Conseil des entités fédérées : remplace le Sénat et le Comité de concertation
Date de l'audit : 2026-03-30 Statut : 🟠 Nouveau/réformé Classification : nouvel organe : le Conseil des entités fédérées (art. 35 de la Constitution HART) remplace le Sénat, le Comité de concertation et les conférences interministérielles
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Le Conseil des entités fédérées est une nouvelle proposition de HART (art. 35 de la Constitution HART). Un tel organe n'existe pas en Belgique. Il est conçu comme le successeur de deux institutions existantes, et des conférences interministérielles que le Comité de concertation institue :
- Le Sénat (60 membres, dotation de 44,6 M€ en 2025, en moyenne ±20 heures de séance plénière par an en 2019-2024) : que HART supprime (voir l'audit « Senaat. Audit 2026-03-28 »)
- Le Comité de concertation (Overlegcomité) : l'organe de coordination légal, mais peu formalisé, entre les gouvernements belges
Le Comité de concertation :
Le Comité de concertation a été créé par l'article 31 de la loi ordinaire du 9 août 1980 de réformes institutionnelles. Selon l'article 31/1 de cette loi, il est « le point central de concertation, de coopération et de coordination » entre l'État fédéral, les Communautés et les Régions. La procédure des conflits d'intérêts repose sur l'article 143 de la Constitution.
Composition (double parité) :
- Le Premier ministre (président) + 5 membres du gouvernement fédéral
- Le ministre-président du Gouvernement flamand + 1 ministre
- Le ministre-président du Gouvernement de la Communauté française
- Le ministre-président du Gouvernement wallon
- Le ministre-président du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale + 1 membre de l'autre groupe linguistique
- Le ministre-président de la Communauté germanophone (avec droit de vote lors des conflits d'intérêts qui touchent la Communauté germanophone)
- Total : 12 membres + la Communauté germanophone lorsque c'est pertinent
Fonctionnement :
- Décide par consensus : chaque gouvernement dispose de fait d'un droit de veto
- Peut créer des conférences interministérielles (CIM) pour la coordination sectorielle. En mai 2025, le Comité de concertation a approuvé l'organisation de 21 CIM (notamment santé publique, environnement, finances, politique étrangère) ; sur la période 2019-2023, il y en avait 24
- Se réunit mensuellement selon son règlement d'ordre intérieur, mais n'atteint pas ce rythme en pratique : pas durant la législature 2019-2024, et entre septembre 2024 et avril 2025 il s'est réuni trois fois
- Traite les conflits d'intérêts : un parlement peut, à la majorité des trois quarts, faire suspendre l'examen d'un texte dans un autre parlement. Si la concertation ne donne rien en 60 jours, le Sénat rend un avis dans les 30 jours et le Comité de concertation cherche une solution dans les 30 jours, par consensus
- Assure le suivi des accords de coopération : les engagements contraignants entre les entités
Pas de budget ni de personnel propres : le Comité de concertation n'a pas de budget distinct ni d'administration propre. Le secrétariat se trouve au SPF Chancellerie du Premier Ministre. Les CIM n'ont pas davantage de secrétariat propre. Elles sont préparées par les cabinets et les administrations concernés.
Aucune force juridique contraignante : le Comité de concertation ne prend pas de décisions juridiquement contraignantes. Seuls les accords de coopération approuvés par tous les parlements concernés ont une force juridique. Les CIM sont purement consultatives.
1B. Que fait le Comité de concertation en pratique ?
Fonctions principales :
- Prévenir et résoudre les conflits d'intérêts : si un parlement estime qu'un texte d'un autre parlement porte gravement atteinte à ses intérêts, il peut, à la majorité des trois quarts, faire suspendre l'examen. Après 60 jours de concertation, un avis du Sénat et 30 jours au Comité de concertation, il n'y a pas de solution sans consensus : le parlement concerné décide alors lui-même de la suite.
