AFCN (Agence fédérale de Contrôle nucléaire) : audit
Date : 2026-03-29 Statut : 🟢 Maintien Catégorie : Régulateurs et organes de contrôle fédéraux
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Nom officiel : Federaal Agentschap voor Nucleaire Controle (FANC) / Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN)
Base juridique : Loi du 15 avril 1994 relative à la protection de la population et de l'environnement contre les dangers résultant des rayonnements ionisants et relative à l'Agence fédérale de Contrôle nucléaire. L'exécution opérationnelle est réglée par l'arrêté royal du 20 juillet 2001 portant règlement général de la protection de la population, des travailleurs et de l'environnement contre le danger des rayonnements ionisants (RGPRI/ARBIS-2001).
Création : La loi date de 1994 (à la suite du scandale Transnuklear de 1987, lorsque des transports illégaux de déchets radioactifs via la Belgique ont été mis au jour). L'agence n'est devenue pleinement opérationnelle que le 1er septembre 2001.
Niveau de pouvoir : Fédéral. L'AFCN est un organisme public autonome d'intérêt public (catégorie C) doté de sa propre personnalité juridique. Elle relève du ministre de l'Intérieur (loi AFCN, art. 48).
Budget et financement (2025) :
- Recettes : 35,5 millions d'euros, dont 30,8 millions d'euros de prélèvements annuels
- Dépenses : 29,9 millions d'euros, dont 20,8 millions d'euros de salaires
- L'AFCN est financée quasi intégralement par des rétributions (redevances lors des demandes d'autorisation) et des prélèvements (contributions annuelles des titulaires d'autorisation). Elle ne reçoit donc aucune dotation provenant de l'impôt : une différence importante avec la plupart des services publics fédéraux. Les prélèvements annuels ont représenté 87 % des recettes en 2025 (30,8 sur 35,5 millions d'euros) ; selon l'AIEA, ils proviennent surtout des centrales nucléaires.
Personnel : 154 collaborateurs en 2025 (75 hommes, 79 femmes), avec 13 recrutements et 5 départs cette année-là. Fin 2022, ils étaient 146, dont 56 de plus de 50 ans ; en 2022, 19 collaborateurs sont partis contre 14 recrutements.
Filiale technique Bel V : L'AFCN délègue les inspections techniques et les évaluations de sûreté des grandes installations nucléaires (classes I et IIA) à Bel V, une filiale créée le 7 septembre 2007 sous la forme d'une fondation de droit privé. L'arrêté royal du 6 décembre 2018 a donné à cette délégation une base formelle. Bel V s'appuie sur plus de 50 ans d'expérience de ses prédécesseurs et fonctionne comme Technical Safety Organisation (TSO). Le premier contrat de gestion entre l'AFCN et Bel V date du 23 septembre 2019 ; il a été révisé depuis, notamment avec une version signée le 16 décembre 2024. Bel V a réalisé en 2024 un chiffre d'affaires de 16,0 millions d'euros, dont 90 % d'inspections et d'évaluations réglementées qu'elle facture directement aux exploitants à un tarif légal ; les frais de personnel représentent 81 % de ses coûts. Selon ses comptes annuels, Bel V compte moins de 100 travailleurs.
Direction :
- Directeur général : désigné par le Roi par un arrêté délibéré en Conseil des ministres, pour un terme renouvelable de six ans (loi AFCN, art. 41). La révocation n'est possible que sur avis conforme des deux tiers du conseil d'administration.
- Conseil d'administration : un président et treize membres, désignés par le Roi (loi AFCN, art. 35), avec un comité d'audit et un comité stratégique
- Commissaire du Gouvernement : exerce la tutelle au nom du ministre de l'Intérieur et est aussi le délégué du ministre des Finances (loi AFCN, art. 48)
Structure organisationnelle : Le directeur général est assisté par quatre chefs de département :
- Établissements et Déchets
- Sécurité et Transport
- Santé et Environnement
- Support
Plus les services d'encadrement : Affaires juridiques et Traductions, Prévention et Protection au travail, Communication et Information, Support administratif, Audit interne.
Organes consultatifs :
- Conseil scientifique des rayonnements ionisants (26 membres en 2025)
- Jury médical (trois disciplines : médecins du travail, physiciens des radiations, praticiens)
- Commission de radiopharmacie
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales :
- Délivrance d'autorisations : en 2025, 1.797 autorisations pour des établissements, 299 autorisations d'importation et de transport, 1.903 agréments personnels et 6.749 avis de sécurité.
- Inspections : 467 inspections en 2025, dont 92 réactives (à la suite d'un incident ou d'une plainte) et 375 proactives.
- Application : 84 actions d'exécution en 2025.
