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SPF Chancellerie du Premier Ministre : audit

Date : 2026-03-29 Statut : 🟠 Réformé Catégorie : SPF (services publics fédéraux)


Phase 1 : recherche approfondie

1A. De quoi s'agit-il exactement ?

Le Service public fédéral Chancellerie du Premier Ministre (SPF Chancellerie) est la colonne vertébrale administrative du Premier ministre belge et du gouvernement fédéral. C'est le plus petit SPF en termes de personnel, mais politiquement le plus puissant : tout ce qui passe par le Conseil des ministres passe par la Chancellerie.

Base juridique : arrêté royal du 15 mai 2001, dans le cadre du plan Copernic qui a transformé les anciens « Services du Premier Ministre » (existant depuis 1918) en un service public fédéral moderne. À l'origine, il s'appelait « SPF Chancellerie et Services généraux » ; en 2002, ce nom a été modifié pour devenir le nom actuel.

Niveau de pouvoir : fédéral

Personnel (2025) :

Budget : le SPF Chancellerie a sa propre section dans le budget fédéral (section 02) : environ 230 millions d'euros de crédits de liquidation dans le budget initial 2026. La plus grande partie n'est pas le fonctionnement propre de la Chancellerie, mais de l'argent qui transite par son budget : subventions aux trois institutions culturelles fédérales (ensemble environ 70 millions d'euros), obligations en tant que pays hôte d'organisations internationales (notamment les pensions d'anciens collaborateurs de l'OTAN, environ 31 millions d'euros), le Centre pour la Cybersécurité Belgique, le réseau ICT fédéral et les primes syndicales (environ 18 millions d'euros). Le fonctionnement propre et la communication gouvernementale sont répartis sur plusieurs postes budgétaires ; un total distinct n'est pas publié.

Président du comité de direction : Arlin Bagdat (depuis le 1er mai 2024)

Ministre compétent : le Premier ministre

Siège : rue de la Loi 16, 1000 Bruxelles (siège officiel du gouvernement depuis 1944)

Structure organisationnelle

Le SPF Chancellerie s'articule autour de deux directions opérationnelles et de services d'appui :

Composante Mission principale
DG Secrétariats & Coordination Préparation du Conseil des ministres, conférences interministérielles, Comité de concertation, comités de négociation avec les syndicats, appui juridique
DG Communication externe Communication gouvernementale, Belgium.be, news.belgium.be, campagnes d'information, communiqués de presse, événements, protocole
Services d'appui ICT, Traduction, Personnel & Organisation, Budget & Contrôle de la gestion, Secrétariat & Logistique

Relèvent en outre du SPF Chancellerie :

1B. Que fait-il en pratique ?

Le SPF Chancellerie remplit quatre fonctions essentielles :

1. Organisation de la prise de décision : La DG Secrétariats & Coordination prépare le Conseil des ministres hebdomadaire : gestion de l'ordre du jour, procès-verbaux, suivi des décisions. Elle organise aussi le Comité de concertation (fédéral + entités fédérées), les conférences interministérielles et la négociation syndicale (Comité A). C'est le centre nerveux de la politique fédérale belge : sans ce service, le gouvernement ne peut pas fonctionner.

2. Coordination des politiques : La Chancellerie soutient le Premier ministre dans la coordination des politiques entre les SPF et entre le niveau fédéral et celui des entités fédérées. En pratique, cela signifie : encadrer les groupes de travail intercabinets, trancher les conflits, forger des compromis.

3. Communication gouvernementale : La DG Communication externe gère la communication gouvernementale pour l'ensemble de l'autorité fédérale :

4. Appui et tutelle : La Chancellerie fournit un soutien administratif et logistique aux services créés auprès d'elle (notamment le CCB et l'IFDD) et suit le budget et la gestion des trois institutions culturelles fédérales. La simplification administrative et le suivi de la loi Only Once (2014 : l'autorité fédérale ne demande les mêmes données qu'une seule fois) se trouvent depuis novembre 2022 au SPF BOSA.

