ISSeP (institut de l'environnement) : audit 2026-03-30
Classification : 🟠 Réformé : intégré dans la Société wallonne de l'environnement
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Nom officiel : Institut Scientifique de Service Public (ISSeP) Base juridique : Décret du 7 juin 1990 portant création d'un Institut scientifique de Service public en Région wallonne (décret wallon du 7 juin 1990) Type : Unité d'Administration Publique (UAP) de type 1, anciennement Organisme d'Intérêt Public (OIP) de type A. Un organisme de droit public doté de la personnalité juridique et placé sous l'autorité du Gouvernement wallon Création : 1990 (comme ISSeP), mais dans le prolongement de l'Institut des Mines (1902), de l'Institut national des industries charbonnières/INICHar (1947) et de l'Institut national des industries extractives/INIEx (1967). Un héritage qui remonte à 1902. Niveau de pouvoir : Région wallonne Ministre de tutelle : le ministre wallon de l'Environnement Siège principal : Rue Chéra 200, 4000 Liège Second site : Rue de la Platinerie 20, 7340 Colfontaine Personnel : près de 300 collaborateurs répartis sur les deux sites ; 276,75 ETP (budget 2026) Budget de l'ISSeP (budget initial 2026) : 51,0 M€ de dépenses (45,4 M€ de dépenses courantes, 5,6 M€ de dépenses de capital) et 49,1 M€ de recettes. Environ deux tiers des dépenses vont au personnel. Les recettes proviennent surtout d'une subvention générale du SPW ARNE (25,6 M€), complétée par une mosaïque d'autres subsides (missions distinctes du SPW ARNE, du SPW Mobilité et Infrastructures, du SPW TLPE, de l'AwAC, de projets européens et de l'autorité fédérale) et par la vente de services.
Budget des réseaux wallons de mesure de l'environnement (2020) : 19 M€, dont 77 % (±14,6 M€) gérés par l'ISSeP. Ce budget a été multiplié par 2,5 entre 2000 et 2011, puis est resté stable autour de 18 M€ jusqu'en 2020.
- Surveillance de la qualité de l'eau : 51 % (±9,7 M€)
- Surveillance de la qualité de l'air : 35 % (±6,65 M€)
- Surveillance de la flore et de la faune : 9 % (±1,7 M€)
- Divers : 5 %
Répartition des coûts des réseaux de mesure (2020) :
- Frais de personnel : 57 %
- Frais de fonctionnement et frais de structure : 37 %
- Investissements : 6 %
Gouvernance : l'ISSeP est placé sous l'autorité du Gouvernement wallon ; son budget est approuvé chaque année avec le décret budgétaire de la Région, et la Cour des comptes contrôle les comptes. Chaque mission est financée par un arrêté ministériel de financement distinct, assorti d'un programme et d'un budget détaillés (arrêté du Gouvernement wallon du 14 novembre 2006).
1B. Que fait-il en pratique ?
L'ISSeP a trois expertises centrales :
Métrologie environnementale surveillance continue de l'air, des eaux de surface, des eaux de baignade, des eaux souterraines, des sols, des déchets, des sédiments et des rayonnements dans toute la Wallonie. L'ISSeP gère les réseaux de mesure pour le compte de l'Agence wallonne de l'Air et du Climat (AwAC) et du SPW (Service Public de Wallonie).
Évaluation et prévention des risques évaluation et prévention des risques accidentels et chroniques : sécurité industrielle, héritage minier, santé environnementale, entreprises Seveso.
Recherche et développement recherche scientifique visant à valider de nouvelles technologies et méthodes de mesure. Le 24 mars 2025, un nouveau Laboratoire Emissions de Véhicules (LEV) a été inauguré à Colfontaine, un investissement de 7,5 M€, financé surtout par le Fonds de protection de l'environnement.
Accréditations : ISO/IEC 17025 (essais et étalonnage) depuis 1997 et ISO/IEC 17043 (essais d'aptitude) depuis 2016, toutes deux via BELAC. Laboratoire de référence pour la Wallonie.