- Contrôle des installations nucléaires : 7 réacteurs nucléaires à Doel et à Tihange, dont 5 ont été définitivement arrêtés entre 2022 et 2025 (Doel 1, 2 et 3, Tihange 1 et 2) et vont vers le démantèlement ; Doel 4 et Tihange 3 restent en exploitation jusqu'à fin 2037 au plus tard après leur prolongation de durée de vie. Il y a aussi des réacteurs de recherche (BR2 du SCK CEN) et des installations d'entreposage de déchets radioactifs.
- Planification d'urgence : Plan d'urgence nucléaire et radiologique, coopération avec le NCCN (Centre de crise national).
- Radioprotection : Contrôle des applications médicales, industrielles et scientifiques des rayonnements ionisants.
- Transport : Contrôle de ±45.000 transports de substances radioactives par an en Belgique (AFCN, 2022).
- Réglementation : en 2025, 8 arrêtés royaux soumis et 2 projets de loi déposés ; en 2022, 48 publications de l'AFCN au Moniteur belge (16 règlements techniques, 18 arrêtés royaux, 1 arrêté ministériel, 9 appels ou agréments et 4 lois).
- Information et sensibilisation : 19 questions parlementaires traitées et 5 communiqués de presse diffusés en 2025, présence active sur les réseaux sociaux.
Chevauchements avec d'autres institutions :
- ONDRAF (Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies) : gère les déchets radioactifs ; l'AFCN contrôle la sûreté de l'entreposage et du stockage.
- SPF Économie / Direction générale de l'Énergie : compétent pour la politique énergétique, pas pour la sûreté nucléaire. Mais les orientations politiques (prolongation des centrales) concernent l'AFCN directement.
- SPF Santé publique : la radioprotection touche aussi à la santé publique.
- SPF Emploi (ETCS) : échange d'informations sur les limites de dose et l'exposition professionnelle via un arrêté royal de fin 2022.
- AFSCA : accord de coopération sur la sécurité alimentaire et la contamination radioactive.
- INAMI : coopération sur la radioprotection médicale.
Qui est le « public » ? Les exploitants d'installations nucléaires (ENGIE Electrabel, SCK CEN), les hôpitaux et institutions médicales, les entreprises industrielles qui utilisent des rayonnements ionisants, les entreprises de transport, la population (information et protection).
Évaluations :
- Mission IRRS (19-30 juin 2023) : peer review de l'AIEA. L'AFCN et Bel V forment ensemble « un organe de réglementation compétent et indépendant ». Positive sur l'interface sûreté-sécurité (relevée comme « good practice »). Préoccupation principale : les compétences et des moyens financiers suffisants, en raison d'une politique nucléaire changeante.
- Mission de suivi IRRS (23-27 mars 2026) : 8 des 17 recommandations et 14 des 15 suggestions ont été traitées ; la disponibilité de moyens suffisants pour le régulateur est restée un point d'attention.
- Audit (avril 2016) : a pointé une organisation faible, une sensibilité aux pressions externes, des doutes sur l'indépendance dans les dossiers de centrales nucléaires.
- Surveillance renforcée de Tihange (2022) : après plusieurs incidents en 2021-2022, l'AFCN a décidé de placer la centrale nucléaire de Tihange sous surveillance renforcée.
1C. Comparaison internationale
| Pays | Institution | Personnel | Budget | Centrales nucléaires | Modèle |
|---|---|---|---|---|---|
| Belgique | AFCN + Bel V | 154 (AFCN, 2025) + moins de 100 (Bel V) | 29,9 M€ de dépenses AFCN (2025) + 16,0 M€ de chiffre d'affaires Bel V (2024) | 7 réacteurs : 2 en exploitation (Doel 4, Tihange 3), 5 définitivement arrêtés (2022-2025) | Agence autonome + TSO, financée par des prélèvements et des rétributions |
| Pays-Bas | ANVS | 156 ETP (2023) | n.d. | 1 réacteur (Borssele) + nouveaux projets | Zelfstandig Bestuursorgaan (ZBO, organe administratif autonome), indépendant depuis 2017 |
| France | ASN → ASNR (depuis 2025) | plus de 2.000 (ASNR, 2025) | n.d. | 57 réacteurs (dont Flamanville 3, raccordé au réseau depuis décembre 2024) | Autorité indépendante, fusionnée avec son TSO (IRSN) le 1er janvier 2025 |
| Finlande | STUK | 323 (fin 2025) | n.d. | 5 réacteurs (dont Olkiluoto 3) | Agence combinée : nucléaire + rayonnements |
| Suisse | ENSI | environ 180 (2026) | Compte propre, distinct du budget fédéral : redevances et taxes de surveillance des exploitants plus une indemnité fédérale pour les tâches d'intérêt général | 4 réacteurs | Agence indépendante depuis 2009, avec son propre conseil de l'ENSI |
| Allemagne | BASE + BfS + Länder | n.d. (réparti) | n.d. | 0 (toutes fermées en avril 2023) | Partage fédéral/Länder, axé sur le démantèlement + l'entreposage |
Principales leçons de l'étranger :
France (modèle ASNR) : Depuis le 1er janvier 2025, l'autorité de sûreté française ASN et l'institut technique IRSN ont fusionné pour former l'ASNR (loi du 21 mai 2024). Ainsi disparaît la séparation entre le régulateur et le TSO, précisément la structure qu'a la Belgique avec l'AFCN et Bel V comme entités distinctes. La fusion doit donner à l'ensemble davantage de capacité d'action.
