hub.brussels (Agence bruxelloise pour l'Entrepreneuriat) : audit
Date : 2026-03-31 Catégorie : Région bruxelloise. Institutions Statut proposé : 🟠 Réformé : intégration dans une structure bruxelloise allégée + bureaux à l'étranger vers le réseau diplomatique fédéral
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Nom officiel : hub.brussels. Agence bruxelloise pour l'Entrepreneuriat (anciennement : Agence bruxelloise pour l'Accompagnement de l'Entreprise)
Base juridique : institution régionale (OIP) de la Région de Bruxelles-Capitale. Créée par ordonnance du 18 mai 2017 sous la forme d'une société anonyme de droit public à finalité sociale ; depuis le 1er janvier 2024 (ordonnance du 23 novembre 2023), une entreprise publique. Pour le budget et le contrôle, le régime des organismes administratifs autonomes de deuxième catégorie s'applique.
Création : 1er janvier 2018, par la fusion de trois organisations existantes :
- Impulse.brussels (Agence bruxelloise pour l'Entreprise, asbl) : entrepreneuriat et soutien aux starters
- Atrium.brussels (Agence régionale pour le Commerce, asbl) : développement des noyaux commerciaux et retail
- Brussels Invest & Export (BIE) : commerce extérieur et attraction des investissements, jusque-là un service du service public régional
Niveau de pouvoir : Région de Bruxelles-Capitale
Budget : le rapport d'activités 2025 mentionne des dépenses d'environ 44 millions d'euros, dont 31,4 millions d'euros de frais de personnel, et une dotation régionale de 42,0 millions d'euros. Aucun budget détaillé par activité n'est publié. Selon hub.brussels, le volume d'activité a augmenté de 26 % entre 2018 et 2024 à budget constant. Le réseau à l'étranger a coûté 10,2 millions d'euros (2026). En mars 2026, le Gouvernement bruxellois a décidé d'y économiser 3 millions d'euros en 2026, avec une hausse d'un million d'euros par an jusqu'à une économie de 6 millions d'euros par an en 2029.
Personnel : près de 300 collaborateurs (2025), dont environ 70 dans les 33 bureaux à l'étranger (début 2026).
Tutelle : sous la tutelle du ministre bruxellois compétent pour l'Économie. Contrat de gestion avec la Région de Bruxelles-Capitale pour 2024-2029, signé le 26 juin 2024.
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales :
- Informer & orienter (hub.info) : 8.611 conseils individuels aux entrepreneurs en 2025
- Accompagner les entrepreneurs : de l'idée à la création puis à la croissance. 5.645 dossiers d'accompagnement pour 3.100 entreprises en 2025
- Soutien à l'export : accompagnement à l'internationalisation, 33 bureaux à l'étranger (début 2026)
- Attraction des investissements : attirer des entreprises étrangères à Bruxelles
- Développement des noyaux commerciaux : poursuite de la mission retail d'Atrium
- Aide au financement : a aidé 50 entreprises à lever 28,6 millions d'euros de financement externe en 2025
- Actions collectives : 592 événements, séminaires et missions avec 19.014 participants en 2025
Chevauchements avec d'autres institutions :
- visit.brussels : tourisme et événements. Chevauchement dans la promotion de Bruxelles comme destination de tourisme de congrès et d'affaires
- Innoviris : recherche et innovation. Chevauchement pour les starters innovants
- Actiris : placement. Chevauchement pour l'entrepreneuriat comme voie de sortie du chômage
- citydev.brussels : développement économique. Chevauchement pour l'hébergement des entreprises
- finance&invest.brussels : société régionale d'investissement. Chevauchement pour l'accompagnement du financement
- Communes bruxelloises : certaines communes ont leurs propres services économiques
- FIT (Flandre) et AWEX (Wallonie) : réseaux de commerce extérieur. Grâce à la coopération avec la Flandre et la Wallonie, hub.brussels peut recourir à 37 postes supplémentaires, et les trois agences ont signé un nouvel accord-cadre le 20 février 2025. Elles restent néanmoins présentes chacune avec leur propre réseau sur les mêmes marchés
Public : entrepreneurs bruxellois, starters, PME, investisseurs étrangers, secteur du retail
Indicateurs de performance : ils sont mesurés. 89,3 % de satisfaction chez les bénéficiaires (2025), 87 % de score de motivation du personnel (2024). Les KPI sont fixés dans le contrat de gestion 2024-2029.
