PDG (Parlament der Deutschsprachigen Gemeinschaft) : audit
Date : 2026-03-31 Catégorie : Communauté germanophone, structure Statut proposé : 🟠 Réformé : transformation en parlement d'entité fédérée doté de compétences élargies
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Nom officiel : Parlament der Deutschsprachigen Gemeinschaft (PDG), en français : Parlement de la Communauté germanophone.
Base juridique : la Communauté culturelle allemande est née de la réforme de l'État de 1970. Les institutions de la Communauté germanophone reposent sur la Constitution belge (notamment les articles 2, 115, 130 et 139) et sur la loi ordinaire du 31 décembre 1983 de réformes institutionnelles pour la Communauté germanophone. Cette loi s'applique à la Communauté germanophone en lieu et place de la loi spéciale du 8 août 1980 de réformes institutionnelles, mais renvoie pour de nombreuses compétences et règles à cette loi spéciale. Le parlement fonctionne selon son propre règlement (Geschäftsordnung).
Historique :
- 1973 : création sous le nom de « Rat der deutschen Kulturgemeinschaft » (Conseil de la Communauté culturelle allemande), le 23 octobre 1973
- 1974 : premières élections directes
- 1984 : rebaptisé « Rat der Deutschsprachigen Gemeinschaft »
- 2004 : rebaptisé « Parlament der Deutschsprachigen Gemeinschaft »
- 2013 : déménagement vers l'ancien sanatorium rénové au Kehrweg à Eupen (Platz des Parlaments 1)
- 2019 : création du Bürgerrat permanent (conseil citoyen permanent, décret du 25 février 2019), une première mondiale en démocratie délibérative
Niveau de pouvoir : Communauté (ni Région, ni fédéral). Par l'article 139 de la Constitution, la Communauté germanophone exerce aussi un certain nombre de compétences régionales que la Région wallonne lui a transférées.
Composition : 25 membres élus directement, plus un nombre variable de mandataires à voix consultative : des membres germanophones d'autres parlements issus de la région de langue allemande (Parlement européen, parlement fédéral, Parlement wallon, conseil provincial de Liège). Dans la législature 2024-2029, ils sont cinq : l'eurodéputé, un député fédéral et trois membres du Parlement wallon.
Répartition des sièges (élections du 9 juin 2024, législature 2024-2029) :
- ProDG : 8 sièges
- CSP (chrétien-social) : 5 sièges
- Vivant : 4 sièges
- SP (social-démocrate) : 3 sièges
- PFF (libéral) : 3 sièges
- Ecolo : 2 sièges
Coalition gouvernementale (depuis juin 2024) : ProDG, CSP et PFF (16 sièges sur 25). Présidente du parlement : Patricia Creutz-Vilvoye (CSP), depuis juillet 2024.
Budget de la Communauté germanophone (budget initial 2026) :
- Dépenses : environ 618 millions d'euros hors remboursements de dette (703,8 millions d'euros d'autorisations de dépenses, dont 85,8 millions d'euros de remboursements de capital)
- Dotation globale de l'autorité fédérale : 351,1 millions d'euros (dont 334,1 millions d'euros de moyens généraux)
- Moyens transférés par la Région wallonne (article 139) : 94,8 millions d'euros
- Recettes propres : 11,4 millions d'euros, surtout des remboursements ; pas d'impôts
- Nouveaux emprunts : 165,7 millions d'euros
- Solde SEC consolidé : -121,2 millions d'euros, dont 116,4 millions d'euros de dépenses d'investissement. Selon le gouvernement de la Communauté germanophone, le budget courant est en équilibre ; elle atteint sa propre norme budgétaire en neutralisant les investissements, ce qui, selon la Cour des comptes, ne compte pas pour l'évaluation européenne. La dette augmente de 183,2 millions d'euros sur 2025-2026 et s'élevait à environ 1,34 milliard d'euros fin 2025 (provisoire).
- Objectif d'économies (fixé en novembre 2024 pour les budgets 2025 et 2026) : 15 millions d'euros par an sur les dépenses courantes
Coût et personnel du parlement : le PDG coûte environ 9 millions d'euros par an (dépenses 2026 : 9,0 millions d'euros, financées surtout par une dotation de 8,25 millions d'euros issue du budget de la Communauté). L'administration du parlement est petite : un greffier avec un secrétariat général et cinq services. Seuls la présidente et le sénateur de communauté perçoivent une indemnité complète (présidente environ 11.600 euros bruts par mois, sénateur de communauté environ 9.850 euros, montants indexés 2026). Les 23 autres membres exercent leur mandat à temps partiel, avec une indemnité de base d'environ 870 euros par mois plus environ 335 euros par commission permanente.