- Éviter les conflits de compétence : concertation préalable pour les projets de loi qui touchent d'autres entités
- Assurer le suivi des accords de coopération : mais sans mécanisme d'exécution forcée
- Gestion de crise : pendant le COVID-19 (2020-2022), le Comité de concertation est devenu l'organe de décision de fait, ce qui a fait contraster crûment son rôle légal limité avec son pouvoir réel
Faiblesses critiques :
- Aucune transparence : la loi n'impose ni ordre du jour public ni procès-verbaux, et ceux-ci ne sont pas non plus publiés de façon systématique. Qui veut savoir quels dossiers un gouvernement y met à l'ordre du jour est renvoyé aux ministres sectoriels.
- Consensus = veto : chaque gouvernement peut bloquer chaque décision. Il n'existe aucun mécanisme de déblocage en cas d'impasse.
- Aucune exécution forcée : sans consensus, un conflit d'intérêts se termine sans solution, et le dépassement des délais n'est assorti d'aucune sanction.
- Aucune capacité propre : sans cellule d'analyse propre, le Comité de concertation dépend de la bonne volonté et de la capacité des cabinets concernés.
- Pouvoir de fait sans cadre : les activités du Comité de concertation vont bien plus loin que ce que prévoit la loi. Il a fonctionné comme un quasi-gouvernement pendant la crise du coronavirus, sans être démocratiquement mandaté ni contrôlé pour cela.
Chevauchements :
- Avec le Sénat : le Sénat est de jure le lieu de rencontre parlementaire des entités fédérées et rend un avis lors des conflits d'intérêts ; le Comité de concertation est de facto ce lieu. Après la suppression du Sénat, la fonction de jure disparaît, mais la fonction de facto a un besoin urgent de renforcement.
- Avec les CIM : ces conférences sectorielles fonctionnent indépendamment les unes des autres, sans coordination, sans cadence de réunion fixe et sans pouvoir de décision contraignant. Leur efficacité varie fortement d'un domaine politique à l'autre.
- Avec le futur Conseil des entités fédérées (proposition de HART, art. 35 de la Constitution HART) : il remplace le Comité de concertation, le Sénat et les conférences interministérielles et regroupe les fonctions de coordination dans un seul organe transparent, contraignant et démocratiquement contrôlé.
1C. Comparaison internationale
| Pays | Organe | Type | Membres | Permanent ? | Prise de décision | Juridiquement contraignant ? | Secrétariat propre ? |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Belgique (actuel) | Comité de concertation | Organe de concertation légal | 12 | Mensuel selon le règlement, irrégulier en pratique | Consensus | Non | Non (secrétariat au SPF Chancellerie) |
| Allemagne | Bundesrat | Organe constitutionnel | 69 | Oui | Majorité (35/69) | Oui (lois d'assentiment) | Oui (±200 pers.) |
| Allemagne | MPK (Ministerpräsidentenkonferenz) | Concertation informelle | 16 ministres-présidents | Oui (4x/an) | Majorité de 13/16 | Non (politiquement contraignant) | Oui (via les Staatskanzleien) |
| Suisse | KdK (Conférence des gouvernements cantonaux) | Concertation formelle | 26 cantons | Oui (4x/an) | Majorité de 18/26 | Non (politiquement contraignant) | Oui (ch Stiftung) |
| Autriche | Landeshauptleutekonferenz | Concertation informelle | 9 gouverneurs | Oui (2x/an) | Unanimité | Non | Oui (Verbindungsstelle) |
| Pays-Bas | IPO (Interprovinciaal Overleg) | Association | 12 provinces | Oui | Majorité | Non | Oui |
Observations essentielles par pays :
Allemagne : Bundesrat et MPK (le modèle de référence) : L'Allemagne combine deux organes. Le Bundesrat est un organe constitutionnel : les gouvernements des 16 Länder y envoient des représentants qui votent en bloc par Land, sur instruction de leur gouvernement. Pour plus d'un tiers des lois fédérales, le Bundesrat a un droit d'assentiment (34,7 % en 2021-2025, entre 35,8 % et 38,3 % en 2009-2021 ; avant la réforme du fédéralisme de 2006, plus de la moitié). Sans l'accord du Bundesrat, une telle loi n'est pas adoptée. En cas de désaccord, il existe un Vermittlungsausschuss (commission de médiation) où le Bundestag et le Bundesrat sont représentés à parts égales. Le Bundesrat dispose de son propre secrétariat d'environ 200 membres du personnel et d'un budget de 38,5 M€ (2025).