Chevauchements avec d'autres institutions :
- AwAC (Agence wallonne de l'Air et du Climat) : responsable politique pour l'air et le climat, avec une trentaine de collaborateurs ; elle valide aussi les émissions des entreprises wallonnes dans l'échange européen de quotas d'émission. L'ISSeP réalise les mesures techniques et est payé pour cela via le budget de l'AwAC. Structure double
- SPW ARNE (Agriculture, Ressources naturelles et Environnement) : l'administration qui met en œuvre la politique environnementale ; l'ISSeP fournit les données scientifiques
- SPAQuE : assainissement des friches industrielles. Chevauchement avec l'expertise sols et déchets de l'ISSeP
- AVIQ : en matière de recherche sur la santé environnementale, un recoupement avec l'évaluation des risques de l'ISSeP
- Le portail de l'air Wallonair est géré conjointement par l'AwAC et la cellule air de l'ISSeP, qui gèrent ensemble les réseaux de mesure de la qualité de l'air. Illustratif du morcellement
Public : en premier lieu l'autorité wallonne elle-même (SPW, AwAC), ensuite les communes, les entreprises industrielles et les obligations de rapportage européennes.
1C. Comparaison internationale
| Pays | Institution | Personnel | Budget | Modèle |
|---|---|---|---|---|
| Pays-Bas | RIVM (Rijksinstituut voor Volksgezondheid en Milieu) | plus de 3.000 | 704 M€ de recettes (2024) | Un seul institut national pour la santé publique et l'environnement. Combine surveillance, recherche et avis politique. Relève du ministère VWS. |
| Allemagne | Umweltbundesamt (UBA) | ±2.050 (stagiaires compris) | non mentionné | Agence environnementale nationale : collecte les données, fait de la recherche, conseille le gouvernement fédéral et exécute entre autres l'échange de quotas d'émission et l'autorisation des produits chimiques. Les Länder ont leurs propres réseaux de mesure. |
| Suède | Naturvårdsverket | ±800 | non mentionné | Agence environnementale nationale avec des départements pour le climat et l'air, la nature et la faune, et une société économe en ressources (déchets, économie circulaire). Exécution en partie décentralisée vers les communes. |
| Suisse | BAFU/OFEV | 570 emplois à temps plein (2026) | ±1,4 Md CHF, dont 85 % de subsides et de taxes redistribuées | Office fédéral pour l'air, l'eau, les sols, la forêt, le climat, les risques naturels et la biodiversité. Fixe les cadres, les cantons exécutent. Modèle de subsidiarité clair. |
| Danemark | DCE (Centre national pour l'environnement et l'énergie) | non mentionné | Intégré à l'université d'Aarhus | Exécute les centres de données scientifiques et une partie des mesures du programme national de surveillance NOVANA ; l'Agence danoise de protection de l'environnement porte la responsabilité finale. Pas d'institut distinct, mais une synergie avec la recherche académique. |
| Flandre | VMM (Vlaamse Milieumaatschappij) | non mentionné | non mentionné | Agence intégrée pour l'eau, l'air et l'adaptation au climat : surveillance, politique de l'eau et rapportage. Un seul guichet pour l'information environnementale. |
Conclusion de la comparaison : l'ISSeP (276,75 ETP, 51 M€ en 2026) est, en termes de taille, relativement petit par rapport aux institutions équivalentes de pays comparables. La différence, c'est que l'ISSeP fait un travail purement scientifique et technique, tandis que la politique relève de l'AwAC, du SPW et du ministre. Aux Pays-Bas (RIVM), en Allemagne (UBA) et en Flandre (VMM), la surveillance, la recherche et l'avis politique sont intégrés dans une seule institution, ce qui est plus efficient.
1D. Problèmes et critiques
Morcellement institutionnel : pour l'environnement, la Wallonie compte au moins quatre structures qui se chevauchent : SPW ARNE (administration), AwAC (air et climat), ISSeP (surveillance scientifique) et SPAQuE (assainissement des sols). Cela rend le pilotage complexe et crée des frais de structure.
Aucun impact politique direct : l'ISSeP fournit des données, mais n'a aucun mandat pour imposer une politique. La traduction des résultats de mesure en actions passe par plusieurs étapes intermédiaires (ISSeP → AwAC/SPW → ministre → décret), ce qui est lent et inefficient.