Finlande (STUK) : Combine sûreté nucléaire et radioprotection dans une seule organisation, avec 323 collaborateurs (fin 2025) pour 5 réacteurs : plus du double de l'AFCN.
Suisse (ENSI) : Comparable à la Belgique par la taille (environ 180 collaborateurs, 4 réacteurs). L'ENSI tient un compte propre, distinct du budget fédéral, et se finance avec des redevances et des taxes de surveillance des exploitants plus une indemnité fédérale pour les tâches d'intérêt général. C'est un modèle mixte. En Belgique, l'AFCN dépend presque entièrement des prélèvements et des rétributions : si des centrales ferment, les recettes baissent.
Pays-Bas (ANVS) : Comparable par la taille (156 ETP en 2023), mais avec un seul réacteur. Les Pays-Bas doivent changer d'échelle en raison de nouveaux projets nucléaires, et peuvent tirer des leçons du modèle belge.
1D. Problèmes et critiques
1. Indépendance sous pression
- Un audit d'avril 2016 décrivait l'agence comme faible et sensible aux pressions externes, surtout dans les dossiers relatifs à l'énergie nucléaire.
- Un ancien directeur de l'AFCN a exprimé en décembre 2016 des doutes publics sur l'indépendance de l'AFCN lors de la prolongation de Doel 1 et 2.
- Knack a fait état d'« une influence politique croissante sur l'AFCN dans les dossiers relatifs aux centrales nucléaires ».
- À l'automne 2016, une correspondance confidentielle de l'AFCN avec ENGIE Electrabel sur la culture de sûreté à Tihange a fuité, ce qui a soulevé des questions sur la confidentialité au sein de l'agence.
2. Vulnérabilité financière
- L'AFCN est financée par des prélèvements et des rétributions des titulaires d'autorisation ; les prélèvements annuels, surtout sur les centrales nucléaires, ont représenté 87 % des recettes en 2025. Entre 2022 et 2025, cinq des sept réacteurs ont été définitivement arrêtés, ce qui met structurellement ces recettes sous pression.
- La mission IRRS de 2023 a qualifié cela de défi principal : « The Government should ensure that its decisions relating to the nuclear energy policy and the financial resources are made in a timely manner so that FANC fulfils its legal mandate under any circumstances. » Lors de la mission de suivi de mars 2026, la disponibilité de moyens suffisants pour le régulateur est restée un point d'attention.
- La politique énergétique belge changeante (fermer d'abord, puis prolonger malgré tout Doel 4 et Tihange 3, puis abandonner la sortie du nucléaire par la loi du 17 mai 2025) empêche l'AFCN de planifier à long terme.
3. Brain drain et perte de compétences
- La mission IRRS 2023 a constaté que l'incertitude sur la politique nucléaire contribue au rythme de plus en plus rapide auquel les universitaires, les diplômés et les étudiants perdent l'envie de mener une carrière dans le domaine nucléaire.
- Avec un personnel vieillissant (fin 2022, 56 des 146 collaborateurs avaient plus de 50 ans), le maintien des connaissances est un risque réel.
- En 2022, 19 collaborateurs sont partis et seulement 14 ont été recrutés : une contraction nette. En 2025, la tendance s'est inversée (13 recrutements, 5 départs), mais le vieillissement reste un risque.
4. Incidents de sûreté et questions de contrôle
- Fissures dans les cuves des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2 (2012) : des flocons d'hydrogène dans l'acier, ce qui a conduit à une fermeture temporaire.
- Dégradation du béton dans les bâtiments bunker de Doel 3, Doel 4, Tihange 2 et Tihange 3 (constatée en 2017-2018, classée par l'AFCN au niveau 1 de l'échelle INES en octobre 2018).
- Pompes de sécurité de Tihange 2 (avril 2018) : après un déconnectage, elles sont restées plusieurs heures sans être testées, jusqu'à ce que l'erreur soit constatée et corrigée le lendemain matin (niveau INES 1).
