L'avenir d'Ostbelgien : l'une des douze entités fédérées. Audit
Date : 2026-03-31 Catégorie : Communauté germanophone. Structure Statut proposé : 🟠 Réformé : entité fédérée à part entière dans la Constitution, l'une des douze, avec les compétences communautaires et régionales
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
La question centrale : quel sera le statut futur de la Communauté germanophone, aussi appelée Ostbelgien, au sein de la structure de l'État belge ? Deviendra-t-elle une quatrième entité fédérée à part entière dotée de ses propres compétences régionales, ou une région autonome au sein de la Wallonie avec un statut particulier ?
Situation actuelle : la Communauté germanophone est l'une des trois Communautés de Belgique. Elle remonte à la révision de la Constitution de 1970, qui a créé la Communauté culturelle allemande ; son conseil, le « Rat der deutschen Kulturgemeinschaft », a été élu directement pour la première fois en 1974. Elle dispose d'un parlement élu directement (25 membres), d'un gouvernement propre (4 ministres), d'une administration propre (le Ministerium der Deutschsprachigen Gemeinschaft, environ 650 collaborateurs) et d'un budget propre (environ 620 millions d'euros de dépenses hors remboursements de dette, budget initial 2026).
Le problème unique : la Communauté germanophone est une Communauté à part entière, mais pas une Région. Les compétences régionales sur son territoire sont en principe exercées par la Région wallonne. Via l'article 139 de la Constitution, la Région wallonne et la Communauté germanophone peuvent décider d'un commun accord que la Communauté germanophone exerce des compétences régionales. Et c'est ce qui s'est produit, par étapes :
- 1994 : protection des monuments et des sites
- 2000 : politique de l'emploi (exécutée par l'Arbeitsamt, ADG)
- 2005 : tutelle sur les communes et financement de celles-ci
- 2014 : tourisme
- 2020 : aménagement du territoire, logement et une partie de la politique énergétique (primes pour les économies d'énergie et la chaleur renouvelable)
Indépendamment de cela, la Communauté germanophone a reçu, en tant que Communauté, avec la sixième réforme de l'État (2014), notamment les allocations familiales, la politique des aînés, des parties des soins de santé et le droit sanctionnel de la jeunesse.
Mais il reste des compétences régionales cruciales que la Communauté germanophone n'a pas : la politique économique, la plus grande partie de la politique énergétique, l'environnement, la gestion de l'eau, l'agriculture, la mobilité (routes et transports en commun) et le commerce extérieur. Pour tous ces domaines, c'est la Région wallonne qui est compétente sur le territoire d'Ostbelgien.
Population et territoire :
- ±79.500 habitants (1er janvier 2026) : ±0,7 % de la population belge
- environ 854 km², 9 communes dans la province de Liège
- Deux cantons : Eupen (nord) et Sankt Vith (sud)
- Région frontalière : l'Allemagne (est), le Luxembourg (sud), la Belgique francophone (ouest)
Dette et budget : la Communauté germanophone porte une dette d'environ 1,3 milliard d'euros (fin 2025), ce qui est élevé pour une Communauté de 79.500 habitants. Le gouvernement y oppose plus de 2 milliards d'euros d'actifs durables (hôpitaux, écoles, institutions de soins). La Communauté germanophone présente un budget ordinaire en équilibre (2025 et 2026), mais, investissements compris, elle affiche un déficit SEC d'environ 121 millions d'euros (budget initial 2026). La Cour des comptes souligne que la dette continue de ce fait à augmenter (de 183 millions d'euros sur 2025-2026) et que des taux d'intérêt plus élevés font grimper les coûts de financement.
Paysage politique (élections de 2024) :
- ProDG (8 sièges sur 25) : parti régional, plaide explicitement pour Ostbelgien comme quatrième entité fédérée à part entière
- CSP (5 sièges) : chrétien-social, plus modéré sur l'autonomie
- PFF (3 sièges) : libéral, section du MR
- Vivant (4 sièges) : populiste, principal parti d'opposition
- SP (3 sièges) : social-démocrate
- Ecolo (2 sièges) : écologiste
La coalition ProDG-CSP-PFF (16 sièges sur 25, législature 2024-2029) soutient le principe d'une autonomie accrue.
