SFPIM : Société fédérale de Participations et d'Investissement
Audit de la réforme de l'État : 29 mars 2026
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Nom officiel : Federale Participatie- en Investeringsmaatschappij (FPIM) / Société fédérale de Participations et d'Investissement (SFPI/SFPIM)
Base juridique : loi du 2 avril 1962 relative à la Société fédérale de Participations et d'Investissement, adaptée par arrêté royal et complétée par un contrat de gestion avec l'État fédéral (le premier a été approuvé par arrêté royal du 19 juillet 2018 et est entré en vigueur le 17 juillet 2018). SA de droit public dont le capital est entièrement détenu par l'État belge.
Création : 2006, par la fusion de la Société fédérale d'Investissement et de la Société fédérale de Participations. Toutes deux héritières de la Société nationale d'Investissement privatisée en 1994.
Niveau de pouvoir : fédéral. Relève de la compétence du ministre des Finances.
Budget et taille (2025) :
- Total de bilan : 11,68 Mds €
- Fonds propres : 11,45 Mds €
- Actifs financiers : 9,85 Mds €
- Bénéfice : 211,2 M€
- Dividende versé à l'État : 78 M€ (pour l'exercice 2025)
- Personnel : environ 40 collaborateurs
- Portefeuille : 189 entreprises
- En outre, environ 14 Mds € gérés pour le compte de l'État fédéral (missions déléguées, notamment Belfius et Astrid)
Croissance énorme par centralisation : le total de bilan est passé de 2,52 Mds € (2021) à 11,68 Mds € (2025) : plus qu'un quadruplement. La cause est la centralisation des participations de l'État auprès de la SFPIM : d'abord BNP Paribas et Ethias (2022), puis Proximus (1,5 Md €) et bpost (0,2 Md €) par apport en nature (2024).
Gouvernance :
- CEO : Koen Van Loo (depuis 2006), ancien chef de cabinet du responsable politique MR Didier Reynders
- Président : depuis 2022 un profil PS ; en 2026, ce mandat a pris fin prématurément et la présidence est revenue à un candidat proposé par le MR, pendant des années chef de cabinet du président du MR. Un vice-président a démissionné en signe de protestation.
- Comité de direction + gestionnaires et analystes d'investissement + équipes de support (juridique, contrôle et finances, RH)
- Suit le Code belge de gouvernance d'entreprise 2020 (« comply or explain ») et les lignes directrices de l'OCDE sur la gouvernance des entreprises publiques (édition 2015 ; l'OCDE les a révisées en 2024)
- Trois filiales : SFPIM International, SFPIM Real Estate, SFPIM Relaunch
Missions principales, en trois rôles :
- Société d'investissement : investir son propre capital à risque dans des entreprises en croissance (notamment biotech, cleantech, fintech)
- Société holding : gestion des participations publiques stratégiques (notamment Proximus, bpost, BNP Paribas, Ethias, Brussels Airport Company)
- Mandats publics (missions déléguées) : exécution de missions spécifiques pour le compte de l'État (notamment Belfius, Astrid, résolution de Dexia)
1B. Que fait-il en pratique ?
Participations stratégiques gérées par la SFPIM (situation fin 2024, sauf mention contraire) :
| Entreprise | Secteur | Part de l'État | Valeur/Taille |
|---|---|---|---|
| Belfius | Banque | 100 % via la SFPIM, pour le compte de l'État (fin 2025) ; processus de vente d'au maximum 20 % lancé en 2026 | Plus grande banque publique |
| Proximus | Télécoms | 53,51 % | Coté en Bourse |
| bpost (groupe rebaptisé bnode) | Poste et logistique | 51,04 % via la SFPIM | Coté en Bourse |
| Ethias | Assurances | 31,67 % via la SFPIM | Grand assureur |
| Loterie Nationale | Jeux de hasard | Entreprise publique ; la SFPIM détient 21,28 % | Monopole |
| BNP Paribas | Banque | 5,59 % | Via le dossier historique Fortis |
| Ageas | Assurances | 6,44 % | Coté en Bourse |
| Astrid | Communication | 100 % via la SFPIM, pour le compte de l'État | Réseau de communication d'urgence |
| Brussels Airport Company | Aéroport | 25 % | Stratégique |
| Umicore | Matériaux | 5 % (depuis 2024) | Ancrage |
Credendo, l'assureur-crédit à l'exportation, n'est pas une participation de la SFPIM : c'est un organisme public autonome bénéficiant d'une garantie de l'État.