- Fuite à Doel 1 (avril 2018) : une fissure dans une soudure d'une conduite de refroidissement de secours sur le circuit primaire (niveau INES 0).
- Surveillance renforcée de Tihange (2022) : après plusieurs incidents, l'AFCN a conclu qu'il y avait des problèmes de culture de sûreté sur le site.
- Défaut du réacteur de recherche BR2 au SCK CEN (2022) : un support de ressort cassé dans le circuit de refroidissement primaire.
5. Séparation structurelle AFCN-Bel V
- La séparation entre le régulateur (AFCN) et le support technique (Bel V) mène à une gouvernance complexe. La France a résolu cela par une fusion (ASN + IRSN → ASNR). En Belgique, les deux entités existent séparément, avec un contrat de gestion comme lien.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ✅ | La sûreté nucléaire est par définition une compétence fédérale (et même internationale). L'AIEA, Euratom et les traités internationaux exigent une autorité nationale. Cela ne peut pas être régional. Le bon niveau. |
| 2 | Transparence | ⚠️ | L'AFCN publie des rapports annuels et répond aux questions parlementaires (19 en 2025). Mais l'audit de 2016 a pointé des problèmes d'indépendance et de confidentialité (lettres à Electrabel ayant fuité). Le citoyen peut difficilement évaluer qui décide en dernier ressort dans les dossiers sensibles. |
| 3 | Responsabilité = financement | ⚠️ | L'AFCN est financée par des prélèvements et des rétributions du secteur qu'elle contrôle. Sur le principe, c'est net (le pollueur paie), mais cela crée une dépendance : si des centrales ferment, le budget baisse. L'IRRS qualifie cela de point critique. Il n'y a pas de fiscal gap au sens classique, mais bien un modèle de financement vulnérable. |
| 4 | Simplicité | ⚠️ | La relation AFCN-Bel V est une couche supplémentaire. Par ailleurs, les dossiers nucléaires concernent aussi l'ONDRAF, le SPF Économie, le SPF Santé publique, l'AFSCA, l'INAMI et le SPF Emploi. Un citoyen qui veut savoir qui décide en matière de sûreté nucléaire doit naviguer entre plusieurs couches. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ | Avec 154 collaborateurs (2025) pour 2 réacteurs en exploitation, 5 réacteurs arrêtés en route vers le démantèlement, des réacteurs de recherche, des milliers d'autorisations et environ 45.000 transports par an, l'AFCN est relativement petite. La Finlande a 323 collaborateurs (STUK, fin 2025) pour 5 réacteurs. Avec Bel V (moins de 100 travailleurs), la capacité est plus réaliste, mais la séparation rend l'ensemble moins efficace dans sa capacité d'action qu'une organisation intégrée. |
| 6 | Compétences concurrentes | ✅ | Sans objet. La sûreté nucléaire est exclusivement fédérale et doit le rester (obligations de droit international). Aucune marge d'innovation régionale n'est nécessaire. |
| 7 | Orientation résultats | ✅ | L'AFCN mesure et rend compte : 467 inspections et 84 actions d'exécution en 2025, classification INES des incidents, rapport de contrôle annuel. La mission IRRS de l'AIEA offre une peer review externe. La surveillance renforcée de Tihange montre que l'AFCN ose intervenir. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ | L'AFCN dispose de « systèmes IT avancés pour la gestion des activités réglementaires » (relevés par l'IRRS comme « area of good performance »). Mais elle reste avant tout une organisation d'inspection et d'autorisation. La numérisation du service aux citoyens et aux entreprises n'est pas une priorité centrale et peut être améliorée. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ✅ | L'AFCN opère conformément aux standards internationaux (AIEA, WENRA, ENSREG, HERCA). La mission IRRS 2023 a constaté que la Belgique dispose d'un cadre réglementaire efficace et cohérent pour la sûreté nucléaire et la radioprotection. L'interface sûreté-sécurité a été relevée comme good practice. |
Synthèse : L'AFCN obtient de bons résultats en matière de subsidiarité, d'orientation résultats et de standards internationaux. Le gain le plus important se situe au niveau de la soutenabilité financière (principe 3), de la simplification de la structure (principes 4 et 5 : fusion AFCN-Bel V) et du renforcement de l'indépendance et de la transparence (principe 2).
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟢 Maintien avec des réformes ciblées
La sûreté nucléaire est une mission essentielle de l'autorité fédérale et une obligation de droit international. L'AFCN est techniquement compétente et reconnue à l'international. Une suppression ou une régionalisation est exclue. Des améliorations structurelles sont en revanche nécessaires.
3B. Proposition concrète
1. Fusion de l'AFCN et de Bel V → une seule autorité de sûreté nucléaire intégrée
- Suivre le modèle français de l'ASNR (2025) : réunir le régulateur et le support technique en une seule organisation.
