CWaPE (Commission wallonne pour l'Énergie) : audit
Date : 2026-03-30 Statut : 🟠 Réformé : fusion avec la CREG, qui régule aussi la distribution (de quatre régulateurs à un seul) Catégorie : Wallonie. Énergie et aménagement du territoire
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Nom officiel : Commission wallonne pour l'Énergie (CWaPE) Base juridique : décret du 12 avril 2001 relatif à l'organisation du marché régional de l'électricité (transposition de la directive 96/92/CE). Complété par le décret du 19 décembre 2002 relatif à l'organisation du marché régional du gaz. Création : 2001 (article 43 du décret), opérationnelle depuis 2002 lors de la libéralisation du marché belge de l'énergie Niveau de pouvoir : Région wallonne. Organisme autonome doté de la personnalité juridique Personnel : 51 collaborateurs au 31 décembre 2025 (48,8 ETP) ; 50 selon la page de l'équipe en septembre 2026 Adresse : Route de Louvain-la-Neuve 4 bte 12, 5001 Namur (Belgrade)
Financement : la CWaPE reçoit une dotation annuelle du budget wallon (programme 16.31, ministre compétent de l'Énergie), à charge du Fonds Énergie, alimenté par une redevance sur la consommation d'électricité. En 2025, la dotation s'élevait à 8,94 millions d'euros, dont 0,66 million d'euros pour la nouvelle régulation du transport de CO2 par pipelines ; les frais de fonctionnement s'élevaient à environ 8,2 millions d'euros. Les moyens non utilisés retournent au Fonds Énergie. Le coût salarial est le poste le plus important (70 % des dépenses en 2025).
Tutelle :
- Président : représente la CWaPE, dirige le comité de direction, coordonne toutes les directions
- Direction technique (gaz et électricité) : aspects techniques du marché et opérations fonctionnelles
- Direction socio-économique et tarifaire : approbation des tarifs de réseau et des obligations de service public
- Direction Services aux consommateurs et Juridique : affaires juridiques, monitoring, traitement des plaintes, service régional de médiation
- Observateurs : le Parlement wallon et le Gouvernement wallon peuvent chacun désigner deux observateurs, avec voix consultative et sans pouvoir de décision
- Contrôle : depuis 2020, il n'est plus exercé par le Gouvernement wallon mais par une sous-commission du Parlement wallon ; en outre, contrôle par la Cour des comptes
Structure organisationnelle (septembre 2026, directeurs compris) :
| Unité | Effectif |
|---|---|
| Présidence | 3 |
| Backbone (administration et IT) | 7 |
| Direction technique | 11 |
| Direction socio-économique | 11 |
| Services aux consommateurs et Juridique | 18 |
| Total | 50 |
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales :
- Régulation tarifaire : approbation de la méthodologie tarifaire et des propositions des gestionnaires de réseau de distribution (ORES, RESA, REW, AIEG, AIESH) pour des périodes de régulation de 5 ans. Pour la période 2025-2029, la CWaPE a approuvé des revenus autorisés qui étaient en 2025 supérieurs de 9 % pour l'électricité et de 2 % pour le gaz à ceux de 2024. Ensemble, les revenus autorisés des gestionnaires de réseau wallons s'élevaient à 1.258,7 millions d'euros en 2025.
- Surveillance du marché : monitoring des marchés de l'électricité et du gaz en Wallonie, contrôle des fournisseurs, contrôle des licences de fourniture.
- Protection des consommateurs : comparateur CompaCWaPE, Service régional de médiation pour l'énergie (SRME), traitement des plaintes.
- Fonction consultative : avis au Gouvernement wallon sur la politique énergétique, les structures tarifaires et la régulation du marché.
- Obligations de service public (OSP) : contrôle de l'exécution des mesures sociales en matière d'énergie par les gestionnaires de réseau et les fournisseurs.
- Communautés d'énergie : autorisation et accompagnement des communautés d'énergie locales.
- Transport de CO2 : depuis le décret du 27 mars 2024, la CWaPE est aussi le régulateur du transport de CO2 par pipelines.