S'y ajoutent plus de 170 participations plus petites dans la biotech, la cleantech, la fintech, le transport et la mobilité, l'énergie.
Taille : un bilan de 11,68 Mds € pour compte propre et, en outre, environ 14 Mds € gérés pour le compte de l'État fédéral (2025). Ces montants mesurent des choses différentes (le bilan propre et le patrimoine que la SFPIM gère sur ordre de l'État) et ne sont donc pas additionnés.
Chevauchements et tensions :
- La SFPIM combine trois rôles fondamentalement différents (investisseur, détenteur d'actifs stratégiques et exécutant de mandats publics) dans une seule entité
- Tension entre objectif de rendement et pilotage politique
- Les activités immobilières (SFPIM Real Estate, le fonds immobilier Cityforward) sortent de la mission de base. À propos de l'achat des immeubles de la Commission européenne, le Parquet européen a fait mener des perquisitions en février 2026
Indicateurs de performance :
- Le versement de dividendes fluctue fortement : de 32 M€ (2022) à 134,5 M€ (2023), 86 M€ (2024) et 78 M€ (2025)
- Le dividende de la SFPIM ne montre qu'une partie du tableau : les dividendes de Belfius (945 millions d'euros versés en 2025) vont directement à l'État, car la SFPIM détient ces actions pour le compte de l'État
- Pas de KPI publics pour le rendement sociétal ou les objectifs stratégiques
- Le rapport annuel mentionne, par participation, la valeur comptable et la part détenue, mais ni objectif de rendement, ni valorisation de marché, ni raison pour laquelle l'État est actionnaire
Contrôle et controverses :
- Février 2026 : sur ordre de l'EPPO (Parquet européen), la police effectue des perquisitions à la Commission européenne en lien avec la vente de 23 immeubles de bureaux à la SFPIM en 2024 pour 880 à 900 millions d'euros. L'enquête porte sur une fraude possible lors de cette vente. La spéculation immobilière ne fait pas partie des missions de base de la SFPIM.
- Nominations politiques : la présidence est revenue en 2022 à un profil PS et en 2026 à un candidat proposé par le MR, le CEO est un ancien chef de cabinet du MR, et les mandats d'administrateur dans les entreprises du portefeuille sont répartis selon les lignes de parti
1C. Comparaison internationale
Pays-Bas. NLFI (NL Financial Investments)
- Créé par la loi (2011) pour gérer de manière professionnelle et non politique les participations de l'État dans les institutions financières après la crise bancaire
- Gère notamment la participation dans ABN AMRO : après la nationalisation (2008) et l'introduction en Bourse (2015), elle a été réduite pas à pas à 20,5 % (juillet 2026)
- Séparation ancrée dans la loi entre le politique et les décisions d'actionnaire : NLFI exerce lui-même le droit de vote
- Le ministre ne peut approuver ou donner une instruction de vote contraignante que pour des décisions importantes définies par la loi (rémunérations, pouvoir de décision et risque de l'État, dérogation à la stratégie de vente)
- Objectif explicite : réduire les participations dès que les conditions de marché le permettent
- Petite équipe, mandat pur, pas de mélange des rôles
Autriche. ÖBAG (Österreichische Beteiligungs AG)
- Gère 9 participations publiques stratégiques d'une valeur de 29,9 Mds € (fin 2024)
- Selon une étude d'impact commandée par l'ÖBAG (2024), les entreprises du portefeuille maintiennent environ 103.000 emplois et rapportent plus de 9,1 milliards d'euros d'impôts et de cotisations sociales, soit 4,3 % de l'ensemble des recettes autrichiennes en impôts et cotisations sociales
- A versé à l'État autrichien, pour l'exercice 2025, environ 1,6 milliard d'euros de dividende (Verbund inclus)
- Mandat clair : actionnariat professionnel axé sur la création de valeur
- Politique de nomination axée sur l'expertise et la diversité dans les nominations aux conseils de surveillance
- Avertissement : la nomination politique du premier patron de l'ÖBAG (2019) a tourné au scandale, avec un procès pénal sur les déclarations du chancelier de l'époque. Le modèle ne fonctionne qu'avec un processus de nomination réellement indépendant
- Productivité des entreprises du portefeuille selon l'ÖBAG : près du double de la moyenne autrichienne
Danemark. EIFO (Export and Investment Fund of Denmark)
- Fusion (2023) du Vækstfonden (fonds de croissance), du Danish Green Investment Fund et de la Danish Export Credit Agency
- Objectif clair : financement des PME, transition verte, promotion des exportations
- Pas de mélange avec les participations publiques stratégiques. Celles-ci sont gérées séparément
- Orientation résultats, avec un rapportage public sur le rendement socio-économique
Allemagne. KfW + participations publiques directes
- Pas de holding d'État centralisée
- La KfW (banque publique) pour les investissements de développement et les interventions stratégiques
- Participations publiques directes auprès des ministères fédéraux (Deutsche Bahn entièrement) ou en partie via la KfW (Deutsche Telekom : 14,2 % directement et 14,4 % via la KfW, juin 2026)
- Bundeshaushaltsordnung stricte pour la transparence et le contrôle
1D. Problèmes et critiques
Mélange des rôles : la SFPIM est à la fois investisseur, gestionnaire d'actifs publics stratégiques et exécutant de missions politiques. Les Pays-Bas et le Danemark séparent délibérément ces fonctions.
