SPF Justice : audit de la réforme de l'État
Date : 2026-03-28 Ligne : SPF Justice Catégorie : SPF (services publics fédéraux) Statut proposé : 🟠 Réformé : réorganiser en profondeur
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Le Service public fédéral Justice (FOD Justitie / SPF Justice / FÖD Justiz) est le service public fédéral qui soutient l'appareil judiciaire en Belgique. Le SPF travaille au croisement des trois pouvoirs : le pouvoir judiciaire, le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif.
Base juridique : arrêté royal du 23 mai 2001 portant création du Service public fédéral Justice (Moniteur belge du 29 mai 2001), dans le cadre de la réforme Copernic de l'administration fédérale. Le SPF a remplacé l'ancien ministère de la Justice.
Niveau de pouvoir : fédéral. Relève de la compétence du ministre fédéral de la Justice.
Personnel : environ 23.000 membres du personnel, magistrats et Sûreté de l'État compris (derniers chiffres publiés par le SPF, 2017-2020). L'ordre judiciaire et l'administration pénitentiaire représentent ensemble plus de 90 % de l'effectif.
Budget : environ 2,84 milliards d'euros de crédits de liquidation (section 12, budget initial 2026 ; 2,74 milliards d'euros exécutés en 2024). Y figurent :
- les cours et tribunaux et le ministère public (personnel, fonctionnement, ICT)
- l'administration pénitentiaire
- la Sûreté de l'État : 110 millions d'euros (2026)
- l'administration centrale, le Moniteur belge, les cultes et les commissions
Non compris : les palais de justice et les prisons eux-mêmes (Régie des Bâtiments) et les maisons de justice (Communautés). Selon Eurostat, l'ensemble des pouvoirs publics belges ont dépensé en 2024 1,46 milliard d'euros pour les tribunaux et 0,90 milliard d'euros pour les prisons.
Structure : trois directions générales :
- DG Organisation judiciaire soutien des cours et tribunaux
- DG Établissements pénitentiaires gestion des prisons
- DG Législation et Libertés et Droits fondamentaux soutien législatif et droits humains
S'y ajoutent : trois services d'encadrement (ICT, P&O, B&B), le Moniteur belge, ainsi que divers services et commissions indépendants. La Commission des jeux de hasard relevait du SPF Justice jusqu'au 1er juin 2026 et a été rattachée depuis au SPF Économie.
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales :
- Soutien de l'ordre judiciaire (magistrats, greffes, parquets)
- Gestion de l'administration pénitentiaire (plus de 40 établissements, maisons de détention et de transition comprises ; 11.296 places au 1er janvier 2026)
- Publication du Moniteur belge
- Préparation et avis législatifs
- Gestion des cultes et de la laïcité
- Coopération judiciaire internationale
Chevauchements avec d'autres institutions :
- Depuis la 6e réforme de l'État (1er juillet 2014), les maisons de justice ont été transférées aux Communautés (Flandre, FWB, Communauté germanophone), avec la surveillance électronique et le droit sanctionnel de la jeunesse
- L'ordre judiciaire fonctionne formellement de manière indépendante, mais dépend du SPF pour le personnel, le budget et les bâtiments. La loi du 18 février 2014 a instauré une « gestion autonomisée » avec un Collège des cours et tribunaux et un Collège du ministère public, mais le transfert de la gestion budgétaire au pouvoir judiciaire n'a jamais été achevé (Commission européenne, Rule of Law Report 2026)
- Le Conseil supérieur de la Justice (CSJ) est un organe constitutionnel distinct pour les nominations et l'audit
- La Sûreté de l'État (VSSE) relève administrativement du SPF mais opère de manière autonome
Public : en premier lieu la magistrature et le personnel pénitentiaire. En second lieu : le citoyen (via les tribunaux), le barreau, le notariat, la police.
Indicateurs de performance : la série « Justitie in cijfers », avec des statistiques sur le personnel, le budget et l'activité, ne court que jusqu'en 2020. La Commission européenne indique qu'il manque une vue complète de l'efficience de la justice en raison d'un manque persistant de données sur les procédures judiciaires (Rule of Law Report 2024). La Cour des comptes a constaté qu'il n'y a pas de stratégie de numérisation cohérente et que le comité de direction ne remplit pas son rôle (rapport de décembre 2024).