Chevauchements avec d'autres institutions : La Belgique compte quatre régulateurs de l'énergie qui travaillent côte à côte et les uns à travers les autres :
| Régulateur | Niveau | Personnel | Budget de fonctionnement | Compétence |
|---|---|---|---|---|
| CREG | Fédéral | 83 (fin 2025) | 23,9 M€ (2025) | Transport (haute tension/haute pression), surveillance du marché, tarifs Elia/Fluxys |
| Vlaamse Nutsregulator (régulateur flamand des services d'utilité publique, anciennement VREG) | Flandre | ±55 (2026) | 10,7 M€ (2026) | Distribution, marché de la fourniture, électricité verte, tarifs de réseau en Flandre, eau |
| CWaPE | Wallonie | 51 (fin 2025) | 8,2 M€ (2025) | Distribution, marché de la fourniture, tarifs en Wallonie |
| BRUGEL | Bruxelles | ±40 | 6,4 M€ (2024) | Distribution, marché de la fourniture, tarifs à Bruxelles + eau |
| Total | ±230 | ±50 M€ |
La CWaPE régule 5 gestionnaires de réseau d'électricité en Wallonie (ORES et RESA aussi pour le gaz), dont ORES est de loin le plus important. À titre de comparaison : BRUGEL ne régule qu'un seul gestionnaire de réseau (Sibelga). Les quatre régulateurs se concertent au sein du FORBEG, un organe de concertation informel dont la présidence tourne tous les six mois et sans pouvoir de décision contraignant.
Public : les consommateurs d'énergie wallons (plus de 3,7 millions d'habitants en 2026), les gestionnaires de réseau, les fournisseurs d'énergie actifs en Wallonie, les producteurs d'énergie renouvelable.
Indicateurs de performance : la CWaPE publie des rapports annuels (général + rapports spécifiques sur les obligations sociales, la qualité du marché et les tarifs). La Cour des comptes a constaté en 2022 que les chiffres de ces rapports (nombre d'avis, de décisions, de plaintes) ne sont pas des indicateurs de résultats ou de suivi. Il n'existe pas de KPI publics qui mesurent sa propre efficience organisationnelle.
Audit de la Cour des comptes (2022) : à la demande du Parlement wallon (résolution du 2 février 2022), la Cour des comptes a réalisé un audit de la CWaPE, structuré autour de cinq questions parlementaires (novembre 2022). Les principaux constats :
- les missions de régulation de la CWaPE correspondent à celles d'autres régulateurs de l'énergie, mais ni le législateur ni la CWaPE ne peuvent aisément suivre les missions et les moyens qu'elles demandent ;
- le financement respecte globalement l'indépendance, mais manque de simplicité, de flexibilité et de stabilité ;
- par rapport au VREG, dont l'effectif est comparable, la CWaPE n'a pas de moyens excédentaires ; ses barèmes salariaux sont en revanche plus élevés que ceux de l'administration wallonne et que ceux des experts du VREG ;
- davantage de synergies entre les régulateurs régionaux sont possibles ;
- les plaintes des consommateurs wallons au sujet des fournisseurs sont traitées par la CWaPE elle-même, aux frais du budget wallon ; en Flandre, elles vont au Service de médiation de l'énergie fédéral, qui est au moins en partie payé par les entreprises d'énergie ;
- la commission de contrôle du Parlement wallon estime qu'elle ne reçoit pas assez d'informations pour exercer son contrôle.
Le fiasco des certificats verts : Un point douloureux historique. Le système wallon des certificats verts (Solwatt) a dérivé vers une « bulle » spéculative en raison d'un octroi trop généreux de certificats aux petites installations photovoltaïques (6 à 7 certificats par MWh produit, pendant 15 ans). Elia devait racheter chaque certificat que le marché n'absorbait pas, à un prix minimum de 65 euros. La CWaPE a estimé le coût total à 2,5 milliards d'euros sur 15 ans pour les consommateurs d'électricité wallons ; fin mars 2013, le Gouvernement wallon a révisé cette estimation à 2,8 milliards d'euros. En 2021, le tribunal de première instance de Liège a jugé que la Région wallonne avait commis une faute en fixant les quotas trop tard, mais sans lien de causalité avec le préjudice des propriétaires de panneaux solaires. Les règles et les quotas ont été fixés par le Gouvernement wallon ; la CWaPE gérait les certificats. Depuis le 1er mai 2019, les missions non régulatrices (certificats, garanties d'origine, quotas) relèvent de l'administration wallonne (SPW Énergie).
1C. Comparaison internationale
Pays-Bas : ACM (Autoriteit Consument & Markt)
- Structure : un seul organe de contrôle intégré pour l'énergie + les télécoms + la concurrence + la protection des consommateurs
- Personnel : 799 collaborateurs (760,6 ETP, fin 2025), dont une partie pour la direction Énergie
- Compétence : nationale, pas de régulateurs régionaux de l'énergie
- Résultat : un guichet unique pour tout le marché de l'énergie. Les Pays-Bas (18,1 millions d'habitants en 2026) ont un seul régulateur qui fait tout. La Belgique (11,9 millions) en a quatre.
