De Lijn (transports en commun) : audit de la réforme de l'État
Date : 2026-03-30 Catégorie : entité fédérée flamande. Compétences régionales Statut proposé : 🟠 Réformé : réorganiser en profondeur
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Nom officiel : Vlaamse Vervoermaatschappij. De Lijn Base juridique : décret du 31 juillet 1990 relatif à l'agence autonomisée externe de droit public Vlaamse Vervoermaatschappij - De Lijn (Moniteur belge, 27 octobre 1990). Complété par le décret du 26 avril 2019 relatif à l'accessibilité de base. Le décret du 25 février 2022 relatif à l'Autorité flamande des transports a été abrogé par le décret du 23 février 2024 ; les missions concernant la centrale de mobilité et le transport à la demande sont passées à De Lijn. Niveau de pouvoir : Région flamande. Agence autonomisée externe de droit public (EVA) Création : 1er janvier 1991, issue de la fusion de la Maatschappij voor het Intercommunaal Vervoer d'Anvers (MIVA), de celle de Gand (MIVG) et de la partie flamande de la Nationale Maatschappij van Buurtspoorwegen (NMVB) Piloté par : le ministre flamand de la Mobilité. Conseil d'administration nommé par le Gouvernement flamand. Depuis 2023, un contrat de service public (ODC) entre De Lijn et le Gouvernement flamand fixe les objectifs et les moyens.
Personnel : 8.231 travailleurs fin 2025 (en moyenne 7.637 ETP), et plus de 2.000 personnes chez des exploitants privés qui roulent pour le compte de De Lijn
Budget (2025) :
- Intervention d'exploitation de la Région flamande : 1.207,9 M€ (1.230,5 M€ en 2024)
- Subsides en capital : 247,3 M€ ; en plus, 400 M€ supplémentaires en une seule fois pour les bus électriques
- Recettes de transport nettes (billets et abonnements) : 212,7 M€ (194,0 M€ en 2024)
- Coûts d'exploitation : 1.628 M€
- Taux de couverture des coûts selon l'Autorité flamande des transports : 30,5 % (2024), en baisse depuis 38,5 % (2019). Le résultat dépend fortement de la méthode de calcul : selon la Cour des comptes, le taux de couverture des coûts s'élevait en 2021 à 27,55 % selon la méthode du contrat de service public et à 13 % selon l'ancienne méthode
Flotte : flotte propre de 2.167 bus et 377 trams (31 décembre 2025), sans les bus des exploitants privés. De Lijn compte mettre en service chaque année, à partir de 2026, environ 200 nouveaux bus électriques.
Réseau : lignes urbaines et régionales dans toute la Flandre et réseaux de tram à Anvers, à Gand et sur la côte. Desserte de 15 régions de transport. En 2024, De Lijn a transporté 373 millions de voyageurs (+4,5 % par rapport à 2023, en partie en raison d'une autre méthode de comptage selon l'Autorité flamande des transports) et 372,9 millions en 2025.
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales :
Exploitation des lignes de bus et de tram dans toute la Flandre
Depuis 2023 (introduit par phases, dernière phase début 2025) : modèle à trois couches sous le régime de l'« accessibilité de base » :
- Réseau de base (estimation 2019 : environ 500 M€ par an) : les grandes liaisons entre villes, pilotées par De Lijn
- Réseau complémentaire (estimation 2019 : 198 M€) : les liaisons régionales, décidées avec les 15 régions de transport
- Transport à la demande (estimation 2019 : 28 M€, notamment le transport flexible) : transport à la demande pour les zones peu peuplées
Selon la Cour des comptes, le coût d'exploitation calculé du réseau de base et du réseau complémentaire dépassait déjà de 21,6 % le premier calcul de 2019.
Chevauchements et problèmes :
- De Lijn est à la fois chef d'orchestre et exploitant : elle codétermine l'offre et l'exécute. Cela crée un conflit d'intérêts inhérent.
- Les 15 régions de transport ont en théorie voix au chapitre, mais l'Autorité flamande des transports constate qu'elles ont trop peu de visibilité sur les budgets et qu'elles sont souvent mises hors jeu. La Cour des comptes a qualifié la composition du budget d'exploitation de non transparente.
- Pas d'intégration tarifaire avec la SNCB : en dehors de quelques abonnements combinés, qui combine bus et train achète deux titres de transport. La Cour des comptes a constaté que la politique tarifaire est répartie entre 16 acteurs (le Gouvernement flamand ou l'exploitant interne et les 15 conseils des régions de transport) et que le Gouvernement flamand n'avait pas encore approuvé de cadre tarifaire (2024).
