Autres conseils consultatifs fédéraux : audit
Ligne : Autres conseils consultatifs (CFDD, CNC, etc.) Catégorie : Concertation sociale & conseils consultatifs Date : 2026-03-30 Statut : 🟠 Réformé : réorganiser en profondeur
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Personne ne tient de décompte officiel. HART estime leur nombre à plus de 250 organes consultatifs fédéraux : conseils, comités, commissions et conseils supérieurs, répartis sur tous les services publics fédéraux. À cela s'ajoutent les 98 commissions paritaires et 66 sous-commissions paritaires (1er janvier 2026), qui obéissent à une logique propre de négociation des conventions collectives. Aux autres niveaux de pouvoir, des dizaines de conseils consultatifs viennent encore s'ajouter (la Flandre compte à elle seule une huitaine de conseils consultatifs stratégiques), ainsi que les conseils consultatifs des communes. Il n'existe pas de loi-cadre, pas de registre central et pas de règles uniformes pour la création, l'évaluation ou la suppression.
Les cinq grands conseils consultatifs fédéraux (CNT, CCE, Conseil supérieur des Finances, Conseil supérieur de l'Emploi, Conseil Supérieur de la Santé) ont déjà fait l'objet d'un audit distinct. Le présent audit porte sur les autres organes consultatifs fédéraux dispersés dans les SPF. Les principaux sont :
Au SPF Sécurité sociale :
- Conseil consultatif fédéral des Aînés (CCFA)
- Conseil Supérieur National des Personnes Handicapées (CSNPH)
- Conseil supérieur des Volontaires (CSV)
- Collège national de médecine d'assurance sociale en matière d'incapacité de travail
- Commission administrative de règlement de la relation de travail
Au SPF Emploi :
- Conseil supérieur pour la Prévention et la Protection au travail
- Comité de concertation pour le personnel de cadre
- Commissions et sous-commissions paritaires (98 commissions et 66 sous-commissions, 1er janvier 2026)
- Comités provinciaux pour la promotion du travail
- Commission chargée de l'étude de faisabilité d'une codification du droit du travail
Au SPF Économie :
- Commission des normes comptables (CNC)
- Conseil de la Consommation
- Conseil national de la Coopération
- Conseil supérieur des Indépendants et des PME (CSIPME) : regroupe plus de 180 organisations professionnelles et interprofessionnelles agréées
- Conseil supérieur des Professions économiques
- Conseil de la Propriété intellectuelle
Au SPF Santé publique :
- Comité consultatif de Bioéthique de Belgique (créé par l'accord de coopération du 15 janvier 1993 entre l'État fédéral, les trois Communautés et la Commission communautaire commune)
- Comité consultatif de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire
Autres au niveau fédéral :
- Conseil fédéral du Développement durable (CFDD/FRDO) : 24 membres avec voix délibérative, créé par la loi du 5 mai 1997
- Conseil de l'Égalité des Chances entre Hommes et Femmes
- Conseil fédéral de la Politique scientifique (CFPS)
- Commission interdépartementale pour le Développement durable (CIDD)
- Des dizaines d'autres commissions, groupes de travail et comités
Base juridique : très diverse. Certains organes ont été créés par une loi (p. ex. le CFDD : loi du 5 mai 1997), d'autres par arrêté royal, par accord de coopération, ou même par simple arrêté ministériel. Il n'existe pas de loi-cadre générale comme aux Pays-Bas.
Budget et personnel : les chiffres totaux exacts ne sont pas disponibles publiquement. La plupart des conseils consultatifs n'ont pas de budget propre mais sont soutenus par le secrétariat du SPF compétent. Le CFDD dispose de son propre secrétariat, avec des collaborateurs scientifiques. Le CSIPME dispose de son propre service. Les frais de structure totaux (secrétariats, salles de réunion, jetons de présence, publications) sont répartis sur tous les budgets des SPF et, faute de registre central, ne peuvent pas être quantifiés.