1B. Le débat : entité fédérée ou région autonome
Option 1. Quatrième entité fédérée à part entière : La Communauté germanophone devient une entité fédérée à part entière qui exerce à la fois les compétences communautaires et régionales, aux côtés de la Flandre, de la Wallonie et de Bruxelles. Ce modèle à quatre entités fédérées revient aussi dans le débat constitutionnel (BelConLawBlog, 2015). ProDG en est le principal défenseur politique.
Avantages :
- Cohérence complète : qui décide de l'enseignement et de l'emploi décide aussi de l'économie et de la mobilité
- Fin de la situation asymétrique (une Communauté sans Région)
- Traitement égal avec les autres entités fédérées
- Positionnement international plus fort (Eurorégion Meuse-Rhin)
Inconvénients :
- Problème d'échelle : 79.500 habitants, c'est extrêmement peu pour une entité fédérée à part entière
- Financement : la Communauté germanophone dépend de dotations fédérales et de transferts wallons
- Charge administrative : des compétences régionales complètes exigent une administration plus étoffée
- Révision de la Constitution nécessaire : la procédure juridique la plus lourde de Belgique
Option 2. Région autonome au sein de la Wallonie : La Communauté germanophone reste formellement une partie de la Région wallonne mais obtient un statut particulier renforcé, comparable à celui du Tyrol du Sud en Italie ou des îles Åland en Finlande. Toutes les compétences régionales pertinentes sont transférées via l'article 139, mais sans modification de la Constitution.
Avantages :
- Pragmatique : s'appuie sur le mécanisme existant de l'article 139
- Aucune modification de la Constitution nécessaire pour le cœur de la réforme
- Avantages d'échelle préservés (par exemple pour les grands travaux d'infrastructure)
- Moins de résistance politique du côté wallon
Inconvénients :
- Dépendance persistante à la bonne volonté de la Région wallonne
- Pas de voix équivalente à la table fédérale
- L'asymétrie subsiste
- Les compétences transférées reposent sur des décrets des deux parlements, et non sur une garantie constitutionnelle
Option 3. Fusion avec le Luxembourg ou rattachement à l'Allemagne : Ce sont des scénarios académiques qui n'ont aucun soutien politique à Ostbelgien même. L'identité est belge et germanophone ; la sécession n'est pas un sujet.
1C. Comparaison internationale
Tyrol du Sud (Italie) :
- Plus d'un demi-million d'habitants, environ 7.400 km²
- Autonomie très étendue via le deuxième statut d'autonomie (1972)
- Compétence législative propre dans presque tous les domaines
- Récupère neuf dixièmes de la plupart des impôts d'État perçus sur son propre territoire
- Représentation proportionnelle des groupes linguistiques dans toutes les fonctions publiques
- PIB régional par habitant supérieur à la moyenne italienne
- Pertinence : preuve qu'un petit territoire germanophone au sein d'un pays plus grand peut fonctionner de façon excellente avec une autonomie étendue. Mais : le Tyrol du Sud compte plus de six fois plus d'habitants.
Îles Åland (Finlande) :
- Plus de 30.000 habitants, environ 1.580 km²
- Région autonome de langue suédoise au sein de la Finlande
- Parlement propre (30 membres), gouvernement propre
- Compétentes pour l'enseignement, la culture, les soins de santé, la police, la poste, la radio et la télévision, la législation communale, l'environnement
- Pas d'impôts propres significatifs : l'État finlandais perçoit les impôts et verse aux Åland un montant fixe de 0,45 % des recettes de l'État, que le parlement propre dépense librement
- Démilitarisées et neutralisées
- La Finlande conserve la souveraineté sur les affaires étrangères, le droit pénal, les douanes et les impôts de l'État
- Pertinence : le modèle le plus comparable en termes d'échelle. Preuve que ±30.000 personnes peuvent faire tourner une administration autonome qui fonctionne.
Écosse (Royaume-Uni) :
- Parlement dévolu doté de compétences étendues
- A connu un référendum d'indépendance (2014 : 55 % de non)
- Pertinence : montre qu'un référendum sur le statut futur peut être un instrument démocratique, mais qu'il polarise aussi.