À côté de cela existe la Ministerpräsidentenkonferenz (MPK) : un organe de concertation informel des 16 ministres-présidents qui se réunit 4 fois par an. Depuis 2004, la MPK décide avec au moins 13 voix sur 16 (pas d'unanimité, sauf notamment pour la procédure et le budget). Deux fois par an, la MPK se réunit avec le chancelier fédéral. La présidence est assurée par rotation annuelle. La MPK traite la coordination horizontale (entre les Länder) et la préparation de positions communes vis-à-vis de l'autorité fédérale.
En dessous fonctionnent une vingtaine de conférences ministérielles sectorielles (Fachministerkonferenzen, notamment la KMK pour l'enseignement et l'IMK pour les affaires intérieures) : comparables aux CIM belges, mais avec une structure et une cadence de réunion fixes. La KMK dispose d'un secrétariat permanent d'environ 200 collaborateurs ; les autres conférences fonctionnent avec une présidence tournante ou via le secrétariat du Bundesrat. Leurs décisions sont le plus souvent unanimes et politiquement, non juridiquement, contraignantes ; lorsqu'une contrainte juridique est nécessaire, les Länder concluent un Staatsvertrag.
Suisse : KdK (Conférence des gouvernements cantonaux) : Créée en 1993 pour donner aux cantons une voix plus forte face à l'autorité fédérale. La KdK favorise la coopération dans les domaines où les cantons sont compétents et coordonne les dossiers fédéraux qui touchent les cantons. L'assemblée plénière se réunit quatre fois par an ; une position de la KdK requiert l'accord de 18 des 26 cantons. La recherche montre une division du travail : la KdK se concentre sur l'influence politique verticale (cantons → fédéral), tandis que les conférences sectorielles assurent la coordination horizontale des politiques. Le secrétariat est géré par la ch Stiftung für eidgenössische Zusammenarbeit.
Autriche : Landeshauptleutekonferenz (LHK) : Un organe informel (absent de la Constitution) des 9 gouverneurs. Décide uniquement à l'unanimité. Se réunit deux fois par an, plus des séances extraordinaires, avec une présidence qui tourne chaque semestre par ordre alphabétique. Elle est considérée comme « l'organe de gouvernance le plus puissant des entités fédérées », plus puissante que le Bundesrat, qui, en Autriche, passe pour édenté. Soutenue par la Verbindungsstelle der Bundesländer (bureau de liaison permanent, depuis 1951).
Pays-Bas : IPO + VNG : L'Interprovinciaal Overleg (IPO) représente les 12 provinces sous la forme d'une association. Ce n'est pas un organe constitutionnel, mais une structure de lobbying et de coordination efficace avec son propre secrétariat. Il est complété par la VNG (Vereniging van Nederlandse Gemeenten, association des communes néerlandaises) pour le niveau communal.
1D. Problèmes et critiques du système belge actuel
1. Le Comité de concertation est une boîte noire. Pas d'ordre du jour public, pas de procès-verbaux publics, pas de rapportage systématique aux parlements. Les décisions sont prises à huis clos par des membres de gouvernement déjà bien assez occupés par leur propre portefeuille. Le contrôle démocratique est quasi impossible.
2. Consensus = paralysie. Chaque gouvernement peut bloquer chaque décision. Dans un pays qui compte 6 gouvernements de part et d'autre d'une ligne de fracture communautaire, cela signifie que les réformes structurelles sont quasi impossibles. Le COVID-19 a montré que le système ne fonctionne que sous une pression temporelle extrême, pas comme mécanisme de gouvernance structurel.