Héritage historique d'institut minier : l'ISSeP est né de l'industrie minière (1902). La transformation en institut de surveillance environnementale est réussie, mais la structure à deux sites (Liège + Colfontaine/Borinage) est un vestige de la période minière, pas le résultat d'une logique opérationnelle.
Financement morcelé et réseaux de mesure à l'arrêt : l'ISSeP vit de subsides d'au moins quatre services wallons (SPW ARNE, SPW MI, SPW TLPE, AwAC), complétés par des moyens européens et fédéraux, avec un arrêté ministériel de financement distinct par mission. Le budget des réseaux wallons de mesure de l'environnement est resté nominalement stable autour de 18 M€ entre 2012 et 2020, alors que les obligations de surveillance (directives européennes, PFAS, particules fines) augmentaient : après inflation, c'est une baisse réelle.
Prolifération des agences en Wallonie : une étude de l'IWEPS (2012) recensait 64 unités publiques dans le secteur public wallon ; les 37 agences qu'elle a analysées sur le plan budgétaire recevaient ensemble en 2010 un tiers du budget régional (2,6 Mds €). L'ISSeP n'est que l'une d'entre elles.
Accès numérique limité : les données environnementales sont dispersées sur plusieurs portails (wallonair.be, etat.environnement.wallonie.be, site de l'ISSeP). Il n'existe pas de portail environnemental central et convivial comme l'Atlas Leefomgeving néerlandais ou le portail VMM flamand.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ | La surveillance environnementale est à juste titre une compétence régionale. C'est correct. Mais au sein de la Région wallonne, la compétence est répartie entre trop d'acteurs (ISSeP, AwAC, SPW ARNE, SPAQuE). Le citoyen ne sait pas qui est responsable. |
| 2 | Transparence | ❌ | Le citoyen ne peut pas voir simplement qui décide de la qualité de l'environnement en Wallonie. Les données se trouvent sur au moins trois portails. La structure de financement (par mission, via un arrêté ministériel) est opaque. |
| 3 | Responsabilité = financement | ⚠️ | L'ISSeP est financé par mission par le ministre compétent. Cela lie le budget aux commandes, mais crée une dépendance : pas de volonté politique = pas de mission = pas de surveillance. Il n'existe aucune garantie structurelle de mesure de base. |
| 4 | Simplicité | ❌ | Quatre à cinq institutions pour la surveillance et la politique environnementales dans une Région de 3,7 millions d'habitants. En Flandre, une seule agence (VMM) mesure à la fois l'air et l'eau. Aux Pays-Bas, le RIVM combine environnement et santé publique dans un seul institut. L'ISSeP est une couche supplémentaire inutile. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ | Avec environ 280 ETP et 51 M€ (2026), l'ISSeP est petit mais fonctionnel. La taille est tout juste suffisante pour la Wallonie, mais trop réduite pour une innovation structurelle ou une capacité d'action internationale. Une fusion dégagerait des avantages d'échelle. |
| 6 | Compétences concurrentes | ✅ | Pas directement applicable à un institut scientifique. L'ISSeP opère déjà au sein du modèle des entités fédérées. |
| 7 | Orientation résultats | ⚠️ | L'ISSeP fournit des résultats de mesure accrédités (BELAC/ISO 17025) : la qualité scientifique est élevée. Mais il n'existe pas de KPI publics sur l'efficience institutionnelle, les délais de traitement ou l'impact sur les résultats politiques. Les résultats sont mesurés à l'aune de la qualité scientifique, pas des effets politiques. |
| 8 | Numérique d'abord | ❌ | Les données environnementales sont dispersées sur plusieurs sites web, sans plateforme centrale et intégrée. À comparer avec le tableau de bord du RIVM néerlandais ou le portail VMM flamand : la Wallonie est à la traîne. Le principe once only n'est pas mis en œuvre. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | Le modèle d'un institut scientifique distinct à côté d'une administration politique distincte à côté d'une agence climat distincte est inhabituel à l'échelle internationale. Les Pays-Bas, l'Allemagne, la Suède et la Flandre intègrent la surveillance et l'avis politique dans une seule institution. Le Danemark fait exécuter la surveillance scientifique par une université existante plutôt que par un institut distinct. |
Synthèse : l'ISSeP obtient ses scores les plus faibles en Simplicité (❌), Transparence (❌), Numérique d'abord (❌) et Éprouvé à l'étranger (❌). La qualité scientifique est bonne, mais l'architecture institutionnelle est dépassée. Le gain le plus important réside dans l'intégration avec l'AwAC et les services environnementaux du SPW en une seule Société wallonne de l'environnement.