- Fusion le 1er avril 2013 : NMa + OPTA + Consumentenautoriteit → ACM, avec pour objectif une surveillance plus efficace et plus efficiente.
Allemagne : Bundesnetzagentur (BNetzA)
- Structure : un seul régulateur fédéral des réseaux pour l'énergie + les télécoms + la poste + le rail
- Personnel : ±3.300 collaborateurs (2026)
- Compétence : fédérale pour tous les gestionnaires de réseau comptant 100.000 clients raccordés ou plus et pour les réseaux qui dépassent les limites d'un Land. Pour les petits gestionnaires au sein d'un seul Land, c'est un régulateur du Land (Landesregulierungsbehörde) qui est compétent ; plusieurs Länder laissent aussi cela à la BNetzA.
- Résultat : même dans un État fédéral de 16 Länder, le centre de gravité de la régulation de l'énergie se situe auprès d'un seul régulateur fédéral. En 2021, la Cour de justice de l'UE (affaire C-718/18) a jugé que ce régulateur doit être plus indépendant, non seulement du gouvernement mais aussi du législateur.
Danemark : Forsyningstilsynet (Danish Utility Regulator / DUR)
- Structure : un seul régulateur indépendant pour l'électricité + le gaz + le chauffage urbain
- Personnel : organisation compacte, établie à Frederiksværk
- Créé : 1er juillet 2018, par la loi
- Compétence : revenue caps, benchmarking, régulation tarifaire, transparence du marché
- Résultat : le Danemark (6,0 millions d'habitants en 2026, environ la moitié de la Belgique) a un seul régulateur. La Belgique en a quatre.
Conclusion de la comparaison internationale
Aucun des pays comparés ne répartit sa régulation de l'énergie entre quatre régulateurs de poids comparable. Les Pays-Bas et le Danemark en ont un ; l'Autriche, État fédéral, travaille aussi avec un seul régulateur national, et en Allemagne les Länder ne régulent que les petits gestionnaires de réseau. Le morcellement belge est une exception. Et pas dans le bon sens.
1D. Problèmes et critiques
- Morcellement : quatre régulateurs pour un pays de 11,9 millions d'habitants, c'est exceptionnel au niveau international. La CWaPE régule 5 gestionnaires de réseau de distribution ; les régulateurs flamand et bruxellois accomplissent les mêmes tâches sur un territoire contigu.
- Taille critique : avec environ 50 collaborateurs, la CWaPE a peu de marge pour une expertise technique approfondie, un benchmarking international et une surveillance efficace du marché. La Cour des comptes a confirmé en 2022 que la CWaPE n'a pas de moyens excédentaires ; en même temps, elle se voit sans cesse attribuer de nouvelles missions (communautés d'énergie, transport de CO2). Trois petits régulateurs régionaux développent chacun la même spécialisation.
- Coûts de coordination : le FORBEG, organe de concertation informel sans décisions contraignantes, rend l'harmonisation lente. Les trois régulateurs régionaux font en grande partie le même travail, mais produisent trois séries de décisions distinctes.
- Crise des certificats verts : la bulle de 2,5 milliards d'euros montre où mène une responsabilité répartie : le Gouvernement wallon a fixé les règles et les quotas, la CWaPE gérait les certificats, Elia rachetait le surplus et le consommateur payait.
- Gouvernance : la Cour des comptes a constaté en 2022 que le financement est complexe et peu stable, que les rapports annuels ne contiennent pas de véritables indicateurs de résultats et que la commission de contrôle du Parlement wallon ne reçoit pas assez d'informations pour exercer son contrôle.
- Responsabilité fiscale : la CWaPE est financée par le Fonds Énergie, alimenté par une redevance sur la facture d'énergie. Le consommateur wallon paie, mais n'a qu'une vue limitée sur l'efficience de cette dépense.