Chevauchements et problèmes :

1C. Comparaison internationale

Pays Institution Personnel Particularités
Pays-Bas Ministerie van Algemene Zaken quelques centaines de collaborateurs Le plus petit ministère. Dix raadadviseurs (fonctionnaires) appuient le Premier ministre. Pas de cabinets ministériels : les ministres travaillent directement avec les fonctionnaires et ont chacun un conseiller politique (le Premier ministre et les vice-Premiers ministres au plus deux). La Dienst Publiek en Communicatie (226 ETP en 2025) appuie tous les ministères en matière de communication ; le Rijksvoorlichtingsdienst (RVD) assure l'information sur la politique gouvernementale.
Allemagne Bundeskanzleramt ±900 collaborateurs (2024) Bien plus grand, mais pour 83,5 millions d'habitants. Suit aussi la relation avec les 16 Bundesländer. Des Spiegelreferate (unités miroirs) suivent chaque ministère, de sorte que le Chancelier a une vue d'ensemble sur chaque domaine politique. Pas de cabinets ministériels.
Danemark Statsministeriet ±104 collaborateurs Un record historique après l'élargissement depuis 2019. Traditionnellement maigre, avec une forte dépendance au ministère des Finances.
Belgique SPF Chancellerie PM ±248 (193 ETP) Plus le cabinet du Premier ministre (37 collaborateurs en 2025). Coordination compliquée par 6 gouvernements et une répartition des compétences complexe.

Différence cruciale : les cabinets ministériels

La différence fondamentale entre la Belgique et les Pays-Bas ou l'Allemagne est le système des cabinets ministériels. Aux Pays-Bas et en Allemagne, les ministres travaillent directement avec leurs hauts fonctionnaires. En Belgique, chaque ministre a son propre « cabinet » de collaborateurs politiques : 594 membres de cabinet au seul niveau fédéral en 2025 (838 en 2020). Les cabinets fédéraux coûtaient en 2018 environ 86,78 millions d'euros par an selon les estimations. Le gouvernement bruxellois comptait en 2026 298 membres de cabinet pour 1,26 million d'habitants (387 sous la législature 2019-2024).

Ce système mine le rôle des SPF (Chancellerie comprise) : la politique se fait en réalité dans les groupes de travail intercabinets, pas dans l'administration. Le plan Copernic (2000) voulait remplacer les cabinets par de petits secrétariats et des cellules stratégiques, mais cela n'a jamais été pleinement exécuté : les cabinets ont subsisté sous un nouveau nom.

Aux Pays-Bas, le Premier ministre a dix raadadviseurs ; ce sont des fonctionnaires, pas des nominations politiques, et ils ne sont donc pas comparables au système belge des cabinets. Le Ministerie van Algemene Zaken, avec quelques centaines de collaborateurs, fait ce que font chez nous ensemble le SPF Chancellerie (248), le cabinet du Premier ministre (37) et les services de communication.

1D. Problèmes et critiques

1. Une frontière floue entre politique et administration : Le SPF Chancellerie existe formellement comme service public indépendant, mais fonctionne en pratique comme le prolongement du cabinet du Premier ministre. L'arrêté royal du 29 octobre 2001 liait encore le mandat du président de la Chancellerie à la durée du mandat du Premier ministre ; le président entré en fonction le 1er mai 2024 a toutefois reçu un mandat de six ans, comme les présidents des autres SPF. Le mandat n'est donc pas le problème : le travail politique et le pilotage politique se trouvent dans le cabinet, pas dans l'administration.

2. La culture des cabinets mine le SPF : Le vrai travail politique se fait dans le cabinet, pas dans la Chancellerie. Les ±248 fonctionnaires de la Chancellerie sont régulièrement court-circuités par les collaborateurs de cabinet du Premier ministre (37 en 2025), qui ont un accès plus direct au Premier ministre. C'est un problème structurel qui touche tous les SPF, mais qui est le plus aigu à la Chancellerie.

3. Une communication fragmentée : Malgré le rôle central de communication de la DG Communication externe, chaque SPF a ses propres collaborateurs de communication. Belgium.be n'est pas intégré aux portails régionaux. Il n'existe pas de véritable plateforme de communication centrale qui couvre tous les niveaux de pouvoir.