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé L'ISSeP est intégré dans une Société wallonne de l'environnement (AWE) à créer, symétrique à l'Agence flamande Omgeving (VOA).
3B. Proposition concrète
Ce qui change ? L'ISSeP, le réseau de mesure de l'air de l'AwAC (Agence wallonne de l'Air et du Climat), la SPAQuE, les services liés à l'environnement du SPW ARNE et le DNF (Département de la Nature et des Forêts, voir l'audit DNF) sont réunis en une seule agence intégrée pour l'environnement et la nature : la Société wallonne de l'environnement (AWE). Les missions climatiques de l'AwAC restent auprès des entités fédérées wallonnes et passent au SPW Énergie (voir l'audit SPW Énergie), de sorte que la politique wallonne de l'énergie et du climat soit réunie en une seule main, comme avec la VEKA en Flandre. La mise en œuvre de l'échange européen de quotas d'émission et des engagements climatiques internationaux passe au niveau fédéral, dans un seul Plan national énergie-climat contraignant (voir l'audit VEKA). La SPAQuE (assainissement des sols) devient une division au sein de l'AWE. Le DNF devient le pilier Nature, forêts & biodiversité, symétriquement à l'ANB dans le VOA flamand.
Structure de l'AWE :
- Division Surveillance & Métrologie (ex-activités centrales de l'ISSeP)
- Division Qualité de l'air & Surveillance (ex-réseau de mesure de l'air de l'AwAC + mesures de l'air de l'ISSeP) : NB : les missions climatiques de l'AwAC passent au SPW Énergie, la mise en œuvre de l'échange de quotas d'émission au niveau fédéral (voir VEKA), symétriquement à la Flandre
- Division Sols & Surveillance environnementale (ex-services environnementaux du SPW ARNE + surveillance des sols et de l'eau de l'ISSeP) : NB : la gestion opérationnelle de l'eau passe à l'Agence wallonne de l'eau (voir wl-water), symétriquement à la Flandre
- Division Assainissement des sols (ex-SPAQuE)
- Division Nature, forêts & biodiversité (ex-DNF, voir l'audit DNF) : 33 cantonnements forestiers comme antennes régionales, davantage de recettes propres sur le modèle de Staatsbosbeheer
- Division Recherche & Innovation (ex-R&D de l'ISSeP)
- Plateforme centrale de données et de numérisation
Niveau de pouvoir : les cinq entités fédérées wallonnes, à la place de la Région wallonne (art. 2 de la Constitution HART)
Modèle de référence international :
- Naturvårdsverket (Suède) : une seule agence pour la nature + l'environnement + les déchets + l'économie circulaire. Le modèle principal
- VOA (proposition de HART pour la Flandre : ANB, OVAM, VLM et VMM-air) : agence intégrée pour la nature + les sols + les déchets + l'air + l'érosion. Point de référence symétrique
- RIVM (Pays-Bas) : combinaison surveillance + recherche + avis politique
- Staatsbosbeheer (Pays-Bas) : gestionnaire de la nature qui gagne lui-même environ un tiers de ses recettes (33 % de recettes propres en 2025)
Gain d'efficience estimé :
- Élimination des frais de structure doubles (RH, IT, direction, communication) d'au moins 3 à 4 organisations distinctes → économie estimée de 15 à 20 % sur les frais de structure, soit environ 3 à 5 millions d'euros par an (estimation HART) ; l'intégration du DNF rapporte en plus 2 à 3 millions d'euros par an (voir l'audit DNF)
- Une seule plateforme numérique au lieu de 3 portails ou plus → meilleur service, coûts IT plus faibles
- Une ligne plus directe de la mesure à la politique → des temps de réaction plus courts
- Maintien de l'accréditation BELAC et de la qualité scientifique au sein d'une division spécialisée
Trajet de mise en œuvre :
- Décret portant création de l'AWE (1 à 2 ans)
- Période de transition avec du personnel détaché (2 ans)
- Intégration complète des systèmes IT et de la plateforme numérique (3 ans)
- Évaluation et ajustement (année 4)
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