Évaluations les plus récentes : aucun rapport public de la Cour des comptes portant spécifiquement sur hub.brussels n'a été trouvé. Il existe en revanche un rapportage via les rapports d'activités annuels (en français et en néerlandais).
1C. Comparaison internationale
Pays-Bas. RVO + NFIA :
- Les Pays-Bas combinent deux services nationaux : RVO (Rijksdienst voor Ondernemend Nederland, plus de 6.000 collaborateurs, plus de 200.000 entrepreneurs par an) pour le soutien aux entrepreneurs et l'internationalisation, et NFIA (une unité opérationnelle du ministère des Affaires économiques, 26 bureaux à l'étranger) spécifiquement pour l'attraction des investissements.
- Différence cruciale : ce sont des agences nationales, pas régionales. Il n'y a pas trois agences régionales d'export concurrentes.
- Les sociétés régionales de développement (ROM) travaillent en complément, pas en concurrence, avec la NFIA via le réseau « Invest in Holland ».
Allemagne. GTAI :
- Germany Trade & Invest (GTAI) : une seule agence nationale (GmbH de l'autorité fédérale) avec 60 bureaux à l'étranger et 412 collaborateurs. Créée en 2009 par la fusion d'« Invest in Germany GmbH » et du « Bundesamt für Außenhandel » (BfAI).
- Les 16 Bundesländer ont leurs propres agences de développement économique. Certains ont aussi des représentations à l'étranger (la Bavière plus de trente), mais celles-ci sont souvent hébergées auprès des chambres de commerce allemandes à l'étranger (AHK). La GTAI travaille avec ces agences des entités fédérées et avec les AHK dans un seul réseau.
Danemark. Trade Council + Copenhagen Capacity :
- Le Trade Council (au sein du ministère des Affaires étrangères) pour la promotion des exportations
- Copenhagen Capacity pour l'attraction régionale des investissements dans la région du Greater Copenhagen
- Invest in Denmark (au sein du Trade Council) pour l'attraction nationale des investissements
- Coordination stricte, pas d'agences régionales d'export concurrentes
Conclusion de la comparaison internationale : dans aucun pays comparable il n'existe trois agences régionales d'export à part entière qui entretiennent chacune leur propre réseau mondial de bureaux sur les mêmes marchés. La Belgique est unique en la matière. Et pas d'une bonne manière.
1D. Problèmes et critiques
Triple morcellement du réseau à l'étranger : la Belgique a trois agences régionales d'export (FIT, AWEX, hub.brussels) plus l'Agence fédérale pour le Commerce extérieur (ABH-ACE) pour la coordination des missions commerciales. Sur les mêmes marchés étrangers, FIT, AWEX et hub.brussels entretiennent chacune leurs propres bureaux. Hub.brussels comptait à elle seule 33 bureaux propres début 2026, plus 37 postes via la coopération avec la Flandre et la Wallonie.
Désavantage d'échelle pour Bruxelles : avec environ 300 collaborateurs pour une Région de 1,26 million d'habitants (2026), hub.brussels doit être à la fois guichet local pour les entrepreneurs et agence d'export à part entière. Comparaison : FIT dessert 6,9 millions de Flamands, l'AWEX 3,7 millions de Wallons (2026). Les avantages d'échelle sont limités.
Économies sur le réseau à l'étranger : le réseau (10,2 millions d'euros, environ 70 personnes dans 33 bureaux) doit économiser 3 millions d'euros en 2026, jusqu'à 6 millions d'euros par an en 2029. En avril 2026, le Gouvernement bruxellois a décidé quels bureaux disparaissent : 12 bureaux ferment fin 2026 (entre autres Shanghai, San Francisco, Abou Dabi et Genève), 3 marchés sont suivis depuis Bruxelles et environ 18 bureaux restent sur place. Cela touche directement le soutien à l'export des PME bruxelloises.