Nominations politiques : la répartition des présidences et des mandats d'administrateur dans les entreprises du portefeuille de la SFPIM suit une logique de parti, pas l'expertise. Le CEO Van Loo est un ancien chef de cabinet MR ; la présidence est revenue en 2022 à un profil PS et en 2026 à un candidat proposé par le MR.
Concentration du pouvoir : un seul CEO gère un bilan de près de 12 milliards d'euros et, en outre, environ 14 milliards d'euros pour le compte de l'État, avec une équipe d'environ 40 personnes (2025). À titre de comparaison : l'ÖBAG gère 30 milliards d'euros avec un appareil professionnel et une gouvernance stricte.
Absence de stratégie de sortie : contrairement à NLFI (qui a réduit ABN AMRO pas à pas), la SFPIM n'a aucune politique publique sur le moment où les participations sont réduites.
Mission creep : l'opération immobilière avec la Commission européenne (880 à 900 M€) sort de la mission de base et a donné lieu en 2026 à des perquisitions dans une enquête pour fraude de l'EPPO.
Contrôle parlementaire limité : il n'existe pas d'auditions parlementaires structurelles ni de cycles d'évaluation spécifiques à la SFPIM.
Valorisation opaque : sur les 189 participations (2025), le rapport annuel ne montre que la valeur comptable et la part détenue ; il n'y a aucune visibilité publique sur la valorisation de marché, les objectifs de rendement, les positions déficitaires et le calendrier de sortie.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ | Une holding d'État fédérale est logique pour des participations fédérales. Mais la SFPIM investit aussi dans des entreprises régionales et dans l'immobilier. Ce n'est pas nécessairement fédéral. La branche investissement fonctionnerait mieux au niveau des entités fédérées (comme la Flandre le fait avec la PMV). |
| 2 | Transparence | ❌ | Le rapport annuel ne donne, par participation, que la valeur comptable et la part détenue ; aucune visibilité publique sur les valorisations de marché, les objectifs de rendement et les positions bénéficiaires ou déficitaires. Nominations politiques opaques. Pas de KPI publics pour le rendement sociétal. À propos de l'opération immobilière, l'EPPO a fait mener des perquisitions en 2026 dans une enquête pour fraude. |
| 3 | Responsabilité = financement | ⚠️ | La SFPIM gère des milliards d'actifs publics, mais le versement de dividendes à l'État fluctue fortement (de 32 M€ en 2022 à 134,5 M€ en 2023). Aucun cadre clair pour les attentes de rendement. Le fiscal gap est limité (la SFPIM paie elle-même), mais la reddition de comptes envers le parlement est faible. |
| 4 | Simplicité | ❌ | Trois rôles (investisseur, holding, mandats publics) dans une seule entité. Trois filiales. 189 participations gérées par environ 40 personnes (2025). Le citoyen ne voit pas clairement ce que fait la SFPIM ni pourquoi l'État est présent dans près de 200 entreprises. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ | Près de 12 Mds € de total de bilan, c'est assez grand pour une gestion professionnelle. Mais environ 40 collaborateurs pour 189 participations, c'est extrêmement maigre. À titre de comparaison : l'ÖBAG gère 9 participations avec plus de concentration et de profondeur. Risque de surveillance insuffisante. |
| 6 | Compétences concurrentes | ⚠️ | La SFPIM est purement fédérale. Les entités fédérées ont leurs propres sociétés d'investissement (PMV, Wallonie Entreprendre, finance&invest.brussels). En dehors de quelques fonds communs (comme le Belgian Growth Fund avec la PMV), il n'y a ni coordination structurelle ni cadre pour des compétences d'investissement concurrentes. Chevauchement pour les investissements régionaux. |
| 7 | Orientation résultats | ❌ | Pas de KPI publics, pas de cadre de rendement sociétal, pas d'évaluation systématique des 189 participations. Le versement de dividendes est la seule mesure visible. Pas de critères de sortie. L'opération immobilière montre que la SFPIM déploie des activités hors de ses missions de base sans cadre de résultats. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ | La SFPIM est une holding financière, pas un prestataire de services aux citoyens. La numérisation n'y est que peu pertinente. Le site web et les rapports annuels sont disponibles, avec une liste des participations, mais il n'existe pas de jeu de données ouvert avec la valorisation et le rendement par participation. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | Les Pays-Bas (NLFI), l'Autriche (ÖBAG) et le Danemark (EIFO) montrent que la séparation des fonctions, la transparence et une gouvernance professionnelle fonctionnent mieux. La Belgique combine tout dans une seule entité avec des nominations politiques. Dans les pays comparés, ces rôles sont séparés. |