Grisons et Appenzell (Suisse) :
- Petits cantons dotés de compétences cantonales complètes
- Appenzell Rhodes-Intérieures : ±16.800 habitants (2024), plus petit qu'Ostbelgien
- Preuve que la taille ne doit pas être un obstacle dans un système fédéral
- Pertinence : dans le modèle suisse, chaque canton a les mêmes compétences, quelle que soit sa taille. C'est l'argument le plus fort en faveur de l'option de l'entité fédérée.
Îles Féroé (Danemark) :
- ±55.000 habitants (2025)
- Autogouvernement très étendu au sein du Royaume du Danemark
- Parlement propre, impôts propres, relations extérieures propres (en partie)
- Pertinence : échelle comparable, modèle réussi d'autonomie asymétrique.
1D. Problèmes et critiques
Déficit démocratique : les habitants d'Ostbelgien votent pour le Parlement wallon (75 sièges), mais ne représentent que ±2 % de la population wallonne. Les décisions sur leur cadre de vie (routes, transports en commun, énergie) se prennent à Namur, où leur voix est négligeable.
Asymétrie : la Flandre a fusionné Communauté et Région en 1980. La Communauté française et la Région wallonne sont restées distinctes et se recouvrent en grande partie (la Communauté française est aussi compétente à Bruxelles, la Région wallonne aussi dans la région de langue allemande). Seule la Communauté germanophone se trouve dans une position unique : une Communauté sans Région.
Dépendance financière : la Communauté germanophone se finance par des dotations fédérales et des moyens transférés de la Région wallonne. L'autonomie fiscale propre est minimale. Il n'y a pas d'impôt régional, pas de précompte immobilier propre.
Problématique de la dette : environ 1,3 milliard d'euros de dette pour 79.500 habitants, cela fait plus de 16.000 euros par habitant (fin 2025). C'est lourd. Le gouvernement y oppose des actifs durables, mais la dette continue d'augmenter à cause des investissements.
La Wallonie comme tutelle : chaque transfert de compétence supplémentaire exige un accord avec la Région wallonne. Cela crée une relation de dépendance qui n'existe pas pour les autres Communautés.
Complexité constitutionnelle : une réforme de l'État qui ferait de la Communauté germanophone une entité fédérée exige une révision de la Constitution (une déclaration de révision, puis une majorité des deux tiers) et des lois spéciales (une majorité des deux tiers plus une majorité dans chaque groupe linguistique). C'est politiquement extrêmement difficile.
Question identitaire : la Communauté germanophone est-elle assez grande pour être un État à part entière ? Les critiques pointent le risque d'une « luxembourgisation » : une entité trop petite pour porter le coût d'un appareil public complet.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ Partiel | La Communauté germanophone exerce de nombreuses compétences communautaires au plus près du citoyen, mais des compétences régionales cruciales (économie, mobilité, énergie, environnement) se décident à Namur, à plus de 100 kilomètres de là, dans une autre langue. |
| 2 | Transparence | ❌ Échec | L'habitant moyen d'Ostbelgien parvient à peine à démêler qui est compétent : le gouvernement de la Communauté germanophone pour l'enseignement et le bien-être, la Région wallonne pour les routes et l'économie, le fédéral pour la justice et la défense. Le chevauchement entre la Communauté germanophone et la Wallonie est opaque. |
| 3 | Responsabilité = financement | ❌ Échec | Fiscal gap important. La Communauté germanophone dépense de l'argent qui provient en grande partie de la dotation fédérale et des transferts wallons. Pas d'impôts régionaux propres, des leviers fiscaux propres minimes. Qui décide ne paie pas, et qui paie ne décide pas des matières régionales. |
| 4 | Simplicité | ❌ Échec | La construction actuelle est peut-être bien le morceau le plus complexe de la structure de l'État belge. Une Communauté + des compétences régionales partielles via l'article 139 + des compétences wallonnes complètes pour le reste = incompréhensible pour tout le monde. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ Partiel | 79.500 habitants, c'est peu, mais les îles Åland (plus de 30.000), Appenzell Rhodes-Intérieures (±16.800) et les îles Féroé (±55.000) montrent que c'est possible. L'administration de la Communauté germanophone (environ 650 collaborateurs au ministère) fonctionne de façon professionnelle. La taille est un défi, pas un obstacle insurmontable. |