- Comparaison avec BRUGEL : BRUGEL (Bruxelles) compte environ 40 collaborateurs pour un seul gestionnaire de réseau et fait face à une « tension budgétaire inédite » (rapport annuel 2024). Trois petits régulateurs régionaux côte à côte, c'est organisationnellement indéfendable.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ | La distribution, les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique sont des compétences régionales, et la politique en la matière peut rester proche du citoyen. Mais les réseaux, les tarifs et la protection des consommateurs ne s'arrêtent pas aux frontières régionales, et trois régulateurs régionaux font le même travail pour les mêmes fournisseurs. Un seul régulateur suffit, y compris pour la distribution. |
| 2 | Transparence | ⚠️ | La CWaPE publie des rapports annuels et rend des comptes au Parlement wallon. Mais le financement via le Fonds Énergie est opaque pour le citoyen moyen, les rapports annuels ne contiennent pas de véritables indicateurs de résultats et la commission de contrôle du parlement estime qu'elle ne reçoit pas assez d'informations (Cour des comptes, 2022). |
| 3 | Responsabilité = financement | ❌ | Problème belge classique. Le consommateur wallon paie via sa facture d'énergie, mais la répartition des compétences est à ce point complexe que personne n'est clairement responsable. La crise des certificats verts (2,5 Mds €) en est l'exemple d'école : le Gouvernement wallon a fixé les règles et les quotas, la CWaPE gérait les certificats, Elia rachetait le surplus, et le consommateur a payé la facture. |
| 4 | Simplicité | ❌ | Quatre régulateurs de l'énergie dans un pays de 11,9 millions d'habitants, c'est le contraire de la simplicité. Un citoyen wallon qui a une plainte au sujet de sa facture d'énergie doit savoir si le problème relève de la CWaPE (distribution et médiation régionale), de la CREG (transport), du Service de médiation de l'énergie fédéral ou du fournisseur lui-même. Inexplicable. |
| 5 | Taille critique | ❌ | Environ 50 collaborateurs pour la régulation de 5 gestionnaires de réseau, c'est une petite échelle, et les régulateurs flamand et bruxellois développent séparément la même expertise. La CWaPE a peu de marge pour l'analyse technique approfondie, le benchmarking et le contrôle de la transition énergétique. À comparer : l'ACM néerlandaise fait tout avec environ 800 personnes (2025) pour 18,1 millions d'habitants, et y ajoute la concurrence et la protection des consommateurs. |
| 6 | Compétences concurrentes | ⚠️ | En théorie, une régulation régionale pourrait stimuler l'innovation (p. ex. des structures tarifaires expérimentales). En pratique, elle conduit au morcellement et à l'incohérence. Les quatre régulateurs tentent de s'harmoniser via le FORBEG, ce qui revient à dupliquer le travail plutôt qu'à innover. |
| 7 | Orientation résultats | ❌ | Aucun KPI public sur ses propres performances organisationnelles ; la Cour des comptes a constaté en 2022 que les chiffres des rapports annuels ne sont pas des indicateurs de résultats. La crise des certificats verts montre que le contrôle axé sur les résultats a été défaillant. La CWaPE évalue le marché, mais qui évalue la CWaPE ? Le Parlement wallon a dû demander lui-même un audit de la Cour des comptes. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ | CompaCWaPE (comparateur) est une bonne initiative numérique. Mais la CWaPE, la Vlaamse Nutsregulator (V-test) et BRUGEL (BruSim) ont chacun leur propre comparateur. Trois fois la même roue à réinventer. Aucune plateforme nationale intégrée. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | Aucun pays comparable n'organise la régulation de l'énergie de cette manière. Les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, la Finlande et l'Autriche ont un seul régulateur national de l'énergie ; en Allemagne, le centre de gravité se situe auprès de la Bundesnetzagentur fédérale et les Länder ne régulent que les petits gestionnaires de réseau. La construction belge à quatre est une exception qui ne fait nulle part figure de « best practice ». |
Synthèse : 0/9 principes pleinement respectés. 5/9 principes en échec (❌), 4/9 partiellement (⚠️). Le gain le plus important se situe au niveau de la Simplicité (4), de la Taille critique (5) et de l'Éprouvé à l'étranger (9). La CWaPE est un symptôme du morcellement belge, pas sa cause. Être absorbée dans la CREG, comme unique régulateur, est la conclusion logique.
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé (fusion) La CWaPE est absorbée, avec la Vlaamse Nutsregulator (VREG) et BRUGEL, dans la CREG, qui régule, en plus du transport et du nucléaire, la distribution (art. 27 Constitution HART). De quatre régulateurs à un seul.
3B. Proposition concrète
Ce qui change : Les trois régulateurs régionaux de l'énergie (Vlaamse Nutsregulator, CWaPE, BRUGEL) sont absorbés dans la CREG, le seul régulateur de l'énergie (art. 27 Constitution HART). Les entités fédérées gardent leur politique énergétique (énergies renouvelables, efficacité énergétique et politique du réseau de distribution) : il n'y a pas de refédéralisation de la politique énergétique. La CREG reprend toutes les missions de régulation régionales : régulation tarifaire des réseaux de distribution, surveillance du marché, protection des consommateurs et médiation, licences de fourniture, communautés d'énergie et contrôle des énergies renouvelables. Elle reste le régulateur fédéral pour le transport et le nucléaire, et travaille dans le cadre d'un seul Plan national Énergie-Climat contraignant (art. 28 Constitution HART).