Synthèse : les principaux problèmes se situent au niveau de la transparence (principe 2), de la simplicité (principe 4), de l'orientation résultats (principe 7) et de l'éprouvé à l'étranger (principe 9). La SFPIM mélange trop de rôles, est trop opaque et n'a pas de cadre de résultats. Le modèle éprouvé à l'étranger, c'est la séparation des fonctions.
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé : la SFPIM est fondamentalement réformée : scission en deux entités distinctes, dépolitisation de la gouvernance et transparence obligatoire.
3B. Proposition concrète
Ce qui change :
Scission en deux entités :
- Holding fédérale de l'État (sur le modèle autrichien de l'ÖBAG) : gestion des participations stratégiques (Belfius, participation dans BNP Paribas, Ethias, Proximus, bpost, SNCB, Loterie Nationale, Astrid, Credendo). Unique actionnaire au nom de l'État ; les ministères sectoriels régulent, mais ne siègent pas à la table en tant que propriétaire. Modèle d'actionnariat pur. Maximum 10 à 15 participations stratégiques. Gouvernance professionnelle sans nominations politiques.
- Fonds belge d'investissement de l'État (sur les modèles danois de l'EIFO, français de Bpifrance et finlandais de Tesi) : capital à risque pour les entreprises en croissance, la transition verte, l'ancrage stratégique. Prend des participations en capital au lieu d'accorder des subsides, avec des fund-of-funds et du co-investissement avec des partenaires privés. Se coordonne avec la PMV, Wallonie Entreprendre et finance&invest.brussels via une plateforme commune et une stratégie d'investissement commune, sans structures doubles. Critères d'investissement et stratégie de sortie clairs.
Réforme de la gouvernance :
- Un organe de nomination indépendant (voir la proposition HART « Organe de nomination indépendant + ABD ») sélectionne les administrateurs sur la base de l'expertise, pas de la carte de parti
- Mandats d'administrateur de cinq ans avec des objectifs publics, renouvelables une seule fois pour trois ans (huit ans au maximum), comme pour tous les administrateurs d'entreprises publiques et d'organes de régulation
- Interdiction de cumul avec des mandats politiques ou pour d'anciens collaborateurs de cabinet récents
- Séparation ancrée dans la loi entre le ministre et les décisions opérationnelles (sur le modèle néerlandais de NLFI)
Exigences de transparence :
- Tableau de bord public reprenant, par participation : valorisation, rendement, rationale stratégique, critères de sortie
- Rapport annuel « State of the Portfolio » au parlement
- Audit obligatoire de la Cour des comptes tous les trois ans
- Publication de toutes les rémunérations d'administrateur dans les entreprises du portefeuille
Politique de sortie :
- Pour chaque participation : une rationale claire expliquant pourquoi l'État est actionnaire, fixée dans un livre blanc sur l'actionnariat de l'État sur le modèle norvégien
- Catégorie A (stratégique) : Belfius, participation dans BNP Paribas, Ethias, Proximus, bpost, SNCB, communication d'urgence et participations liées à la défense → reste ; pas de vente pour combler des trous budgétaires. bpost reçoit une échéance de redressement de trois à cinq ans ; à défaut, restructuration ou réduction contrôlée
- Catégorie B (financière, non stratégique) : → politique publique de désengagement sur le modèle de NLFI, vente lorsque les conditions de marché le permettent
- Catégorie C (investissement) : entreprises en croissance → sortie obligatoire dans les 10 ans
- Les produits des dividendes et des ventes vont au portefeuille d'investissement de l'État, pas au budget courant (règle norvégienne des 3 % : seul le rendement réel attendu est distribué)
- Pas d'activités immobilières, sauf lien direct avec la mission de base
Vers quel niveau : fédéral (pour les participations stratégiques) + entités fédérées (pour les investissements régionaux).