ISSeP (Institut Scientifique de Service Public) : Réformé L'institut wallon de l'environnement ISSeP est intégré, avec le réseau de mesure de l'air de l'AwAC, la SPAQuE, les services environnementaux du SPW et le DNF (nature & forêts, voir l'audit DNF), dans une seule Société wallonne de l'environnement (AWE). Les missions climatiques de l'AwAC passent au SPW Énergie, la mise en œuvre de l'échange européen de quotas d'émission au niveau fédéral (voir VEKA). Une seule agence pour l'environnement, la nature, la mesure et l'action. Au lieu de cinq clubs distincts ou plus qui travaillent les uns à côté des autres. Benchmarking annuel avec le VOA flamand et le BOA bruxellois.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
L'ISSeP est l'institut scientifique de l'environnement de la Région wallonne, créé en 1990 comme successeur de l'ancien institut minier de 1902. Il compte près de 300 collaborateurs (276,75 ETP) répartis sur deux sites (Liège et Colfontaine) et dispose d'un budget de 51 millions d'euros (2026), financé en grande partie par des subsides de différents services wallons. L'ISSeP mesure la qualité de l'air et de l'eau en Wallonie, analyse la pollution des sols et mène des recherches sur les risques environnementaux. L'institut est accrédité comme laboratoire de référence (ISO 17025, BELAC) et fournit un travail scientifiquement solide.
Ce qui ne va pas
Le problème ne réside pas dans la qualité du travail. Elle est bonne. Mais dans l'architecture institutionnelle absurde qui l'entoure. Pour l'environnement en Wallonie, il faut au moins quatre organisations distinctes : l'ISSeP fait les mesures, l'AwAC (Agence wallonne de l'Air et du Climat) élabore la politique de l'air, le SPW ARNE est l'administration qui gère les permis et la réglementation, et la SPAQuE s'occupe de l'assainissement des sols. L'ISSeP et la SPAQuE ont chacune leur propre direction, leurs propres RH, leur propre IT et leur propre service de communication ; l'AwAC est une agence distincte avec sa propre direction et son propre budget, le SPW ARNE une direction générale distincte.
Le résultat ? Un citoyen qui veut savoir ce qu'il en est de la qualité de l'air dans sa commune doit naviguer entre wallonair.be (ISSeP + AwAC ensemble), etat.environnement.wallonie.be (SPW) et le site de l'ISSeP. Il n'existe pas de guichet environnemental central. Comparez cela avec la Flandre, où la VMM gère les réseaux de mesure de l'air et de l'eau dans une seule agence, ou avec les Pays-Bas, où le RIVM couvre à la fois l'environnement et la santé publique avec plus de 3.000 collaborateurs depuis un seul institut.
Le budget des réseaux wallons de mesure de l'environnement est resté nominalement autour de 18 millions d'euros par an entre 2012 et 2020. Avec l'inflation et des obligations de mesure européennes de plus en plus strictes (PFAS, particules fines PM2.5), il s'agit d'une contraction de fait. En même temps, l'ISSeP dépend de subsides d'au moins quatre services wallons, avec un arrêté de financement distinct par mission. Maintenir quatre organisations coûte plus cher qu'une seule.
Comment cela fonctionne ailleurs
Aux Pays-Bas, le RIVM (plus de 3.000 collaborateurs, 704 millions d'euros de recettes en 2024) combine la surveillance environnementale, la recherche en santé publique et l'avis politique dans un seul institut national. Un seul site web, un seul portail de données, une ligne directe vers le ministre.
En Allemagne, l'Umweltbundesamt (UBA, environ 2.050 collaborateurs stagiaires compris) collecte les données environnementales au niveau fédéral, conseille le gouvernement fédéral et exécute entre autres l'échange de quotas d'émission, tandis que les Länder ont leurs propres réseaux de mesure. Des rôles clairement séparés, mais au sein d'une structure intégrée.