4. Only Once échoue en pratique : La loi de 2014 est ambitieuse mais sans dents : elle ne vaut pas pour les Régions, les Communautés et les communes, et l'échange de données entre les intégrateurs de services des différents niveaux (notamment MAGDA en Flandre et la BCED en Wallonie) est incomplet.

5. Dépendance au consulting : La Cour des comptes a constaté que l'autorité fédérale a dépensé entre 2020 et 2022 2,52 milliards d'euros (TVA comprise) en consultance, dont 2,03 milliards d'euros pour l'informatique. Dans 78 % des 101 contrats examinés, le recours à des consultants était mal motivé ou pas motivé du tout. La Cour des comptes n'a trouvé aucune directive fédérale déterminant quand et pourquoi la consultance est utilisée.


Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes

# Principe Appréciation Justification
1 Subsidiarité ✅ La coordination du Conseil des ministres fédéral et de la concertation interfédérale est par définition une mission fédérale. Cela relève bien de ce niveau.
2 Transparence ⚠️ Les décisions du Conseil des ministres sont communiquées via news.belgium.be, mais la préparation (groupes de travail intercabinets, avis) est en grande partie invisible. Le mélange entre cabinet et administration rend flou qui décide.
3 Responsabilité = financement ⚠️ Le SPF est financé au fédéral et fonctionne au fédéral. C'est cohérent. Mais les frais de cabinet (au fédéral, environ 86,78 M€ en 2018 selon les estimations) sont difficiles à isoler des frais de fonctionnement des SPF qu'ils sont censés « soutenir ». Il n'existe pas de comptabilité claire du coût total de l'appareil de pilotage politique.
4 Simplicité ❌ La structure est inutilement complexe : SPF Chancellerie (les fonctionnaires) + cabinet du Premier ministre (le politique) + simplification administrative au SPF BOSA + services de communication de chaque SPF individuel. Aux Pays-Bas, le Ministerie van Algemene Zaken fait tout cela dans une seule organisation de quelques centaines de personnes.
5 Taille critique ⚠️ Avec 193 ETP, la Chancellerie elle-même est compacte et professionnelle. Mais si l'on y ajoute le cabinet du Premier ministre (37 en 2025) et les équipes de communication des autres SPF, l'« appareil de coordination » total est bien plus grand que ce qui est justifiable pour un pays de 11,9 millions d'habitants (2026).
6 Compétences concurrentes ⚠️ La Chancellerie organise le Comité de concertation (fédéral et entités fédérées), mais celui-ci décide par consensus et n'a aucun instrument pour sortir d'une impasse. Le système conduit à des négociations sans fin et à des blocages. Un système de compétences concurrentes (modèle allemand) rendrait superflue une grande partie de cette charge de coordination.
7 Orientation résultats ❌ Il n'existe pas de KPI publics pour la Chancellerie. Le plan stratégique 2022-2024 fixait des objectifs internes, mais il n'y a pas d'évaluation publique des résultats (combien de lois coordonnées, délais de traitement du Conseil des ministres, efficience du Comité de concertation). La Cour des comptes peut examiner la gestion, mais il n'existe pas de rapport public régulier sur les performances.
8 Numérique d'abord ⚠️ Belgium.be existe, mais c'est un portail d'information et non une plateforme transactionnelle : vous ne pouvez pas y « faire affaire » avec les pouvoirs publics. La loi Only Once (2014) ne vaut qu'au fédéral. Avec CSAM, il existe une authentification fédérale unique, mais pas de guichet commun pour tous les niveaux de pouvoir. Comparez avec les Pays-Bas (MijnOverheid.nl) ou le Danemark (borger.dk) : la Belgique est à la traîne.
9 Éprouvé à l'étranger ✅ Le concept d'une chancellerie compacte qui appuie le Premier ministre et organise le Conseil des ministres existe dans chaque pays comparable. Le modèle est éprouvé. Ce qui n'est pas éprouvé, c'est le système belge des cabinets qui se superpose à cela.

Synthèse : le SPF Chancellerie obtient ses plus mauvais résultats en matière de Simplicité (❌) et d'Orientation résultats (❌). Le gain le plus important est à réaliser par : (1) la réduction du système des cabinets à un petit état-major politique et l'intégration de la préparation des politiques dans le sommet administratif (modèle néerlandais), (2) un véritable portail numérique public central, et (3) une mesure publique des performances.