- Avantages : une gouvernance plus simple, fin du montage par contrat de gestion, un meilleur partage des connaissances, une position plus forte face au secteur.
- Horizon temporel : 2 à 3 ans pour l'adaptation légale et la réorganisation.
2. Réformer le modèle de financement : un modèle mixte
- Conserver les prélèvements et les rétributions comme base (le secteur paie pour le contrôle), mais y ajouter une dotation fédérale garantie comme financement de base.
- Cela évite que l'AFCN devienne financièrement vulnérable si des centrales ferment (les installations arrêtées et démantelées génèrent moins de prélèvements que l'exploitation active).
- Référence : la Suisse (ENSI) combine les redevances et les taxes de surveillance des exploitants avec une indemnité fédérale pour les tâches d'intérêt général. La directive européenne sur la sûreté nucléaire (2009/71/Euratom, modifiée par la 2014/87/Euratom, art. 5) exige que le régulateur reçoive des moyens budgétaires propres et adéquats.
- Horizon temporel : adaptation de la loi budgétaire, 1 à 2 ans.
3. Renforcer légalement l'indépendance
- Nommer le directeur général via la chambre gouvernance de l'Organe de nomination indépendant, pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois pour trois ans (art. 38 de la Constitution HART ; la loi AFCN prévoit six ans, renouvelable).
- Supprimer la fonction de commissaire du Gouvernement ou limiter son mandat au contrôle financier (et non au fond).
- Instaurer une interdiction légale des communications ex parte entre l'AFCN et les exploitants ou les responsables politiques dans les dossiers d'autorisation.
- Référence : la directive Euratom exige déjà que le régulateur soit séparé fonctionnellement de ceux qui promeuvent ou utilisent l'énergie nucléaire et qu'il ne demande ni n'accepte d'instructions. HART l'ancre expressément dans la loi, comme l'indépendance de l'APD (Autorité de protection des données) est ancrée dans le RGPD européen (art. 52).
4. Plan de compétences et de personnel
- Établir un plan stratégique du personnel sur 10 ans, lié au trajet de démantèlement, à l'exploitation prolongée de Doel 4 et Tihange 3 et à la construction de nouvelles centrales nucléaires que HART propose.
- Créer une AFCN Nuclear Academy avec le SCK CEN et les universités belges pour garantir l'afflux de talents.
- Porter la capacité de l'AFCN à environ 180 ETP (154 collaborateurs en 2025), en plus des experts de Bel V qui rejoignent l'ensemble lors de la fusion.
5. Accroître la transparence
- Publier tous les rapports d'inspection en ligne.
- Instaurer un registre public de toutes les autorisations nucléaires et de leur statut.
- Faire rendre compte publiquement l'AFCN en continu via la reddition de comptes numérique permanente, avec un suivi par la commission parlementaire compétente.
Impact estimé :
- Économie : aucune économie pour le budget. La fusion AFCN-Bel V peut réduire les frais de structure de 1 à 2 millions d'euros par an selon les estimations (HART-raming : moins de fonctions doubles de management et de support, sur environ 45 millions d'euros de frais de fonctionnement cumulés). Cet avantage revient au secteur via des prélèvements plus bas, car le contrôle n'est pas payé par l'impôt ; le financement fédéral de base est un coût possible lorsque les prélèvements baissent.
- Gain d'efficience : Des décisions plus rapides, aucun retard contractuel entre l'AFCN et Bel V.
- Meilleur service : Un guichet unique pour le secteur, un point de contact unique pour les partenaires internationaux.
- Plus d'indépendance : Une position garantie par la loi réduit la pression politique.
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
AFCN (Agence fédérale de Contrôle nucléaire) : maintien
Un seul gendarme du nucléaire au lieu de deux : fusion de l'AFCN et de Bel V en une autorité de sûreté indépendante et financièrement robuste.
Comment cela fonctionne
L'Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN) veille à la sûreté nucléaire en Belgique : des centrales de Doel et de Tihange jusqu'aux appareils de radiographie de votre hôpital. L'agence compte 154 collaborateurs (2025), délivre chaque année des milliers d'autorisations et d'agréments et réalise des centaines d'inspections. À côté d'elle existe Bel V, une filiale distincte qui réalise les inspections techniques et les évaluations de sûreté dans les grandes installations nucléaires, avec moins de 100 travailleurs et 16 millions d'euros de chiffre d'affaires (2024).
L'AFCN est financée presque intégralement par des rétributions et des prélèvements du secteur qu'elle contrôle. Elle ne coûte donc que peu, voire rien, au contribuable. Les recettes se sont élevées à 35,5 millions d'euros en 2025, les dépenses à 29,9 millions d'euros.