Audit de la Cour des comptes (« Pilotage de la transformation numérique de la Justice », décembre 2024) :
- Le comité de direction adopte une attitude réservée, alors que la cellule stratégique du ministre joue un rôle opérationnel fort ; dans la version provisoire (mai 2024), il était question d'un comité de direction « passif et irresponsable »
- Trois acteurs ICT travaillent chacun de leur côté (service d'encadrement ICT, Digital Transformation Office, Crossborder), avec un manque de confiance et une certaine concurrence
- Environ 500 consultants externes, y compris dans des fonctions de management
- Chez Crossborder, les consultants occupent toutes les fonctions hiérarchiques directement sous la direction et, depuis novembre 2023, également au sein de la direction elle-même
- Des marchés sont régularisés après coup, comme un marché de 5,8 millions d'euros attribué à bpost sans offre régulière et commandé et facturé en deux semaines fin 2020
- Des crédits du Plan européen pour la reprise et la résilience ont été utilisés pour des dépenses qui n'y étaient pas éligibles
- Le risque de fraude est « insuffisamment maîtrisé »
- « La Justice belge est globalement une organisation basée sur le papier »
Crise budgétaire (SPF Justice, juillet 2024) :
- Déficit d'environ 60 millions d'euros en 2024
- Plus de 80 millions d'euros perdus par des mesures d'économie linéaires
- 58 millions d'euros perdus à cause de l'inflation sur quatre ans
- 115 millions d'euros de crédits temporaires issus de fonds européens ont disparu en 2025
- Le SPF a demandé une augmentation budgétaire structurelle de 250 millions d'euros
- Sans budget supplémentaire, la Justice ne pouvait plus, à la fin de 2024, « payer même les factures les plus essentielles (eau, électricité, entretien, …) »
Crise carcérale :
- En moyenne 13.043 détenus en 2025, pour une capacité opérationnelle qui a légèrement augmenté au cours de l'année (11.020 places au 1er janvier 2025) : un taux d'occupation moyen de 117 % (Conseil central de surveillance pénitentiaire)
- Un record de 672 détenus sans lit à part entière (15 décembre 2025)
- La Belgique figure parmi les cinq à six pays du Conseil de l'Europe ayant le taux de surpopulation le plus élevé
- La Belgique a été condamnée par la CEDH pour conditions de détention inhumaines (Vasilescu, 2014 ; arrêt pilote W.D. concernant les internés, 2016) ; l'exécution de ces arrêts est toujours sous la surveillance du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe
- Loi d'urgence du 18 juillet 2025 pour réduire la surpopulation, avec notamment une libération anticipée temporaire six mois avant la fin de la peine
- Environ 45 % des détenus ont une nationalité étrangère (1er janvier 2026)
1C. Comparaison internationale
Pays-Bas. Conseil du pouvoir judiciaire (Raad voor de rechtspraak) :
- Un Conseil du pouvoir judiciaire indépendant (depuis 2002) a repris la gestion des tribunaux au ministre de la Justice
- Dépenses pour les tribunaux : 3,24 milliards d'euros, soit 0,3 % du PIB (2024, Eurostat)
- Les décisions sont publiées en ligne sur Rechtspraak.nl
Danemark. Domstolsstyrelsen (Court Administration) :
- Organe de gestion indépendant pour les tribunaux (depuis le 1er juillet 1999)
- Le ministre de la Justice n'a aucun pouvoir d'instruction et ne peut pas modifier les décisions de la Court Administration
- Gère les moyens, le personnel, les bâtiments et l'informatique des tribunaux ; les budgets informatiques sont centralisés pour tous les tribunaux
- Les moyens des 24 tribunaux de district sont répartis selon un modèle budgétaire fondé sur le nombre d'affaires entrantes
- Dépenses pour les tribunaux : 0,66 milliard d'euros, soit 0,2 % du PIB (2024, Eurostat)
Belgique :
- Dépenses pour les tribunaux (tous pouvoirs publics) : 1,46 milliard d'euros, soit 0,2 % du PIB, environ 123 euros par habitant (2024, Eurostat) ; moyenne de l'UE : 0,3 %
- Selon la Commission européenne, le budget de la justice et le nombre de juges pour 100.000 habitants sont inférieurs à la moyenne de l'UE
- Une mesure de la charge de travail (février 2024) a montré qu'il faut 43 % de juges en plus pour traiter la charge de travail dans le temps de travail légal
- Délai de traitement estimé en première instance : 246 jours pour les affaires civiles et commerciales (2024, stable) et 370 jours pour les affaires administratives (2024 ; 360 en 2023, 288 en 2022)
- La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné la Belgique à plusieurs reprises pour durée excessive des procédures ; dans l'affaire Van den Kerkhof c. Belgique (5 septembre 2023), elle a constaté un problème structurel dans l'arrondissement judiciaire de Bruxelles
- Commission européenne (Rule of Law Report 2024 et 2026) : la Belgique doit continuer à s'attaquer aux « déficits structurels de moyens » dans le système judiciaire
Suisse. Modèle cantonal :
- Les cantons sont constitutionnellement responsables de l'organisation des tribunaux
- Des chambres spécialisées par canton assurent l'expertise et la rapidité
- Dans les cantons qui ont introduit le New Public Management pour leur administration, la gestion des tribunaux est plus développée qu'ailleurs (Université de Berne, 2024)
- La procédure pénale a été harmonisée en 2011, mais l'organisation reste cantonale
- Une autonomie élevée au sein de règles de procédure communes
Allemagne. Landesgerichte :
- La justice est en grande partie une compétence des Länder
- L'autorité fédérale fixe le droit de la procédure, les Länder organisent les tribunaux
- Des compétences concurrentes (articles 72-74 de la Loi fondamentale) comme moteur d'innovation
- Dépenses pour les tribunaux : 16,2 milliards d'euros, soit 0,4 % du PIB, environ 194 euros par habitant contre 123 en Belgique (2024, Eurostat)
L'Autriche est l'exception : la justice ordinaire y relève de l'État fédéral (article 82 B-VG), comme en Belgique ; les Länder n'ont que leurs propres tribunaux administratifs.