Phase 3 : la proposition de HART

3A. Classification

🟠 Réformé : la fonction subsiste (tout Premier ministre a besoin d'une chancellerie), mais elle est réorganisée en profondeur par : la réduction des cabinets ministériels à un petit état-major politique, l'intégration avec un Algemene Bestuursdienst renforcé, et un véritable mandat de numérique d'abord.

3B. Proposition concrète

Ce qui change :

  1. Réduction des cabinets ministériels : les ministres travaillent directement avec leurs hauts fonctionnaires, comme aux Pays-Bas et en Allemagne. Les cabinets fédéraux passent d'environ 600 collaborateurs (594 en 2025) à 65 au plus : au plus 5 collaborateurs politiques par ministre, pour 13 ministres au plus (art. 39 et 40 de la Constitution HART), exclusivement pour la coordination politique. D'abord, le Service belge d'administration générale (ABD) tourne deux à trois ans en projet pilote avec cinq SPF ; ce n'est qu'ensuite que les cabinets sont progressivement réduits. Un Bureau interministériel de coordination sous le Premier ministre (sur le modèle du Cabinet Office britannique) remplace les groupes de travail intercabinets. Économie : une partie de l'économie sur l'ensemble des cabinets (voir l'économie estimée ci-dessous).

  2. Le SPF Chancellerie devient le « ministère des Affaires générales » : sur le modèle néerlandais. Il comprend : le secrétariat du Conseil des ministres, la coordination des politiques et la communication gouvernementale (équivalent du Rijksvoorlichtingsdienst). Le portail numérique public central est géré par l'entreprise publique d'applications (voir point 3). Personnel : ±300-350 ETP (légère croissance due à la reprise des tâches de communication d'autres SPF, mais économie nette grâce à la réduction des cabinets).

  3. Un portail public national unique : Belgium.be, MyGov.be et les portails régionaux deviennent un seul portail public national (MijnOverheid/MonBelgique) pour tous les niveaux de pouvoir, avec une seule connexion et un seul tableau de bord, sur le modèle du borger.dk danois. Une entreprise publique d'applications, avec l'autorité fédérale et les entités fédérées comme actionnaires, gère l'unique application et l'unique site web (plan de numérisation). Tous les niveaux de pouvoir y sont obligatoirement raccordés. La loi Only Once vaut pour tous les niveaux de pouvoir.

  4. Le Comité de concertation et les conférences interministérielles sont absorbés par le Conseil des entités fédérées (art. 35 de la Constitution HART) : les douze gouvernements des entités fédérées avec 42 voix pondérées, le gouvernement fédéral y siégeant sans voix. Une décision requiert 22 voix et 7 entités fédérées, sans veto linguistique. Si le Conseil refuse son accord à une loi fédérale, une commission de médiation de la Chambre et du Conseil cherche un accord dans les soixante jours, puis la Chambre décide en règle générale à la majorité des deux tiers, de sorte que chaque décision ne s'enlise pas dans une concertation sans fin. Le Conseil dispose de son propre secrétariat permanent de 30 à 40 personnes.

  5. Mesure publique des performances : la Chancellerie publie chaque année un « État de l'exécution » (sur le modèle néerlandais) : combien de lois exécutées, combien de retard, combien de conflits de compétences résolus.

Modèle international : les Pays-Bas (Ministerie van Algemene Zaken) + la compacité danoise + le modèle allemand de coordination.

Économie estimée : non chiffrée séparément. La réduction des cabinets fédéraux, de 594 à 65 collaborateurs au plus (13 ministres avec chacun 5 au plus), fait partie de l'économie sur l'ensemble des cabinets (au plus environ 165 millions d'euros par an), qui est comptée une seule fois dans l'audit Cabinets ministériels, pas ici. Le SPF Chancellerie lui-même devient un peu plus grand (de 193 à ±300-350 ETP), mais il s'agit surtout de tâches de communication qui viennent d'autres SPF, pas d'un nouveau coût.