Modèle international : combinaison de l'ÖBAG (Autriche) pour la fonction de holding et de NLFI (Pays-Bas) pour la gouvernance et la transparence.
Gain d'efficience estimé :
- Une gestion plus professionnelle → un rendement plus élevé et plus prévisible (l'ÖBAG a versé à l'État autrichien, avec 9 participations, environ 1,6 milliard d'euros de dividende pour 2025 ; la SFPIM a versé 78 millions d'euros avec 189 participations, en plus du dividende de Belfius qui va directement à l'État)
- La transparence évite les scandales immobiliers et le coût des nominations politiques
- La sortie des participations non stratégiques → des produits uniques, qui vont au portefeuille d'investissement de l'État
- Pas d'économie budgétaire structurelle : la SFPIM se finance elle-même, et la scission vise le rendement, la transparence et la gouvernance
Trajet de mise en œuvre :
- Année 1 : modification de la loi de 1962, scission en deux entités
- Année 1-2 : classification de toutes les participations en catégorie A/B/C
- Année 2 : l'organe de nomination indépendant installe les nouveaux conseils
- Année 2-3 : début de la réduction de la catégorie B ; sorties de la catégorie C selon la durée fixe
- Année 3 : premier rapport public « State of the Portfolio »
Phase 4/5 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
SFPIM (Holding fédérale de l'État) : Réformé
La holding d'État belge gère un bilan de près de 12 milliards d'euros et, en outre, environ 14 milliards d'euros pour le compte de l'État (2025), mais mélange investissement, gestion et services rendus au politique dans une seule entité opaque. HART scinde la SFPIM en une holding d'État transparente (sur le modèle autrichien) et un fonds d'investissement de l'État distinct, avec des administrateurs professionnels au lieu de nominations politiques.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
La Société fédérale de Participations et d'Investissement (SFPIM) est la holding d'État de la Belgique. Elle gère des participations dans des entreprises comme Belfius (100 % fin 2025, pour le compte de l'État), Proximus (53,5 %), bpost (51 %), BNP Paribas, Ethias, Astrid et la Loterie Nationale. Son bilan propre s'élève à près de 12 milliards d'euros ; en outre, elle gère environ 14 milliards d'euros pour le compte de l'État (2025). Au total, la SFPIM est présente dans 189 entreprises, des start-up de biotechnologie aux projets immobiliers. L'ensemble de l'appareil tourne avec environ 40 collaborateurs. Le CEO Koen Van Loo est à la barre depuis 2006.
Ce qui ne va pas
Le problème fondamental, c'est que la SFPIM tente d'être trois choses totalement différentes à la fois : un gestionnaire professionnel d'actifs publics stratégiques, un fonds d'investissement pour entreprises en croissance et un exécutant de missions politiques. Ces rôles se contredisent.
La gouvernance est politisée. La présidence est revenue en 2022 à un profil PS et en 2026, après un mandat terminé prématurément, à un ancien chef de cabinet proposé par le MR ; le CEO est un ancien chef de cabinet du MR, et les mandats d'administrateur dans les entreprises du portefeuille sont répartis selon les lignes de parti. Ce n'est pas de l'actionnariat professionnel. C'est de la distribution de postes avec des milliards d'argent public.