Indicateurs de performance (2024) :
- Ponctualité : 72,4 % des bus ont roulé à l'heure (trams 80,4 %)
- Courses supprimées : 2,86 % des courses de bus prévues, 6,85 % à Anvers (1 course sur 15) ; selon De Lijn, ramené à 1,59 % fin 2025
- Satisfaction des clients : 77 % de satisfaits en 2024 et 78 % en 2025 (part des voyageurs qui donnent 7 ou plus sur 10) ; l'affluence, la propreté et le départ à l'heure à l'arrêt obtiennent les moins bons scores
- Plaintes : 50 % de plaintes en plus auprès du service de médiation flamand en 2024 ; chez De Lijn même, environ 12.000 plaintes sur le nouvel horaire rien qu'en janvier 2024
Transport flexible (transport à la demande) :
- 161 minibus flex pour toute la Flandre (1 pour 2 communes) ; l'Autorité flamande des transports en a compté 147 aux heures de pointe
- Occupation moyenne : 1,2 à 1,58 voyageur par bus (inférieure à celle d'une voiture aux heures de pointe)
- Seuls 0,3 % de tous les voyageurs ont utilisé le transport flexible (1,13 million de voyageurs flex en 2024 ; 1,31 million en 2025)
- Plus de 50 % de kilomètres à vide (selon l'association d'usagers TreinTramBus)
- Réservation préalable obligatoire, zones trop grandes, pas accessible à tout le monde
- Trois communes (Wichelen, Assenede, Laakdal) ont engagé des procédures judiciaires contre De Lijn et l'autorité flamande
Audits et évaluations les plus récents :
- Cour des comptes (mars 2024) : « Basisbereikbaarheid in het openbaar vervoer » (l'accessibilité de base dans les transports en commun), rapport au Parlement flamand. Critique sur la préparation déficiente, un cadre réglementaire peu transparent et morcelé, l'absence de cadre tarifaire et la répartition floue des tâches entre De Lijn et les régions de transport
- Autorité flamande des transports (février 2026) : rapport sur 2024, établi à la demande du Département Mobilité et Travaux publics : l'accessibilité de base n'avait pas été bien élaborée au préalable, les régions de transport sont mises hors jeu, 3.247 arrêts ont disparu, le transport flexible est inefficace
1C. Comparaison internationale
Pays-Bas : modèle de concession avec des autorités organisatrices
Structure : depuis la Wet personenvervoer 2000 (loi sur le transport de personnes), le transport urbain et régional est décentralisé vers les provinces et les régions de transport, qui agissent comme autorité organisatrice des transports. Elles attribuent des concessions (droits exclusifs temporaires) aux transporteurs par appel d'offres concurrentiel. Les concessions de bus durent en général 6 à 10 ans, les concessions ferroviaires régionales jusqu'à 15 ans. Seules les quatre grandes villes peuvent attribuer directement leur transport urbain à leur propre société de transport.
Résultats :
- Satisfaction des clients à l'égard des transports en commun régionaux : d'un 6,8 sur 10 (2001) à un bon 7,7 (2018) ; en Hollande-Méridionale, un 7,8 (2025)
- Le baromètre national OV-Klantenbarometer (clients des transports en commun) mesure chaque année toutes les zones de concession de la même manière
- Taux de couverture des coûts du transport par bus : environ 52 % (2018)
- Lors d'un premier renouvellement de contrat, les coûts opérationnels ont baissé en moyenne de 10 % ; les autorités organisatrices convertissent ce gain en offre supplémentaire ou en coûts plus bas
- Séparation nette entre le donneur d'ordre (l'autorité organisatrice) et l'exploitant (le transporteur)
- Intégration tarifaire et billettique via la OV-chipkaart et OVpay (check-in avec la carte bancaire) : un seul moyen de paiement pour tous les transporteurs
Différence avec la Flandre : aux Pays-Bas, l'autorité organisatrice détermine ce qui roule, le transporteur comment. Chez De Lijn, les deux sont mêlés. La pression de la mise en concurrence force les transporteurs à l'efficience et à l'innovation.
Danemark : autorités régionales des transports + FlexDanmark
Structure : 6 autorités régionales des transports (trafikselskaber, PTA) sont responsables des transports en commun locaux et régionaux. Elles les confient à des opérateurs privés.
