coordination solide qui fait défaut à la Belgique
Autriche. KommAustria + RTR
- Modèle convergent : un seul bureau, la RTR (Rundfunk und Telekom Regulierungs-GmbH), appuie à la fois l'autorité des médias KommAustria et les régulateurs des télécoms et de la poste (Telekom-Control-Kommission et Post-Control-Kommission)
- La RTR compte environ 200 collaborateurs pour les médias, les télécoms et la poste réunis
- Créée le 1er avril 2001 par la loi KommAustria, pour réguler ensemble les médias et les télécoms
- Pays de 9,2 millions d'habitants (2026) avec des langues minoritaires reconnues (notamment le croate, le slovène et le hongrois) : et pourtant un seul régulateur des médias
- Conclusion : le modèle convergent autrichien est la référence la plus pertinente
Suisse. BAKOM/OFCOM
- Un seul office fédéral (BAKOM) pour la communication : médias, télécoms et poste
- Il relève du département fédéral UVEK (DETEC)
- Il dessert un pays de 9,1 millions d'habitants (2025) avec quatre langues nationales (allemand, français, italien, romanche)
- Et pourtant, pas de régulateur distinct par région linguistique, mais une seule institution fédérale
- Conclusion : si la Suisse peut avoir un seul régulateur des médias avec quatre langues, la Belgique le peut aussi
Danemark. Radio- og tv-nævnet
- Régulateur des médias dont le secrétariat est assuré par l'Agence pour la culture et les palais (Slots- og Kulturstyrelsen)
- Petit, efficient, intégré à l'administration de la culture
- Pays de 6,0 millions d'habitants (2026). Échelle comparable à celle de la Communauté française
1D. Problèmes et critiques
Quatre régulateurs pour un petit pays. La Belgique a quatre régulateurs des médias distincts (VRM, CSA, Medienrat et l'IBPT pour les médias audiovisuels à Bruxelles bilingue) pour 11,9 millions d'habitants, alors que les Pays-Bas en ont un pour 18,1 millions et la Suisse un pour 9,1 millions avec quatre langues.
La mise en œuvre du DSA a été lente. Le DSA s'applique pleinement depuis le 17 février 2024. L'accord de coopération entre l'État fédéral et les Communautés pour l'application du DSA n'est entré en vigueur que le 9 janvier 2025, près de onze mois plus tard. Entre-temps, la Commission européenne a ouvert une procédure d'infraction et a adressé à la Belgique en décembre 2024 un avis motivé, parce qu'elle n'avait pas désigné ni investi à temps son coordinateur des services numériques.
Mise en œuvre de l'EMFA sous pression budgétaire. L'European Media Freedom Act (EMFA) s'applique depuis août 2025 ; le European Board for Media Services a succédé à l'ERGA en février 2025. Selon la Commission européenne (2025), aucun budget supplémentaire n'était encore prévu pour les missions EMFA du VRM, et la dotation du CSA est gelée depuis 2024 alors que ses missions européennes augmentent.
Lié à un niveau de pouvoir supprimé. Le CSA est une institution de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Dans le modèle HART, la FWB est supprimée et ses compétences vont aux entités fédérées et au concordat francophone. Le CSA perd ainsi son ancrage institutionnel.
Taille limitée. ±30 collaborateurs et 3,75 millions d'euros de budget (2024, gelé depuis) pour un paysage médiatique toujours plus complexe, avec des plateformes, des algorithmes, de la désinformation, des contenus générés par l'IA. Le CvdM néerlandais dispose de près de quatre fois plus de budget (13,7 millions d'euros en 2025) pour des missions comparables.
Pas de surveillance convergente. Les médias et les télécoms sont régulés séparément (CSA contre IBPT), alors que la convergence entre les deux secteurs est un fait depuis des décennies. L'Autriche a résolu cela en 2001 avec KommAustria/RTR.