Trajet de mise en œuvre :


Phase 4/5 : point du programme (texte prêt pour le site)

Partie A : le point du programme

SPF Chancellerie du Premier Ministre : Réformé La Chancellerie est transformée en un ministère des Affaires générales compact qui pilote réellement le gouvernement. Sans l'épaisse couche de collaborateurs de cabinet fédéraux (594 en 2025) qui ralentit le système, mais avec au plus 5 collaborateurs politiques par ministre.

Partie B : l'explication

Comment cela fonctionne aujourd'hui

Le SPF Chancellerie du Premier Ministre est le centre nerveux administratif du gouvernement fédéral. Environ 248 fonctionnaires (193 ETP) préparent le Conseil des ministres hebdomadaire, coordonnent les politiques entre les services publics fédéraux, gèrent la communication gouvernementale via Belgium.be et news.belgium.be, et organisent la concertation entre le gouvernement fédéral et ceux des entités fédérées. La Chancellerie a été créée en 2001 dans le cadre de la réforme Copernic et est installée au 16 rue de la Loi.

Ce qui ne va pas

Le vrai problème n'est pas la Chancellerie elle-même, qui est relativement compacte, mais le système qui l'entoure. Au-dessus des 248 fonctionnaires, chaque ministre fédéral a son propre « cabinet » de collaborateurs politiques. En 2025, ils étaient 594 (838 en 2020) ; en 2018, les cabinets fédéraux coûtaient environ 87 millions d'euros par an selon les estimations. Ces cabinets reprennent le véritable travail politique des fonctionnaires. Les lois ne sont pas écrites par les SPF, mais dans des groupes de travail intercabinets. Les fonctionnaires de la Chancellerie sont court-circuités par les collaborateurs politiques du Premier ministre.

Le résultat : du travail en double, un manque de continuité (les collaborateurs de cabinet partent à chaque changement de gouvernement) et un affaiblissement de la fonction publique professionnelle. Le plan Copernic de 2000 voulait remplacer les cabinets par de petits secrétariats et des cellules stratégiques. Cela n'a jamais été pleinement exécuté : les cabinets ont subsisté sous un nouveau nom et comptaient encore 594 collaborateurs au fédéral en 2025.

Par ailleurs, la Belgique est à la traîne en matière de services numériques. Belgium.be est un portail d'information, pas une plateforme transactionnelle. La loi Only Once (2014), qui prévoit que les citoyens ne doivent donner la même information qu'une seule fois, ne vaut que pour les services fédéraux. Les Régions, les Communautés et les communes en sont exclues. Conséquence : les citoyens et les entreprises redonnent encore souvent les mêmes données à un autre pouvoir public.

Comment cela fonctionne ailleurs

Aux Pays-Bas, le Premier ministre dispose du Ministerie van Algemene Zaken : le plus petit ministère, avec quelques centaines de fonctionnaires qui organisent le Conseil des ministres, coordonnent les politiques et assurent la communication gouvernementale. Il n'y a pas de cabinets ministériels. Les ministres travaillent directement avec leurs hauts fonctionnaires, sélectionnés via l'Algemene Bestuursdienst (ABD), et ont chacun un conseiller politique. Dix raadadviseurs (fonctionnaires) et au plus deux conseillers politiques appuient le Premier ministre.

En Allemagne, le Bundeskanzleramt compte ±900 collaborateurs (2024) pour 83,5 millions d'habitants. Des Spiegelreferate (unités miroirs) suivent chaque ministère, de sorte que le Chancelier garde une vue d'ensemble sur chaque domaine politique. Ici aussi : pas de cabinets ministériels.

Le Danemark y arrive avec 104 collaborateurs au Statsministeriet pour 6 millions d'habitants.

La Belgique a, pour 11,9 millions d'habitants (2026) : 248 fonctionnaires à la Chancellerie + 594 collaborateurs de cabinet (au seul niveau fédéral, 2025) + des structures comparables aux niveaux flamand, wallon et bruxellois. Au total, tous cabinets confondus : environ 1.800 collaborateurs (2025-2026), selon les estimations 200 millions d'euros par an.