Ce qui ne va pas
Trois problèmes structurels :
Premièrement : l'indépendance est sous pression. Un audit de 2016 décrivait l'agence comme faible et sensible aux pressions externes, surtout dans les dossiers relatifs aux centrales nucléaires. Un ancien directeur a publiquement douté de l'indépendance lors de la prolongation de Doel 1 et 2. Des lettres confidentielles à ENGIE Electrabel ont fuité.
Deuxièmement : l'argent est fragile. Comme l'AFCN vit des prélèvements et des rétributions du secteur nucléaire, ses recettes baissent structurellement lorsque des centrales nucléaires ferment. Entre 2022 et 2025, cinq des sept réacteurs ont définitivement fermé. Lors de sa peer review de 2023, l'AIEA a qualifié cela de défi principal et a insisté auprès du gouvernement belge pour qu'il « prenne à temps des décisions sur la politique en matière d'énergie nucléaire et sur les moyens financiers, afin que l'AFCN puisse remplir sa mission légale en toutes circonstances ». Lors de la mission de suivi de 2026, la disponibilité de moyens suffisants est restée un point d'attention.
Troisièmement : la séparation entre l'AFCN et Bel V rend l'ensemble plus complexe que nécessaire. Le régulateur et l'expert technique sont deux entités juridiques distinctes, reliées par un contrat de gestion. Cela crée des frais de structure, ralentit et complique la gouvernance.
Comment cela fonctionne ailleurs
La France a opté pour une seule organisation. Depuis le 1er janvier 2025, l'autorité de sûreté ASN et l'institut technique IRSN ont fusionné pour former l'ASNR (Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection) : une seule organisation qui régule et évalue techniquement. L'objectif : des décisions plus rapides, un meilleur partage des connaissances, une position plus forte.
En Suisse, l'autorité de contrôle nucléaire ENSI tient un compte propre, distinct du budget fédéral. Elle se finance avec des redevances et des taxes de surveillance des exploitants, complétées par une indemnité fédérale pour les tâches d'intérêt général : un modèle mixte.
La Finlande combine sûreté nucléaire et radioprotection dans une seule agence (STUK), avec 323 collaborateurs (fin 2025) pour 5 réacteurs : plus du double de l'AFCN.
Ce que HART propose
Fusionner l'AFCN et Bel V en une seule autorité de sûreté nucléaire intégrée, sur le modèle français. Une seule organisation, un seul point de contact, fin du montage par contrat de gestion.
Réformer le financement : conserver les prélèvements et les rétributions comme base (le secteur paie pour le contrôle), mais ajouter un financement fédéral de base garanti, pour que l'agence ne devienne pas financièrement vulnérable si des centrales ferment. Le droit européen exige déjà que le régulateur reçoive des moyens budgétaires propres et adéquats.
Renforcer légalement l'indépendance : sélection du directeur général par l'Organe de nomination indépendant (mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois pour trois ans), limitation du commissaire du Gouvernement au contrôle financier, interdiction des communications ex parte dans les dossiers d'autorisation.
Investir dans les gens : un plan stratégique du personnel sur 10 ans, lié au démantèlement, à l'exploitation prolongée de Doel 4 et Tihange 3 et à la construction de nouvelles centrales nucléaires. Une Nuclear Academy avec le SCK CEN et les universités.
Rendre le tout plus transparent : publier tous les rapports d'inspection en ligne, instaurer un registre public des autorisations, et rendre des comptes publiquement en continu via la reddition de comptes numérique permanente.
Ce que cela rapporte
Un gendarme du nucléaire qui ne dépend plus entièrement financièrement du secteur qu'il surveille. Une organisation assez forte pour dire non au monde politique et à l'exploitant. Une agence intégrée qui travaille plus vite et mieux, sans les frais de structure de deux entités séparées.
La Belgique a devant elle des décennies nucléaires complexes : la prolongation de l'exploitation de deux réacteurs, le démantèlement de cinq autres, le stockage à long terme des déchets radioactifs et la construction de nouvelles centrales nucléaires. Cela demande une autorité de contrôle prête à y faire face. Pas deux organisations avec un contrat entre elles, mais une seule autorité disposant des moyens, des personnes et de la colonne vertébrale légale nécessaires pour accomplir sa mission.