1D. Problèmes et critiques
Sous-financement chronique : la Belgique consacre 0,2 % du PIB à ses tribunaux, contre 0,3 % aux Pays-Bas et en moyenne dans l'UE et 0,4 % en Allemagne (Eurostat, 2024). La Commission européenne parle de déficits structurels de moyens ; selon la mesure de la charge de travail de 2024, il faut 43 % de juges en plus.
Fiasco de la numérisation : la Cour des comptes (décembre 2024) a constaté l'absence de stratégie de numérisation cohérente, environ 500 consultants externes, des marchés régularisés après coup et un risque de fraude insuffisamment maîtrisé. La Justice reste « globalement une organisation basée sur le papier ».
Prisons surpeuplées : en moyenne 17 % de détenus de plus que de places (2025), avec un record de 672 détenus sans lit. La Belgique a été condamnée à plusieurs reprises par la CEDH. Législation d'urgence en 2025 avec libération anticipée.
Arriéré judiciaire : le délai de traitement des affaires administratives augmente depuis des années. En octobre 2025, le Collège des procureurs généraux, le Collège des cours et tribunaux et la Cour de cassation ont averti ensemble que la justice est à un « breaking point » en raison d'un sous-financement structurel.
Pénurie de personnel : les places vacantes de magistrats sont difficiles à pourvoir. Le nombre de juges et de magistrats du parquet a augmenté de 5 % entre 2020 et 2024, mais cela ne suffit pas pour rattraper l'arriéré.
Compétences morcelées : depuis la 6e réforme de l'État, les maisons de justice, la surveillance électronique et le droit sanctionnel de la jeunesse sont passés aux Communautés, mais le cœur de la justice reste entièrement fédéral. Contrairement à la plupart des États fédéraux.
Culture des cabinets : la Cour des comptes a constaté que la cellule stratégique du ministre négociait directement avec les soumissionnaires sur les conditions de l'offre, sans que le SPF y soit présent, avant même que le SPF n'attribue le marché.
Enquête de l'OLAF : en 2025, le ministre de la Justice a confirmé que l'office antifraude européen OLAF enquête sur la manière dont la Justice a dépensé environ 115 millions d'euros du fonds de relance européen pour la numérisation.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ❌ | Contrairement à la plupart des États fédéraux, la justice en Belgique relève en grande partie du niveau fédéral. En Allemagne, en Suisse et aux États-Unis, les entités fédérées organisent leurs propres tribunaux. En Belgique, après la 6e réforme de l'État, seule la « périphérie » (maisons de justice, surveillance électronique, droit sanctionnel de la jeunesse) a été transférée. Pas le cœur de la justice. |
| 2 | Transparence | ❌ | La Cour des comptes a constaté que le comité de direction ne remplit pas son rôle, alors que la cellule stratégique du ministre négocie directement avec les soumissionnaires. Des marchés sont régularisés après coup, comme 5,8 millions d'euros à bpost sans offre régulière. Il manque une vue complète des délais de traitement. Le citoyen n'a aucune vue sur qui décide de quoi. |
| 3 | Responsabilité = financement | ❌ | Le SPF gère un budget d'environ 2,8 milliards d'euros, mais l'ordre judiciaire n'a aucune autonomie sur son affectation : la gestion autonomisée de 2014 n'a jamais été achevée. La cellule stratégique du ministre intervient directement. Des fonds européens de relance ont été dépensés pour des dépenses qui n'y étaient pas éligibles. En 2024, le SPF a connu un déficit d'environ 60 millions d'euros et a demandé 250 millions d'euros supplémentaires de manière structurelle. |
| 4 | Simplicité | ❌ | Trois acteurs ICT qui travaillent chacun de leur côté. Environ 500 consultants externes. Chevauchement avec le CSJ et la VSSE. Compétences partagées avec les Communautés (maisons de justice, surveillance électronique, droit sanctionnel de la jeunesse). Une structure d'une complexité inexplicable. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ Partiel | Avec environ 23.000 membres du personnel, le SPF est assez grand pour une gestion professionnelle, mais la taille critique est gaspillée par le morcellement interne (trois acteurs ICT, environ 500 consultants, un comité de direction qui n'assume pas son rôle). |
| 6 | Compétences concurrentes | ❌ | Aucune place pour l'innovation régionale en matière de justice. Les entités fédérées ne peuvent pas expérimenter avec l'organisation des tribunaux, la numérisation ou l'exécution des peines. Tout est fixé au niveau fédéral, contrairement au modèle allemand ou suisse. |