FlexDanmark : une société informatique commune à cinq de ces PTA (toutes sauf celle de Bornholm), qui coordonne de manière centralisée le transport à la demande. C'est l'équivalent du « transport à la demande » flamand, mais organisé professionnellement.
Résultats :
- Environ 6 millions de courses par an (2018), planifiées sur une seule plateforme et exécutées par des entreprises privées de taxis et d'autobus
- Intégration du transport adapté des publics cibles (élèves, patients, personnes âgées, personnes handicapées) avec le transport flexible régulier, de sorte que les véhicules sont mieux remplis. Ce qui, en Flandre, fonctionne séparément
- Plateforme centrale, exécution décentralisée
Différence avec la Flandre : le modèle danois sépare le pilotage de l'exécution et centralise la technologie. Le transport flexible flamand est morcelé entre 15 régions, sans plateforme commune.
Suède : PTA régionales avec appels d'offres concurrentiels
Structure : chaque län dispose d'une autorité régionale des transports (regional kollektivtrafikmyndighet), dirigée par la région ou par la région et les communes ensemble (Kollektivtrafiklag 2010:1065, en vigueur depuis le 1er janvier 2012). Depuis la fin des années nonante, plus de 90 % des transports par bus sont attribués par appel d'offres concurrentiel.
Résultats :
- Les appels d'offres ont fait baisser les coûts de 6 à 8 % (études suédoises, résumées dans une thèse du KTH, 2015)
- Taux de couverture des coûts : 45 % (2023), entre 2010 et 2019 environ 50 % (contre 30,5 % chez De Lijn, selon l'Autorité flamande des transports)
- Un seul système tarifaire intégré par région, malgré plusieurs exploitants
- L'autorité (par exemple SL à Stockholm, Skånetrafiken ou Västtrafik) est donneuse d'ordre ; les transporteurs, le plus souvent privés, roulent en concession
Différence avec la Flandre : les PTA sont des organisations de pilotage, pas elles-mêmes des exploitants. La concurrence entre opérateurs maintient les coûts et la qualité sous tension. L'intégration tarifaire est la norme, pas l'exception.
1D. Problèmes et critiques
Position de monopole sans incitants : De Lijn est à la fois chef d'orchestre et exploitant. Il n'y a aucune pression concurrentielle, si bien que l'inefficience n'est pas sanctionnée. Le taux de couverture des coûts (30,5 % en 2024) est très inférieur à celui du transport par bus néerlandais (environ 52 %) et du transport régional suédois (45 %).
L'accessibilité de base a échoué à la campagne : 3.247 arrêts supprimés (17 % du total). Des communes rurales sont devenues des « îlots de transport ». Le transport flexible qui devait compenser est un fiasco : 1,2 à 1,58 voyageur par bus, plus de 50 % de kilomètres à vide.
Chaos de gouvernance : 16 acteurs impliqués dans la politique tarifaire, aucun cadre tarifaire approuvé, des régions de transport sans vue sur les budgets, De Lijn qui met les régions hors jeu. La Cour des comptes parle d'un cadre réglementaire « peu transparent » et d'une élaboration morcelée.
Pénurie structurelle de personnel : De Lijn s'attendait début 2025 à manquer d'environ 150 chauffeurs. Différences régionales : 6,1 % de déficit dans la périphérie flamande, 4,3 % dans la région d'Anvers (septembre 2024). L'offre est supprimée en conséquence : à partir du 6 janvier 2025, environ 2,5 % d'offre en moins.
Flotte vieillissante et sous-financement : la flotte est vieillissante et demande plus souvent de l'entretien. Le Gouvernement flamand a débloqué en une seule fois 400 M€ supplémentaires pour les bus électriques (2025), mais a dans le même temps demandé une économie à De Lijn : en 2026, elle a reçu 35,5 M€ de moins pour assurer son offre.
Pas d'intégration tarifaire : la combinaison bus-train exige en général deux titres de transport et deux applications. Depuis la création en 1991, il n'y a pas de système tarifaire intégré avec la SNCB, en dehors de quelques abonnements combinés.