Chevauchement à l'intérieur de Bruxelles : hub.brussels opère à côté de visit.brussels, d'Innoviris, de citydev.brussels, de finance&invest.brussels, d'Actiris et des services économiques de plusieurs communes. Le paysage institutionnel bruxellois est extrêmement morcelé : plus de vingt OIP dans une Région de 1,26 million d'habitants.
Crise d'identité entre export et local : hub.brussels doit être à la fois agence internationale d'export (l'ancienne mission de BIE), coach local des entrepreneurs (l'ancienne mission d'Impulse) et développeur du retail (l'ancienne mission d'Atrium). La fusion de 2018 a rassemblé trois cultures et trois missions très différentes. La question est de savoir si ce modèle peut bien servir les trois missions.
Crise budgétaire bruxelloise : la Région bruxelloise fait face à un important déficit budgétaire : le budget initial 2026 part d'un solde de financement SEC de -957 millions d'euros, pour environ 7,6 milliards d'euros de dépenses. Les frais de personnel de la Région sont passés de 1,2 à 1,8 milliard d'euros entre 2018 et 2023. Hub.brussels n'échappe pas aux économies qui en découlent.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ | Le soutien local aux entrepreneurs relève du niveau régional. C'est exact. Mais le commerce extérieur dépend de l'échelle et serait mieux coordonné au niveau national ou au niveau des entités fédérées. Trois réseaux d'export distincts pour un pays de 11,9 millions d'habitants, c'est inefficient. |
| 2 | Transparence | ⚠️ | Le rapport d'activités (en français et en néerlandais) ne donne qu'un résumé des dépenses et des recettes ; un budget détaillé par activité fait défaut. Contrat de gestion difficile à trouver pour le citoyen ordinaire. Les KPI de performance sont mesurés, mais peu largement communiqués. |
| 3 | Responsabilité = financement | ⚠️ | Hub.brussels est financée par la Région bruxelloise, qui connaît elle-même un important déficit budgétaire (solde de financement SEC de -957 M€ dans le budget initial 2026) et dépend fortement de dotations fédérales. Qui décide (la Région) ne paie pas entièrement lui-même. Il y a un fiscal gap. |
| 4 | Simplicité | ❌ | Le paysage bruxellois du soutien économique est extraordinairement complexe : hub.brussels, visit.brussels, Innoviris, citydev.brussels, Actiris, finance&invest.brussels et les services communaux. Plus le chevauchement avec FIT, l'AWEX et l'ABH-ACE sur le plan international. Un entrepreneur doit naviguer dans un labyrinthe. |
| 5 | Taille critique | ❌ | Environ 300 collaborateurs pour une Région de 1,26 million d'habitants. Le réseau de bureaux à l'étranger est trop faiblement doté pour être efficace : environ 70 personnes dans 33 bureaux (début 2026), soit deux en moyenne par bureau, et encore environ 18 bureaux sur place après les économies. Comparaison : la GTAI dessert toute l'Allemagne avec 60 bureaux à l'étranger, la NFIA tous les Pays-Bas avec 26 : un réseau par pays, pas trois. FIT dispose d'un multiple de la capacité internationale de hub.brussels. |
| 6 | Compétences concurrentes | ⚠️ | Aucune compétence concurrente possible. La Région bruxelloise est structurellement trop petite pour une politique de commerce extérieur propre. Une coopération avec FIT et l'AWEX existe (accord-cadre du 20 février 2025), mais elle reste facultative : trois réseaux, chacun avec sa propre stratégie. |
| 7 | Orientation résultats | ✅ | Contrat de gestion assorti de KPI. 89,3 % de satisfaction, 5.645 dossiers et 28,6 M€ de financement levés (2025). Hub.brussels mesure et rend compte relativement bien. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ | Hub.info existe comme portail numérique, mais le principe once only n'est pas mis en œuvre. Les entrepreneurs bruxellois doivent encore passer par plusieurs institutions. Pas de guichet numérique intégré des entrepreneurs pour l'ensemble des services bruxellois. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | Trois agences régionales d'export à part entière, chacune avec son propre réseau mondial, n'existent dans aucun pays comparable. Aux Pays-Bas, en Allemagne et au Danemark, la promotion des exportations est organisée au niveau national, avec un complément régional. Pas l'inverse. |
Synthèse : hub.brussels obtient de bons résultats en orientation résultats (elle mesure ce qu'elle fait), mais échoue sur la simplicité (trop d'acteurs qui se chevauchent), la taille critique (trop petite pour un réseau à l'étranger propre) et l'éprouvé à l'étranger (le modèle n'existe nulle part). Le gain le plus important se situe dans la rationalisation du réseau à l'étranger et dans l'intégration des institutions économiques bruxelloises.