Ce que HART propose

  1. La réduction des cabinets ministériels. Les ministres travaillent directement avec leurs hauts fonctionnaires, désignés sur la base de leurs compétences via un Organe de nomination indépendant et un Service belge d'administration générale (ABD). Chaque ministre peut désigner au plus 5 collaborateurs politiques, exclusivement pour la coordination politique (art. 40 de la Constitution HART). Le reste du travail politique est réalisé par l'administration, ce pour quoi elle est formée et payée. D'abord, l'ABD tourne deux à trois ans en projet pilote avec cinq SPF ; ce n'est qu'ensuite que les cabinets sont progressivement réduits. Un Bureau interministériel de coordination sous le Premier ministre remplace les groupes de travail intercabinets.

  2. La Chancellerie devient un ministère des Affaires générales, sur le modèle néerlandais. Plus compact, mais avec davantage de compétences réelles : secrétariat du Conseil des ministres, coordination des politiques et communication gouvernementale (un seul service au lieu d'équipes de communication distinctes dans chaque SPF).

  3. Un guichet public national unique. Belgium.be, MyGov.be et les portails régionaux deviennent un seul portail public national (MijnOverheid/MonBelgique) avec une seule connexion et un seul tableau de bord. Non seulement informatif, mais transactionnel, sur le modèle du borger.dk danois. Une entreprise publique d'applications de l'autorité fédérale et des entités fédérées gère l'unique application et l'unique site web. Tous les niveaux de pouvoir y sont obligatoirement raccordés. Only-once devient un droit opposable auprès de chaque pouvoir public : la fédération, les entités fédérées, les concordats et les communes (art. 44 de la Constitution HART).

  4. Le Comité de concertation et les conférences interministérielles sont absorbés par le Conseil des entités fédérées. Les douze gouvernements des entités fédérées y décident à la majorité (22 des 42 voix pondérées et 7 entités fédérées), sans veto linguistique, avec un secrétariat permanent propre. En cas de refus, une commission de médiation de la Chambre et du Conseil intervient, puis la Chambre décide en règle générale à la majorité des deux tiers, de sorte que chaque décision ne s'enlise pas dans une concertation sans fin.

  5. Une mesure annuelle des performances. La Chancellerie publie un « État de l'exécution » public : quelle part de la politique a été exécutée, ce qui prend du retard, où se situent les blocages. La transparence comme norme.