Population de la Communauté germanophone : 79.515 habitants (1er janvier 2026), répartis sur 9 communes dans deux cantons (Eupen et Sankt Vith). Soit ±0,7 % de la population belge.
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales :
- Élection et contrôle du Gouvernement de la Communauté germanophone
- Adoption des décrets (compétence législative)
- Approbation du budget annuel
- Contrôle parlementaire via les commissions et les séances plénières
Cinq commissions permanentes (législature 2024-2029) :
- Politique générale et coopération, finances, pouvoirs locaux, aménagement du territoire, énergie, développement durable et développement économique
- Culture, formation des adultes, tourisme, monuments et sites, protection des données
- Enseignement, formation et emploi
- Santé, affaires sociales, famille et logement
- Commission de contrôle (communication des pouvoirs publics, dépenses électorales, code déontologique, déclarations de mandats et de patrimoine)
Compétences : matières communautaires (article 130 de la Constitution) :
- Enseignement (de l'école maternelle à l'enseignement pour adultes), sauf le début et la fin de l'obligation scolaire, les conditions minimales de délivrance des diplômes et les pensions du personnel enseignant
- Culture, jeunesse, sport
- Matières personnalisables : prévention de la santé, politique familiale, politique du handicap, politique des aînés
- Emploi des langues dans l'enseignement
- Recherche scientifique dans ces domaines
- Coopération avec les autres Communautés et coopération internationale dans le cadre de ses propres compétences
Compétences régionales transférées (via l'article 139 de la Constitution, année d'entrée en vigueur) :
- 1994 : monuments et sites
- 2000 : fouilles archéologiques et politique de l'emploi (élargie après la sixième réforme de l'État)
- 2005 : tutelle sur les communes et financement des communes (pouvoirs subordonnés, encore élargis deux fois depuis)
- 2014 : tourisme
- 2020 : aménagement du territoire, logement et parties de la politique énergétique
Chevauchement : limité. La Communauté germanophone occupe une position unique : elle est à la fois une Communauté et elle exerce des compétences régionales. Le principal chevauchement se situe dans la relation avec la Région wallonne (qui reste formellement compétente pour les matières régionales non transférées sur le territoire germanophone) et avec l'autorité fédérale.
Public : les ±79.500 habitants des 9 communes germanophones.
Indicateurs de performance : la Cour des comptes (Rechnungshof) contrôle le budget. La Communauté germanophone économise sur ses dépenses courantes et, selon son propre gouvernement, maintient le budget courant en équilibre, mais son solde SEC consolidé est négatif (-121,2 millions d'euros en 2026), surtout en raison des investissements, et la dette augmente.
1C. Comparaison internationale
Régions autonomes comparables dotées d'un petit parlement :
| Région | Pays | Parlement | Membres | Population | Ratio |
|---|---|---|---|---|---|
| Communauté germanophone (Ostbelgien) | Belgique | PDG | 25 | ±79.500 (2026) | 1:3.181 |
| Åland | Finlande | Lagting | 30 | ±30.700 (fin 2024) | 1:1.022 |
| Îles Féroé | Danemark | Løgting | 33 | ±54.700 (2025) | 1:1.657 |
| Südtirol | Italie | Landtag | 35 | ±539.400 (fin 2024) | 1:15.411 |
| Île de Man | Dépendance de la Couronne britannique | Tynwald | 35 | ±84.100 (2021) | 1:2.402 |
Pays-Bas : pas de parlement subnational comparable. Les Provinciale Staten (états provinciaux) s'en approchent le plus, mais sont bien plus grandes par leur population.
Allemagne : le plus petit Land, Brême (693.204 habitants lors du recensement de 2022), a un parlement (Bürgerschaft) de 87 membres. Par sa population, la Communauté germanophone est comparable à un petit Kreis allemand (district), qui n'a pas de parlement propre.
Danemark/Finlande : les îles Féroé et Åland sont les meilleurs points de comparaison : de petites régions autonomes dotées d'une large autonomie, d'un parlement propre et d'un lien fort avec le pays d'origine.