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé/Scission + modèle en deux phases (international) Hub.brussels est restructurée sur deux voies. Local : fusion en une Agence bruxelloise de l'économie (BAE), qui se compare par benchmarking à la VEA flamande et à la WEA wallonne. International : réforme en deux phases ; d'abord une spécialisation via les Belgium Houses (accord, art. 32 de la Constitution HART), puis l'intégration complète dans le réseau diplomatique fédéral (art. 62 de la Constitution HART).
3B. Proposition concrète
Voie 1. Soutien local aux entrepreneurs : maintenir et renforcer
- Le cœur de hub.brussels (informer, accompagner, aider les starters, développer le retail) subsiste comme compétence de l'entité fédérée bruxelloise.
- Fusion avec finance&invest.brussels, Innoviris, visit.brussels et le volet économique de citydev.brussels en une seule Agence bruxelloise de l'économie (BAE) à trois piliers, sur le modèle de la VEA flamande et de la WEA wallonne : Innovation & subsides (Innoviris), Financement & investissement (finance&invest.brussels) et Internationalisation & city marketing (hub.brussels sur le plan intérieur et visit.brussels). Un guichet, un site web, un point de contact pour chaque entrepreneur bruxellois.
- Économie estimée par la mise en commun des services de soutien (RH, IT, comptabilité), des conseils d'administration et de l'hébergement : 5-10 millions d'euros par an en régime de croisière (estimation HART). À titre de comparaison : hub.brussels seule a, selon le rapport d'activités 2025, environ 44 millions d'euros de dépenses.
Voie 2. Commerce extérieur & attraction des investissements : réforme en deux phases
Phase 1 (accord, art. 32 de la Constitution HART ; politiquement faisable) :
- Les bureaux à l'étranger de hub.brussels se spécialisent dans les relations avec les institutions de l'UE et la diplomatie urbaine (la niche bruxelloise : institutions de l'UE, organisations internationales, jumelages de villes).
- Belgium Houses dans les ambassades : hébergement partagé avec FIT et l'AWEX, focus de contenu propre, logistique partagée (loyer, réception, IT, sécurité).
- CRM et plateforme numérique partagés avec FIT et l'AWEX : un seul portail Business Belgium.
- L'ABH-ACE devient un organe de coordination léger.
- Les entités fédérées conservent leurs priorités de contenu, mais l'infrastructure est partagée.
Phase 2 (art. 62 de la Constitution HART, objectif final) :
- Tous les bureaux à l'étranger de hub.brussels sont pleinement intégrés dans le réseau diplomatique fédéral sous l'autorité de l'ambassadeur (voir SPF Affaires étrangères).
- Des desks des entités fédérées par ambassade : les entités fédérées y placent leurs collaborateurs (art. 62 de la Constitution HART).
- Une seule marque Business Belgium, un personnel et une hiérarchie entièrement intégrés. L'ABH-ACE est supprimée.
- Économie estimée : au niveau national 50-80 millions d'euros par an (audit SPF Affaires étrangères). La part bruxelloise est faible, estimée à 1-3 millions d'euros par an en plus des économies que Bruxelles réalise déjà elle-même sur le réseau à l'étranger, et elle est comprise dans ce montant national.