Structure :
- Un seul comité de direction et un seul ensemble de services communs (IT, RH, juridique, administration)
- Des bureaux régionaux pour le contact local et les dossiers spécifiques, y compris à Namur
- Personnel : les trois régulateurs régionaux comptent ensemble environ 146 collaborateurs (2025-2026) ; la disparition des doublons dans le management, l'IT, les services juridiques et l'administration permet de se contenter d'une équipe plus petite et plus spécialisée
Niveau de pouvoir : Fédéral : la CREG, une autorité de surveillance indépendante (art. 27 Constitution HART) qui rend compte à la Chambre
Modèle international : le Danemark (Forsyningstilsynet) et les Pays-Bas (ACM) pour un seul régulateur pour tout le marché de la distribution ; l'Allemagne (BNetzA) pour l'approche fédérale dans un État à plusieurs niveaux.
Économie estimée :
- Élimination de trois comités de direction distincts, trois systèmes IT, trois services juridiques, trois départements RH et trois comparateurs
- La fusion de quatre régulateurs en un seul rapporte 10-20 millions d'euros par an de frais de fonctionnement directs, pour les quatre régulateurs ensemble (qui coûtent ensemble environ 50 millions d'euros par an). Cette économie n'est comptée qu'une seule fois pour les régulateurs de l'énergie, dans l'audit VREG, et non par régulateur.
- Gain indirect : des décisions plus rapides, une méthodologie tarifaire cohérente, un contrôle plus efficace
Trajet de mise en œuvre :
- Loi fédérale qui rend la CREG compétente aussi pour la distribution (art. 27 Constitution HART)
- Fusion juridique et intégration du personnel, avec une intégration opérationnelle complète dans les trois à quatre ans suivant le lancement (comme dans les audits VREG et BRUGEL)
- Une seule méthodologie tarifaire pour tous les réseaux de distribution
- Un seul comparateur (il remplace CompaCWaPE, le V-test et BruSim)
Modifications légales requises :
- Loi fédérale : adaptation de la loi électricité et de la loi gaz, afin que la CREG régule aussi la distribution (art. 27 Constitution HART)
- Adaptation du décret du 12 avril 2001 (Wallonie)
- Adaptation du décret flamand sur le marché de l'énergie
- Adaptation de l'ordonnance bruxelloise sur le marché de l'énergie
Phase 4/5 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
CWaPE (régulateur wallon de l'énergie) : fusion La Belgique a quatre régulateurs de l'énergie pour 11,9 millions d'habitants. Les Pays-Bas en ont un seul pour 18,1 millions. La CWaPE est absorbée, avec les régulateurs flamand et bruxellois, dans la CREG, qui régule aussi la distribution. De quatre à un seul.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui La CWaPE est le régulateur wallon des marchés de l'électricité et du gaz. Avec environ 50 collaborateurs à Namur (51 fin 2025) et quelque 8 millions d'euros de frais de fonctionnement par an (2025), elle surveille la distribution d'énergie en Wallonie : approbation des tarifs des gestionnaires de réseau, surveillance du marché, protection des consommateurs via le comparateur CompaCWaPE et le service régional de médiation, et contrôle des obligations de service public. La CWaPE est l'un des quatre régulateurs belges de l'énergie, à côté de la CREG fédérale (83 collaborateurs fin 2025), de la Vlaamse Nutsregulator (environ 55 collaborateurs en 2026) et de BRUGEL à Bruxelles (environ 40 collaborateurs). Ensemble, ils comptent quelque 230 collaborateurs et coûtent environ 50 millions d'euros par an.
Ce qui ne va pas Le problème n'est pas la CWaPE en soi, mais le système. Quatre régulateurs de l'énergie de poids comparable pour un pays de 11,9 millions d'habitants : on ne trouve cela dans aucun pays européen comparable. La CWaPE régule exactement cinq gestionnaires de réseau de distribution, une tâche qui, aux Pays-Bas, au Danemark ou en Autriche, fait simplement partie des missions du régulateur national.