| 6 | Compétences concurrentes | ❌ Échec | La Communauté germanophone ne peut pas innover dans les domaines régionaux. Si la Wallonie fait des choix en matière d'énergie ou de mobilité sur le territoire d'Ostbelgien, la Communauté germanophone n'a pas d'alternative. Pas de concurrence, pas de benchmarking, pas d'espace d'innovation. |
| 7 | Orientation résultats | ⚠️ Partiel | La Communauté germanophone obtient de bons résultats en discipline budgétaire (budget ordinaire en équilibre en 2025 et 2026, même si la dette augmente à cause des investissements). Le Bürgerrat est salué à l'échelle internationale. Mais il n'existe pas de mesure systématique des résultats sur les matières régionales, car celles-ci sont gérées par la Wallonie. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ Partiel | La Communauté germanophone dispose de services numériques propres pour ses compétences communautaires, mais pour les matières régionales elle dépend de l'infrastructure numérique wallonne (SPW). |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ✅ Satisfait | Plusieurs modèles internationaux montrent que de petites entités peuvent fonctionner de façon autonome avec succès : Åland (plus de 30.000 hab.), les îles Féroé (±55.000 hab.), Appenzell Rhodes-Intérieures (±16.800 hab.), le Tyrol du Sud (plus d'un demi-million d'hab.). La Communauté germanophone s'inscrit parfaitement dans cette série. |
Synthèse : la construction actuelle échoue sur la transparence (2), la responsabilité financière (3), la simplicité (4) et les compétences concurrentes (6). Le gain le plus important réside dans la création d'un seul niveau de pouvoir cohérent qui rassemble toutes les compétences, soit comme entité fédérée à part entière, soit comme région autonome dotée du paquet complet.
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé La Communauté germanophone est transformée en une entité fédérée à part entière dotée à la fois des compétences communautaires et régionales : Ostbelgien, l'une des douze entités fédérées que la Constitution HART nomme elle-même (art. 2).
3B. Proposition concrète
Ce qui change :
- La Communauté germanophone devient l'entité fédérée Ostbelgien, l'une des douze aux côtés des dix provinces et de Bruxelles ; la Constitution HART elle-même en fait une entité fédérée (art. 2)
- Toutes les compétences régionales restantes passent de la Région wallonne à Ostbelgien, avec la compétence résiduelle (art. 29)
- L'entité fédérée Ostbelgien exerce à la fois les compétences communautaires et régionales (comme la Flandre depuis 1980) ; l'enseignement, la langue, la radiodiffusion et les allocations familiales, elle les règle elle-même par loi de l'entité fédérée, en dehors des deux concordats (art. 31)
- Pour les tâches sensibles à l'échelle, comme l'enseignement supérieur, les soins spécialisés, le placement et éventuellement le corps de police, Ostbelgien conclut des accords avec Liège ou avec les entités fédérées francophones (art. 32)
- La structure reste compacte : parlement de 21 sièges (art. 43), 4 ministres (cinq au maximum), un ministère d'environ 740 à 790 collaborateurs (extension des quelque 650 actuels)
- Le Bürgerrat est ancré dans le statut organique d'Ostbelgien comme troisième pilier démocratique (art. 37 et 43)
- Des leviers fiscaux propres : un taux propre dans l'impôt des personnes physiques à l'intérieur d'une bande autour d'un taux de référence et des impôts propres de l'entité fédérée (art. 53 et 54), de sorte que l'écart fiscal vertical, comme pour chaque entité fédérée, tombe à 30 % au maximum ; la péréquation porte Ostbelgien à au moins 85 % de la capacité fiscale moyenne (art. 55)
- Au niveau fédéral : un siège garanti à la Chambre (art. 33) et 2 voix au Conseil des entités fédérées (art. 35)
Vers quel niveau : la Communauté germanophone devient une entité fédérée à part égale dans une Belgique fédérale de douze entités fédérées. Cela s'inscrit dans le modèle plus large de réforme de l'État de HART (suppression de la dualité Communautés/Régions, douze entités fédérées équivalentes).