Déficit démocratique : les régions de transport (les pouvoirs locaux) ont en théorie voix au chapitre, mais sont en pratique ignorées par De Lijn. Trois communes ont engagé des procédures judiciaires.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ | Le niveau flamand est le bon pour le pilotage, mais l'exécution devrait être plus proche du citoyen. Les 15 régions de transport ont trop peu de pouvoir réel et sont souvent mises hors jeu (Autorité flamande des transports 2026). Les besoins locaux sont insuffisamment pris en compte. Cf. les îlots de transport à la campagne. |
| 2 | Transparence | ❌ | Les régions de transport ont « trop peu de visibilité sur les budgets disponibles » (Autorité flamande des transports 2026). La politique tarifaire est répartie entre 16 acteurs. La composition du budget d'exploitation n'est pas transparente (Cour des comptes 2024). Le citoyen ne peut pas voir qui décide quelle ligne roule ou non. La structure de coûts de De Lijn n'est pas publiquement comparable aux prix du marché. |
| 3 | Responsabilité = financement | ❌ | Fiscal gap classique : l'autorité flamande paie au moins 70 % des coûts (plus de 1,2 milliard d'euros d'intervention d'exploitation en 2025) mais De Lijn décide sur le plan opérationnel. Les régions de transport peuvent participer aux décisions sur le réseau complémentaire, mais n'ont pas de moyens propres pour concrétiser leurs ambitions. Qui décide ≠ qui paie. |
| 4 | Simplicité | ❌ | Le modèle à trois couches (réseau de base / réseau complémentaire / transport à la demande) semble logique mais est en pratique un marécage bureaucratique. 15 régions de transport, 1 exploitant, 1 autorité des transports, le Gouvernement flamand et les pouvoirs locaux. Cinq couches pour une seule ligne de bus. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ | De Lijn, comme opérateur flamand unique, dispose en théorie d'un avantage d'échelle. Mais en pratique, l'organisation est trop lourde pour livrer du sur-mesure local. Un transport flexible avec 161 minibus pour toute la Flandre, c'est trop peu. Dans le même temps, certaines régions de transport sont trop petites pour un management professionnel. |
| 6 | Compétences concurrentes | ❌ | Zéro concurrence. De Lijn est par décret l'opérateur interne du réseau de base et du réseau complémentaire ; les exploitants privés ne roulent que pour son compte. Aucun benchmarking avec des acteurs de marché. Aux Pays-Bas, la satisfaction des clients à l'égard des transports en commun régionaux est passée sous le modèle de concession de 6,8 à un bon 7,7 sur 10 ; chez De Lijn, le taux de couverture des coûts est tombé de 38,5 % à 30,5 % (2019-2024). |
| 7 | Orientation résultats | ❌ | Des KPI existent mais ne sont pas imposés. 72,4 % de ponctualité, 6,85 % de courses supprimées à Anvers, 1,2 à 1,58 voyageur par bus flex (2024). Sans conséquences. Le contrat de service public reprend le taux de couverture des coûts sans valeur cible (Cour des comptes 2024) et manque de dents. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ | L'application De Lijn existe et le paiement sans contact par carte bancaire est possible, mais seulement chez De Lijn. Le transport flexible exige une réservation préalable via un système de réservation distinct qui n'est pas accessible à tout le monde. Pas de plateforme numérique intégrée avec la SNCB. Pas d'intégration MaaS (Mobility as a Service). Un moyen de paiement unique pour tous les transporteurs, comme OVpay, fait défaut. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | Le modèle de monopole de De Lijn s'écarte des modèles éprouvés. Aux Pays-Bas, en Suède et au Danemark, la séparation entre donneur d'ordre et transporteur est la norme et les transports régionaux sont en grande partie attribués par appel d'offres concurrentiel. Aux Pays-Bas, seules les quatre grandes villes peuvent attribuer directement leur transport urbain. |
Synthèse : 6× ❌, 3× ⚠️, 0× ✅. De Lijn n'obtient un score suffisant sur aucun principe. Les gains les plus importants sont à réaliser sur les compétences concurrentes (introduire l'appel d'offres), la transparence (séparer le pilotage de l'exécution) et l'orientation résultats (des KPI contraignants assortis de conséquences).
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé De Lijn est réorganisée en profondeur : d'exploitant en situation de monopole vers un modèle attribué par appel d'offres, avec une Autorité flamande des transports indépendante comme chef d'orchestre.
3B. Proposition concrète
Ce qui change :
Séparation entre pilotage et exécution. Une Autorité flamande des transports (VVA) indépendante, service commun des cinq entités fédérées flamandes (art. 32 de la Constitution HART), devient le chef d'orchestre de l'ensemble des transports en commun en Flandre. Elle fixe le réseau, les fréquences, les tarifs et les exigences de qualité. La VVA n'est pas un exploitant.