En Flandre, la VMM est l'agence environnementale intégrée qui combine les réseaux de mesure de l'air et de l'eau, la politique de l'eau et le rapportage. Un seul portail, une seule organisation, un seul point de contact.
Même le Danemark, un pays de 6,0 millions d'habitants, ne construit pas d'institut distinct : le DCE de l'université d'Aarhus exécute les centres de données scientifiques et une partie des mesures du programme national de surveillance NOVANA, sous la responsabilité finale de l'Agence danoise de protection de l'environnement. Science et surveillance dans une seule structure, avec une collaboration directe avec le monde académique.
Ce que HART propose
HART propose de réunir l'ISSeP, le réseau de mesure de l'air de l'AwAC, la SPAQuE, les services environnementaux du SPW ARNE et le DNF en une seule Société wallonne de l'environnement (AWE). Les missions climatiques de l'AwAC restent en Wallonie et passent au SPW Énergie, de sorte que la politique de l'énergie et du climat soit réunie en une seule main, comme avec la VEKA en Flandre. La mise en œuvre de l'échange européen de quotas d'émission et des engagements climatiques internationaux passe au niveau fédéral, dans un seul Plan national énergie-climat contraignant (voir VEKA). Cela signifie :
- Une seule agence intégrée pour la surveillance environnementale, la qualité de l'air, la surveillance de l'eau, l'assainissement des sols, la nature et les forêts, et la recherche environnementale ; la gestion opérationnelle de l'eau passe à l'Agence wallonne de l'eau
- Un seul portail numérique central pour toutes les données environnementales wallonnes. Comparable au portail VMM en Flandre
- Le maintien de la qualité scientifique et de l'accréditation BELAC dans une division spécialisée au sein de l'agence
- Une ligne plus directe du résultat de mesure à l'action politique, sans quatre étapes intermédiaires
- Les deux sites historiques (Liège et Colfontaine) restent opérationnels comme laboratoires régionaux
- Benchmarking annuel AWE vs VOA flamand (voir ANB+OVAM) vs BOA bruxellois (voir Bruxelles Environnement) via le Bureau fédéral du Plan renforcé. Les compétences concurrentes comme moteur
Ce que cela rapporte
- Moins de frais de structure : des directions, des services RH, des équipes IT et des services de communication distincts n'en font plus qu'un. Économie estimée : 15 à 20 % sur les frais de structure, soit 3 à 5 millions d'euros par an qui peuvent aller à la surveillance et à la recherche ; l'intégration du DNF rapporte en plus 2 à 3 millions d'euros par an (voir l'audit DNF).
- Mieux pour le citoyen : un seul site web, un seul guichet, un seul point de contact clair pour les plaintes et les informations environnementales.
- Une réaction plus rapide : plus de détour des données de l'ISSeP via l'AwAC jusqu'au ministre. Une seule organisation peut mesurer, analyser et conseiller le jour même.
- Plus de capacité d'action : une agence qui regroupe l'ISSeP (près de 300 collaborateurs, 51 millions d'euros en 2026), les réseaux de mesure de l'air de l'AwAC, la SPAQuE, les services environnementaux du SPW et le DNF pèse davantage dans les réseaux européens et les négociations internationales que cinq petits services séparés.
- Éprouvé : des agences environnementales intégrées fonctionnent aux Pays-Bas (RIVM), en Allemagne (UBA) et en Suède (Naturvårdsverket) ; en Flandre, la VMM gère les réseaux de mesure de l'air et de l'eau dans une seule agence.