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales (en théorie) :
- Rendre des avis au gouvernement fédéral sur des thèmes politiques
- Offrir un forum de concertation entre les partenaires sociaux, la société civile organisée et les pouvoirs publics
- Apporter une expertise dont l'administration ne dispose pas elle-même
En pratique :
- Beaucoup de conseils consultatifs se réunissent rarement ou produisent peu d'avis par an
- Les avis sont souvent non contraignants et sont régulièrement ignorés par le gouvernement
- Le chevauchement entre organes est structurel : le CFDD, la CIDD, l'Institut fédéral pour le Développement durable et le Bureau fédéral du Plan travaillent tous autour du développement durable
- Le CSIPME regroupe plus de 180 organisations, alors que les classes moyennes sont aussi représentées au CNT et au CCE. Les mêmes organisations siègent dans plusieurs conseils à la fois
- Il n'existe pas d'évaluation systématique de la production ou de l'impact de la plupart des organes consultatifs
- Il n'existe pas d'évaluation d'ensemble de l'efficacité du système consultatif fédéral
Analyse des chevauchements : les 164 commissions et sous-commissions paritaires (2026) obéissent à une logique distincte (négociation des conventions collectives), mais certaines ont été créées sans jamais fonctionner, comme la commission paritaire auxiliaire pour ouvriers. Les comités provinciaux pour la promotion du travail sont devenus largement superflus du fait de la régionalisation de la politique du marché du travail.
1C. Comparaison internationale
Pays-Bas. L'exemple radical Avec la Herzieningswet adviesstelsel (la « Woestijnwet », loi du désert), presque tous les collèges consultatifs existants ont été supprimés d'un seul coup aux Pays-Bas ; en même temps, la Kaderwet adviescolleges (loi-cadre sur les collèges consultatifs) est entrée en vigueur le 1er janvier 1997. Depuis lors :
- Fin 2024 : 34 collèges consultatifs sous la loi-cadre (25 permanents, 3 temporaires, 6 ponctuels)
- Chaque création est contresignée par le ministre de l'Intérieur
- Chaque collège consultatif établit au moins tous les quatre ans un rapport d'évaluation ; un collège temporaire existe au maximum quatre ans (prolongeable une fois de deux ans)
- Surveillance de la prolifération via le rapport annuel Jaarrapportage Bedrijfsvoering Rijk
- Catégorisation claire : stratégique, technique-spécialisé, temporaire, ponctuel
À titre de comparaison : les Pays-Bas (18,1 millions d'habitants en 2026) comptent 34 collèges consultatifs sous la loi-cadre ; il existe en outre des commissions externes qui ne relèvent pas de la loi-cadre. La grande différence avec la Belgique tient aux règles : aux Pays-Bas, chaque collège consultatif relève d'une seule loi, avec une catégorie fixe, une obligation d'évaluation et une place dans un aperçu public annuel. En Belgique, aucune des trois n'existe.