Appel d'offres concurrentiel. Le territoire flamand est découpé en 5-7 zones de concession (p. ex. Anvers, Flandre-Orientale, Flandre-Occidentale, Brabant flamand et périphérie bruxelloise, Limbourg, Côte et trams). La VVA attribue les concessions par appel d'offres ouvert. De Lijn peut concourir comme l'un des candidats.
Intégration tarifaire. Un seul système tarifaire pour le bus, le tram et le train en Flandre. Sur le modèle néerlandais (OVpay). La VVA gère le cadre tarifaire et conclut une convention de collaboration avec la SNCB.
Les régions de transport reçoivent un vrai budget. Les 15 régions de transport (ou consolidées en 5-7) reçoivent un budget propre pour le réseau complémentaire et le transport à la demande, avec une reddition de comptes sur les résultats. Qui décide, paie et rend des comptes.
Transport flexible centralisé. Sur le modèle danois (FlexDanmark) : une seule plateforme centrale pour tout le transport à la demande, y compris le transport adapté des publics cibles (VAPH, personnes âgées). Exécution décentralisée, technologie centrale.
Des KPI contraignants. Les concessions contiennent des objectifs durs : au minimum 85 % de ponctualité, au maximum 2 % de courses supprimées, une fréquence minimale par classe de population. Qui ne preste pas perd la concession.
Modèle international : les Pays-Bas (système de concessions + autorités organisatrices) combinés au Danemark (FlexDanmark pour le transport flexible) et à la Suède (modèle PTA avec appel d'offres concurrentiel et 45 % de taux de couverture des coûts).
Gain d'efficience estimé :
- En Suède, l'appel d'offres a fait baisser les coûts de 6 à 8 % ; aux Pays-Bas, les coûts ont baissé d'environ 10 % sous le modèle de concession lors d'un premier renouvellement de contrat. Sur les coûts d'exploitation de De Lijn (1.628 M€ en 2025), 6 à 10 % représentent environ 100-160 M€ par an à vitesse de croisière. Après les frais de fonctionnement de la VVA (estimés à 15-20 M€ par an), il reste 80-145 M€ par an : moins de subsides nécessaires ou davantage d'offre pour le même argent
- Taux de couverture des coûts porté de 30,5 % à au moins 40 % dans les cinq ans suivant le début, grâce à davantage de voyageurs et à un emploi plus efficace des bus et des trams. Des recettes de billets plus élevées ne sont pas une économie pour les pouvoirs publics et ne comptent pas dans le gain d'efficience
- Des minibus flex mieux remplis grâce à une seule plateforme de planification pour le transport flexible et le transport adapté des publics cibles (modèle danois)
- Une satisfaction des clients plus élevée, mesurée par un seul baromètre public sur le modèle de l'OV-Klantenbarometer néerlandais (en moyenne un bon 7,7 sur 10 là-bas)
Trajet de mise en œuvre :
- Année 1 : création de l'Autorité flamande des transports (VVA) par concordat des cinq entités fédérées flamandes. Transfert de la fonction de pilotage de De Lijn vers la VVA.
- Année 2 : approbation du cadre tarifaire. Début de l'intégration tarifaire avec la SNCB. Lancement de la plateforme FlexVlaanderen.
- Année 3 : premières concessions attribuées par appel d'offres (région pilote).
- Années 4 à 6 : déploiement progressif vers toutes les zones de concession.
- Année 7 : système attribué par appel d'offres pleinement opérationnel.
Modifications légales requises : modification du décret De Lijn (1990) et du décret relatif à l'accessibilité de base (2019) ; un concordat des cinq entités fédérées flamandes pour la VVA. Un accord public avec la fédération pour l'intégration tarifaire avec la SNCB (art. 32 de la Constitution HART).
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
De Lijn. Réformée De Lijn perd son monopole. Une Autorité flamande des transports indépendante détermine où le bus roule. Des transporteurs privés et publics se font concurrence pour le meilleur service. Un seul ticket pour le bus, le tram et le train.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
De Lijn est le seul opérateur de bus et de tram en Flandre ; les exploitants privés ne roulent que pour son compte. Avec plus de 8.200 collaborateurs propres et une intervention d'exploitation de la Région flamande de plus de 1,2 milliard d'euros par an (2025), c'est l'une des plus grandes entreprises publiques de Belgique. De Lijn transporte quelque 373 millions de voyageurs par an (2024 et 2025). Depuis 2023, la Flandre travaille étape par étape avec l'« accessibilité de base » : un modèle à trois couches composé du réseau de base, du réseau complémentaire et du transport à la demande (transport flexible).