Suisse : le plus petit canton (Appenzell Rhodes-Intérieures, plus de 16.000 habitants) a un parlement de 50 membres (Grosser Rat) qui prépare les lois, et une Landsgemeinde (assemblée populaire ouverte) qui les approuve.
Qu'est-ce qui fonctionne mieux ?
- Åland a un petit parlement doté d'une large autonomie législative. Il ne perçoit lui-même pas d'impôts significatifs : l'État finlandais les perçoit et reverse à Åland une part fixe des recettes de l'État (0,47 % depuis 2021), dont Åland décide lui-même. La Communauté germanophone ne perçoit pas non plus d'impôts propres ; ses moyens arrivent par dotations.
- Les îles Féroé peuvent percevoir et conserver des impôts, ce qui renforce la responsabilité fiscale.
- Le Südtirol dispose d'un statut d'autonomie (1972) bien plus étendu, ancré en droit international, et de compétences substantiellement plus larges.
1D. Problèmes et critiques
1. Problème d'échelle : trop petite pour une entité fédérée à part entière ? Avec ±79.500 habitants, la Communauté germanophone est plus petite que plusieurs villes belges (Gand : ±274.000, Bruges : ±120.000 habitants, 2026). La question est de savoir si ce volume suffit pour un parlement à part entière de 25 membres, un gouvernement propre de 4 ministres et une administration complète.
2. Aucune autonomie fiscale La Communauté germanophone ne perçoit aucun impôt propre. À l'exception de petites recettes propres (11,4 millions d'euros) et d'emprunts, toutes les recettes proviennent de la dotation fédérale (351,1 millions d'euros en 2026) et de moyens wallons transférés (94,8 millions d'euros). Cela crée un fiscal gap : qui décide ne perçoit pas. La Région wallonne et l'autorité fédérale financent, mais c'est la Communauté germanophone qui décide de l'affectation.
3. Compétences incomplètes La Communauté germanophone est une Communauté qui exerce aussi des compétences régionales, mais pas toutes. L'aménagement du territoire, le logement et une partie de la politique énergétique sont transférés, mais la mobilité, l'environnement et le commerce extérieur restent wallons. Il en résulte une répartition des compétences complexe.
4. Déficit démocratique des membres à voix consultative À côté des 25 membres élus siègent des mandataires « à voix consultative » (membres germanophones du Parlement européen, du parlement fédéral et du Parlement wallon) qui peuvent parler mais pas voter. C'est une construction étrange, que les autres parlements belges ne connaissent pas.
5. Parlement à temps partiel Seuls la présidente et le sénateur de communauté perçoivent une indemnité complète. Les 23 autres membres ont un mandat à temps partiel. Vu les compétences croissantes, cela devient de plus en plus difficile à tenir.
6. Avenir : entité fédérée ou région autonome ? En cas de nouvelle réforme de l'État, il y a deux options : (a) une quatrième entité fédérée à part entière, ou (b) une région autonome au sein de la Wallonie (sur le modèle du Südtirol). En juin 2025, le PDG a adopté une résolution demandant une représentation garantie et adaptée de la région de langue allemande à la Chambre fédérale.
Points positifs :
- Bürgerrat (depuis 2019) : première mondiale : la Communauté germanophone est la première région dotée d'un pouvoir législatif où un conseil citoyen permanent et des panels citoyens sont ancrés par décret. 24 citoyens tirés au sort fixent l'ordre du jour et organisent des panels citoyens de 25 à 50 citoyens tirés au sort. Le décret initial donnait aux membres un mandat de 18 mois ; depuis la modification du décret d'avril 2024, ils restent en fonction tant que leur assemblée citoyenne dure, et environ un tiers est renouvelé à chaque fois. Une évaluation après cinq ans (2025) montre que le modèle est ajusté, notamment par un meilleur suivi des recommandations. Reconnu internationalement comme modèle de référence (OCDE, Bertelsmann Stiftung).
- Politique budgétaire : la Communauté germanophone s'est imposé une économie de 15 millions d'euros par an sur les dépenses courantes, et son déficit SEC provient en grande partie des investissements.