Allemagne. Une expertise ciblée L'Allemagne travaille avec un nombre limité de Sachverständigenräte (conseils d'experts) indépendants :
- Sachverständigenrat zur Begutachtung der gesamtwirtschaftlichen Entwicklung : 5 membres, nommés par le président fédéral sur proposition du gouvernement fédéral
- Sachverständigenrat für Umweltfragen : 7 professeurs d'université, nommés par le gouvernement fédéral pour quatre ans
- Accent sur une expertise scientifique indépendante, avec un effectif restreint et de haute qualité
- Complété par des commissions ad hoc pour des questions spécifiques
Suisse. Un cycle d'évaluation obligatoire
- 106 commissions extraparlementaires au niveau fédéral (période de fonction 2024-2027)
- Tous les quatre ans, le Conseil fédéral élit à nouveau tous les membres : près de 1.600, avec les organes de direction et les représentations fédérales
- Tous les quatre ans, les missions, la composition et la base juridique des commissions sont réexaminées
- Ce qui n'est plus nécessaire est adapté ou supprimé
- Beaucoup plus transparent qu'en Belgique : registre central sur admin.ch
Suède. Des enquêtes temporaires plutôt que des conseils permanents
- La Suède fait souvent examiner les questions politiques par un seul enquêteur spécial (särskild utredare) plutôt que par un conseil permanent
- En règle générale, environ 120 enquêtes temporaires sont en cours en même temps, chacune avec une mission propre et délimitée
- Plus souple, moins cher et plus rapide que des organes permanents
1D. Problèmes et critiques
Une prolifération sans loi-cadre. Il n'existe aucun cadre légal qui règle la création, l'évaluation et la suppression des organes consultatifs. De nouveaux conseils sont créés, mais les anciens sont rarement supprimés. En 2025, l'OCDE a pointé, pour la politique fédérale de développement durable, la prolifération de plans et de mécanismes de coordination, qui morcelle l'approche.
Pas de registre central. Personne ne sait exactement combien il existe d'organes consultatifs ; il n'y a pas de décompte officiel. C'est en soi déjà la preuve d'un manque de transparence.
Pas de clauses de caducité. La plupart des conseils consultatifs existent pour une durée indéterminée, sans obligation d'évaluation. En Suisse, chaque commission est réexaminée tous les 4 ans. En Belgique, cela ne se fait pas.
Chevauchements et double travail. Plusieurs conseils rendent des avis sur les mêmes thèmes (durabilité, emploi, économie, politique des PME). Des membres siègent dans plusieurs conseils à la fois, ce qui mine l'indépendance.
Pas de mesure d'impact. Il n'existe ni KPI ni évaluation systématique de la production et de l'impact des conseils consultatifs. Combien d'avis sont rendus ? Combien sont suivis ? Personne ne le mesure. En 2025, l'OCDE a demandé d'améliorer la qualité des avis et de veiller à ce que les pouvoirs publics les prennent réellement en compte.
Un morcellement entre niveaux de pouvoir. À côté des plus de 250 organes fédéraux, il existe des dizaines de conseils consultatifs régionaux (après rationalisation, la Flandre compte encore une huitaine de conseils consultatifs stratégiques). La coordination entre les niveaux est minimale.
Des nominations politiques. Dans de nombreux conseils consultatifs, les membres sont nommés via les piliers politiques ou via les partenaires sociaux, de sorte que la composition reflète davantage les rapports de force existants que l'expertise.
Jamais assaini. La prolifération des conseils consultatifs a été dénoncée à plusieurs reprises, mais aucun assainissement fondamental n'a jamais été réalisé au niveau fédéral.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ | Beaucoup de conseils consultatifs rendent des avis sur des compétences partiellement ou entièrement régionalisées (p. ex. le marché du travail, le bien-être). Les comités provinciaux pour la promotion du travail sont, eux, complètement dépassés par la régionalisation. |
| 2 | Transparence | ❌ | Il n'existe pas de registre central. Personne ne sait combien il y a de conseils consultatifs, ce qu'ils coûtent, ni ce qu'ils produisent. Le citoyen ne peut pas voir qui décide et qui paie. |
| 3 | Responsabilité = financement | ⚠️ | Les coûts sont répartis sur les budgets des SPF et ne sont pas visibles séparément. Il n'y a pas de fiscal accountability pour la fonction consultative dans son ensemble. |
| 4 | Simplicité | ❌ | Plus de 250 organes, c'est d'une complexité absurde : aucun jeune de 16 ans, et aucun adulte, ne peut expliquer ce système. C'est le contraire de la simplicité. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ | Certains conseils consultatifs ont une taille utile (le CSIPME, avec plus de 180 organisations). Beaucoup de conseils plus petits sont trop petits pour travailler de manière professionnelle, mais assez grands pour générer des frais de structure. |