Quel modèle international :
- Principal : le modèle cantonal suisse (de petits cantons dotés des mêmes compétences que les grands)
- Secondaire : les îles Åland (modèle d'autonomie éprouvé pour plus de 30.000 personnes) et les îles Féroé (±55.000 personnes, impôts propres)
Impact estimé (estimation de HART) :
- Extension de l'administration : +90 à 140 collaborateurs (de quelque 650 à quelque 740-790)
- Coût estimé : 15 à 25 millions d'euros par an (personnel + fonctionnement pour les matières régionales reprises)
- Financement : comme pour chaque entité fédérée, par des impôts propres et la péréquation (art. 53 à 55) ; les moyens que la Région wallonne consacre à ces tâches sur le territoire germanophone y disparaissent
- Économie : disparition de la couche intermédiaire Communauté germanophone-Wallonie (double administration, coûts de coordination)
- Effet net pour les pouvoirs publics dans leur ensemble : limité, mais le gain réside dans la cohérence, la transparence et un meilleur service
Trajet de mise en œuvre :
- Étape 1 : la Constitution HART fait d'Ostbelgien l'une des douze entités fédérées (art. 2), avec toutes les compétences des entités fédérées (art. 29) : pas de transfert via l'article 139, pas de lois spéciales et pas de déclaration de révision
- Étape 2 : Ostbelgien règle l'enseignement, la langue, la radiodiffusion et les allocations familiales par loi de l'entité fédérée (art. 31), et ses institutions ainsi que le Bürgerrat dans son statut organique (art. 37 et 43)
- Étape 3 (dans les cinq ans) : cadre fiscal propre : un taux propre dans l'impôt des personnes physiques à l'intérieur d'une bande et des impôts de l'entité fédérée (art. 53 et 54)
- Étape 4 (dans les six ans) : opérationnalisation complète
Conditions à respecter :
- L'allemand comme langue de l'entité fédérée est ancré dans la Constitution : la région de langue allemande est Ostbelgien (art. 3), et les pouvoirs publics y utilisent l'allemand (art. 5). Les facilités linguistiques pour les francophones dans les neuf communes restent, comme dans les 27 communes à facilités : elles figurent dans la Constitution elle-même, même après une fusion (art. 4)
- Pas de mécanisme de solidarité distinct : la péréquation avec une formule publique (art. 55) et un frein à l'endettement propre ; la fédération ne se porte pas garante des dettes de l'entité fédérée, et en cas de guerre, de catastrophe ou d'une autre situation d'urgence exceptionnelle, le parlement peut y déroger à la majorité des deux tiers (art. 56)
- Le Bürgerrat est intégré dans le statut organique d'Ostbelgien (art. 37 et 43)
Pas de référendum distinct : HART ne plaide pas pour un référendum distinct à Ostbelgien sur le statut. La Constitution HART fait elle-même d'Ostbelgien une entité fédérée (art. 2) : il s'agit d'un choix sur l'ensemble de la structure de l'État (douze entités fédérées équivalentes), pas seulement sur Ostbelgien. Sur ce choix, le citoyen de toute la Belgique a le dernier mot : toute révision de la Constitution exige les deux tiers à la Chambre, puis un vote citoyen obligatoire, adopté à la majorité des électeurs et des entités fédérées (art. 63). Une frontière ne change en outre qu'avec l'accord des entités fédérées concernées (art. 2). Pour ses propres compétences, Ostbelgien peut régler par loi de l'entité fédérée des initiatives citoyennes et des votes citoyens (art. 37), à côté du Bürgerrat comme instrument délibératif.
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
L'avenir d'Ostbelgien. Réformé en entité fédérée à part entière
La Communauté germanophone devient une entité fédérée à part entière dotée de toutes les compétences communautaires et régionales. Pas par un référendum distinct, mais comme volet logique d'une réforme de l'État plus large vers douze entités fédérées équivalentes, inscrite dans la Constitution elle-même.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne
La Communauté germanophone, avec 79.500 habitants (2026) dans 9 communes autour d'Eupen et de Sankt Vith, est une Communauté à part entière, avec son propre parlement, son propre gouvernement et sa propre administration. Mais elle n'est pas une Région. Pour les routes, les transports en commun, l'économie, l'énergie et l'environnement sur son territoire, c'est la Région wallonne qui décide, depuis Namur. Les habitants d'Ostbelgien ne représentent que ±2 % de la population wallonne. Petit à petit, des compétences régionales ont été transférées depuis 1994 (monuments, emploi, aménagement du territoire, logement), mais le processus est lent, asymétrique et dépendant de la bonne volonté wallonne.