Des règles différentes selon la région linguistique. En cas de « position significative », le CSA peut lancer une procédure d'évaluation du pluralisme, convenir de mesures et sanctionner si ces engagements ne sont pas tenus ; le VRM cartographie surtout la concentration des médias et en fait rapport, sans une telle procédure. Les mêmes entreprises de médias (Proximus, Telenet) sont actives sur les deux marchés mais relèvent de régimes différents.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ | L'appréciation du contenu des médias est culturellement sensible et doit rester liée à la langue, mais la répartition entre trois Communautés ayant chacune son régulateur est trop fine. La distribution et les règles européennes sur les plateformes (DSA, SMA, EMFA) appellent une approche nationale. |
| 2 | Transparence | ⚠️ | Le CSA publie des rapports annuels et ses décisions, mais le citoyen ne comprend pas pourquoi il existe quatre régulateurs des médias, chacun avec son propre cadre légal. La complexité de la répartition des compétences mine la transparence. |
| 3 | Responsabilité = financement | ❌ | La FWB finance le CSA par dotation, mais la FWB n'a elle-même pratiquement pas de recettes fiscales propres. Elle vit de transferts fédéraux. Qui décide (la FWB) n'est pas qui paie (le contribuable fédéral). Écart fiscal classique. |
| 4 | Simplicité | ❌ | Trois régulateurs des médias des Communautés + l'IBPT (télécoms et médias à Bruxelles bilingue) + des accords de coopération pour le DSA = quatre autorités pour un seul pays de 11,9 millions d'habitants. Les Pays-Bas le font avec un seul régulateur des médias. La Suisse aussi. |
| 5 | Taille critique | ❌ | ±30 collaborateurs et 3,75 millions d'euros (2024, gelé depuis) pour réguler un paysage médiatique numérique en évolution rapide. Trop petit pour exécuter professionnellement toutes les missions (DSA, EMFA, IA, régulation des plateformes) ; le CSA souligne lui-même que ses missions augmentent alors que sa dotation est gelée. |
| 6 | Compétences concurrentes | ⚠️ | En théorie, les entités fédérées pourraient expérimenter en matière de régulation des médias, mais la situation actuelle mène plutôt à de l'incohérence (le VRM et le CSA ont des compétences différentes en matière de concentration des médias) qu'à une concurrence saine. |
| 7 | Orientation résultats | ⚠️ | Le CSA publie des rapports, mais il n'existe pas d'évaluation externe indépendante du régulateur lui-même. Pas de benchmarking par rapport à des pairs internationaux. Pas de KPI publics assortis de cibles. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ | Le CSA a une présence numérique et un système de plaintes en ligne, mais la régulation elle-même reste fortement axée sur les modèles de broadcast traditionnels. L'adaptation aux plateformes et aux algorithmes est en retard. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | Les Pays-Bas, la Suisse et l'Autriche démontrent qu'un seul régulateur (convergent) par pays suffit, même dans des contextes multilingues. Le modèle belge de quatre régulateurs distincts est, pour un pays de cette taille, une exception et non une best practice. |
Synthèse : 0× ✅, 5× ⚠️, 4× ❌. Les gains les plus importants se situent au niveau de la simplicité (quatre régulateurs → un seul Institut belge des médias avec des chambres linguistiques), de la taille critique (trop petit pour la mission) et du principe éprouvé à l'étranger (modèle convergent comme en Autriche et en Suisse).
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟣 Fusion. Le CSA est absorbé dans le nouvel Institut belge des médias (BIM), avec le VRM, le Medienrat et les compétences médias de l'IBPT.
3B. Proposition concrète
Ce qui change :
- La FWB est supprimée comme niveau de pouvoir. Le CSA perd ainsi sa base institutionnelle.
- Le CSA fusionne avec le VRM, le Medienrat et les compétences médias de l'IBPT en un seul Institut belge des médias (BIM), sur le modèle du BAKOM suisse et du CvdM néerlandais.
- L'appréciation du contenu des médias (impartialité, protection des mineurs, règles publicitaires, quotas de langue et de musique, obligations locales) reste sensible à la langue et est traitée par une chambre francophone au sein du BIM. Car le contenu médiatique EST lié à la langue.
- Toute la régulation de la distribution de ce contenu (réseaux physiques ET plateformes algorithmiques) et les règles européennes qui y sont liées (DSA, DMA, SMA, EMFA) sont organisées de manière centrale, y compris l'octroi des licences, la concentration des médias et la régulation des plateformes. Cette distinction reste praticable parce que les canaux de distribution n'adaptent pas eux-mêmes le contenu, mais déterminent bien qui voit quoi.