| 6 | Compétences concurrentes | ⚠️ | Sans objet au sens classique, mais l'absence de loi-cadre fait que les organes consultatifs prolifèrent à tous les niveaux, sans coordination. |
| 7 | Orientation résultats | ❌ | Pas de KPI, pas d'obligation d'évaluation, pas de clauses de caducité. La production et l'impact ne sont pas mesurés. Des conseils qui ne produisent rien continuent d'exister. |
| 8 | Numérique d'abord | ❌ | Il n'existe pas de plateforme numérique où tous les avis, la composition et les dates de réunion soient consultables de manière centralisée. Chaque organe publie séparément (ou pas). |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | Les Pays-Bas (34 collèges consultatifs sous une seule loi-cadre), la Suisse (106 commissions, réexamen tous les 4 ans) et la Suède (enquêtes temporaires menées par un enquêteur spécial) prouvent qu'une approche radicalement différente est possible. |
Synthèse : score de 0/9 pleinement satisfait, 4/9 partiellement, 5/9 en échec. Les gains les plus importants se situent au niveau de la simplicité (rationalisation), de la transparence (registre central) et de l'orientation résultats (obligation d'évaluation et clauses de caducité).
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé : le système consultatif est fondamentalement assaini sur le modèle néerlandais/suisse.
3B. Proposition concrète
1. Une loi-cadre belge sur les organes consultatifs (sur le modèle néerlandais)
- Un seul cadre légal pour tous les organes consultatifs fédéraux
- Trois catégories : permanent-stratégique, temporaire (max. 4 ans), ponctuel
- Contreseing obligatoire du ministre compétent pour la Fonction publique (BOSA) lors de la création
- Clause de caducité obligatoire : chaque organe est évalué tous les 4 ans par la Cour des comptes, de manière externe, sur sa nécessité, sa production et son impact (modèle suisse)
- Comply-or-explain : le gouvernement fédéral réagit publiquement et de manière motivée à chaque avis dans les trente jours (art. 41 §3 de la Constitution HART)
2. Un assainissement radical (« Woestijnwet à la belge »)
- Tous les organes consultatifs fédéraux existants (plus de 250) sont supprimés, sauf s'ils démontrent dans les 12 mois qu'ils :
- Rendent au moins 3 avis par an
- Ne font pas double emploi avec un autre organe
- Ont un impact démontrable sur les politiques
- Objectif : ramener de plus de 250 à maximum 40-50 organes consultatifs fédéraux
- Les grands conseils CNT, CCE, CSE et CSS sont soumis au même test ; leur réforme figure dans les audits distincts (le CNT et le CCE fusionnent en un seul SER belge, le CSE est supprimé). Le Conseil supérieur des Finances en est exclu : c'est une institution indépendante inscrite dans la Constitution, qui reste le gendarme budgétaire, distinct du Bureau fédéral du Plan (art. 42 et 56 de la Constitution HART)
- Les commissions paritaires suivent une voie propre : de 164 commissions et sous-commissions paritaires (2026) à 50 au maximum, en supprimant les commissions inactives et en fusionnant par secteur les commissions d'ouvriers et d'employés
3. Un registre numérique central
- Tous les organes consultatifs, leur composition, leur fréquence de réunion, leurs avis et leurs coûts sont publiés sur une seule plateforme (p. ex. adviesraden.belgium.be)
- Open data : chaque citoyen peut chercher qui siège où, ce que cela coûte et ce que cela rapporte
- Rapport annuel au Parlement sur l'ensemble du système consultatif
4. Des viviers d'expertise plutôt que des conseils permanents
- Pour de nombreux thèmes (bioéthique, propriété intellectuelle, développement durable), un conseil permanent peut être remplacé par un vivier d'experts consultés ad hoc
- Sur le modèle suédois : des commissions à une seule personne ou de petites task forces pour des questions spécifiques
- Plus rapide, moins cher et plus indépendant que des structures permanentes
Économie estimée : HART estime l'économie directe de la Woestijnwet à 15-25 millions d'euros par an de frais de structure (secrétariats, jetons de présence, publications, infrastructure de réunion) pour l'ensemble du système consultatif fédéral. Cette estimation figure dans l'audit consolidé Conseils consultatifs & comités et n'est comptée qu'une seule fois ; l'assainissement des autres organes consultatifs en fait partie. Faute de vue d'ensemble centrale des coûts, il s'agit d'une estimation d'ordre de grandeur. Le gain indirect (décisions plus rapides, moins de chevauchements, plus de transparence) est difficile à quantifier, mais probablement bien plus important.