Phase 5 : sources
| Source | URL | Utilisé pour |
|---|---|---|
| ISSeP. About us | https://www.issep.be/en/about-us/ | Historique, personnel (~300), sites, statut UAP type 1, autorité du Gouvernement wallon |
| Décret du 7 juin 1990 (WALLEX) | https://wallex.wallonie.be/de/contents/acts/7/7132/6.html | Base juridique, création, missions, moyens (art. 6), budget annexé au budget régional, contrôle par la Cour des comptes |
| Waalse begroting 2026, toelichting bevoegdheden minister van Leefmilieu (SPW Finances) | https://finances.wallonie.be/files/Budget%202026/Budget%202026/coppieters/epco.pdf | Budget de l'ISSeP 2026 (51,0 M€ de dépenses, 49,1 M€ de recettes, recettes par service, dont la subvention générale du SPW ARNE de 25,6 M€), 276,75 ETP, AGW du 14 novembre 2006 sur le financement par mission, subsides de l'AwAC à l'ISSeP pour les réseaux de mesure de l'air |
| État de l'environnement wallon. Budgets réseaux mesure | https://etat.environnement.wallonie.be/contents/indicatorsheets/MILIEU%201.html | Budget des réseaux de mesure de 19 M€ (2020), 77 % à l'ISSeP, répartition eau/air/faune, répartition des coûts, tendance 2000-2020 |
| ISSeP. Qualité & accréditation | https://www.issep.be/en/quality/ | BELAC, ISO 17025 (1997), ISO 17043 (2016), laboratoire de référence |
| Wallonair. ISSeP & AwAC | https://www.wallonair.be/fr/ | Gestion conjointe des réseaux de mesure de l'air par l'AwAC et l'ISSeP |
| AwAC. Présentation | https://awac.be/home/l-agence/presentation.html | Missions de l'AwAC (air, climat, échange de quotas d'émission, Fonds Kyoto), une trentaine de collaborateurs |
| Wallonie.be. ISSeP fiche | https://www.wallonie.be/fr/acteurs-et-institutions/wallonie/autres-acteurs-publics-de-la-wallonie/institut-scientifique-de-service-public-issep | Profil officiel, ministre de tutelle, trois expertises centrales |
| ISSeP. Inauguratie LEV Colfontaine (24 maart 2025) | https://www.issep.be/events/event/24-mars-inauguration-du-laboratoire-emissions-de-vehicules-lev-colfontaine/ | Investissement dans le laboratoire d'émissions des véhicules (7,5 M€, Fonds de protection de l'environnement) |
| RIVM. About | https://www.rivm.nl/en/about-rivm | Comparaison : agence du ministère VWS, modèle intégré néerlandais |
| RIVM. Werken bij het RIVM | https://www.rivm.nl/over-het-rivm/organisatie/werken-bij-rivm/werkomgeving | Personnel : plus de 3.000 |
| RIVM. Jaarrekening 2024 | https://www.rijksoverheid.nl/documenten/rapporten/2025/05/27/jaarrekening-2024-rijksinstituut-voor-volksgezondheid-en-milieu-rivm | Total des recettes 703,9 M€ (2024) |
| Umweltbundesamt. About us | https://www.umweltbundesamt.de/en/the-uba/about-us | Comparaison : environ 2.050 collaborateurs stagiaires compris, missions |
| Naturvårdsverket. Om Naturvårdsverket | https://www.naturvardsverket.se/om-oss/om-naturvardsverket/ | Comparaison : environ 800 collaborateurs, cinq départements thématiques |
| BAFU. Das BAFU in Kürze | https://www.bafu.admin.ch/de/das-bafu-in-kuerze | Comparaison : 570 emplois à temps plein (2026), environ 1,4 Md CHF, missions |
| DCE. Monitoring | https://dce.au.dk/en/monitoring | Comparaison : rôle du DCE dans NOVANA, responsabilité finale de l'Agence danoise de protection de l'environnement |
| VMM. About VMM | https://en.vmm.vlaanderen.be/about-vmm | Comparaison : eau, air et adaptation au climat dans une seule agence flamande |
| Staatsbosbeheer. Feiten en cijfers | https://www.staatsbosbeheer.nl/Over-Staatsbosbeheer/Feiten-en-cijfers | Recettes propres 33 % des produits (2025) |
| IWEPS. Les agences en Wallonie : un regard budgétaire (working paper 6, maart 2012) | https://www.iweps.be/wp-content/uploads/2017/02/Working_paper_6.pdf | 64 unités publiques, 37 agences avec un tiers du budget régional (2010) |
| Environnement.wallonie.be. Acteurs institutionnels | https://environnement.wallonie.be/home/acteurs-et-institutions/wallonie.html | Aperçu des institutions environnementales wallonnes et des chevauchements |
- Révisé : 2026-09-27 (factcheck : chiffres, sources, formulation intemporelle)