Les conséquences sont concrètes. Quatre régulateurs, cela veut dire : quatre comités de direction, quatre systèmes IT, quatre services juridiques, trois comparateurs, des méthodologies tarifaires distinctes « harmonisées » via un organe de concertation informel (le FORBEG) sans décisions contraignantes. Chaque régulateur régional développe la même expertise : analyse tarifaire, monitoring du marché, protection des consommateurs. Mais séparément, dans des équipes plus petites, avec moins de capacité d'action.
La taille critique pose problème. Avec environ 50 collaborateurs, la CWaPE a peu de marge pour les défis complexes de la transition énergétique : l'intégration des énergies renouvelables, l'essor des communautés d'énergie, la numérisation des réseaux et la régulation des compteurs intelligents. La Cour des comptes a constaté en 2022 que la CWaPE n'a pas de moyens excédentaires ; pourtant, elle se voit sans cesse attribuer de nouvelles missions. À comparer : l'ACM néerlandaise régule, avec environ 800 collaborateurs (2025), tout le marché de l'énergie pour 18,1 millions de personnes, et y ajoute la concurrence et la protection des consommateurs.
L'exemple le plus douloureux de responsabilité répartie est la crise des certificats verts. Le Gouvernement wallon a fixé les règles et les quotas, la CWaPE gérait les certificats, Elia devait racheter le surplus au prix minimum garanti de 65 euros par certificat. La « bulle » a atteint un coût estimé à 2,5 milliards d'euros sur 15 ans pour les consommateurs d'électricité wallons (estimation de la CWaPE). En 2021, le tribunal de Liège a jugé que la Région wallonne avait commis une faute en fixant les quotas trop tard. Depuis 2019, l'administration wallonne (SPW Énergie) gère les certificats.
En 2022, le Parlement wallon a lui-même demandé un audit de la CWaPE à la Cour des comptes. La Cour des comptes a constaté que le financement est complexe et peu stable, que les rapports annuels ne contiennent pas de véritables indicateurs de résultats et que la commission de contrôle du parlement ne reçoit pas assez d'informations pour exercer son contrôle.
Comment cela fonctionne ailleurs Aux Pays-Bas, l'Autoriteit Consument & Markt (ACM) est depuis 2013 le seul régulateur pour l'énergie, les télécoms, la concurrence ET la protection des consommateurs. Une seule organisation, environ 800 collaborateurs, une compétence nationale, un guichet unique pour tout. Aucune duplication régionale.
En Allemagne, un État fédéral de 83,5 millions d'habitants et de 16 Länder, le centre de gravité se situe auprès de la Bundesnetzagentur (BNetzA) fédérale. Elle régule tous les gestionnaires de réseau comptant au moins 100.000 clients raccordés ; les Länder ne régulent que les petits réseaux, et plusieurs Länder laissent même cela à la BNetzA.
Au Danemark (6,0 millions d'habitants, environ la moitié de la Belgique), le Forsyningstilsynet est depuis 2018 le seul régulateur pour l'électricité, le gaz et le chauffage urbain. Une organisation compacte et efficace.
Ce que HART propose De quatre régulateurs à un seul. La CREG reste le régulateur fédéral pour le transport et le nucléaire et régule désormais aussi la distribution (art. 27 Constitution HART). La Vlaamse Nutsregulator, la CWaPE et BRUGEL sont absorbées dans la CREG. Les entités fédérées gardent leur politique énergétique : énergies renouvelables, efficacité énergétique et politique du réseau de distribution, dans le cadre d'un seul Plan national Énergie-Climat contraignant (art. 28 Constitution HART). Un seul comité de direction. Une seule méthodologie tarifaire pour tous les réseaux de distribution. Un seul comparateur. Des bureaux régionaux pour le contact local.
Le personnel des trois régulateurs régionaux (environ 146 personnes) est intégré dans la CREG. La disparition des doublons dans le management, l'administration, l'IT et les services juridiques permet de se contenter d'une équipe plus petite. Plus spécialisée, plus de capacité d'action, moins de frais de structure.