Ce qui ne va pas
La réforme de l'accessibilité de base est un échec à la campagne. 3.247 arrêts de bus ont été supprimés, soit 17 % du total. Des communes rurales sont devenues des « îlots de transport ». Le transport flexible qui devait combler le vide transporte en moyenne 1,2 à 1,58 voyageur par bus et roule à vide sur plus de la moitié des kilomètres. Seuls 0,3 % de tous les voyageurs l'utilisent.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 2024, 72,4 % des bus roulaient à l'heure. À Anvers, près de 7 % de toutes les courses de bus ont été purement et simplement supprimées. Le taux de couverture des coûts est tombé de 38,5 % (2019) à 30,5 % (2024). Le contribuable finance donc quelque 70 centimes de chaque euro que De Lijn dépense. Trois communes ont engagé des procédures judiciaires contre De Lijn et l'autorité flamande.
Le problème central : De Lijn est à la fois arbitre et joueur. L'entreprise codétermine quelles lignes roulent et les exploite elle-même, sans concurrence. La Cour des comptes (2024) et l'Autorité flamande des transports (2026) sont accablantes : l'accessibilité de base n'avait pas été bien élaborée au préalable, les régions de transport sont « mises hors jeu » et le Gouvernement flamand n'avait pas encore approuvé de cadre tarifaire. Depuis la création en 1991, il n'y a pas de tarif intégré avec le train.
Comment cela fonctionne ailleurs
Aux Pays-Bas, les provinces et les régions de transport attribuent les transports en commun par concessions : des contrats temporaires remis en jeu après en général 6 à 10 ans. Une autorité organisatrice indépendante fixe le réseau et les exigences de qualité. Le transporteur exécute. Le résultat : la satisfaction des clients à l'égard des transports en commun régionaux est passée de 6,8 à un bon 7,7 sur 10, et un premier renouvellement de contrat a fait baisser les coûts de 10 % en moyenne. Un seul système de paiement (OV-chipkaart et OVpay) pour tous les transporteurs de tout le pays.
Au Danemark, FlexDanmark coordonne de manière centrale tout le transport à la demande, l'équivalent de nos bus flex. Il planifie ainsi quelque 6 millions de courses par an (2018) et combine élèves, patients et voyageurs ordinaires dans les mêmes véhicules. En Suède, les régions attribuent depuis les années nonante la grande majorité des transports par bus par appel d'offres, et les recettes propres, surtout les billets, couvrent 45 % des coûts (2023).
Ce que HART propose
Une Autorité flamande des transports (VVA) indépendante, service commun des cinq entités fédérées flamandes, devient le chef d'orchestre des transports en commun flamands. La VVA fixe le réseau, les fréquences et les exigences de qualité. Le territoire flamand est découpé en 5 à 7 zones de concession attribuées par appel d'offres concurrentiel. De Lijn peut concourir, mais en concurrence avec d'autres transporteurs.
Un seul système tarifaire pour le bus, le tram et le train, pour que vous voyagiez de porte à porte avec un seul ticket. Et une plateforme centrale FlexVlaanderen sur le modèle danois, qui organise professionnellement le transport à la demande au lieu de le faire avec 161 minibus à moitié vides.
Les concessions contiennent des engagements durs : au minimum 85 % de ponctualité, au maximum 2 % de courses supprimées, et une fréquence minimale par classe de population. Qui ne preste pas perd le contrat.
Ce que cela rapporte
Un gain d'efficience de 80-145 millions d'euros par an à vitesse de croisière, après les frais de fonctionnement de l'Autorité des transports : moins d'argent du contribuable, ou nettement plus d'offre pour le même budget. Un taux de couverture des coûts d'au moins 40 % au lieu de 30,5 %. Une satisfaction des clients au niveau néerlandais, mesurée publiquement chaque année. Une meilleure accessibilité de la campagne grâce à un transport flexible organisé professionnellement. Et, pour la première fois depuis la création de De Lijn : un seul ticket pour le bus, le tram et le train.