Trajet de mise en œuvre :
- Année 1 : voter la loi-cadre + mettre en place le registre central + inventorier tous les organes existants
- Année 2 : tour d'évaluation. Chaque organe prouve son droit d'exister ou est supprimé
- Année 3 : système rationalisé opérationnel, avec 40-50 organes
- Année 4 et suivantes : cycle d'évaluation quadriennal sur le modèle suisse
Modifications légales requises : loi-cadre fédérale (loi nouvelle), abrogation de dizaines de lois et d'arrêtés royaux de création distincts, adaptation des budgets des SPF.
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
Autres conseils consultatifs fédéraux (±250 organes) : réformé La Belgique compte, selon les estimations, plus de 250 conseils consultatifs, comités et commissions fédéraux. Personne ne sait exactement combien il y en a, ce qu'ils coûtent, ni ce qu'ils rapportent. HART assainit tout cela pour arriver à maximum 50 organes, avec une loi-cadre, une évaluation obligatoire et un registre public.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
À côté des cinq grands conseils consultatifs (CNT, CCE, Conseil supérieur des Finances, Conseil supérieur de l'Emploi, Conseil Supérieur de la Santé), la Belgique compte au niveau fédéral bien d'autres organes consultatifs. Personne ne les compte officiellement ; HART estime le total à plus de 250. Ils sont dispersés dans tous les services publics fédéraux : le SPF Sécurité sociale en a 5 (dont le Conseil consultatif fédéral des Aînés et le Conseil Supérieur National des Personnes Handicapées), le SPF Emploi en énumère 6 (dont les 98 commissions paritaires et 66 sous-commissions), le SPF Économie énumère 9 commissions et organes consultatifs (dont le Conseil supérieur des Indépendants et des PME, qui regroupe plus de 180 organisations professionnelles). Il y a en outre le Conseil fédéral du Développement durable (CFDD), le Comité consultatif de Bioéthique de Belgique, le Conseil de la Propriété intellectuelle, et des dizaines d'autres. Aux autres niveaux de pouvoir, des dizaines de conseils consultatifs viennent encore s'ajouter, plus ceux des communes.
Il n'y a pas de registre central, pas de loi-cadre et pas de règles standard pour la création ou la suppression. Certains conseils ont été créés par une loi, d'autres par arrêté royal, d'autres encore par arrêté ministériel. Les coûts sont répartis sur les budgets des SPF et ne sont visibles séparément nulle part.
Ce qui ne va pas
Le plus gros problème est la prolifération. De nouveaux conseils consultatifs sont créés, mais les anciens sont rarement supprimés. Il n'y a pas de clauses de caducité. En 2025, l'OCDE a pointé, pour la politique fédérale de développement durable, la prolifération de plans et de mécanismes de coordination, qui morcelle l'approche, et a demandé de mieux faire peser les avis des conseils consultatifs.
Beaucoup d'organes se chevauchent : le CFDD, la Commission interdépartementale pour le Développement durable, l'Institut fédéral pour le Développement durable et le Bureau fédéral du Plan travaillent tous autour du développement durable, chacun depuis son propre angle. Les membres siègent souvent dans plusieurs conseils à la fois. Il y a des commissions paritaires qui ont été créées, mais n'ont jamais fonctionné. Il y a des comités provinciaux du travail devenus superflus du fait de la régionalisation de la politique du marché du travail.