- Administration réduite : un appareil relativement réduit pour les compétences qu'elle exerce.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ✅ | Le PDG est le niveau démocratique le plus proche des ±79.500 Belges germanophones. Les compétences communautaires (enseignement, culture, bien-être) ont leur place ici. Les compétences régionales transférées sont logiques au vu de la spécificité linguistique et géographique. |
| 2 | Transparence | ✅ | Petit parlement, lisible. Toutes les séances sont publiques. Le Bürgerrat renforce considérablement la transparence et l'implication des citoyens. |
| 3 | Responsabilité = financement | ❌ | Problème fondamental. La Communauté germanophone ne perçoit aucun impôt propre. À l'exception de petites recettes propres et d'emprunts, tous les revenus arrivent par dotations (fédérale 351 M€ + wallonne 95 M€, 2026). Qui décide ne perçoit pas. Le fiscal gap est de ±100 %. Avec la Communauté française, c'est le plus mauvais score de toutes les entités fédérées belges sur ce principe. |
| 4 | Simplicité | ⚠️ | La structure est relativement simple (un parlement, un gouvernement), mais le statut hybride de Communauté assortie de compétences régionales rend la répartition des compétences complexe. Les membres à voix consultative sont une complication inutile. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ | 79.500 habitants pour un parlement complet de 25 membres, 4 ministres et une administration propre, c'est un cas limite. Des régions comparables (Åland : ±30.700, îles Féroé : ±54.700 habitants) fonctionnent aussi avec des structures comparables, ce n'est donc pas trop petit par définition. Mais le coût par habitant est élevé : le parlement seul coûte environ 113 euros par habitant et par an, contre environ 18 euros pour le Parlement flamand (budgets 2026). |
| 6 | Compétences concurrentes | ⚠️ | La Communauté germanophone peut innover dans ses propres compétences (voir le Bürgerrat), mais la dépendance à des compétences transférées via l'article 139 limite sa marge. Chaque élargissement exige l'accord du Parlement wallon. |
| 7 | Orientation résultats | ⚠️ | Le Bürgerrat introduit un suivi systématique des recommandations et la Cour des comptes contrôle. La Communauté germanophone économise sur ses dépenses courantes, mais son solde SEC est négatif (-121,2 M€ en 2026) et elle n'atteint sa propre norme qu'en neutralisant les investissements. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ | Peu d'informations disponibles sur le degré précis de numérisation. En tant que petite entité, ses moyens pour la transformation numérique sont limités, mais l'échelle rend aussi plus facile une numérisation rapide. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ✅ | Des régions autonomes comparables (Åland, îles Féroé, Südtirol) prouvent que petit peut fonctionner. Le Bürgerrat est lui-même devenu un modèle de référence international. |
Synthèse : les principaux points douloureux sont (3) Responsabilité = financement (fiscal gap de ±100 %) et (5) Taille critique (cas limite). Principaux atouts : (1) Subsidiarité, (2) Transparence et (9) Éprouvé à l'étranger, avec le Bürgerrat comme modèle de référence international.
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé Transformation d'un parlement de Communauté en parlement d'entité fédérée à part entière, doté de compétences élargies et d'une autonomie fiscale partielle.
3B. Proposition concrète
Ce qui change ?
Statut : la Communauté germanophone devient l'une des douze entités fédérées (« entité fédérée Ostbelgien ») que la Constitution HART cite elle-même (art. 2), sur le territoire des neuf communes de la région de langue allemande. Le PDG devient le parlement de l'entité fédérée Ostbelgien.
Compétences : toutes les compétences communautaires actuelles + toutes les compétences régionales sont transférées définitivement, avec la compétence résiduelle (art. 29). Plus de construction de l'article 139. Ostbelgien exerce toutes les compétences d'entité fédérée de façon autonome, comme les onze autres entités fédérées. Elle règle elle-même l'enseignement, la langue, la radiodiffusion et les allocations familiales par loi de l'entité fédérée (art. 31) ; pour les tâches sensibles à l'échelle, comme l'enseignement supérieur, les soins spécialisés et le placement, elle conclut des accords avec Liège ou avec les entités fédérées francophones (art. 32).
Autonomie fiscale : instauration d'une autonomie fiscale partielle, comme pour chaque entité fédérée : un taux propre à l'impôt des personnes physiques dans une fourchette autour d'un taux de référence (art. 53) et les impôts des entités fédérées, comme le précompte immobilier et les droits d'enregistrement, de donation et de succession (art. 54), perçus par un seul service des impôts (art. 52). Une péréquation selon une formule publique relève l'entité fédérée à au moins 85 % de la capacité fiscale moyenne par habitant (art. 55). Cela ramène le fiscal gap de ±100 % à 30 % maximum.