Références croisées : voir l'audit VLAIO (structure à trois piliers de la VEA), l'audit SRIW (structure à trois piliers de la WEA), l'audit FIT (réseau diplomatique fédéral), l'audit AWEX (idem).
Benchmarking : comparaison interrégionale annuelle BAE vs. VEA vs. WEA par un Bureau fédéral du Plan renforcé. La concurrence entre les entités fédérées comme moteur d'amélioration.
Modèle de référence international : l'Allemagne (GTAI + Landesfördergesellschaften) et les Pays-Bas (NFIA + ROM). Le modèle danois du Trade Council pour une promotion commerciale intégrée à la diplomatie.
Trajet de mise en œuvre :
- Années 1-2 : fusion des agences économiques bruxelloises en une seule BAE (ordonnance bruxelloise)
- Année 2 : phase 1 internationale : accord sur la spécialisation thématique (art. 32 de la Constitution HART) + pilote Belgium Houses sur 5 grands marchés
- Années 3-4 : phase 1 pleinement opérationnelle ; le desk bruxellois se spécialise dans l'institutionnel européen
- Phase 2 : intégration complète des bureaux à l'étranger dans le réseau fédéral (art. 62 de la Constitution HART)
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
hub.brussels (Export & Entrepreneuriat) : Scission Local : fusion de hub.brussels + finance&invest.brussels + Innoviris + visit.brussels + le volet économique de citydev.brussels en une seule Agence bruxelloise de l'économie (BAE). Benchmarking annuel BAE vs. VEA flamande (VLAIO+PMV) vs. WEA wallonne (Wallonie Entreprendre). International : réforme en deux phases. Étape 1 (accord, art. 32 de la Constitution HART) : spécialisation dans les relations avec les institutions de l'UE et la diplomatie urbaine, Belgium Houses dans les ambassades, CRM partagé, l'ABH-ACE devient un organe de coordination léger. Étape 2 (art. 62 de la Constitution HART) : intégration complète dans le réseau diplomatique fédéral sous l'autorité de l'ambassadeur, ABH-ACE supprimée.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
Hub.brussels est l'agence bruxelloise pour l'entrepreneuriat. Elle est née en 2018 de la fusion de trois organisations : Impulse (soutien aux starters), Atrium (développement du retail) et Brussels Invest & Export (commerce extérieur). Elle compte près de 300 collaborateurs, accompagne plus de 3.000 entreprises par an (5.645 dossiers en 2025) et avait 33 bureaux à l'étranger début 2026. À côté de cela existent encore à Bruxelles visit.brussels (tourisme), Innoviris (innovation), finance&invest.brussels (financement), citydev.brussels (hébergement des entreprises) et les services économiques de plusieurs communes.
La Belgique a trois agences régionales d'export, FIT pour la Flandre, l'AWEX pour la Wallonie et hub.brussels pour Bruxelles, qui entretiennent chacune leur propre réseau de bureaux à l'étranger : dans les mêmes villes, sur les mêmes marchés, pour le même pays.
Ce qui ne va pas
D'abord l'échelle. Hub.brussels doit faire tourner, avec environ 300 collaborateurs, une agence d'export complète pour une Région de 1,26 million d'habitants. C'est structurellement trop petit. Le réseau à l'étranger (10,2 millions d'euros, environ 70 personnes) doit économiser 3 millions d'euros en 2026, jusqu'à 6 millions d'euros par an en 2029. De ce fait, 12 des 33 bureaux ferment fin 2026 et 3 marchés sont suivis depuis Bruxelles. Les PME bruxelloises perdent une partie de leur porte d'entrée internationale.
Ensuite le morcellement. Un entrepreneur bruxellois qui veut se lancer, croître et exporter doit passer par hub.brussels pour l'accompagnement et l'export, par Innoviris pour le soutien à l'innovation, par finance&invest.brussels pour le financement et par citydev.brussels pour un espace d'entreprise. Cela fait quatre guichets. Aux Pays-Bas, RVO regroupe soutien aux entrepreneurs, subsides à l'innovation et internationalisation dans une seule agence.