Ce que cela rapporte
- Économie : 10-20 millions d'euros par an de frais de fonctionnement directs grâce à la fusion de quatre régulateurs en un seul (pour les quatre régulateurs ensemble, qui coûtent environ 50 millions d'euros par an)
- Meilleure régulation : davantage d'expertise concentrée, un benchmarking plus solide des gestionnaires de réseau dans les trois Régions
- Simplicité pour le citoyen : un seul guichet, un seul comparateur, une seule procédure de plainte
- Cohérence : une seule méthodologie tarifaire évite des différences régionales que des facteurs objectifs n'expliquent pas
- Capacité d'action : un régulateur à l'échelle de tout le pays a la masse critique nécessaire pour les défis complexes de la transition énergétique : smart grids, communautés d'énergie, régulation de l'hydrogène, technologies de stockage
- Crédibilité européenne : un seul interlocuteur clairement identifié dans la politique énergétique européenne, au lieu de quatre régulateurs qui disent parfois des choses différentes ; la CREG continue de représenter la Belgique à l'ACER
Phase 5 : sources
| Source | URL | Utilisé pour |
|---|---|---|
| CWaPE. Site officiel | https://www.cwape.be/ | Mission, missions, coordonnées |
| CWaPE. Équipe | https://www.cwape.be/equipe | Personnel par unité (50 en septembre 2026), structure de direction, observateurs du gouvernement |
| CWaPE. Rapport annuel général 2025 | https://www.cwape.be/sites/default/files/cwape-documents/2026.07.03-RAG%202025.pdf | 51 collaborateurs (48,8 ETP) fin 2025, dotation de 8,94 M€ (2025), Fonds Énergie, coût salarial 70 % des dépenses, contrôle par le Parlement wallon, observateurs du parlement et du gouvernement, gestionnaires de réseau et revenus autorisés 2025 (1.258,7 M€), période 2025-2029, transport de CO2, transfert des missions non régulatrices au SPW (1er mai 2019) |
| Décret du 12 avril 2001. Marché wallon de l'électricité | https://wallex.wallonie.be/contents/acts/19/19848/1.html | Base juridique, création (art. 43), Fonds Énergie |
| Etaamb. Décret du 12/04/2001 | https://etaamb.openjustice.be/fr/decret-du-12-avril-2001_n2001027238.html | Décret de création, transposition de la directive 96/92/CE |
| Cour des comptes. Audit CWaPE (2022) | https://www.ccrek.be/en/publication/audit-of-the-walloon-energy-commission | Résolution parlementaire du 2 février 2022, publication en novembre 2022 |
| Cour des comptes. Audit de la Commission wallonne pour l'énergie (rapport) | https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2023_01_AuditCwapeFR.pdf | Constats sur les missions, le financement, les moyens, les barèmes salariaux, les indicateurs de résultats, les synergies et le contrôle parlementaire |
| RTBF. CWaPE tarieven 2025-2029 | https://www.rtbf.be/article/la-cwape-approuve-les-revenus-autorises-des-gestionnaires-de-reseaux-en-wallonie-pour-2025-2029-hausse-de-9-en-electricite-et-2-en-gaz-en-2025-11378510 | Revenus autorisés 2025 : +9 % électricité, +2 % gaz |
| RTBF. Certificats verts, faute reconnue | https://www.rtbf.be/article/certificats-verts-une-faute-de-la-region-wallonne-reconnue-par-le-tribunal-de-liege-10750356 | Jugement du tribunal de première instance de Liège (avril 2021) |
| Revue Politique. À qui profitent les certificats verts | https://www.revuepolitique.be/a-qui-profitent-les-certificats-verts/ | Régime Solwatt, prix minimum de 65 euros, estimation de 2,5 Mds € (CWaPE) et de 2,8 Mds € (Gouvernement wallon, 2013) |
| CMS Expert Guide. Electricity Belgium | https://cms.law/en/int/expert-guides/cms-expert-guide-to-electricity/belgium | Répartition des compétences en régulation de l'énergie en Belgique |
| CREG. Samenwerking met andere instanties | https://www.creg.be/nl/over-de-creg/samenwerking-met-andere-instanties | FORBEG : organe de concertation informel des quatre régulateurs, présidence tournante |
| Synergrid. Regulatoren België | https://www.synergrid.be/nl/over-de-netten/elektriciteit-gas-in-belgie/regulatoren | Structure de la régulation de l'électricité et du gaz ; la CREG est membre de l'ACER et du CEER |
| Callmepower. CWaPE | https://callmepower.be/nl/energie/gids/energiemarkt/cwape | Missions, origine (2002) |