Adaptation parlementaire :
- 21 membres au lieu de 25 (art. 43 : au plus 21 plus un par tranche entière de 100.000 habitants)
- Suppression des membres à voix consultative (construction superflue)
- Bürgerrat, réglé par décret, ancré dans le statut organique d'Ostbelgien comme troisième pilier démocratique (art. 37 et 43)
- Un parlement à temps partiel avec jeton de présence au lieu d'un traitement, comme dans chaque entité fédérée ; le contrôle approfondi est assuré par le conseil de contrôle germanophone de 3 experts, qui s'appuie pour le travail d'analyse sur les chambres thématiques des autres conseils de contrôle (art. 36)
Représentation garantie au fédéral : au moins 1 siège garanti à la Chambre de 60, comme pour chaque entité fédérée (art. 33), et 2 voix au Conseil des entités fédérées (art. 35). Dans le régime actuel, il n'y a pas de siège garanti à la Chambre : la région de langue allemande relève de la circonscription de Liège.
Modèle international : combinaison du Südtirol (statut d'autonomie étendu, ancrage constitutionnel, règles électorales protectrices pour la minorité linguistique), des îles Féroé (impôts propres) et d'Åland (large autonomie avec un petit parlement).
Impact estimé :
- Économie : pas d'économie budgétaire chiffrée. Le transfert des compétences wallonnes restantes déplace des tâches et des moyens entre pouvoirs publics (net zéro) ; la suppression des indemnités des membres à voix consultative est marginale, et la réduction à 21 membres à temps partiel avec jeton de présence n'est pas chiffrée séparément. Le gain réside dans une prise de décision plus simple.
- Transparence : le citoyen sait exactement qui est compétent. Plus de compétences partagées avec la Région wallonne.
- Responsabilité budgétaire : des recettes propres partielles imposent une politique prudente.
Trajet de mise en œuvre :
- Fondement : la Constitution HART fait d'Ostbelgien une entité fédérée (art. 2), avec toutes les compétences d'entité fédérée (art. 29) et un parlement, un gouvernement et un statut organique propres (art. 43) ; plus de transfert via l'article 139 de la Constitution actuelle
- Le financement suit la Constitution HART : impôts propres (art. 53 et 54) et loi de péréquation, adoptée avec l'accord du Conseil des entités fédérées (art. 55), au lieu de la loi du 31 décembre 1983
- Horizon temporel : 2-3 ans après un accord politique
- Période de transition pour l'intégration administrative des compétences régionales
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
PDG (Parlement de la Communauté germanophone) : réformé Le plus petit parlement de Belgique devient un parlement d'entité fédérée à part entière. Toutes les compétences sous un même toit, avec sa propre responsabilité fiscale, et le Bürgerrat comme exemple international de renouveau démocratique.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
La Communauté germanophone est le plus petit niveau de pouvoir de Belgique : ±79.500 habitants répartis sur 9 communes autour d'Eupen et de Sankt Vith. Le parlement (PDG) compte 25 membres élus directement et dispose d'un gouvernement propre de 4 ministres. La Communauté germanophone exerce des compétences communautaires (enseignement, culture, bien-être) et a aussi repris, via une construction constitutionnelle particulière (l'article 139), une série de compétences régionales de la Région wallonne : protection des monuments, politique de l'emploi, tutelle communale, tourisme, aménagement du territoire, logement et parties de la politique énergétique. La Communauté germanophone dépense environ 618 millions d'euros par an hors remboursements de dette (2026). Elle ne lève pas d'impôts : elle vit d'une dotation fédérale (351 millions d'euros), de transferts wallons (95 millions d'euros), d'emprunts et de quelques petites recettes propres. Le parlement lui-même coûte environ 9 millions d'euros par an.
Ce qui ne va pas
Le problème fondamental est le fiscal gap : la Communauté germanophone décide de centaines de millions d'euros, mais ne perçoit elle-même pas un centime d'impôts. À l'exception des emprunts et de quelques petites recettes propres, tous les moyens arrivent par dotations d'autres pouvoirs publics. C'est faux sur le principe. Qui décide des dépenses doit aussi rendre des comptes sur les recettes. La Communauté germanophone a un fiscal gap de près de 100 %, avec la Communauté française le plus élevé de toutes les entités fédérées belges.