| 7 | Orientation résultats | ❌ | Le délai de traitement des affaires administratives en première instance augmente (370 jours en 2024, 288 en 2022). Les places vacantes ne sont pas pourvues. Les prisons dépassent en moyenne leur capacité de 17 % (2025). La Cour des comptes constate que le comité de direction ne remplit pas son rôle. Aucun pilotage effectif par des KPI. |
| 8 | Numérique d'abord | ❌ | La Cour des comptes n'a trouvé aucune stratégie de numérisation cohérente et qualifie la Justice d'« organisation globalement basée sur le papier ». Des consultants occupent aussi des fonctions stratégiques, avec des risques pour le transfert de connaissances. Lors de l'introduction du nouveau système de gestion des dossiers JustCase (fin 2025), des magistrats et des avocats ont signalé des problèmes de démarrage, que le ministère compétent a également reconnus. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | En Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas et au Danemark, la justice est soit décentralisée vers les entités fédérées (DE, CH), soit dotée d'un organe de gestion indépendant pour les tribunaux (NL, DK). La Belgique a bien un Collège des cours et tribunaux depuis 2014, mais sans gestion propre du budget et du personnel. |
Synthèse : 8 principes sur 9 obtiennent un ❌, 1 obtient un ⚠️. Le SPF Justice est l'une des institutions fédérales les moins performantes, mesurée à l'aune de chaque pierre de touche de HART. Les gains les plus importants sont à réaliser sur :
- Subsidiarité + compétences concurrentes une répartition claire plutôt que du morcellement : toute l'exécution des peines à un seul niveau (prisons et maisons de justice fédérales), le droit sanctionnel de la jeunesse aux entités fédérées dans un cadre minimal fédéral
- Numérique d'abord + orientation résultats un organe de gestion indépendant sur le modèle néerlandais et danois
- Transparence + responsabilité fin des interventions de cabinet, audit externe, financement aux résultats
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé réorganiser en profondeur
3B. Proposition concrète
Ce qui change :
Organe de gestion indépendant du pouvoir judiciaire (Conseil du pouvoir judiciaire) (sur le modèle néerlandais et danois)
- Un nouvel organe qui reprend l'intégralité de la gestion des cours et tribunaux fédéraux : personnel, budget, bâtiments, ICT, avec son propre budget en enveloppe via le parlement
- La Cour de cassation obtient sa propre autonomie de gestion en dehors de cet organe, comme la Cour suprême néerlandaise (Hoge Raad) se trouve en dehors du Conseil du pouvoir judiciaire
- Le ministre conserve la compétence politique (législation, politique pénale), mais perd le contrôle opérationnel
- Fin des interventions de cabinet dans les marchés publics et les nominations
- Ce modèle existe de longue date aux Pays-Bas (Raad voor de Rechtspraak, depuis 2002) et au Danemark (Domstolsstyrelsen, depuis 1999)
Tous les cours et tribunaux fédéraux (art. 27 et 47 de la Constitution HART)
- La fédération reste compétente pour tous les cours et tribunaux, des justices de paix, tribunaux de police et tribunaux de première instance aux cours d'appel, avec une seule Cour de cassation pour toute la Belgique
- Le droit de la procédure et le droit pénal restent également fédéraux
- L'innovation au sein d'un seul système : les tribunaux peuvent innover (p. ex. tribunal numérique, chambres spécialisées), sous la conduite de l'organe de gestion indépendant
Toute l'exécution des peines au niveau fédéral
- Prisons et maisons de justice dans une seule main : les maisons de justice et la surveillance électronique reviennent au niveau fédéral, de sorte que la chaîne pénale, des poursuites à l'exécution et à la réinsertion, se situe à un seul niveau
- Normes fédérales de détention (capacité, droits humains, taux d'occupation maximal)
- Qui décide du droit pénal paie aussi l'exécution (art. 30). Qui veut enfermer davantage de détenus, paie lui-même
Programme de numérisation avec échéance et budget
- Une plateforme ICT unifiée pour tous les tribunaux (fin des 3 services parallèles)
- Principe once only : le citoyen ne transmet ses informations qu'une seule fois
- Tous les jugements sont publiés en ligne (sur le modèle néerlandais)
- Budget concret : 100 M€/an supplémentaires de manière structurelle, financés par le gain d'efficience au sein de la Justice
Financement aux résultats
- Budget lié à des résultats mesurables : délais de traitement, taux de traitement des affaires, degré de numérisation
- Rapport annuel de reddition de comptes au parlement
- Audit externe par la Cour des comptes avec des recommandations contraignantes
Modèle international : le modèle néerlandais et danois (Raad voor de Rechtspraak, Domstolsstyrelsen) pour la structure de gestion indépendante ; la justice ordinaire reste fédérale, comme en Autriche (article 82 B-VG).