- Une Chambre des plateformes distincte au sein du BIM reçoit l'application du DSA, la surveillance des systèmes de recommandation algorithmique et le rapport annuel sur la concentration des plateformes numériques (Google, YouTube, Meta, TikTok). Cette chambre collabore structurellement avec l'Autorité de la concurrence pour l'application du DMA.
- Protocole de coopération permanent avec l'Autorité de la concurrence pour l'application du DSA et du DMA. L'Autorité de la concurrence reste lead sur le DMA ; le BIM est lead sur le DSA. Ensemble, ils publient chaque année un rapport intégré unique sur le pouvoir médiatique ET la domination des plateformes, de sorte que la concentration médiatique traditionnelle ET la domination des plateformes numériques soient appréciées dans un seul cadre.
- Le rapport sur la concentration des médias couvre désormais non seulement les médias classiques (radiodiffuseurs, journaux, câblo-opérateurs) mais aussi les plateformes numériques et leurs systèmes de recommandation algorithmique.
- Un seul conseil d'administration, une seule direction, un seul visage belge au European Board for Media Services (le successeur de l'ERGA).
Modèle international de référence : la Suisse (BAKOM) : un seul organe fédéral des médias pour quatre communautés linguistiques ; les Pays-Bas (CvdM) pour l'efficience liée à la taille ; l'Autriche (KommAustria/RTR) pour la surveillance convergente.
Gain d'efficience estimé :
- Quatre structures de frais généraux (conseils d'administration, directions, services juridiques, informatique) n'en font plus qu'une. Économie estimée de 15-25 % sur les frais de fonctionnement combinés : environ 1-2,5 millions d'euros par an sur un coût commun d'environ 8-10 millions d'euros
- Regroupement d'environ 65 collaborateurs (VRM 21 + CSA ±30 + Medienrat 4 + IBPT-médias ±10) en un seul organe professionnel disposant d'une taille suffisante pour la surveillance numérique
- Mise en œuvre univoque des directives européennes (SMA, DSA, EMFA) : plus d'incohérences entre les Communautés
- Un seul point de contact pour les citoyens, les entreprises de médias et les institutions européennes
Trajet de mise en œuvre :
- Loi fédérale portant création du BIM sur la base de l'art. 27 de la Constitution HART (les autorités de surveillance indépendantes), avec l'accord du Conseil des entités fédérées là où elle touche à leurs compétences, selon l'art. 35 (première année)
- Création du BIM par cette loi (deuxième année)
- Démarrage opérationnel dans le cadre de la réforme de l'État de HART (dans les trois ans suivant le lancement)
- Nécessite : ni loi à majorité spéciale ni révision de la Constitution, car dans la Constitution HART les autorités de surveillance indépendantes sont fédérales (art. 27) ; dans le régime actuel, les services de médias audiovisuels et sonores sont des matières culturelles selon l'article 4, 6° de la loi spéciale du 8 août 1980
- Le personnel du CSA est transféré au BIM (pas de licenciements forcés)
Phase 4/5 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) : fusion Le régulateur francophone des médias est absorbé dans un seul Institut belge des médias (BIM), avec le VRM, le Medienrat et les compétences médias de l'IBPT. L'appréciation du contenu francophone passe toujours par une chambre linguistique spécifique, mais le back-office, les licences, le DSA et la régulation des plateformes deviennent centraux.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
Le CSA est le régulateur indépendant des médias de la Fédération Wallonie-Bruxelles, créé en 1987. Il régule la télévision, la radio, les services à la demande et les distributeurs en Communauté française. Il compte environ 30 collaborateurs et travaille avec une dotation annuelle de 3,75 millions d'euros (2024, gelée depuis). Le CSA octroie des autorisations, contrôle le respect des règles médias, traite les plaintes et surveille le pluralisme des médias. Depuis 2024, il est aussi coresponsable de l'application du Digital Services Act (DSA) européen.
Ce qui ne va pas
La Belgique a quatre régulateurs des médias distincts pour 11,9 millions d'habitants : le VRM (Flandre), le CSA (francophone), le Medienrat (germanophone) et l'IBPT pour les médias audiovisuels à Bruxelles bilingue. C'est comme si vous aviez quatre agents de circulation distincts au même carrefour, chacun avec ses propres règles.