| Wallonie.be. CWaPE | https://www.wallonie.be/en/stakeholders-and-institutions/wallonia/autres-acteurs-publics-de-la-wallonie/commission-wallonne-pour-lenergie-cwape | Description officielle par l'autorité wallonne |
| CREG. Jaarverslag 2025 | https://www.creg.be/sites/default/files/assets/Publications/AnnualReports/CREG-AR2025-NL.pdf | CREG : 83 membres du personnel fin 2025, budget de 23,9 M€ (2025) |
| Parlement flamand. Ondernemingsplan, begroting en dotatie Vlaamse Nutsregulator 2026 | https://docs.vlaamsparlement.be/files/pfile?id=2254581 | Vlaamse Nutsregulator : dotation de 10,7 M€, environ 55 collaborateurs (2026) |
| BRUGEL. Rapport annuel 2022 | https://annual-report-2022.brugel.brussels/ressources.html | Personnel de BRUGEL (de 35 à 40, 42 prévus) |
| BRUGEL. Rapport annuel 2024 | https://brugel.brussels/publication/document/rapports/2025/fr/Rapport-Annuel-2024-BRUGEL.pdf | Tension budgétaire inédite, budget 2024, comparateur BruSim |
| ACM. Jaarverslag 2025 | https://www.eerstekamer.nl/brief_in/20260312/jaarverslag_acm_2025_180247/f=/vmvrexbqmuoy.pdf | 799 collaborateurs (760,6 ETP) fin 2025 |
| ACM. Autoriteit Consument & Markt van start | https://www.acm.nl/nl/publicaties/publicatie/11217/Autoriteit-Consument-en-Markt-van-start | Fusion de la NMa, d'OPTA et de la Consumentenautoriteit le 1er avril 2013 |
| ACM. About ACM | https://www.acm.nl/en/about-acm | Domaines de surveillance : énergie, consommateurs, concurrence |
| Wikipedia. Bundesnetzagentur | https://de.wikipedia.org/wiki/Bundesnetzagentur | Régulateur multisectoriel (énergie, télécoms, poste, rail) |
| Bundesnetzagentur. Employer page | https://www.bundesnetzagentur.de/DE/Allgemeines/DieBundesnetzagentur/Karriere/ArbeitgeberBNetzA/start.html | ±3.300 collaborateurs |
| Bundesnetzagentur. Zuständigkeiten / Organleihe | https://www.bundesnetzagentur.de/DE/Beschlusskammern/BK08/BK8_04_InfoRundschr/44_Zustaendigk_Organleihe/BK8_Zustaend.html | Seuil de 100.000 clients raccordés, compétence des Landesregulierungsbehörden |
| Office des publications de l'UE. Arrêt C-718/18 (2 septembre 2021) | https://op.europa.eu/en/publication-detail/-/publication/25729dd2-3535-11ec-bd8e-01aa75ed71a1 | Indépendance du régulateur allemand |
| Destatis. Bevölkerung 2025 | https://www.destatis.de/DE/Presse/Pressemitteilungen/2026/06/PD26_203_124.html | Allemagne : 83,5 millions d'habitants (fin 2025) |
| Forsyningstilsynet. About us | https://forsyningstilsynet.dk/about-us | Régulateur danois de l'énergie, créé le 1er juillet 2018, électricité, gaz et chauffage urbain |
| E-Control. Energie-Control-Gesetz | https://www.e-control.at/documents/1785851/1811597/E-Control-Gesetz_en.pdf/8f79973b-24ac-416b-b5f0-34255bce8ddc?t=1449136414061 | Autriche : un seul régulateur fédéral pour l'électricité et le gaz naturel |
| Energimarknadsinspektionen. About Ei | https://ei.se/ei-in-english/about-ei | Suède : un seul régulateur pour l'électricité, le gaz naturel et le chauffage urbain |
| Energiavirasto. Energy Authority | https://energiavirasto.fi/en/energy-authority | Finlande : un seul régulateur pour le marché de l'électricité et du gaz |
| Statbel. Bevolking op 1 januari 2026 | https://statbel.fgov.be/nl/nieuws/belgie-telde-11867634-inwoners-op-1-januari-2026 | Population de la Belgique (11,9 millions) et de la Région wallonne (plus de 3,7 millions) |
| CBS. Bevolking Nederland | https://www.cbs.nl/nl-nl/cijfers/detail/85496NED | Pays-Bas : 18,1 millions d'habitants (2026) |
| Danmarks Statistik. Befolkningstal | https://www.dst.dk/en/Statistik/emner/borgere/befolkning/befolkningstal | Danemark : 6,0 millions d'habitants (2026) |
Métadonnées
- Auditeur : Audit Réforme de l'État HART (automatisé)
- Audits liés : CREG (énergie) : 2026-03-29, VREG (régulateur de l'énergie) : 2026-03-30
- Ligne liée suivante : CoDT (aménagement du territoire)
- Économie estimée : 10-20 millions d'euros par an pour la fusion des quatre régulateurs de l'énergie en un seul (comptés une seule fois chez les régulateurs de l'énergie, dans l'audit VREG ; pas par audit)
- Révisé : 2026-09-27 (factcheck : chiffres, sources, formulation intemporelle)