Gain d'efficience estimé :
- Moindre dépendance à l'égard d'environ 500 consultants externes (Cour des comptes) : la stratégie de numérisation a coûté environ 140 millions d'euros en 2023 selon une estimation de la cellule stratégique du ministre. Reprendre les connaissances en interne rend la numérisation moins chère, mais le personnel propre coûte aussi de l'argent
- Des taux de traitement plus élevés → moins d'arriérés → moins de coûts pour la société
- Politique pénitentiaire et réinsertion dans une seule main (prisons et maisons de justice fédérales) → moins de récidive → moins de coûts
- Économie budgétaire nette : aucune. La Justice souffre de déficits structurels de moyens (Commission européenne) ; le gain d'efficience est entièrement réinvesti au sein de la Justice, notamment dans le budget de numérisation de l'étape 4 et dans des juges supplémentaires. L'objectif est une meilleure justice pour le même argent, pas moins d'argent pour la justice
Trajet de mise en œuvre :
- Année 1-2 après le lancement : création de l'organe de gestion indépendant (loi-cadre)
- Année 2-3 : transfert progressif de la gestion des cours et tribunaux
- Année 3-4 : maisons de justice et surveillance électronique de retour au niveau fédéral, avec les prisons dans une seule exécution des peines
- Année 4-6 : nouveau modèle pleinement opérationnel
- Nécessite : des lois fédérales ordinaires sur la base de la Constitution HART (art. 27 et 47 : cours et tribunaux, ministère public et exécution des peines fédéraux), sans loi à majorité spéciale
Phase 4/5 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
SPF Justice. Réformé Le SPF Justice est scindé : un organe de gestion indépendant reprend les tribunaux, et toute l'exécution des peines, prisons et maisons de justice, passe dans une seule main fédérale. Fin du micromanagement ministériel, des 500 consultants et d'une politique de numérisation sans stratégie.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
Avec environ 23.000 membres du personnel et un budget d'environ 2,8 milliards d'euros (2026), le SPF Justice est l'un des plus grands services publics fédéraux. Le SPF soutient les cours et tribunaux et gère les prisons, le Moniteur belge et diverses commissions indépendantes. Le ministre de la Justice et son cabinet disposent d'un contrôle opérationnel très étendu, jusqu'au niveau des marchés publics individuels et des contrats de consultance.
Ce qui ne va pas
La Cour des comptes a publié fin 2024 un rapport accablant sur la numérisation de la Justice. Le comité de direction ne remplit pas son rôle ; dans la version provisoire, il était encore question d'un comité de direction « passif et irresponsable ». Trois acteurs ICT travaillent chacun de leur côté à la numérisation, sans stratégie cohérente. Environ 500 consultants externes travaillent pour le SPF, y compris dans des fonctions de management. Au service Crossborder, des consultants occupent toutes les fonctions hiérarchiques directement sous la direction. Le cabinet du ministre négocie directement avec les soumissionnaires, en dehors de l'administration. Des marchés sont régularisés après coup : un marché de 5,8 millions d'euros attribué à bpost a été conclu sans offre régulière, puis commandé et facturé en deux semaines. Des fonds européens de relance ont été utilisés pour des dépenses qui n'y étaient pas éligibles, et il est apparu en 2025 que l'office antifraude européen OLAF enquête sur la manière dont la Justice a dépensé environ 115 millions d'euros du fonds de relance. Le jugement de la Cour des comptes est sévère : la Justice est « globalement une organisation basée sur le papier ».
La situation financière est dramatique. La Belgique consacre 0,2 % du PIB à ses tribunaux, contre 0,3 % aux Pays-Bas et en moyenne dans l'UE et 0,4 % en Allemagne (Eurostat, 2024). Selon une mesure de la charge de travail, il faut 43 % de juges en plus. En juillet 2024, le SPF avertissait lui-même que sans budget supplémentaire, il ne pourrait plus, avant la fin de l'année, « payer même les factures les plus essentielles (eau, électricité, entretien, …) ».
Les prisons débordent : en moyenne 13.043 détenus en 2025 pour plus de 11.000 places, un taux d'occupation moyen de 117 %. Le 15 décembre 2025, 672 détenus dormaient sans lit à part entière. La Belgique a dû adopter en 2025 une loi d'urgence pour libérer des détenus de manière anticipée. La Cour européenne des droits de l'homme a condamné la Belgique à plusieurs reprises pour conditions de détention inhumaines.
Pendant ce temps, les délais judiciaires augmentent. Une affaire administrative en première instance dure selon les estimations 370 jours (2024 ; 288 en 2022). La CEDH a constaté en 2023 un problème structurel de durée excessive des procédures dans l'arrondissement judiciaire de Bruxelles. En octobre 2025, la Cour de cassation, le Collège des cours et tribunaux et le Collège des procureurs généraux ont averti ensemble que la justice est à un « breaking point ». La Commission européenne demande depuis des années à la Belgique de s'attaquer aux « déficits structurels de moyens ».