La conséquence est concrète :
- L'accord de coopération sur l'application du DSA n'est entré en vigueur que près de onze mois après le début du DSA. La Commission européenne a entre-temps ouvert une procédure d'infraction contre la Belgique, parce qu'elle n'avait pas désigné ni investi à temps son coordinateur des services numériques.
- Le VRM cartographie surtout la concentration des médias ; le CSA peut aussi lancer une procédure et convenir de mesures. Les mêmes entreprises de médias (Proximus, Telenet) relèvent donc de règles différentes selon la langue.
- Pour l'European Media Freedom Act (EMFA), le VRM n'a, selon la Commission européenne, pas encore reçu de moyens supplémentaires, et la dotation du CSA est gelée.
- Le CSA a ±30 collaborateurs pour un ensemble de missions toujours plus complexe : plateformes, algorithmes, désinformation, contenus IA. Aux Pays-Bas, le Commissariaat voor de Media dispose de près de quatre fois plus de budget (13,7 millions d'euros en 2025) pour un seul régulateur qui dessert tout le pays.
Le CSA est en outre une institution de la Fédération Wallonie-Bruxelles : un niveau de pouvoir qui ne perçoit aucun impôt propre et vit de transferts fédéraux. Le citoyen qui paie (via les impôts fédéraux) n'a aucune vue sur qui décide de la régulation des médias dans une autre région linguistique.
Comment cela fonctionne ailleurs
Aux Pays-Bas, le Commissariaat voor de Media (CvdM) régule tout le secteur des médias avec une seule instance : un budget d'environ 13,7 millions d'euros (2025), 80 ETP, pour 18,1 millions d'habitants. Une seule loi, un seul régulateur, un seul point de contact.
En Autriche, ils sont allés encore plus loin. Depuis 2001, un seul bureau, la RTR, appuie à la fois l'autorité des médias KommAustria et les régulateurs des télécoms et de la poste : médias et télécoms sous un même toit. La RTR compte environ 200 collaborateurs, pour un pays de 9,2 millions d'habitants. L'avantage : si une entreprise comme Proximus propose à la fois des services internet et du contenu télévisé, vous n'avez pas besoin de deux régulateurs distincts.
En Suisse, le BAKOM fédéral (OFCOM) a le mandat pour les médias, les télécoms et la poste, pour un pays avec quatre langues nationales (allemand, français, italien, romanche). Si la Suisse parvient à faire fonctionner un seul régulateur des médias avec quatre langues, la Belgique le peut avec trois.
Ce que HART propose
Suppression du CSA comme institution de la FWB. La Fédération Wallonie-Bruxelles est supprimée. Le CSA perd ainsi sa base institutionnelle.
Fusion en un seul Institut belge des médias (BIM). Le CSA est absorbé, avec le VRM, le Medienrat et les compétences médias de l'IBPT, dans un seul régulateur national des médias. La culture est du ressort des radiodiffuseurs (VRT/RTBF/BRF), pas du régulateur. Le régulateur applique de plus en plus de règles européennes (DSA, SMA, EMFA) qui n'exigent aucune différenciation par entité fédérée.
Chambre de contenu francophone. L'appréciation du contenu des médias (impartialité, protection des mineurs, règles publicitaires, quotas de langue et de musique) est sensible à la langue et est traitée par une chambre francophone au sein du BIM. La régulation de la distribution (réseaux physiques ET plateformes algorithmiques) et les règles européennes qui y sont liées (DSA, DMA, SMA, EMFA) sont exécutées de manière centrale dans une Chambre des plateformes distincte. Cette distinction reste praticable : les canaux de distribution n'adaptent pas eux-mêmes le contenu, mais déterminent bien qui voit quoi.
3bis. Coopération avec l'Autorité de la concurrence. Le BIM conclut un protocole de coopération permanent avec l'Autorité de la concurrence pour l'application du DSA et du DMA. Ainsi, l'attention ne porte pas seulement sur la concentration médiatique classique, mais aussi sur la domination des plateformes numériques (Google, YouTube, Meta, TikTok). Le rapport annuel sur la concentration des médias devient une image intégrée de qui contrôle le flux d'information.