La transparence est insuffisante. Sur les 189 entreprises en portefeuille, le rapport annuel ne montre que la valeur comptable et la part détenue ; il n'existe aucune visibilité publique sur la valeur de marché, les postes déficitaires, ni sur les raisons de la présence de l'État. Il n'y a pas de KPI publics pour le rendement sociétal. Et il n'y a pas de stratégie de sortie : une fois entré, toujours entré.
Le point bas : en 2024, la SFPIM a acheté 23 immeubles de bureaux à la Commission européenne pour 880 à 900 millions d'euros. Une opération immobilière qui n'a rien à voir avec la mission de base. En février 2026, des perquisitions ont suivi sur ordre du Parquet européen (EPPO) pour soupçon de fraude lors de cette vente.
Gérer 189 participations avec environ 40 personnes est en outre impossible à faire de manière professionnelle. À titre de comparaison : l'ÖBAG autrichienne gère 9 participations, mais le fait à fond, avec de la concentration, et a versé à l'État environ 1,6 milliard d'euros de dividende pour 2025.
Comment cela fonctionne ailleurs
Des pays comparables organisent cela de manière fondamentalement différente :
Aux Pays-Bas, NLFI (NL Financial Investments) gère les participations de l'État dans les institutions financières. NLFI exerce lui-même le droit de vote ; le ministre ne peut donner une instruction de vote contraignante que pour des décisions importantes définies par la loi. Il existe une politique de réduction explicite : la participation dans ABN AMRO a été ramenée pas à pas à 20,5 % (juillet 2026) après la nationalisation (2008) et l'introduction en Bourse (2015). Mandat pur, transparent, dépolitisé.
En Autriche, l'ÖBAG gère neuf participations publiques stratégiques d'une valeur de 29,9 milliards d'euros (fin 2024). L'accent est mis sur l'actionnariat professionnel : les administrateurs sont sélectionnés sur l'expertise et la diversité. Selon l'ÖBAG, la productivité des entreprises du portefeuille est près de deux fois supérieure à la moyenne autrichienne ; selon une étude d'impact commandée par l'ÖBAG (2024), elles rapportent ensemble plus de 9,1 milliards d'euros d'impôts et de cotisations sociales. L'Autriche montre aussi le revers de la médaille : la nomination politique du premier patron de l'ÖBAG en 2019 a tourné au scandale. Le modèle ne fonctionne qu'avec un processus de nomination réellement indépendant.
Au Danemark, la fonction de fonds de croissance, l'assurance-crédit à l'exportation et les investissements verts ont été regroupés en 2023 dans l'EIFO, mais cela reste totalement distinct des participations publiques stratégiques. La séparation des fonctions est le principe central.
Ce que HART propose
HART scinde la SFPIM en deux entités distinctes :
Premièrement, une Holding fédérale de l'État sur le modèle autrichien de l'ÖBAG. Elle gère exclusivement les participations stratégiques, comme Belfius, BNP Paribas, Ethias, Proximus, bpost, la SNCB, la Loterie Nationale, Credendo et Astrid, et devient l'unique actionnaire au nom de l'État. Maximum 10 à 15 entreprises, gérées de manière professionnelle. Les participations stratégiques restent aux mains de l'État et ne sont pas vendues pour combler des trous budgétaires ; bpost reçoit trois à cinq ans pour redevenir rentable. Les administrateurs sont désignés par un organe de nomination indépendant sur la base de l'expertise. Le ministre ne peut donner aucune instruction opérationnelle. Chaque entreprise reçoit un dossier public : pourquoi l'État est-il actionnaire, quels sont les objectifs de rendement et quand la sortie est-elle envisagée ?
Deuxièmement, un Fonds belge d'investissement de l'État sur les modèles danois de l'EIFO et français de Bpifrance. Il investit du capital à risque dans des entreprises en croissance, la transition verte et l'ancrage stratégique : du capital en lieu et place de subsides, avec des investisseurs privés. Avec des critères d'investissement clairs, une durée maximale de dix ans par participation et un rapportage public sur le rendement. Le fonds travaille avec la PMV, Wallonie Entreprendre et finance&invest.brussels via une plateforme commune et une stratégie d'investissement commune.
Les deux entités reçoivent un audit obligatoire de la Cour des comptes tous les trois ans, un rapport annuel au parlement (« State of the Portfolio ») et une interdiction d'activités immobilières hors de la mission de base.