Comment cela fonctionne ailleurs
Aux Pays-Bas, le Conseil du pouvoir judiciaire (Raad voor de rechtspraak, créé en 2002) gère les tribunaux indépendamment du ministre. Le Conseil est responsable du budget, du personnel, du logement et de l'ICT. Le ministre conserve la compétence politique mais n'a aucun contrôle opérationnel. Les Pays-Bas consacrent 0,3 % de leur PIB aux tribunaux et publient les décisions en ligne sur Rechtspraak.nl.
Au Danemark, la Domstolsstyrelsen (Court Administration) fonctionne depuis 1999 comme un organe de gestion indépendant pour les moyens, le personnel, les bâtiments et l'informatique de tous les tribunaux. Le ministre n'a explicitement aucun pouvoir d'instruction et ne peut pas modifier ses décisions. Le budget des tribunaux de district suit la charge de travail : le nombre d'affaires entrantes.
En Allemagne et en Suisse, les entités fédérées organisent leurs propres tribunaux. Le niveau fédéral fixe le droit de la procédure et le droit pénal, mais les Länder et les cantons déterminent comment les tribunaux fonctionnent, combien de juges il y a et comment se déroule la numérisation. Cela conduit à de la concurrence et à de l'innovation : dans les cantons suisses qui ont introduit le New Public Management, la gestion des tribunaux est plus développée qu'ailleurs.
La Belgique est l'un des rares pays fédéraux où l'ensemble de l'appareil judiciaire, de la gestion des bâtiments à l'ICT et à la gestion du personnel, reste fédéral et placé sous le contrôle ministériel direct. Une gestion autonomisée figure dans la loi depuis 2014, mais l'ordre judiciaire n'a jamais obtenu lui-même le contrôle de son budget.
Ce que HART propose
Étape 1 : créer un organe de gestion indépendant du pouvoir judiciaire, à l'exemple du Conseil du pouvoir judiciaire néerlandais (Raad voor de rechtspraak) et de la Domstolsstyrelsen danoise. Cet organe reprend la gestion opérationnelle de tous les cours et tribunaux fédéraux : personnel, budget, bâtiments, ICT, avec son propre budget en enveloppe via le parlement. La Cour de cassation obtient sa propre autonomie de gestion. Le ministre conserve la compétence politique (législation, politique pénale, cadres budgétaires), mais ne se mêle plus des contrats, des consultants ou des marchés publics.
Étape 2 : garder tous les cours et tribunaux fédéraux, des justices de paix, tribunaux de police et tribunaux de première instance aux cours d'appel et à la Cour de cassation, avec un seul droit de la procédure. Les tribunaux peuvent innover au sein de ce système unique : chambres spécialisées, tribunaux numériques, procédures accélérées.
Étape 3 : placer toute l'exécution des peines dans une seule main fédérale : les prisons et les maisons de justice, avec la surveillance électronique. Ainsi, la chaîne pénale, des poursuites à l'exécution, se situe à un seul niveau ; le droit sanctionnel de la jeunesse reste aux entités fédérées, dans le cadre de normes minimales fédérales. Le niveau fédéral fixe les normes de détention (capacité, droits humains, taux d'occupation maximal). Qui décide du droit pénal paie aussi l'exécution : qui veut enfermer davantage, paie lui-même. Cela incite à une politique pénale plus intelligente.
Étape 4 : lancer un programme de numérisation unifié doté d'un budget structurel de 100 millions d'euros par an en plus, piloté par le nouvel organe de gestion et payé par le gain d'efficience au sein de la Justice. Pas par 500 consultants sans stratégie. Principe once only pour le citoyen. Tous les jugements en ligne.
Étape 5 : lier le budget aux résultats. Les délais de traitement, les taux de traitement des affaires et le degré de numérisation font l'objet d'un rapport annuel et d'un audit externe de la Cour des comptes, avec des recommandations contraignantes.