Le personnel est transféré. Les ±30 collaborateurs du CSA rejoignent le BIM. Personne n'est licencié. Ils obtiennent une organisation plus grande et plus professionnelle, avec de meilleures perspectives de carrière.
Un seul visage belge à l'international. Un seul représentant au European Board for Media Services (le successeur de l'ERGA), au lieu de plusieurs régulateurs belges qui doivent d'abord se concerter entre eux aux tables européennes.
Ce que cela rapporte
- Simplicité : un seul régulateur des médias pour toute la Belgique au lieu de quatre. Une seule loi, un seul point de contact, une seule procédure de plainte.
- Taille critique : le regroupement d'environ 65 collaborateurs dans une seule organisation qui a les moyens d'exercer une surveillance numérique professionnelle des plateformes, des algorithmes et des contenus IA.
- Rapidité : une seule mise en œuvre des directives européennes au lieu de trois trajets parallèles qui durent des mois, voire des années (cf. l'accord de coopération sur le DSA).
- Économies : 15-25 % sur les frais généraux grâce à la fusion de quatre conseils d'administration, directions, services juridiques et services informatiques, soit environ 1-2,5 millions d'euros par an.
- Reddition de comptes démocratique : le BIM relève du contrôle parlementaire de la Chambre, pas du Parlement indirect de la FWB, dont les membres ne sont pas élus directement pour la FWB.
Phase 5 : sources
| # | Source | URL | Utilisé pour |
|---|---|---|---|
| 1 | CSA. Le CSA (site officiel) | https://www.csa.be/le-csa/ | Structure, mission, personnel (environ 30), Bureau, collèges |
| 2 | CSA. Rapport d'activités 2025 | https://www.csa.be/wp-content/uploads/2026/04/RA_CSA_2025_FINAL.pdf | Dotation de 3,751 M€ (2024) gelée, contrat de financement 2024-2028, unités (organigramme), composition du Bureau, CAC et Collège d'avis, accord de coopération DSA depuis le 9 janvier 2025, EMFA depuis août 2025 |
| 3 | CSA. Comment est financé le CSA ? | https://www.csa.be/faq_csa/comment-est-finance-le-csa/ | Dotation de 2,8 M€ (base 2019), contrat de financement, indexation, article budgétaire |
| 4 | Gallilex. Décret du 4 février 2021 relatif aux services de médias audiovisuels et aux services de partage de vidéos | https://gallilex.cfwb.be/textes-normatifs/49222 | Décret de 2021, abrogation du décret coordonné de 2009, procédure en cas de position significative (concertation, sanctions si un accord fait défaut) |
| 5 | CRISP. Conseil supérieur de l'audiovisuel | https://www.vocabulairepolitique.be/conseil-superieur-de-laudiovisuel-csa/ | Historique, décrets de 1997 et 2003 |
| 6 | REFRAM. CSA Belgique | https://www.refram.org/Les-membres/CSA-Belgique | Réseau international, mission |
| 7 | Centre for Media Pluralism and Media Freedom. Belgium (Media Pluralism Monitor 2026) | https://cmpf.eui.eu/country/belgium/ | Scores de risque pluralité du marché (68 %) et inclusion sociale (44 %) |
| 8 | Euromedia Ownership Monitor. Belgium 2025 | https://media-ownership.eu/2025-edition/country-reports/belgium/ | Trois régulateurs, morcellement, coordination DSA |
| 9 | WE MEDIA. België wijst vier bevoegde autoriteiten aan voor DSA | https://wemedia.be/nieuws/belgie-wijst-vier-bevoegde-autoriteiten-aan-voor-de-toepassing-van-de-digital-services-act-dsa/ | Application du DSA, quatre autorités, IBPT comme coordinateur |
| 10 | CSA. DSA Rapport annuel 2024 | https://www.csa.be/document/dsa-rapport-annuel-2024/ | Mise en œuvre du DSA en Belgique |
| 11 | European Commission. 2025 Rule of Law Report, Country Chapter Belgium | https://commission.europa.eu/document/download/5fe5bb71-2898-4079-ad5a-19a3ff595a62_en | Effectifs du VRM pour le DSA, pas encore de moyens supplémentaires pour l'EMFA, budget du CSA d'environ 3,7 M€ (2024) |