Ce que cela rapporte
La séparation des fonctions évite les conflits d'intérêts et le pilotage politique. La transparence rend impossible l'achat de 900 millions d'euros d'immobilier sans reddition de comptes publique. Une gouvernance professionnelle, avec des administrateurs choisis sur l'expertise et non sur la carte de parti, est ce que les holdings d'État bien dirigées ont en commun : l'ÖBAG a versé à l'État autrichien, avec 9 participations, environ 1,6 milliard d'euros de dividende pour 2025.
Une politique de sortie systématique pour les participations non stratégiques rapporte des produits uniques, qui vont au portefeuille d'investissement de l'État et non au budget courant. Et une holding d'État réellement indépendante renforce la confiance des investisseurs dans les entreprises publiques belges, comme Proximus et bpost.
Le citoyen obtient enfin une réponse à la question : pourquoi l'État belge est-il présent dans près de 200 entreprises, combien cela coûte-t-il et qu'est-ce que cela rapporte ?
Phase 5 : sources
| Source | URL | Date | Utilisé pour |
|---|---|---|---|
| SFPIM. Kerncijfers | https://sfpim.be/en/about/the-figures/ | 2025 | Total de bilan, fonds propres, actifs financiers, dividende, personnel, série 2021-2025 |
| SFPIM. Homepage | https://sfpim.be/en/ | 2025 | Bénéfice de 211,2 M€, 189 entreprises, environ 40 collaborateurs, 14 Mds € pour le compte de l'État fédéral |
| SFPIM. Over ons | https://sfpim.be/en/about/ | 2025 | Base juridique, contrat de gestion, gouvernance, mission, filiales |
| SFPIM. Portefeuille | https://sfpim.be/en/wallet/ | 2025 | Liste des participations, secteurs, pourcentages (notamment Ageas 6,44 %) |
| SFPIM. Jaarverslag 2024 | https://sfpim.be/uploads/2025/11/SFPIM_JV_2024_DEF_LR.pdf | 2025 | Centralisation de BNP Paribas et d'Ethias (2022) et de Proximus et de bpost (2024, apport en nature), participations (Proximus 53,51 %, BNP Paribas 5,59 %, Ethias 31,67 %, Brussels Airport 25 %, Loterie Nationale 21,28 %, Umicore 5 %, Astrid 100 %), Cityforward, gouvernance |
| Wikipedia. FPIM | https://nl.wikipedia.org/wiki/Federale_Participatie-_en_Investeringsmaatschappij | 2026 | Historique, création, CEO, présidents |
| Proximus. Transparantieverklaring | https://www.proximus.com/nl/news/2024/20240530-transparency-declaration-sfpim.html | 2024 | Centralisation des actions Proximus de l'État auprès de la SFPIM (mai 2024) |
| Proximus. Investor Relations | https://www.proximus.com/investors/shareholder-remuneration.html | 2026 | Politique de dividende de Proximus |
| bpost-groep. Jaarverslag 2024, corporate governance | https://bnode.com/sites/default/files/2025-04/24099_BPOST_jaarverslag_2024_H5_Governance_ENG.pdf | 2025 | Part de l'État 51,04 % via la SFPIM (31/12/2024) |
| Belfius. Structuur groep | https://www.belfius.be/about-us/nl/corporate-governance/structuur-groep | 2026 | Belfius détenu à 100 % par l'État via la SFPIM |
| Belfius. Résultats annuels 2025 | https://www.belfius.be/about-us/dam/corporate/investors/results/fr/Resultats-2025.pdf | 2026 | 945 M€ de dividende versés en 2025 |
| VRT NWS. Verkoop 20% Belfius | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/12/05/belfius-gedeeltelijke-privatisering/ | 2025 | Vente d'au maximum 20 % de Belfius |
| Credendo. Export Credit Agency | https://credendo.com/nl/over-ons/credendo-export-credit-agency | 2026 | Statut de Credendo : organisme public autonome avec garantie de l'État |
| De Rijkste Belgen. Koen Van Loo supermanager | https://derijkstebelgen.be/nieuws/ontmoet-koen-van-loo-de-nieuwe-supermanager-van-de-belgische-staat | 2021 | Carrière du CEO (chef de cabinet de Reynders, SFPIM depuis 2006), répartition politique des postes |