Ce que cela rapporte


Phase 5 : sources

Source URL Utilisé pour
FOD Kanselarij. Opdrachten https://kanselarij.belgium.be/nl/opdrachten/ Missions principales et structure
FOD Kanselarij. Wikipedia (NL) https://nl.wikipedia.org/wiki/Federale_Overheidsdienst_Kanselarij_van_de_Eerste_Minister Création (AR du 15 mai 2001), changement de nom en 2002, Services du Premier Ministre depuis 1918, rue de la Loi 16 depuis 1944, président du comité de direction depuis le 1er mai 2024
Infocenter Belgium. FOD Kanselarij statistieken https://infocenter.belgium.be/nl/statistieken/fod-kanselarij-van-de-eerste-minister Chiffres du personnel 2025 : 248 UP, 193,4 ETP, niveau A 106,3 ETP, télétravail 74,2 % ; répartition linguistique 2023 ; jours de maladie 2024 ; missions et services créés auprès de la Chancellerie
FOD Kanselarij. Strategisch Plan 2022-2024 https://fdn01.fed.be/strategisch_plan_2022-2024.def.pdf Structure organisationnelle et objectifs
Werkenvoor.be. FOD Kanselarij https://werkenvoor.be/nl/onze-werkgevers/fod-kanselarij-van-de-eerste-minister Missions (Conseil des ministres, Comité de concertation, institutions culturelles, appui au CCB, à l'IFDD et au Comité d'audit)
FOD BOSA. Algemene uitgavenbegroting 2026, open data (DataSMB) https://bosa.belgium.be/sites/default/files/content/documents/04%202026%20Copie%20de%20All_P08_Expenses_DataSMB_20260402%20V2.xlsx Section 02 Chancellerie : environ 230 M€ de crédits de liquidation (2026) et les principaux postes
BOSA. Federale begroting https://bosa.belgium.be/nl/themas/begroting-en-boek-houding/federale-begroting Contexte budgétaire des SPF
KB van 29 oktober 2001 betreffende de aanduiding en de uitoefening van de managementfuncties in de federale overheidsdiensten https://etaamb.openjustice.be/nl/koninklijk-besluit-van-29-oktober-2001_n2001002158.html Mandat de six ans ; président de la Chancellerie à l'origine pour la durée du mandat du Premier ministre
KB van 25 april 2024 (aanstelling voorzitter directiecomité FOD Kanselarij) https://etaamb.openjustice.be/nl/2024202299.html Président désigné à partir du 1er mai 2024 pour une période de six ans
KB van 29 september 2022 houdende de integratie van de opdrachten van administratieve vereenvoudiging in de FOD BOSA https://etaamb.openjustice.be/nl/koninklijk-besluit-van-29-september-2022_n2022206061.html DAV de la Chancellerie vers le SPF BOSA, en vigueur le 1er novembre 2022
Wet van 5 mei 2014 (Only Once) https://bosa.belgium.be/nl/regulations/wet-van-5-mei-2014 Principe Only Once pour les services fédéraux
belgium.be. Verdeling vrouwen en mannen in de beleidsorganen van de federale regeringsleden (CompoCab, 2025) https://www.belgium.be/sites/default/files/resources/publication/files/CompoCab_GenderCount_v202504xx_0.pdf 594 collaborateurs de cabinet fédéraux (2025), cabinet du Premier ministre 37
VRT NWS. "Hebben we echt 838 kabinetsmedewerkers nodig?" (14 oktober 2020) https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2020/10/14/hebben-we-echt-838-kabinetsmedewerkers-nodig-of-kan-het-ook-zoa/ 838 collaborateurs de cabinet fédéraux (2020), 769 au début du gouvernement fédéral en 2014 ; coût 2018 : 197,64 M€ tous gouvernements, 86,78 M€ au fédéral
RTBF. Brusselse kabinetten (2 juli 2026) https://www.rtbf.be/article/les-cabinets-ministeriels-bruxellois-au-regime-avec-pres-de-100-collaborateurs-en-moins-11751420 Bruxelles : 298 collaborateurs de cabinet, 387 sous la législature 2019-2024
Belgium.be. Beleidsorganen https://www.belgium.be/en/about_belgium/government/federal_authorities/federal_government/strategic_cells_and_secretariats_government_members Réforme Copernic : cabinets remplacés par un secrétariat et des cellules stratégiques
Ministry of General Affairs (NL): Wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/Ministry_of_General_Affairs Pays-Bas : le plus petit ministère, environ 400 collaborateurs (sans année)
Government.nl. Organisation AZ https://www.government.nl/ministries/ministry-of-general-affairs/organisation Structure de l'homologue néerlandais, dix raadadviseurs du Premier ministre
Rijksfinanciën. Jaarverslag 2025 Algemene Zaken (III) https://www.rijksfinancien.nl/jaarverslag/2025/III Dienst Publiek en Communicatie : 226,4 ETP (2025)
Rijksoverheid. Handboek voor bewindspersonen (2024) https://www.rijksoverheid.nl/binaries/rijksoverheid/documenten/richtlijnen/2024/07/02/handboek-voor-bewindspersonen/handboek-voor-bewindspersonen-2024.pdf Un conseiller politique par membre du gouvernement, un second pour le(s) (vice-)Premier(s) ministre(s)
Bundeskanzleramt. Wikipedia (DE) https://de.wikipedia.org/wiki/Bundeskanzleramt_(Deutschland) Allemagne : environ 900 collaborateurs (avril 2024), Spiegelreferate
Statsministeriet (DK): Wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/Ministry_of_State_(Denmark) Danemark : 104 collaborateurs, record historique après l'élargissement depuis 2019
Rekenhof. Inzet van consultancy door de federale overheid (oktober 2025) https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2025_39_InzetConsultancyFederaleOverheid.pdf 2,52 Mds € de consultance 2020-2022, dont 2,03 Mds € d'informatique ; 78 % de 101 contrats insuffisamment motivés
VRT NWS. Rekenhof consultancy (12 november 2025) https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/11/12/rapport-rekenhof-consultancy/ Pas de directives pour le recours à la consultance