Personne ne mesure la production. Combien d'avis sont rendus ? Combien sont suivis ? Quel est l'impact ? Il n'y a pas de KPI, pas d'évaluations, pas de reddition de comptes. Le citoyen ne peut pas chercher quels conseils consultatifs existent, et encore moins ce qu'ils coûtent ou ce qu'ils font.
Comment cela fonctionne ailleurs
Les Pays-Bas ont radicalement mis de l'ordre en 1997. Avec la « Woestijnwet » (loi du désert), presque tous les collèges consultatifs existants ont été supprimés d'un seul coup. En même temps entrait en vigueur la Kaderwet adviescolleges : un seul cadre légal pour tous les collèges consultatifs, avec une catégorisation obligatoire (permanent, temporaire, ponctuel), une évaluation au moins tous les quatre ans et une surveillance de la prolifération. Résultat : fin 2024, 34 collèges consultatifs relèvent de la loi-cadre aux Pays-Bas, chacun avec une catégorie fixe, une obligation d'évaluation et une place dans un aperçu public annuel. En Belgique, aucune des trois n'existe.
La Suisse s'y prend autrement, mais tout aussi efficacement. Le pays compte 106 commissions extraparlementaires (2024-2027). La différence avec la Belgique : tous les 4 ans, le Conseil fédéral élit à nouveau tous les membres, près de 1.600 avec les organes de direction, et les missions, la composition et la base juridique de chaque commission sont réexaminées. Ce qui n'est plus nécessaire est adapté ou disparaît. Et tout figure dans un registre central et public, sur admin.ch.
La Suède va encore plus loin : beaucoup de questions politiques n'y sont pas examinées par un conseil permanent, mais par un enquêteur spécial (särskild utredare) qui reçoit une mission ciblée, écrit un rapport, et c'est terminé. Plus rapide, moins cher, plus indépendant.
Ce que HART propose
Étape 1 : une loi-cadre belge sur les organes consultatifs. Un seul cadre légal avec trois catégories : permanent-stratégique (pour les grands conseils), temporaire (maximum 4 ans) et ponctuel. Chaque création exige le contreseing du ministre de la Fonction publique. Chaque organe est évalué tous les 4 ans par la Cour des comptes, de manière externe, et le gouvernement fédéral réagit publiquement et de manière motivée à chaque avis dans les trente jours (art. 41 §3 de la Constitution HART).
Étape 2 : une Woestijnwet belge (loi du désert). Tous les organes consultatifs fédéraux existants (plus de 250) sont supprimés, sauf s'ils démontrent dans les 12 mois qu'ils rendent au moins 3 avis par an, ne font pas double emploi avec un autre organe et ont un impact démontrable sur les politiques. Objectif : maximum 40 à 50 organes consultatifs fédéraux. Les commissions paritaires suivent une voie propre : de 164 à 50 au maximum, en fusionnant par secteur les commissions d'ouvriers et d'employés.
Étape 3 : un registre numérique central. Adviesraden.belgium.be. Où chaque citoyen peut chercher quels conseils existent, qui y siège, ce que cela coûte, quels avis ont été rendus, et si ces avis ont été suivis. Open data, avec un rapport annuel au Parlement.
Étape 4 : des viviers d'expertise à la place de conseils permanents. Pour les thèmes spécialisés (bioéthique, propriété intellectuelle, développement durable), un vivier d'experts peut être consulté ad hoc au lieu d'une structure permanente. Sur le modèle suédois : de petites task forces qui écrivent un rapport, et c'est terminé.
Ce que cela rapporte
Premièrement, de l'argent : HART estime l'économie pour l'ensemble du système consultatif fédéral à 15 à 25 millions d'euros par an de secrétariats, de jetons de présence, de publications et d'infrastructure de réunion qui se libèrent si le nombre d'organes passe de plus de 250 à 50 au plus.