En outre, la répartition des compétences est inutilement complexe. La Communauté germanophone est formellement une Communauté, mais elle exerce aussi des compétences régionales via l'article 139. Chaque nouveau transfert exige un accord avec le Parlement wallon. Pour les matières qui n'ont pas été transférées (mobilité, environnement, commerce extérieur), c'est la Région wallonne qui est compétente sur le territoire germanophone. Le citoyen doit donc naviguer entre le parlement germanophone, le gouvernement wallon et l'autorité fédérale, pour une région plus petite que la ville de Bruges.
Enfin : à côté de ses 25 membres élus, le PDG compte aussi des « membres à voix consultative » qui peuvent parler mais pas voter : une construction que les autres parlements belges ne connaissent pas et qui ne sert pas la simplicité.
Comment cela fonctionne ailleurs
Des petites régions autonomes comparables en Europe prouvent que cela peut se faire plus efficacement :
Les îles Åland (Finlande, ±30.700 habitants) ont un parlement de 30 membres doté d'une large autonomie. L'État finlandais perçoit les impôts et reverse à Åland une part fixe de 0,47 % des recettes de l'État, dont Åland décide lui-même. Ce mécanisme fixe rend le financement prévisible et transparent.
Les îles Féroé (Danemark, ±54.700 habitants) peuvent percevoir et conserver des impôts. Leur Løgting (33 membres) dispose d'une autonomie quasi complète, sauf, entre autres, la défense et la politique étrangère.
Le Südtirol (Italie, ±539.000 habitants) dispose d'un statut d'autonomie ancré en droit international, avec un Landtag de 35 membres, de larges compétences législatives, et des règles électorales qui assurent à la minorité linguistique une représentation au parlement italien (circonscriptions propres et seuil plus bas pour les listes de minorités).
Ce que tous ces modèles ont en commun : des compétences complètes à un seul niveau, pas de couches intermédiaires, et une forme de responsabilité fiscale.
Ce que HART propose
La Communauté germanophone devient l'une des douze entités fédérées d'une Belgique réformée : l'entité fédérée Ostbelgien, dans la Constitution elle-même (art. 2 de la Constitution HART). Le PDG devient un parlement d'entité fédérée à part entière.
Toutes les compétences, tant les matières communautaires que régionales, sont attribuées définitivement à Ostbelgien. La construction de l'article 139 disparaît. Plus besoin d'étape intermédiaire par le Parlement wallon.
Ostbelgien reçoit une autonomie fiscale partielle : un taux propre à l'impôt des personnes physiques dans une fourchette et des impôts propres d'entité fédérée (art. 53 et 54), avec une péréquation qui relève chaque entité fédérée à au moins 85 % de la capacité fiscale moyenne (art. 55). Le fiscal gap descend de ±100 % à 30 % maximum.
Le parlement compte 21 membres (art. 43), à temps partiel avec jeton de présence. Les membres à voix consultative sont supprimés. Le Bürgerrat, le modèle de démocratie délibérative salué internationalement que la Communauté germanophone a instauré en 2019 comme première mondiale, est ancré dans le statut organique d'Ostbelgien comme troisième pilier démocratique (art. 37 et 43).
Ostbelgien reçoit, comme chaque entité fédérée, au moins 1 siège garanti à la Chambre de 60 (art. 33) et 2 voix au Conseil des entités fédérées (art. 35).
Ce que cela rapporte
- Transparence : un parlement, un gouvernement, toutes les compétences. Le citoyen sait précisément à qui s'adresser.
- Responsabilité fiscale : qui décide contribue aussi au financement. C'est juste sur le principe et cela impose une politique prudente.
- Simplicité : pas de construction de l'article 139, pas de membres à voix consultative, pas de compétences partagées avec la Région wallonne.
- Innovation démocratique : le Bürgerrat est ancré comme composante permanente du système démocratique. Un modèle étudié dans le monde entier, entre autres par l'OCDE, mérite une base permanente dans le statut organique d'Ostbelgien (art. 43).
- Représentation : les ±80.000 Belges germanophones méritent une représentation garantie au niveau fédéral.