Phase 5 : sources
| Source | URL | Date | Utilisé pour |
|---|---|---|---|
| Decreet 31 juli 1990 (De Lijn) | https://codex.vlaanderen.be/Portals/Codex/documenten/1001627.html | 1990 | Base juridique, statut d'EVA |
| Decreet Vervoersautoriteit (25 feb 2022) | https://etaamb.openjustice.be/nl/decreet-van-25-februari-2022_n2022040484.html | 2022 | Création du DAB Autorité flamande des transports auprès du Département MOW |
| Decreet van 23 februari 2024 (wijziging decreet De Lijn en decreet basisbereikbaarheid) | https://etaamb.openjustice.be/nl/decreet-van-23-februari-2024_n2024001970.html | 2024 | Abrogation du décret relatif à l'Autorité flamande des transports, missions de la centrale de mobilité et du transport à la demande transférées à De Lijn |
| De Lijn. Geïntegreerd jaarverslag 2025 | https://downloads.ctfassets.net/32fmeyn9t08i/2ygSgKCSmLEVskZr295Ucn/d792e6fcfa4546162b97842479d9b7e7/De_Lijn-Ge%C3%83_ntegreerd_jaarverslag_2025.pdf | 2026 | Intervention d'exploitation, subsides en capital, 400 M€ de bus électriques, recettes de transport, coûts d'exploitation, voyageurs, voyageurs flex, flotte, courses non effectuées, 35,5 M€ de moins en 2026, ODC depuis 2023 |
| Rekenhof. Basisbereikbaarheid in het openbaar vervoer | https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2024_12_BereikbaarheidOpenbaarVervoer.pdf | mars 2024 | Coût +21,6 %, 16 acteurs pour la politique tarifaire, pas de cadre tarifaire, budget non transparent, couverture des coûts 27,55 % (2021) et 13 % selon l'ancienne méthode |
| VRT NWS. Rapport Vervoersautoriteit over De Lijn | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2026/02/09/de-lijn-rapport-vervoersautoriteit/ | févr. 2026 | Arrêts, minibus flex (1,58 voyageur, 147 minibus aux heures de pointe, 0,3 %), taux de couverture des coûts 38,5 % à 30,5 %, plaintes, satisfaction 77 %, visibilité des régions de transport sur les budgets |
| VRT NWS. 2 jaar na basisbereikbaarheid | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/12/29/2-jaar-na-grootste-verandering-ooit-bij-de-lijn-ze-hebben-het/ | déc. 2025 | 3.247 arrêts (17 %), îlots de transport, 161 minibus flex, 1,2 voyageur, kilomètres à vide (TreinTramBus), communes |
| VRT NWS. De Lijn 4,5% meer reizigers 2024 | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/02/26/de-lijn-vervoerde-meer-reizigers-in-2024/ | févr. 2025 | Chiffres de fréquentation |
| VRT NWS. Rekenhof niet mals voor De Lijn | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2024/03/24/rekenhof-is-vernietigend-voor-de-aanpak-van-de-hervormingen-bij/ | mars 2024 | Critiques de la Cour des comptes |
| VRT NWS. Ombudsdienst klachten De Lijn | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2024/10/02/klachten-in-2024-over-de-lijn-gestegen-sinds-nieuwe-dienstregeli/ | oct. 2024 | Chiffres des plaintes (service de médiation, 12.000 plaintes en janvier 2024) |
| VRT NWS. De Lijn schrapte 3% ritten | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/06/06/vorig-jaar-schrapte-de-lijn-bijna-3-procent-van-het-aantal-gepla/ | juin 2025 | Courses supprimées, ponctualité des bus 72,4 % et des trams 80,4 % (2024) |
| VRT NWS. Chauffeurstekort De Lijn | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2024/11/15/de-lijn-aanpassingen-in-aanbod/ | nov. 2024 | Pénurie de personnel, 2,5 % d'offre en moins |
| VRT NWS. 78% klanttevredenheid | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2026/02/18/78-procent-van-de-reizigers-tevreden-over-hun-rit-met-de-lijn/ | févr. 2026 | Chiffres de satisfaction 2025 |
| De Lijn Prezly. 15 vervoerregio's budget | https://delijn.prezly.com/15-vervoerregios-beslissen-over-226-miljoen-voor-bus-en-tram | juil. 2019 | Estimation du réseau de base, du réseau complémentaire et du transport à la demande |