Deuxièmement, de la transparence : un seul registre où le citoyen peut voir qui rend des avis, ce que cela coûte et quel en est l'effet. Cela n'existe pas aujourd'hui.
Troisièmement, de la rapidité : moins de conseils qui rendent des avis sur les mêmes sujets, cela veut dire des décisions plus rapides et moins de lourdeur.
Quatrièmement, de la qualité : un système évalué et rationalisé oblige les organes consultatifs à être pertinents. Qui n'apporte rien disparaît. Ce n'est pas une coupe budgétaire. C'est du respect pour la fonction consultative.
Phase 5 : sources
| # | Source | URL | Date | Utilisé pour |
|---|---|---|---|---|
| 1 | OESO. Policy Coherence Scan of Belgium | https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/publications/reports/2025/07/oecd-policy-coherence-scan-of-belgium_e388b06d/6a99d969-en.pdf | 2025 | Prolifération de plans et de mécanismes de coordination ; recommandation sur la qualité et le suivi des avis ; acteurs du développement durable (CIDD, CFDD, IFDD, Bureau du Plan) |
| 2 | FRDO-CFDD. Samenstelling van de raad | https://frdo-cfdd.be/en/the-council/composition-of-the-council/ | Consulté le 2026-09-27 | 24 membres avec voix délibérative ; loi du 5 mai 1997 et AR du 18 juillet 2012 |
| 3 | FOD Sociale Zekerheid. Adviesraden | https://socialsecurity.belgium.be/nl/sociaal-beleid-mee-vorm-geven/netwerk/adviesraden | Consulté le 2026-09-27 | Cinq conseils consultatifs au SPF SS |
| 4 | FOD Werkgelegenheid. Adviesorganen | https://werk.belgie.be/nl/over-de-fod/gerelateerde-organen/adviesorganen | Consulté le 2026-09-27 | Six organes consultatifs au SPF ETCS |
| 5 | FOD Werkgelegenheid. Oprichting en samenstelling van de paritaire comités | https://werk.belgie.be/nl/themas/paritaire-comites-en-collectieve-arbeidsovereenkomsten-caos/paritaire-comites/oprichting-en | 2026 | 98 commissions paritaires et 66 sous-commissions au 1er janvier 2026 |
| 6 | ICB. Paritaire comités | https://www.icb-institute.be/paritaire-comites/ | Consulté le 2026-09-27 | Commission paritaire auxiliaire pour ouvriers créée mais inactive |
| 7 | FOD Economie. Commissies en adviesorganen | https://economie.fgov.be/nl/themas/ondernemingen/een-onderneming-beheren-en/commissies-en-adviesorganen | Consulté le 2026-09-27 | Neuf commissions et organes consultatifs, dont la CNC, le Conseil de la Consommation et le CSIPME |
| 8 | FOD Economie. De Raad voor de Intellectuele Eigendom | https://economie.fgov.be/nl/themas/intellectuele-eigendom/instellingen-en-actoren/de-raad-voor-de-intellectuele | Consulté le 2026-09-27 | Existence et mission du Conseil de la Propriété intellectuelle |
| 9 | HRZKMO. Website | https://www.hrzkmo.fgov.be/ | Consulté le 2026-09-27 | Plus de 180 organisations professionnelles et interprofessionnelles agréées |
| 10 | Belgisch Staatsblad (via Etaamb). Bericht samenstelling Raadgevend Comité voor Bio-ethiek | https://etaamb.openjustice.be/nl/bericht_n2010024041 | 2010 | Création par l'accord de coopération du 15 janvier 1993 |
| 11 | BELSPO. Federale Raad voor Wetenschapsbeleid | https://www.belspo.be/belspo/council/index_nl.stm | Consulté le 2026-09-27 | Existence et mission du CFPS |