| 12 | European Commission. Commission calls on Belgium, Bulgaria, Spain, the Netherlands and Poland to comply with the DSA (16 décembre 2024) | https://digital-strategy.ec.europa.eu/en/news/commission-calls-belgium-bulgaria-spain-netherlands-and-poland-comply-digital-services-act | Avis motivé adressé à la Belgique au sujet du coordinateur des services numériques |
| 13 | Commissariaat voor de Media. Jaarverslag 2025 | https://www.eerstekamer.nl/brief_in/20260416/jaarverslag_2025_commissariaat/f=/vmwrdz53cboq.pdf | Référence néerlandaise : produits de 13,7 M€ et charges de 13,6 M€ (2025), 80 ETP (87 collaborateurs) fin 2025 |
| 14 | RTR Oostenrijk. Organisatie | https://www.rtr.at/rtr/wer_wir_sind/Organisation/Organisation.en.html | La RTR appuie KommAustria, la TKK et la PCK ; environ 200 collaborateurs ; créée le 1er avril 2001 |
| 15 | Eerste Kamer. Uitvoeringswet digitaledienstenverordening (36.531) | https://www.eerstekamer.nl/wetsvoorstel/36531_uitvoeringswet?df1=vgi8gqg22ws7 | Pays-Bas : l'ACM comme coordinateur des services numériques, l'AP comme autorité compétente |
| 16 | BAKOM Zwitserland. Das BAKOM | https://www.bakom.admin.ch/de/das-bakom | Modèle suisse : un seul office fédéral pour médias, télécoms et poste, sous l'UVEK |
| 17 | Die Medienanstalten. Duitsland | https://www.die-medienanstalten.de/en/about-the-media-authorities/ | Modèle fédéral allemand, 14 autorités régionales, structure de coupole, KEK et KJM |
| 18 | The Media Board. About us | https://media-board.europa.eu/about-us_en | European Board for Media Services créé par l'EMFA, successeur de l'ERGA, première réunion plénière le 10 février 2025 |
| 19 | Slots- og Kulturstyrelsen. Afgørelser og udtalelser (medier) | https://slks.dk/omraader/medier/afgoerelser-og-udtalelser | Modèle danois : secrétariat du régulateur des médias auprès de l'Agence pour la culture et les palais |
| 20 | CSA. Le pluralisme dans les médias | https://www.csa.be/le-pluralisme-dans-les-medias/ | Procédure d'évaluation du pluralisme en cas de position significative |
| 21 | Vlaamse Regulator voor de Media. Mediaconcentratie in Vlaanderen (rapport 2017, algemeen besluit) | https://www.vlaamseregulatormedia.be/nl/over-vrm/rapporten/2017/rapport-mediaconcentratie-1/mediaconcentratie-in-vlaanderen-2017/5-algemeen | Le VRM cartographie la concentration des médias sans compétence pour intervenir |
| 22 | Loi spéciale du 8 août 1980 de réformes institutionnelles (article 4, 6°) | https://www.ejustice.just.fgov.be/cgi_loi/change_lg.pl?language=nl&la=N&cn=1980080802&table_name=wet | Services de médias audiovisuels comme matière culturelle des Communautés |
| 23 | Statbel. Structuur van de bevolking | https://statbel.fgov.be/nl/themas/bevolking/structuur-van-de-bevolking | Population de la Belgique 11.867.634 (1er janvier 2026) ; pays de référence selon les bureaux nationaux de statistique (CBS, Statistik Austria, BFS, Danmarks Statistik) |
Métadonnées
- Auditeur : automatisation HART Cowork (Claude)
- Méthode de recherche : plus de 12 recherches web, consultation directe du site du CSA, comparaison internationale de 5 pays
- Niveau de confiance : élevé pour la structure, la mission et la base juridique. Élevé pour la dotation (3,751 millions d'euros en 2024, gelée, selon le rapport d'activités du CSA). Élevé pour la comparaison internationale. Le nombre de collaborateurs du service médias de l'IBPT (±10) et le coût du Medienrat et du service médias de l'IBPT sont des estimations.
- Révisé : 2026-09-27 (factcheck : chiffres, sources, formulation intemporelle)