Enfin, l'absurdité belge des trois réseaux d'export. À Tokyo ou à New York, FIT, l'AWEX et hub.brussels entretiennent chacune leur propre bureau, pour un pays de 11,9 millions d'habitants. Trois agences régionales d'export à part entière, chacune avec son propre réseau mondial : aucun pays comparable n'organise ainsi son commerce extérieur. L'Allemagne, une fédération de 83,5 millions d'habitants et de 16 entités fédérées, a une seule agence commerciale nationale (GTAI) avec 60 bureaux à l'étranger, à côté des chambres de commerce allemandes à l'étranger. Les Pays-Bas ont une seule NFIA avec 26 bureaux à l'étranger pour tout le pays.
Comment cela fonctionne ailleurs
En Allemagne, la GTAI (Germany Trade & Invest) est l'agence nationale pour le commerce extérieur et l'attraction des investissements, avec 60 bureaux à l'étranger. Elle travaille avec les ambassades et les chambres de commerce allemandes à l'étranger (AHK). Les 16 Bundesländer ont leurs propres agences de développement économique régional ; une entité fédérée dotée de représentations propres à l'étranger, comme la Bavière, les héberge souvent auprès des AHK. Un seul réseau national, avec de la place pour des accents régionaux, et plus clair pour les investisseurs étrangers.
Aux Pays-Bas, RVO (plus de 6.000 collaborateurs, soutien aux entrepreneurs) et la NFIA (attraction des investissements) travaillent avec les sociétés régionales de développement via le réseau « Invest in Holland ». Pas de bureaux d'export provinciaux concurrents. Un seul réseau national avec un ancrage régional.
Au Danemark, le Trade Council fait partie du ministère des Affaires étrangères. Copenhagen Capacity assure l'attraction régionale des investissements. Répartition stricte des tâches, pas de chevauchement.
Ce que HART propose
Deux réformes parallèles :
À l'intérieur de Bruxelles : fusionner hub.brussels, finance&invest.brussels, Innoviris, visit.brussels et le volet économique de citydev.brussels en une seule Agence bruxelloise de l'économie (BAE), avec trois piliers : innovation, financement et internationalisation. Un guichet pour chaque entrepreneur. De l'idée à l'export. Un portail numérique, un contrat de gestion, un ministre responsable. L'expertise spécialisée est préservée dans des départements internes, mais l'entrepreneur ne voit qu'une seule porte.
À l'international (réforme en deux phases) : phase 1 (accord, art. 32 de la Constitution HART) : les bureaux à l'étranger de hub.brussels se spécialisent dans les relations avec les institutions de l'UE et la diplomatie urbaine, la niche bruxelloise. Belgium Houses dans les ambassades : hébergement partagé avec FIT et l'AWEX, focus de contenu propre, logistique partagée. L'ABH-ACE devient un organe de coordination léger. Phase 2 (art. 62 de la Constitution HART) : intégration complète dans le réseau diplomatique fédéral sous l'autorité de l'ambassadeur. Des desks des entités fédérées par ambassade, avec des collaborateurs des entités fédérées. Une seule marque Business Belgium. ABH-ACE supprimée. Sur le modèle danois du Trade Council.
Ce que cela rapporte
- Pour les entrepreneurs bruxellois : un guichet au lieu de quatre. Un service plus rapide et plus lisible.
- Économie à Bruxelles : 5-10 millions d'euros par an grâce à la fusion de cinq institutions économiques : services de soutien partagés, moins de conseils d'administration, moins d'hébergement.
- Économie nationale : phase 1 : hébergement et logistique partagés. Phase 2 : intégration complète ; ensemble 50-80 millions d'euros par an pour toute la Belgique (voir SPF Affaires étrangères), dont la part bruxelloise est estimée à 1-3 millions d'euros par an.
- Professionnalisme : les Belgium Houses font plus d'effet sur les investisseurs étrangers que trois petits bureaux régionaux.
- Taille critique : le réseau bruxellois à l'étranger, qui compte encore environ 18 des 33 bureaux sur place après les économies de 2026, devient via les Belgium Houses (phase 1) puis l'intégration complète (phase 2) une partie du réseau diplomatique national. Les entrepreneurs bruxellois retrouvent ainsi l'accès aux marchés dont hub.brussels se retire.