Ce qui ne va pas
Trois choses. Premièrement : personne ne comprend le système. L'enseignement ? La Communauté germanophone. Les routes ? La Wallonie. Les allocations familiales ? La Communauté germanophone. Les transports en commun ? La Wallonie. Le citoyen ne parvient plus à suivre qui est compétent pour quoi, et donc non plus qui est responsable quand cela tourne mal. Cela viole fondamentalement le principe de transparence.
Deuxièmement : qui décide ne paie pas. La Communauté germanophone vit de dotations fédérales et de transferts wallons. Il n'y a pas d'impôts régionaux propres, pas de leviers fiscaux. C'est une recette pour une gouvernance irresponsable. Il faut dire que, paradoxalement, la Communauté germanophone présente un budget ordinaire en équilibre (2025 et 2026), même si sa dette augmente à cause des investissements.
Troisièmement : la Communauté germanophone ne peut pas innover dans les matières régionales. Si la Région wallonne fait, en matière d'énergie ou de mobilité, d'autres choix que ce dont Ostbelgien a besoin, il n'y a pas d'alternative. Les compétences concurrentes, le modèle allemand que HART défend, ne fonctionnent pas quand une entité fédérée décide pour une autre.
Comment cela fonctionne ailleurs
En Suisse, le canton d'Appenzell Rhodes-Intérieures est un canton à part entière de ±16.800 habitants (2024). Il a les mêmes compétences que Zurich (plus de 1,6 million). En Finlande, les îles Åland (plus de 30.000 habitants) s'administrent elles-mêmes avec un parlement propre, un budget propre et des compétences sur l'enseignement, les soins de santé, l'environnement et la police. Aux îles Féroé (±55.000 habitants, Danemark), il existe même un système fiscal propre et, en partie, une politique étrangère propre. Tous ces exemples le montrent : la taille n'est pas un obstacle. La qualité de la gouvernance, si.
Et cette qualité de gouvernance est présente à Ostbelgien. Le ministère de la Communauté germanophone, avec environ 650 collaborateurs, tourne de façon professionnelle. Le PDG, avec ses 25 membres, est efficace. Le Bürgerrat, le panel citoyen permanent créé en 2019, est une expérience de démocratie délibérative saluée dans le monde entier. Ostbelgien n'est pas trop petit pour s'administrer lui-même. Il le fait déjà.
Ce que HART propose
HART veut qu'Ostbelgien devienne l'une des douze entités fédérées à part égale dans une Belgique réformée, aux côtés des dix provinces et de Bruxelles. Concrètement :
Toutes les compétences régionales restantes (économie, énergie, environnement, mobilité, commerce extérieur) passent à Ostbelgien, avec la compétence résiduelle : tout ce que la Constitution ne donne pas à la fédération (art. 29). La Constitution elle-même fait d'Ostbelgien une entité fédérée (art. 2), sans détour par l'article 139.
L'entité fédérée Ostbelgien exerce à la fois les compétences communautaires et régionales, exactement comme la Flandre le fait depuis 1980. Un parlement de 21 membres, un gouvernement de cinq au maximum, une administration, toutes les compétences. L'enseignement, la langue, la radiodiffusion et les allocations familiales, Ostbelgien les règle lui-même (art. 31). Pour les tâches sensibles à l'échelle, comme l'enseignement supérieur, les soins spécialisés et le placement, il conclut des accords avec Liège ou avec les entités fédérées francophones (art. 32).
Des leviers fiscaux propres arrivent : un taux propre dans l'impôt des personnes physiques à l'intérieur d'une bande et des impôts propres de l'entité fédérée (art. 53 et 54), pour que l'entité fédérée qui dépense perçoive aussi elle-même (en partie). L'écart fiscal vertical tombe, comme pour chaque entité fédérée, à 30 % au maximum, et une péréquation avec une formule publique porte Ostbelgien à au moins 85 % de la capacité fiscale moyenne (art. 55).
Le Bürgerrat est ancré dans le statut organique d'Ostbelgien comme troisième pilier démocratique à côté du parlement et du gouvernement (art. 37 et 43). HART veut étendre ce modèle à toutes les entités fédérées.
L'administration croît modestement : de quelque 650 à quelque 740-790 collaborateurs, pour les tâches régionales supplémentaires. Le coût (estimé de 15 à 25 millions d'euros par an), Ostbelgien le paie, comme chaque entité fédérée, par ses impôts propres et la péréquation ; les moyens que la Région wallonne consacre à ces tâches sur le territoire germanophone y disparaissent. Grâce à la disparition de la double structure Communauté germanophone/Wallonie, l'effet net reste limité.