Phase 5 : sources
| Source | URL | Date | Utilisé pour |
|---|---|---|---|
| Parlament der Deutschsprachigen Gemeinschaft. Site officiel (Parlament, Zuständigkeitsbereiche, Abgeordnete, Beratende Mandatare, Ausschüsse) | https://pdg.be/desktopdefault.aspx/tabid-3999/ | Consulté en 2026 | 25 membres, répartition des sièges, mandataires à voix consultative, cinq commissions, compétences transférées (articles 130 et 139) |
| PDG. Abgeordnetenentschädigung | https://pdg.be/desktopdefault.aspx/tabid-4051/7265_read-42080/ | Consulté en 2026 | Indemnités de la présidente, du sénateur de communauté et des membres |
| PDG. Das Parlamentsgebäude | https://pdg.be/desktopdefault.aspx/tabid-4103/ | En continu | Parlement installé depuis octobre 2013 dans l'ancien sanatorium, Platz des Parlaments 1 |
| PDG. Aufgaben und Organisation der Parlamentsverwaltung | https://pdg.be/desktopdefault.aspx/tabid-4015/ | Consulté en 2026 | Administration du parlement : greffier, secrétariat général et cinq services |
| Wikipedia. Parliament of the German-speaking Community | https://en.wikipedia.org/wiki/Parliament_of_the_German-speaking_Community | 2026 | Historique (1973, 1974, 1984, 2004), répartition des sièges 2024 |
| Wikipedia. German-speaking Community of Belgium | https://en.wikipedia.org/wiki/German-speaking_Community_of_Belgium | 2026 | Communes, superficie, contexte historique |
| Cour des comptes (Rechnungshof). Ursprünglicher Haushalt 2026 der Deutschsprachigen Gemeinschaft | https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2025_41_BudgetDG_2026.pdf | 2025 | Budget 2026 : dépenses, dotation fédérale 351,1 M€, moyens wallons 94,8 M€, recettes propres 11,4 M€, emprunts 165,7 M€, solde SEC -121,2 M€, neutralisation des investissements, hausse de la dette, coût du parlement |
| Cour des comptes (Rechnungshof). Erste Haushaltsanpassung 2026 der Deutschsprachigen Gemeinschaft | https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2026_23_ErsteHaushaltsanpassung2026.pdf | Mai 2026 | Dette consolidée : 1.252,2 M€ fin 2024, estimée à 1.344,0 M€ fin 2025 (provisoire) |
| Parlement flamand. Budget en financiering van het Vlaams Parlement | https://www.vlaamsparlement.be/nl/over-ons/budget-en-financiering-van-het-vlaams-parlement | 2026 | Dépenses du Parlement flamand 2026 : 123,9 M€ (comparaison par habitant) |
| Cour des comptes (Rechnungshof). Ursprünglicher Haushalt 2025 der Deutschsprachigen Gemeinschaft | https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2024_50_BudgetDG2025.pdf | Novembre 2024 | Budget 2025 à titre de comparaison (solde SEC -113,9 M€) |
| BRF Nachrichten. DG Sparpläne | https://brf.be/regional/1915692/ | Novembre 2024 | Économies de 15 M€ par an sur les dépenses courantes |
| BRF Nachrichten. Haushalt der DG | https://brf.be/regional/2112050/ | Septembre 2026 | Budget courant en équilibre selon le gouvernement de la Communauté germanophone |
| Ostbelgien Statistik. Bevölkerungsstruktur | https://ostbelgienstatistik.be/desktopdefault.aspx/tabid-2569/4686_read-32765/ | 2026 | Population : 79.515 habitants (1er janvier 2026) |
| SPF Intérieur. Chiffres de population par commune au 1er janvier 2026 | https://www.ibz.rrn.fgov.be/sites/default/files/documents/fr/population/statistiques/population-bevolking-20260101.pdf | 2026 | Population de Gand et de Bruges |
| VRT NWS. Premier gouvernement de la Communauté germanophone 2024 | https://www.vrt.be/vrtnws/de/2024/06/14/deutschsprachige-gemeinschaft-in-ostbelgien-die-erste-regierung/ | Juin 2024 | Formation du gouvernement ProDG-CSP-PFF, 16 sièges sur 25 |
| OESO. Eight Ways to Institutionalise Deliberative Democracy | https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2021/12/eight-ways-to-institutionalise-deliberative-democracy_e1f898a0/4fcf1da5-en.pdf | Décembre 2021 | Modèle Ostbelgien : décret du 25 février 2019, 24 membres tirés au sort pour 18 mois, panels citoyens de 25 à 50 membres |