- Faisabilité politique : la phase 1 passe par un accord entre l'autorité fédérale et les entités fédérées (art. 32 de la Constitution HART). La phase 2 est l'objectif final : un seul réseau diplomatique, sans le principe in foro interno, in foro externo ; les entités fédérées peuvent y placer des collaborateurs (art. 62 de la Constitution HART).
Phase 5 : sources
| Source | URL | Date | Utilisé pour |
|---|---|---|---|
| be.brussels. Hub.brussels overzicht | https://be.brussels/en/about-region/structure-and-organisations/overview-administrations-and-institutions-region/hubbrussels | 2026 | Description officielle, missions |
| Ordonnantie van 18 mei 2017 tot oprichting van het Brussels Agentschap voor de Ondersteuning van het Bedrijfsleven (etaamb) | https://etaamb.openjustice.be/fr/ordonnance-du-18-mai-2017_n2017030377.html | 2017 | Forme juridique (SA de droit public), transfert du personnel d'Atrium et d'impulse.brussels, transfert de BIE |
| Ordonnantie van 23 november 2023 tot omvorming en naamswijziging (etaamb) | https://etaamb.openjustice.be/fr/ordonnance-du-23-novembre-2023_n2023047523.html | 2023 | Transformation en entreprise publique, nouveau nom, entrée en vigueur le 1er janvier 2024, régime d'organisme administratif autonome de deuxième catégorie |
| hub.brussels. Activiteitenverslag 2025 | https://hub.brussels/nl/activiteitenverslag-2025/ (pdf: https://hub.brussels/app/uploads/2026/06/20260617_RA25-Final-FR.pdf) | 2026-06 | Près de 300 collaborateurs, dépenses et dotation, 3.100 entreprises, 5.645 dossiers, 8.611 conseils, 592 actions collectives avec 19.014 participants, 28,6 M€ pour 50 entreprises, 89,3 % de satisfaction, accord-cadre FIT-AWEX-hub.brussels du 20 février 2025 |
| hub.brussels. Activiteitenverslag 2024 (persbericht) | https://hub-brussels.prezly.com/hubbrussels-en-2024--un-accompagnement-record-et-de-nouveaux-leviers-pour-leconomie-bruxelloise | 2025 | 87 % de motivation du personnel (2024) |
| hub.brussels. Nieuw beheerscontract 2024-2029 | https://hub-brussels.prezly.com/nieuw-beheerscontract-2024-2029-voor-hubbrussels-betere-toegang-tot-ondernemerschap-en-stimulering-van-de-brusselse-economie | 2024-06 | Contrat de gestion, nouveau nom, +26 % de volume d'activité à budget constant (2018-2024) |
| hub.brussels. Atrium fusie | https://hub.brussels/en/atrium/ | s.d. | Fusion au 1er janvier 2018 |
| La Libre. Les 33 bureaux de hub.brussels à l'étranger menacés | https://www.lalibre.be/belgique/politique-belge/2026/03/26/les-33-bureaux-de-hubbrussels-a-letranger-menaces-par-le-coup-de-hache-budgetaire-du-gouvernement-dillies-VGYOPDXGGFGOJBXD3VRLU545DA/ | 2026-03-26 | Budget du réseau 10,2 M€, environ 70 personnes dans 33 bureaux, économie de 3 M€ en 2026 jusqu'à 6 M€ par an en 2029 |
| hub.brussels. Budget cuts: hub.brussels adapts its international support services | https://hub.brussels/en/blog/budget-cuts-hub-brussels-adapts-its-international-support-services/ | 2026-05-06 | 12 bureaux fermés fin 2026, 3 marchés suivis depuis Bruxelles, autres bureaux maintenus |
| VRT NWS. La Région de Bruxelles-Capitale devrait fermer près de la moitié de ses Brussels Houses | https://www.vrt.be/vrtnws/fr/2026/04/17/la-region-de-bruxelles-capitale-devrait-fermer-pres-de-la-moitie/ | 2026-04-17 | Décision du Gouvernement bruxellois sur les bureaux |