| 12 | NHRPH. Website | https://ph.belgium.be/nl/ | Consulté le 2026-09-27 | Fonctionnement du Conseil Supérieur National des Personnes Handicapées |
| 13 | Eerste Kamer NL. Kaderwet adviescolleges | https://www.eerstekamer.nl/wetsvoorstel/24503_kaderwet_adviescolleges | 1996 | Staatsblad 378 du 11 juillet 1996, en vigueur le 1er janvier 1997 |
| 14 | Wetten.overheid.nl. Kaderwet adviescolleges | https://wetten.overheid.nl/BWBR0008159/ | Consulté le 2026-09-27 | Contreseing du ministre de l'Intérieur (art. 7), collèges temporaires 4 ans maximum (art. 5), évaluation au moins tous les quatre ans (art. 28) |
| 15 | Kennisbank Openbaar Bestuur NL. Adviescolleges en externe commissies | https://www.kennisopenbaarbestuur.nl/themas/o/organisatie-rijksoverheid/andere-organisatievormen/adviescolleges-en-commissies | 2024 | 34 collèges consultatifs sous la loi-cadre fin 2024 (25 permanents, 3 temporaires, 6 ponctuels) ; Jaarrapportage Bedrijfsvoering Rijk |
| 16 | Platform Overheid NL. Adviescolleges en commissies vroeger en nu | https://platformoverheid.nl/adviescolleges-en-commissies-vroeger-en-nu/ | Consulté le 2026-09-27 | Woestijnwet : presque tous les collèges consultatifs supprimés ; commissions externes hors loi-cadre |
| 17 | CBS. Bevolking Nederland | https://www.cbs.nl/nl-nl/cijfers/detail/85496NED | 2026 | 18,1 millions d'habitants (1er janvier 2026) |
| 18 | Zwitserse Bondsraad. Ausserparlamentarische Kommissionen | https://www.admin.ch/gov/de/start/dokumentation/ausserparlamentarische-kommissionen.html | Consulté le 2026-09-27 | Réélection et réexamen quadriennaux des missions, de la composition et de la base juridique ; registre (Gremiensuche) |
| 19 | Zwitserse Bondsraad. Gesamterneuerungen | https://www.admin.ch/gov/de/start/dokumentation/ausserparlamentarische-kommissionen/gesamterneuerungen.html | 2023 | Près de 1.600 membres élus pour la période de fonction 2024-2027 |
| 20 | Gleichstellungsstrategie 2030. Geschlechterquote ausserparlamentarische Kommissionen | https://www.gleichstellung2030.ch/de/1.2.8.1 | 2023 | 106 commissions extraparlementaires (période de fonction 2024-2027) |
| 21 | Regeringskansliet. Utredningar och kommittéer | https://www.regeringen.se/sa-styrs-sverige/lagstiftningsprocessen/utredningar-och-kommitteer/ | Consulté le 2026-09-27 | Särskild utredare ; environ 120 enquêtes en même temps |
| 22 | Gesetze im Internet. Sachverständigenratsgesetz (SachvRatG) | https://www.gesetze-im-internet.de/sachvratg/BJNR006850963.html | Consulté le 2026-09-27 | 5 membres (§ 1), nommés par le président fédéral sur proposition du gouvernement fédéral (§ 7) |
| 23 | Sachverständigenrat für Umweltfragen. Der SRU | https://www.umweltrat.de/DE/SRU/sru.html | Consulté le 2026-09-27 | 7 professeurs d'université, nommés par le gouvernement fédéral pour quatre ans |
| 24 | Vlaamse Regering. Lijst van entiteiten (VR 2026 1302 DOC.0115/6) | https://themis.vlaanderen.be/files/6989afb5bfe6d3000d00083e/download | 2026 | Conseils consultatifs stratégiques flamands |
- Révisé : 2026-09-27 (vérification des faits : chiffres, sources, formulation intemporelle)