| Public Deliberation. Ostbelgien Model: five years on | https://www.publicdeliberation.net/the-ostbelgien-model-five-years-on/ | Janvier 2025 | Évaluation du Bürgerrat après cinq ans |
| OIDP. Ostbelgien Model | https://oidp.net/en/practice.php?id=1237 | En continu | Structure et fonctionnement du Bürgerrat |
| Bertelsmann Stiftung. Shortcut Ostbelgien Model | https://www.bertelsmann-stiftung.de/en/our-projects/democracy-and-participation-in-europe/shortcut-archive/shortcut-7-the-ostbelgien-model | Mars 2022 | Première région dotée d'un pouvoir législatif avec un conseil citoyen permanent ancré par la loi |
| Buergerdialog.be. Citizens' Council | https://www.buergerdialog.be/en/citizen-council/what-is-the-citizens-council | En continu | Fonctionnement du Bürgerrat : organe permanent, tirage au sort, suivi des recommandations |
| CALRENET. PDG General Data | https://www.calrenet.eu/wp-content/uploads/2021/02/Website-Informativ-Sheet-2021.pdf | 2021 | Création le 23 octobre 1973, membres à voix consultative |
| PDG. Resolutionsvorschlag 87 (2024-2025) | https://pdg.be/desktopdefault.aspx/tabid-4630/8156_read-74745/ | Juin 2025 | Résolution pour une représentation garantie à la Chambre fédérale (adoptée le 23 juin 2025) |
| Åland.ax. Facts about Åland | https://www.aland.ax/en/facts-about-aland/facts-about-aland | En continu | Lagting de 30 membres ; l'État finlandais perçoit les impôts et reverse une part fixe |
| Ålands landskapsregering. Lag (2021:22) om ändring av den avräkningsgrund | https://www.regeringen.ax/alandsk-lagstiftning/alex/202122 | 2021 | Part de 0,47 % des recettes de l'État depuis le 1er janvier 2021 |
| ÅSUB. Invånarantalet 31.12.2024 | https://www.asub.ax/sv/statistik/invanarantalet-31122024 | 2025 | Population d'Åland : 30.654 (31 décembre 2024) |
| Wikipedia. Løgting (îles Féroé) | https://en.wikipedia.org/wiki/L%C3%B8gting | 2026 | Comparaison : 33 membres, compétence fiscale, défense et politique étrangère danoises |
| Hagstova Føroya. Population 1 January 2025 | https://hagstova.fo/en/news/population-was-54684-1-january-05-year-year | 2025 | Population des îles Féroé : 54.684 (1er janvier 2025) |
| Wikipedia. Südtiroler Landtag | https://de.wikipedia.org/wiki/S%C3%BCdtiroler_Landtag | 2026 | Comparaison : 35 membres, statut d'autonomie 1972 |
| ASTAT. Bevölkerungsentwicklung 2024 | https://astat.provinz.bz.it/de/publikationen/bevoelkerungsentwicklung-vorlaeufige-daten-2024 | 2025 | Population du Südtirol : 539.386 (31 décembre 2024, provisoire) |
| Wikipedia. Italienisches Parlamentswahlrecht | https://de.wikipedia.org/wiki/Italienisches_Parlamentswahlrecht | 2026 | Circonscriptions uninominales et seuil de 20 % pour les listes de minorités au Trentino-Alto Adige |
| Wikipedia. Tynwald | https://en.wikipedia.org/wiki/Tynwald | 2026 | 35 membres (24 House of Keys, 11 Legislative Council) |
| Isle of Man Government. 2021 Census | https://www.gov.im/news/2022/feb/02/first-details-of-2021-census-report-published/ | 2022 | Population de l'île de Man : 84.069 (2021) |
| Statistisches Landesamt Bremen. Zensus 2022 | https://www.statistik.bremen.de/publikationen/pressemitteilungen/2024-06-25-zensus-2022-693-204-menschen-lebten-am-15-mai-2022-im-land-bremen-55412 | Juin 2024 | Population du Land de Brême : 693.204 (2022) |
| Wahlen im Land Bremen. Bürgerschaft | https://www.wahlen.bremen.de/wissenswertes/wahl-abc/buergerschaft-7444 | En continu | Bürgerschaft de 87 membres depuis 2023 |
| Kanton Appenzell Innerrhoden. Grosser Rat | https://www.ai.ch/politik/grosser-rat | En continu | Grosser Rat de 50 membres à côté de la Landsgemeinde |
- Révisé : 2026-09-27 (vérification des faits : chiffres, sources, formulation intemporelle)