| P-Magazine. Bezuinigingen buitenlandse posten hub.brussels | https://p-magazine.com/nl/articles/bezuinigingen-dreigen-tientallen-jobs-te-kosten-bij-buitenlandse-posten-van-hubbrussels | 2026-03-23 | 37 postes supplémentaires via la coopération avec la Flandre et la Wallonie |
| Cour des comptes. Begrotingen 2026 van het Brussels Hoofdstedelijk Gewest | https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2026_17_BegrotingenBHG2026.pdf | 2026-03 | Dépenses d'environ 7,6 Mds €, solde de financement SEC de -957 M€ (budget initial 2026) |
| BRUZZ. Personeelskosten Brussels Gewest +€600 mln | https://www.bruzz.be/actua/samenleving/personeelskosten-brussels-gewest-op-vijf-jaar-met-600-miljoen-gestegen-2024-12-28 | 2024-12-28 | Frais de personnel de 1,2 à 1,8 Mds € (2018-2023) |
| Statbel. Bevolking op 1 januari 2026 (via kerncijfers HART) | https://statbel.fgov.be/nl/themas/bevolking/structuur-van-de-bevolking | 2026 | Population de la Belgique et des Régions |
| RVO. About us | https://english.rvo.nl/topics/about-us | 2026 | Plus de 6.000 collaborateurs, plus de 200.000 entrepreneurs par an |
| Netherlands and You. Netherlands Foreign Investment Agency | https://www.netherlandsandyou.nl/web/united-kingdom/about-us/netherlands-foreign-investment-agency | 2026 | NFIA : unité opérationnelle du ministère des Affaires économiques, 26 bureaux à l'étranger, réseau Invest in Holland |
| GTAI. About us | https://www.gtai.de/en/meta/about-us | 2026 | 60 bureaux à l'étranger, 412 collaborateurs, fusion en 2009, coopération avec les AHK et les agences des entités fédérées |
| Beiers ministerie van Economie. Bayerische Wirtschaftsrepräsentanzen | https://www.stmwi.bayern.de/wirtschaft/internationalisierung/bayerische-wirtschaftsrepraesentanzen/ | 2026 | Plus de 30 représentations bavaroises à l'étranger, souvent via les AHK |
| Ministerie van Buitenlandse Zaken Denemarken. The Trade Council en Invest in Denmark | https://um.dk/en/the-trade-council/ | 2026 | Trade Council et Invest in Denmark au sein du ministère des Affaires étrangères |
| ABH-ACE. Belgian Economic Missions | https://abh-ace.be/en/belgian-economic-missions/about-belgian-economic-missions | 2026 | Coordination des missions commerciales avec FIT, AWEX et hub.brussels |
| Copenhagen Capacity | https://www.copcap.com/ | 2026 | Attraction régionale des investissements Greater Copenhagen |
Synthèse
Hub.brussels est en soi une agence qui fonctionne et qui livre des résultats mesurables (plus de 5.000 dossiers par an, 89,3 % de satisfaction en 2025). Le problème n'est pas l'organisation elle-même, mais le système dans lequel elle opère. Le paysage institutionnel bruxellois est morcelé au point que les entrepreneurs doivent naviguer dans un labyrinthe d'agences. Et le modèle belge de trois réseaux d'export régionaux concurrents est unique au niveau international, et indéfendablement inefficient.
HART propose deux réformes : à l'intérieur de Bruxelles, une seule agence économique au lieu de cinq, et au niveau national, un seul système partagé de bureaux commerciaux au lieu de trois réseaux parallèles. Le résultat : un meilleur service, des coûts plus bas, et une Bruxelles prise plus au sérieux à l'international.
Économie estimée : 5-10 M€/an à Bruxelles (fusion en BAE). La part bruxelloise dans l'intégration internationale (estimée à 1-3 M€/an) est comprise dans les 50-80 M€/an nationaux de l'audit SPF Affaires étrangères.
- Révisé : 2026-09-27 (factcheck : chiffres, sources, formulation intemporelle)