| VRT NWS. Benoeming voorzitter SFPIM | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2026/03/25/axel-miller-benoeming-omstreden-sfpim-dexia-belfius/ | 2026 | Proposition du nouveau président par le MR |
| BRUZZ. Nieuwe voorzitter SFPIM | https://www.bruzz.be/actua/politiek/federale-participatie-maatschappij-betreurt-heisa-rond-nieuwe-voorzitter-miller-2026-04-08 | 2026 | Fin prématurée du mandat du président précédent, démission du vice-président en signe de protestation |
| VRT NWS. Huiszoekingen EC | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2026/02/12/politie-inval-huiszoekingen-europese-commissie/ | 2026 | Enquête de l'EPPO sur l'opération immobilière, 23 immeubles, vente en 2024 |
| AP. Prosecutors investigate EU sale of buildings to Belgium | https://www.clickorlando.com/business/2026/02/12/prosecutors-investigate-the-eus-executive-branch-over-the-sale-of-buildings-to-belgium-2-years-ago/ | 2026 | Enquête de l'EPPO, prix d'environ 900 M€ |
| NLFI. Over NLFI | https://www.nlfi.nl/en/about-nlfi/ | 2026 | Modèle néerlandais : gestion professionnelle et non politique |
| Staatsblad 2011, 263. Wet stichting administratiekantoor beheer financiële instellingen | https://www.nlfi.nl/wp-content/uploads/2020/02/stb-2011-263.pdf | 2011 | Article 4 : approbation et instruction de vote contraignante du ministre uniquement pour les décisions importantes |
| NLFI. Persberichten ABN AMRO | https://www.nlfi.nl/category/abn-ambro/ | 2026 | Réduction d'ABN AMRO, fin du plan de négociation en juillet 2026 |
| MENA. Staat stopt verdere verkoop ABN AMRO | https://mena.nl/strategie-en-marktontwikkeling/staat-stopt-met-verdere-verkoop-van-belang-in-abn-amro | 2026 | Participation de l'État dans ABN AMRO 20,5 % (juillet 2026) |
| Wikipedia. ÖBAG | https://en.wikipedia.org/wiki/%C3%96sterreichische_Beteiligungs_AG | 2025 | Modèle autrichien, structure, réforme de 2018 |
| ÖBAG. Officiële website | https://oebag.gv.at/ | 2026 | 9 participations, 29,9 Mds € de valeur (fin 2024), 103.000 emplois et 9,1 Mds € d'impôts et de cotisations (4,3 %) selon l'étude d'impact de 2024 |
| ÖBAG. Dividend aan de Republiek over 2025 | https://oebag.gv.at/en/oebag-newsroom/republik-oesterreich-erhaelt-dividende-in-der-hoehe-von-eur-1577-mrd-von-der-oebag/ | 2026 | Dividende de 1,577 Md € pour 2025, dont 558 M€ via Verbund |
| JURIST. Kurz vrijgesproken in beroep | https://www.jurist.org/news/2025/05/austria-court-acquits-former-chancellor-sebastian-kurz-of-giving-false-statement-to-parliamentary-committee/ | 2025 | Procès pénal sur les nominations à l'ÖBAG |
| Wikipedia. Danish Growth Fund | https://en.wikipedia.org/wiki/The_Danish_Growth_Fund | 2025 | Modèle danois, fusion en EIFO en 2023 |
| EIFO. Officiële website | https://eifo.dk/en | 2026 | Fonds d'investissement danois, domaines d'action |
| Deutsche Telekom. Shareholder structure | https://www.telekom.com/en/investor-relations/share/shareholder-structure | 2026 | Part de l'État fédéral (14,22 %) et de la KfW (14,37 %), 30 juin 2026 |
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| FOD Financiën. FPIM | https://financien.belgium.be/nl/over_de_fod/instellingen_die_afhangen_van_de_fod_financi_n/federale_participatie_en_investeringsmaatschappij | 2025 | Ancrage institutionnel |
| GUBERNA. Interview Koen Van Loo | https://www.guberna.be/nl/know/interview-met-koen-van-loo-ceo-van-de-federale-participatie-en-investeringsmaatschappij-fpim | 2020 | Vision du CEO, stratégie de centralisation |
- Révisé : 2026-09-27 (factcheck : chiffres, sources, formulation intemporelle)