Phase 5 : sources
| Source | URL | Utilisé pour |
|---|---|---|
| AFCN Rapport annuel 2025 | https://fanc.fgov.be/nl/system/files/FANC_Jaarverslag%202025.pdf | Personnel 2025 (154 ; 13 recrutements, 5 départs), recettes de 35,5 M€ (dont 30,8 M€ de prélèvements) et dépenses de 29,9 M€, autorisations et agréments, inspections (467), application (84), questions parlementaires (19), Conseil scientifique, organigramme |
| AFCN Rapport annuel 2022 | https://fanc.fgov.be/nl/system/files/fanc_jaarverslag_2022.pdf | Personnel fin 2022 (146, pyramide des âges, 19 départs, 14 recrutements), publications au Moniteur belge 2022, environ 45.000 transports par an, surveillance renforcée de Tihange et défaut du BR2 (2022) |
| Loi AFCN (loi du 15 avril 1994), texte coordonné | https://www.jurion.fanc.fgov.be/jurdb-consult/plainWettekstServlet?wettekstId=2182&lang=nl | Conseil d'administration (art. 35), directeur général : terme renouvelable de six ans (art. 41), tutelle du ministre de l'Intérieur et commissaire du Gouvernement (art. 48) |
| AFCN. Wie zijn wij | https://fanc.fgov.be/nl/over-ons/wie-zijn-wij | Mission, document stratégique 2023-2032, coopération avec Bel V |
| AFCN. Financiering | https://fanc.fgov.be/nl/over-ons/financiering | Modèle de financement : rétributions et prélèvements, pas de dotation provenant de l'impôt, loi de 1994, arrêté royal de 2009 |
| AFCN. Organisatie | https://fanc.fgov.be/nl/over-ons/organisatie | Départements, délégation à Bel V, premier contrat de gestion (23 septembre 2019) et modifications ultérieures |
| AFCN. Nieuwe directeur-generaal (2024) | https://fanc.fgov.be/nl/nieuws/nieuwe-directeur-generaal-voor-het-fanc-pascale-absil-neemt-de-fakkel-over-van-frank | Procédure de nomination du directeur général (conseil d'administration, ministre, Conseil des ministres) |
| Wikipedia NL. FANC | https://nl.wikipedia.org/wiki/Federaal_Agentschap_voor_Nucleaire_Controle | Création, scandale Transnuklear, audit d'avril 2016 (faible, sensible aux pressions externes), lettres ayant fuité, critique d'un ancien directeur |
| De Krantenkoppen. De Morgen, 28 december 2016 | https://www.dekrantenkoppen.be/detail/129865/Ex-directeur-verwijt-nucleaire-waakhond-FANC-gebrek-aan-onafhankelijkheid.html | Un ancien directeur doute de l'indépendance lors de la prolongation de Doel 1 et 2 (décembre 2016) |
| Knack. Politieke beïnvloeding FANC | https://www.knack.be/nieuws/belgie/steeds-meer-politieke-beinvloeding-fanc-in-dossiers-kerncentrales/ | Couverture de l'influence politique (derrière un paywall, seul le titre a été vérifié) |
| IAEA IRRS Report Belgium 2023 | https://fanc.fgov.be/nl/system/files/final_irrs_report_belgium_2023.pdf | Mission du 19 au 30 juin 2023, défi principal du financement et des compétences, recommandation au gouvernement, prélèvements surtout issus des centrales nucléaires, catégorie C, good practice sûreté-sécurité, perte d'intérêt pour les carrières nucléaires |
| IAEA. IRRS-opvolgingsmissie België (persbericht) | https://www.iaea.org/newscenter/pressreleases/iaea-mission-recognizes-belgiums-continued-commitment-to-strengthen-nuclear-and-radiation-safety | Mission de suivi 2026 |
| AFCN. IAEA-missie bevestigt vooruitgang bij FANC en Bel V | https://fanc.fgov.be/nl/nieuws/iaea-missie-bevestigt-vooruitgang-bij-fanc-en-bel-v | Mission de suivi du 23 au 27 mars 2026 : la plupart des recommandations traitées, des moyens suffisants pour le régulateur restent un point d'attention |
| NucNet. IAEA praises Belgium's commitment (30 maart 2026) | https://www.nucnet.org/news/iaea-praises-belgium-s-commitment-to-nuclear-and-radiation-safety-3-1-2026 | Mission de suivi : 8 des 17 recommandations et 14 des 15 suggestions traitées |
| IAEA. IRRS Mission Belgium 2023 (communiqué de presse) | https://www.iaea.org/newscenter/pressreleases/iaea-mission-commends-belgiums-commitment-to-nuclear-and-radiation-safety-identifies-areas-for-further-enhancement | Résumé des constats 2023 |