Pas de référendum distinct. La Constitution fait d'Ostbelgien une entité fédérée, et sur la Constitution, le citoyen de toute la Belgique a le dernier mot : une révision exige les deux tiers à la Chambre et un vote citoyen avec une majorité des électeurs et des entités fédérées (art. 63). Il s'agit d'un choix sur l'ensemble de la structure de l'État, pas seulement sur Ostbelgien.
Langue : l'allemand est ancré dans la Constitution comme langue de l'entité fédérée, car la région de langue allemande est Ostbelgien (art. 3). Les facilités linguistiques pour les francophones restent, comme dans les 27 communes à facilités : elles figurent dans la Constitution elle-même (art. 4).
Au niveau fédéral, Ostbelgien obtient un siège garanti à la Chambre et 2 voix au Conseil des entités fédérées (art. 33 et 35).
Ce que cela rapporte
- Transparence : un seul niveau de pouvoir par domaine politique. Le citoyen sait qui décide et qui est responsable.
- Cohérence : qui décide de l'enseignement et de l'emploi décide aussi de l'économie et de la mobilité. Les politiques peuvent être intégrées.
- Démocratie : 79.500 personnes obtiennent un vrai pouvoir de décision sur leur propre cadre de vie, au lieu d'une voix négligeable au Parlement wallon.
- Innovation : les compétences concurrentes permettent à Ostbelgien d'expérimenter et de se comparer aux autres entités fédérées.
- Efficacité : la couche intermédiaire Communauté germanophone/Wallonie disparaît. Un guichet, un responsable, un budget.
- Discipline budgétaire : la Communauté germanophone montre déjà qu'elle peut présenter un budget ordinaire en équilibre (2025 et 2026). Cela mérite plus d'autonomie, pas moins.
- Éprouvé : Åland, les Féroé, Appenzell, le Tyrol du Sud. Cela fonctionne. La Belgique n'a pas besoin de réinventer la roue.
Phase 5 : sources
| Source | URL | Date | Utilisé pour |
|---|---|---|---|
| Wikipedia. Deutschsprachige Gemeinschaft | https://de.wikipedia.org/wiki/Deutschsprachige_Gemeinschaft | Mis à jour en continu | Contexte de la Communauté germanophone : historique, compétences transférées par année (notamment le tourisme en 2014) |
| Ostbelgien Statistik. Bevölkerungsstruktur | https://ostbelgienstatistik.be/desktopdefault.aspx/tabid-2569/4686_read-32765/ | 2026 | Population de la Communauté germanophone : 79.515 habitants (1er janvier 2026) |
| Belgium.be. La Communauté germanophone | https://www.belgium.be/en/about_belgium/government/communities/german-speaking_community | Officiel | Parlement (25 membres) et gouvernement (ministre-président et trois ministres) |
| Ostbelgien Live. Job und Karriere im Ministerium | https://ostbelgienlive.be/desktopdefault.aspx/tabid-6064/ | Officiel | Ministerium der DG : environ 650 collaborateurs |
| Cour des comptes. Ursprünglicher Haushalt 2026 DG | https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2025_41_BudgetDG_2026.pdf | Novembre 2025 | Budget 2026 : autorisations de dépenses de 703,8 M€ (618 M€ hors remboursements de capital), déficit SEC de 121,2 M€, hausse de la dette de 183,2 M€ en 2025-2026 |
| BRF Nachrichten. Haushaltsberatungen der DG vor Abschluss | https://brf.be/regional/2112050/ | Septembre 2026 | Budget ordinaire (courant) en équilibre pour la troisième fois de suite |
| Ostbelgien Direkt. Paasch weist Kritik von Vivant zurück | https://ostbelgiendirekt.be/vivant-fraktion-schlaegt-alarm-438134 | Avril 2026 | Dette de la Communauté germanophone d'environ 1,3 Md€ face à plus de 2 Mds€ d'actifs durables |
| BRF Nachrichten. PDG-Wahl: Ergebnis im Wahlkreis DG | https://brf.be/regional/1826726/ | Juin 2024 | Répartition des sièges au PDG après les élections de 2024 |