Ce que cela rapporte
- Fin du carrousel des consultants : les connaissances de nouveau en interne au lieu d'environ 500 consultants externes ; ce qui se libère va aux juges, aux greffes et à la numérisation. Budgétairement neutre : une meilleure justice pour le même argent
- Une gestion indépendante : plus d'intervention de cabinet dans les affaires opérationnelles, plus de régularisations après coup
- Des délais plus courts : les moyens suivent la charge de travail des tribunaux, comme dans le modèle budgétaire danois
- De l'innovation sans morcellement : chambres spécialisées et tribunaux numériques au sein d'un seul système fédéral, avec un seul droit de la procédure
- Une détention digne : un seul niveau responsable à la fois de l'exécution des peines et de la réinsertion a un incitant à faire baisser la récidive
- De la transparence : chaque citoyen peut suivre en ligne les performances de la justice
- Du structurel : le modèle fonctionne aux Pays-Bas et au Danemark, deux pays comparables à la Belgique en termes de prospérité et de complexité administrative
Phase 5 : sources
| # | Source | URL | Utilisé pour |
|---|---|---|---|
| 1 | KB 23 mei 2001 houdende oprichting van de FOD Justitie | https://etaamb.openjustice.be/nl/koninklijk-besluit-van-23-mei-2001_n2001002046.html | Base juridique, date de création |
| 2 | FOD Justitie. Organisatie | https://justitie.belgium.be/nl/overheidsdienst_justitie/organisatie | Structure, missions |
| 3 | FOD Justitie. Directoraten-generaal | https://justitie.belgium.be/nl/overheidsdienst_justitie/organisatie/directoraten-generaal | Structure des DG |
| 4 | FOD Justitie. Hervorming Justitie valt stil zonder extra budget (persbericht, 2 juli 2024) | https://justitie.belgium.be/nl/nieuws/persberichten/hervorming_justitie_valt_stil_zonder_extra_budget | Crise budgétaire : déficit d'environ 60 M€, 80 M€ d'économies linéaires, 58 M€ d'inflation, 115 M€ de crédits européens, demande de 250 M€, citation sur les factures essentielles |
| 5 | Rekenhof. Aansturing van de digitale transformatie van Justitie door de federale overheid (verslag aan de Kamer, december 2024) | https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2025_01_AansturingDigitaleTransformatieJustitie.pdf | Comité de direction, trois acteurs ICT, environ 500 consultants, Crossborder, cellule stratégique et marchés publics, marché bpost de 5,8 M€, crédits PRR, risque de fraude, coût de la stratégie d'environ 140 M€ (2023), organisation basée sur le papier |
| 6 | VRT NWS. Rekenhof over FOD Justitie: risico op fraude (20 mei 2024, ontwerpverslag) | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2024/05/20/rekenhof-audit-overheidsdienst-justitie-risico-op-fraude/ | Citation du rapport provisoire : comité de direction « passif et irresponsable » |
| 7 | VRT NWS. OLAF onderzoekt besteding Europees geld door Justitie (27 juni 2025) | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/06/27/justitie-fraude-europa-digitalisering-geld/ | Enquête de l'OLAF sur environ 115 M€ du fonds de relance |
| 8 | Kamer. Algemene uitgavenbegroting 2026, DOC 56 1280/001 (globaal overzicht) | https://www.lachambre.be/FLWB/PDF/56/1280/56K1280001.pdf | Budget du SPF Justice (section 12) : 2,84 Mds € (2026), 2,74 Mds € exécutés (2024) |
| 9 | Kamer. Verantwoording algemene uitgavenbegroting 2026, DOC 56 1281/005 (sectie 12) | https://www.lachambre.be/FLWB/PDF/56/1281/56K1281005.pdf | Budget de la Sûreté de l'État : 110 M€ (2026) |
| 10 | FOD Justitie. Personeel: evolutie 2016-2020 | https://justitie.belgium.be/nl/statistieken/middelen/personeel_evolutie_2016_2020 | Ordre judiciaire et administration pénitentiaire ensemble plus de 90 % du personnel |
| 11 | FOD Justitie. Justitie in cijfers (personeelsbezetting op 31 december 2017) | https://justitie.belgium.be/sites/default/files/jic-nl-def_library.pdf | Personnel d'environ 23.000 |
| 12 | Eurostat. Overheidsuitgaven per functie (COFOG 03.3 rechtbanken, 03.4 gevangenissen), gov_10a_exp | https://ec.europa.eu/eurostat/api/dissemination/statistics/1.0/data/gov_10a_exp?format=JSON&lang=en&geo=BE&geo=NL&geo=DK&geo=DE&geo=EU27_2020§or=S13&na_item=TE&cofog99=GF0303&cofog99=GF0304&unit=MIO_EUR&unit=PC_GDP&time=2024 | Dépenses pour les tribunaux 2024 : Belgique 1,46 Mds € (0,2 % du PIB, environ 123 € par habitant), Pays-Bas 3,24 Mds € (0,3 %), Danemark 0,66 Md € (0,2 %), Allemagne 16,2 Mds € (0,4 %, environ 194 € par habitant), UE 0,3 % ; prisons Belgique 0,90 Md € ; par habitant : calcul propre avec la population Eurostat (demo_pjan) |