| Bel V Jaarverslag 2024 | https://fanc.fgov.be/system/files/2024-08-05-Bel-V-Jaarverslag-2024-EN.pdf | Création le 7 septembre 2007, arrêté royal du 6 décembre 2018, version du contrat de gestion du 16 décembre 2024, chiffre d'affaires de 16,0 M€, 90 % d'activités réglementées, 81 % de frais de personnel, 50+ ans d'expérience |
| Jaarrekening Bel V (samenvatting op pappers.be) | https://www.pappers.be/fr/company/bel-v-0892419202 | Personnel : 50 à 99 travailleurs |
| SPF Économie. Acteurs de l'énergie nucléaire | https://economie.fgov.be/nl/themas/energie/federale-nucleaire/spelers-op-het-gebied-van | Aperçu des acteurs nucléaires en Belgique |
| SPF Économie. Productiepark kerncentrales | https://economie.fgov.be/nl/themas/energie/bronnen-en-dragers-van-energie/kernenergie/productiepark-kerncentrales | Cinq des sept réacteurs définitivement arrêtés (2022-2025) |
| SPF Économie. Levensduurverlenging Doel 4 en Tihange 3 | https://economie.fgov.be/nl/themas/energie/bronnen-en-dragers-van-energie/kernenergie/verlenging-van-de-levensduur | Dix ans d'exploitation supplémentaires, au plus tard jusqu'au 31 décembre 2037 |
| Moniteur belge. Wet van 17 mei 2025 | https://www.ejustice.just.fgov.be/eli/wet/2025/05/17/2025003894/staatsblad | Abandon de la sortie du nucléaire |
| AFCN. Betondegradatie op INES-niveau 1 | https://fanc.fgov.be/nl/nieuws/fanc-schaalt-betonproblematiek-doel-en-tihange-op-ines-niveau-1 | Dégradation du béton à Doel 3, Doel 4, Tihange 2 et Tihange 3 (octobre 2018) |
| AFCN. Incident Tihange 2 op INES-niveau 1 | https://fanc.fgov.be/nl/nieuws/incident-tihange-2-ingedeeld-op-ines-niveau-1 | Pompes de sécurité de Tihange 2 (avril 2018) |
| AFCN. Doel 1: aanvullingen en INES-classificatie | https://fanc.fgov.be/nl/nieuws/doel-1-aanvullingen-en-ines-classificatie | Fuite dans une conduite de refroidissement de secours du circuit primaire de Doel 1 (avril 2018) |
| Richtlijn 2014/87/Euratom (EUR-Lex) | https://eur-lex.europa.eu/legal-content/NL/TXT/?uri=CELEX:32014L0087 | Art. 5 : régulateur fonctionnellement séparé, pas d'instructions, moyens budgétaires propres et adéquats, personnel suffisant |
| ANVS. Wettelijke evaluatie (22 november 2024) | https://open.overheid.nl/documenten/63ec149c-5f68-4f63-be90-177f3aefba02/file | ANVS : 156 ETP (2023) |
| ANVS Nederland | https://english.autoriteitnvs.nl/anvs | ZBO depuis 2017 |
| ASNR Frankrijk. Annual Report 2024 | https://regulation-oversight.asnr.fr/annual_report/2024gb/ | Fusion ASN-IRSN en ASNR (loi du 21 mai 2024, en vigueur le 1er janvier 2025) |
| ASNR. Création de l'ASNR | https://reglementation-controle.asnr.fr/information/archives-des-actualites/creation-de-l-autorite-de-surete-nucleaire-et-de-radioprotection-asnr | ASNR : plus de 2.000 collaborateurs, créée le 1er janvier 2025 |
| France 24. Flamanville 3 op het net | https://www.france24.com/fr/france/20241221-le-r%C3%A9acteur-nucl%C3%A9aire-de-flamanville-le-plus-puissant-de-france-raccord%C3%A9-au-r%C3%A9seau-%C3%A9lectrique | 57e réacteur français raccordé au réseau (21 décembre 2024) |
| STUK. Henkilöstökertomus | https://stuk.fi/henkilostokertomus | STUK : 323 collaborateurs fin 2025 |
| STUK Finland | https://stuk.fi/en/frontpage | Agence combinée nucléaire et rayonnements |
| ENSI. Unabhängigkeit des ENSI | https://ensi.admin.ch/de/2015/03/26/die-unabhaengigkeit-des-ensi-ist-mehrfach-gesichert/ | Financement : compte propre, distinct du budget fédéral ; redevances, taxes de surveillance et indemnité fédérale pour les tâches d'intérêt général |
| ENSI. Career | https://ensi.admin.ch/en/career/ | Environ 180 collaborateurs |
| ENSI Zwitserland (Wikipedia EN) | https://en.wikipedia.org/wiki/Swiss_Federal_Nuclear_Safety_Inspectorate | Indépendant depuis le 1er janvier 2009 |
| Greenpeace België. Verlenging kerncentrales | https://www.greenpeace.org/belgium/nl/stories/26113/nucleaire-veiligheid-mag-niet-wijken-voor-haastige-verlenging-kerncentrales/ | Critique de la prolongation et du rôle de l'AFCN |
- Révisé : 2026-09-27 (factcheck : chiffres, sources, formulation intemporelle)