| Elegis. Neue Übertragung der Ausübung bestimmter Kompetenzen | https://www.elegis.be/de/news/neue-uebertragung-der-ausuebung-bestimmter-kompetenzen-aus-der-wallonischen-region-auf-die | Transfert de 2020 | Transfert du logement, de l'aménagement du territoire et d'une partie de l'énergie au 1er janvier 2020, avec dotations annuelles |
| OIDP. The Ostbelgien Model: Citizens' Council | https://oidp.net/en/practice.php?id=1237 | 2023 | Bürgerrat : créé en 2019, 24 membres, mode de fonctionnement |
| Deliberative Democracy Digest. Ostbelgien Model five years on | https://www.publicdeliberation.net/the-ostbelgien-model-five-years-on/ | Janvier 2025 | Évaluation quinquennale du Bürgerrat |
| Bürgerdialog Ostbelgien | https://www.buergerdialog.be/ | Officiel | Bürgerrat comme organe permanent et Bürgerversammlungen |
| Wikipedia. ProDG | https://de.wikipedia.org/wiki/ProDG | En continu | ProDG aspire à une région germanophone à part égale dans une Belgique de quatre entités fédérées |
| Wikipedia. State reform in Belgium | https://en.wikipedia.org/wiki/State_reform_in_Belgium | En continu | Historique de la réforme de l'État (1970, fusion des institutions flamandes 1980) |
| BelConLawBlog. The future of Belgian federalism | https://belconlawblog.com/post_type-post-p-425/ | Février 2015 | Débat constitutionnel sur un modèle à quatre entités fédérées |
| Autonomy Experience (Eurac Research). South Tyrol | https://www.autonomyexperience.org/en/south-tyrol/ | Officiel | Statut d'autonomie de 1972, représentation proportionnelle des groupes linguistiques |
| Eurac Research. Autonomiereport Südtirol 2025 | https://www.datocms-assets.com/31538/1743760181-autonomiereport-de-2025.pdf | 2025 | Tyrol du Sud : environ un demi-million d'habitants, neuf dixièmes des impôts d'État |
| Finland MFA. Åland Islands special status | https://um.fi/the-special-status-of-the-aland-islands | Officiel | Åland : démilitarisées et neutralisées |
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| Åland.ax. Facts about Åland | https://www.aland.ax/en/facts-about-aland/facts-about-aland | Officiel | Åland : parlement de 30 membres, compétences, l'État perçoit les impôts et verse 0,45 % des recettes de l'État |
| Hagstova Føroya. Population was 54,684 on 1 January | https://hagstova.fo/en/news/population-was-54684-1-january-05-year-year | 2025 | Population des îles Féroé |
| Kanton Appenzell Innerrhoden. Statistik-Dashboard Bevölkerung | https://www.ai-statistik.ch/population | 2024 | Population d'Appenzell Rhodes-Intérieures : 16.795 (2024) |
| Kanton Zürich. Das Bevölkerungswachstum hat sich verlangsamt | https://www.zh.ch/de/news-uebersicht/medienmitteilungen/2025/02/das-bevoelkerungswachstum-im-kanton-zuerich-hat-sich-verlangsamt.html | Février 2025 | Population du canton de Zurich : 1,62 million (fin 2024) |
| Bundesverfassung der Schweizerischen Eidgenossenschaft, art. 150 | https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/1999/404/de#art_150 | Texte coordonné | Appenzell Rhodes-Intérieures a un siège au Ständerat, Zurich deux : compétences égales, droits pas entièrement égaux |
| Foederalismus.at. Die Deutschsprachige Gemeinschaft Belgiens | https://www.foederalismus.at/de/blog/die-deutschsprachige-gemeinschaft-belgiens_293.php | Novembre 2024 | Superficie (environ 854 km²), population, compétences transférées |
| Sénat. La Constitution belge | https://www.senate.be/doc/const_nl.html | Texte coordonné | Article 139 (transfert de compétences régionales), article 39bis (consultation populaire régionale), article 41 (consultation populaire communale et provinciale) |
| Springer. Die Deutschsprachige Gemeinschaft Belgiens (DG): regionale Autonomie als Chance | https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-3-7091-0881-9_22 | 2011 | Analyse académique de l'autonomie de la Communauté germanophone |
- Révisé : 2026-09-27 (vérification des faits : chiffres, sources, formulation intemporelle)