| 13 | Centrale Toezichtsraad voor het Gevangeniswezen. Jaarverslag 2025 (mei 2026) | https://ctrg.belgium.be/wp-content/uploads/2026/05/Jaarverslag-2025-van-de-CTRG.pdf | 13.043 détenus, 11.020 et 11.296 places, taux d'occupation moyen de 117 % (par rapport à la capacité moyenne de 2025), 672 détenus sans lit, loi d'urgence du 18 juillet 2025, classement du Conseil de l'Europe, nombre d'établissements |
| 14 | 21News. 45 procent van de gevangenen heeft een buitenlandse nationaliteit (antwoord van de minister van Justitie op een parlementaire vraag) | https://www.21news.be/nl/45-procent-van-de-gevangenen-heeft-een-buitenlandse-nationaliteit/ | Nationalité étrangère des détenus (1er janvier 2026) |
| 15 | EHRM. Press country profile Belgium | https://www.echr.coe.int/documents/d/echr/cp_belgium_eng | Vasilescu (2014), W.D. (2016), Van den Kerkhof (5 septembre 2023) |
| 16 | Federaal Instituut voor de Rechten van de Mens. Procesduur | https://www.federalinstitutehumanrights.be/en/belgium-urgently-needs-to-reduce-the-length-of-its-court-proceedings | Condamnations répétées de la CEDH pour la durée des procédures |
| 17 | Europese Commissie. 2024 Rule of Law Report, landenhoofdstuk België, SWD(2024) 801 | https://commission.europa.eu/document/download/ac09a9ad-63c4-4c65-bf36-d032b605a015_en | Déficits structurels de moyens, mesure de la charge de travail (43 % de juges en plus), manque de données, transfert de la gestion budgétaire |
| 18 | Europese Commissie. 2026 Rule of Law Report, landenhoofdstuk België, SWD(2026) 901 | https://commission.europa.eu/document/download/24a9b587-6e2a-4078-b58d-65dabd1233b4_en?filename=Country%20chapter%20-%20Belgium%20-%20EN.pdf | Délais de traitement 2022-2024, gestion budgétaire pas encore transférée, problèmes de démarrage de JustCase, recommandation sur les moyens |
| 19 | Brussels Times. Judicial system at breaking point due to structural underfunding (13 oktober 2025) | https://www.brusselstimes.com/1791806/judicial-system-at-breaking-point-due-to-structural-underfunding | Avertissement commun de la Cour de cassation et des deux collèges |
| 20 | Wet van 18 februari 2014 betreffende de invoering van een verzelfstandigd beheer voor de rechterlijke organisatie | https://etaamb.openjustice.be/nl/wet-van-18-februari-2014_n2014009085.html | Collège des cours et tribunaux, gestion autonomisée |
| 21 | Rechtspraak.nl. The Council for the Judiciary | https://www.rechtspraak.nl/english/the-council-for-the-judiciary | Raad voor de rechtspraak depuis 2002, reprise de la gestion au ministre |
| 22 | ENCJ. Factsheet Danish Court Administration (Domstolsstyrelsen) | https://www.encj.eu/images/stories/pdf/factsheets/domstolsstyrelsen_denmark.pdf | Depuis le 1er juillet 1999, aucun pouvoir d'instruction du ministre, gestion des moyens, du personnel, des bâtiments et de l'informatique, modèle budgétaire fondé sur les affaires |
| 23 | JUSLINE. Artikel 82 B-VG (Oostenrijk) | https://www.jusline.at/gesetz/b-vg/paragraf/artikel82 | La justice ordinaire relève de l'État fédéral autrichien |
| 24 | Vlaamse Staatsrechtconferentie 2002. De defederalisering van het gerecht in België: een model voor bevoegdheidsverdeling | https://www.law.kuleuven.be/personal/mstorme/gerechtbevoegdhverdeling.pdf | Modèle juridique de défédéralisation |
| 25 | International Journal for Court Administration. Twenty Years of Research Into the Swiss Justice System (Universiteit Bern, 2024) | https://iacajournal.org/articles/10.36745/ijca.643 | Modèle judiciaire cantonal, gestion des tribunaux dans les cantons NPM |
| 26 | FOD Justitie. Justitiehuizen: een nieuwe bevoegdheid voor de Franse Gemeenschap | https://justitie.belgium.be/nl/nieuws/persberichten/justitiehuizen_een_nieuwe_bevoegdheid_voor_de_federatie_wallonie_brussel | 6e réforme de l'État, transfert au 1er juillet 2014 |
| 27 | Vlaams Parlement. Gedachtewisseling over studie naar defederalisering justitie | https://www.vlaamsparlement.be/nl/actueel/nieuws-uit-het-vlaams-parlement/commissie-houdt-gedachtewisseling-over-studie-naar-defederalisering-justitie | Justice en grande partie fédérale, contrairement à la plupart des États fédéraux |
| 28 | Belgisch Staatsblad. Wet van 7 mei 1999 op de kansspelen (geconsolideerde tekst, gewijzigd bij wet van 30 april 2026) | https://www.ejustice.just.fgov.be/cgi_loi/change_lg.pl?language=nl&la=N&table_name=wet&cn=1999050777 | Commission des jeux de hasard depuis le 1er juin 2026 au SPF Économie, auparavant au SPF Justice (art. 9) |
Métadonnées
- Audit réalisé : 2026-03-28
- Ligne suivante : SPF Intérieur
- Total achevé après cet audit : 7 / 192
- Économie estimée : budgétairement neutre (gain d'efficience entièrement réinvesti au sein de la Justice ; auparavant 150 à 250 M€/an d'économie ou de réaffectation)
- Révisé : 2026-09-27 (factcheck : chiffres, sources, formulation intemporelle)