| Vlaams Parlement. Budget De Lijn | https://www.vlaamsparlement.be/nl/actueel/nieuws-uit-het-vlaams-parlement/hoe-kan-de-lijn-haar-budget-beter-beheren | janv. 2026 | Gestion budgétaire, exercice d'économies |
| Wikipedia. De Lijn | https://nl.wikipedia.org/wiki/De_Lijn_(vervoermaatschappij) | - | Création (fusion MIVA, MIVG, NMVB), réseaux de tram |
| Wikipedia. Concessies NL OV | https://nl.wikipedia.org/wiki/Concessies_in_het_Nederlandse_openbaar_vervoer | - | Modèle de concession néerlandais, durée des concessions |
| Rijksoverheid NL. Regionaal OV | https://www.rijksoverheid.nl/onderwerpen/openbaar-vervoer/afspraken-over-het-openbaar-vervoer/afspraken-over-regionaal-openbaar-vervoer | - | Modèle néerlandais, exception des quatre grandes villes |
| Decisio, Twynstra Gudde en inno-V. Effecten van openbaar aanbesteden in het OV, voor het Ministerie van Infrastructuur en Waterstaat | https://zoek.officielebekendmakingen.nl/blg-940008.pdf | mars 2020 | Appréciation des clients 6,8 (2001) à 7,7 (2018), couverture des coûts du bus 52 % (2018), baisse des coûts de 10 % lors du premier renouvellement de contrat |
| Provincie Zuid-Holland. OV cijfers | https://www.zuid-holland.nl/onderwerpen/verkeer-vervoer/feiten-cijfers-mobiliteit/feiten-cijfers-openbaar-vervoer/ | 2025 | Satisfaction des clients en Hollande-Méridionale (7,8) |
| Sveriges riksdag. Lag (2010:1065) om kollektivtrafik | https://www.riksdagen.se/sv/dokument-och-lagar/dokument/svensk-forfattningssamling/lag-20101065-om-kollektivtrafik_sfs-2010-1065/ | 2010 | Autorité régionale des transports par län, en vigueur le 1er janvier 2012 |
| Trafikanalys. Regional linjetrafik 2023 | https://www.trafa.se/globalassets/statistik/kollektivtrafik/kollektivtrafik/2023/statistikblad-regional-linjetrafik-2023.pdf | 2024 | Couverture des coûts suédoise 45 % (2023), environ 50 % (2010-2019) |
| KTH (Koninklijk Instituut voor Technologie, Stockholm). Costs in Swedish Public Transport, licentiaatsproefschrift (DIVA) | https://www.diva-portal.org/smash/get/diva2:859337/SUMMARY01.pdf | oct. 2015 | Plus de 90 % des transports par bus attribués par appel d'offres, baisse des coûts de 8,4 % et de 6,2 % grâce aux appels d'offres |
| Interreg Baltic Sea Region. DRT mapping study Denemarken | https://media.voog.com/0000/0045/1309/files/Annex%20IV%20DRT%20mapping%20study%20country%20report%20-%20Denmark.pdf | juin 2020 | FlexDanmark, 6 millions de courses flex (2018), transport mixte des publics cibles |
| Trafikselskaberne i Danmark. Om os | https://www.trafikselskaberne.dk/trafikselskaberne-om-os/ | - | Six autorités régionales danoises des transports |
| FlexDanmark. Organisationen | https://flexdanmark.dk/organisationen/ | - | FlexDanmark fondé par cinq autorités des transports (NT, Midttrafik, Sydtrafik, FynBus, Movia) |
| Forseti. OV en flexvervoer Denemarken | https://forseti.nl/ov-en-flexvervoer-in-denemarken-onze-studiereis/ | 2022 | Modèle danois FlexDanmark |
| Business AM. Hervorming De Lijn kritiek | https://businessam.be/hervorming-de-lijn-krijgt-kritiek-door-verminderde-dienstverlening-en-ineffectieve-flexbus | févr. 2026 | Inefficacité du minibus flex, hausse de la fréquentation en partie due à la méthode de comptage |
Métadonnées
- Économie estimée : 80-145 M€/an net à vitesse de croisière : 6-10 % de gain d'efficience grâce aux appels d'offres sur 1.628 M€ de coûts d'exploitation de De Lijn (2025), moins 15-20 M€ de fonctionnement de l'Autorité flamande des transports ; la hausse de la couverture des coûts (davantage de recettes de billets) n'est pas une économie ; chevauche l'audit de l'Autorité flamande des transports et ne compte qu'une seule fois
- Révisé : 2026-09-27 (factcheck : chiffres, sources, formulation intemporelle)