3. Les CIM sont sans engagement. Les conférences interministérielles (21 en 2025) n'ont aucun pouvoir de décision contraignant, aucun secrétariat propre et aucune cadence de réunion fixe. Leur efficacité dépend entièrement de la volonté politique des ministres concernés. Parmi les 24 CIM qui existaient entre octobre 2019 et août 2023, cinq (notamment Intérieur et Politique agricole) ne se sont réunies aucune fois pendant ces presque quatre ans.
4. Les accords de coopération sont lourds et lents. Conclure un accord de coopération exige l'approbation de tous les parlements concernés. Ce processus peut durer des années. Le règlement européen sur le filtrage des investissements étrangers s'applique depuis le 11 octobre 2020 ; l'accord de coopération belge à ce sujet n'a été conclu que le 30 novembre 2022 et est entré en vigueur le 1er juillet 2023. Pendant presque trois ans, la Belgique n'a eu aucun filtrage interfédéral.
5. Aucun mécanisme de déblocage. Si le Comité de concertation n'aboutit pas dans un conflit d'intérêts, il n'y a pas d'étape suivante. Pas d'arbitrage, pas de pouvoir de décision final, pas d'intervention judiciaire. Le conflit subsiste tout simplement.
6. Le Sénat était la mauvaise réponse au bon problème. Le Sénat était conçu comme le lieu de rencontre parlementaire des entités fédérées. Mais la coordination entre entités fédérées exige des représentants des gouvernements dotés d'un mandat, pas des parlementaires qui votent selon la ligne du parti. La suppression du Sénat ne résout pas à elle seule le problème : elle ne fait que supprimer le mauvais organe. Sans un organe qui remplace réellement le Comité de concertation, la coordination devient plus faible, pas plus forte.
Critiques académiques et institutionnelles :
- Le chapitre Springer « Belgium: Challenges of Dual Federalism for Effective Governance » (2025) analyse comment le fédéralisme dual belge crée des problèmes structurels de coordination
- ConstitutionNet (2025) signale « the absence of a parliamentary forum dedicated to the oversight of intergovernmental decision-making »
- Le rapport par pays 2025 de la Commission européenne indique que le morcellement des politiques entre les niveaux de pouvoir et le manque de coordination efficace rendent le climat des affaires complexe, et demande une coordination budgétaire plus efficace entre l'autorité fédérale et les entités fédérées
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
Note : cette évaluation porte sur la proposition de HART pour le Conseil des entités fédérées (art. 35 de la Constitution HART), pas sur la situation actuelle. La situation actuelle (Comité de concertation + Sénat) obtient de mauvais résultats sur presque tous les principes. L'audit du Sénat le documente en détail.
| # | Principe | Appréciation de la proposition | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ✅ Satisfait | L'organe se situe au bon niveau : le fédéral, là où les entités fédérées et l'autorité fédérale se rencontrent. Il ne traite que les matières qui touchent plusieurs niveaux de pouvoir. Les matières locales et propres aux entités fédérées restent là où elles doivent être. |
| 2 | Transparence | ✅ Satisfait | Contrairement à l'actuel Comité de concertation : réunions publiques, ordres du jour publiés, procès-verbaux publics, rapportage annuel à tous les parlements. Le citoyen peut voir qui décide et pourquoi. |
| 3 | Responsabilité = financement | ✅ Satisfait | Le Conseil approuve les lois fédérales qui touchent aux compétences ou aux finances des entités fédérées, et garde toujours le dernier mot sur la péréquation, les liens fiscaux, les bases communes, une exécution fédérale dans un domaine concurrent et le déplacement d'une compétence. Ainsi, une compétence et son financement vont de pair : qui décide d'une compétence supporte aussi le financement qui va avec (art. 30). |
| 4 | Simplicité | ✅ Satisfait | Un seul organe remplace trois structures : le Sénat (60 membres, 44,6 M€ en 2025), le Comité de concertation (12 membres, pas de budget propre) et le morcellement entre plus de vingt CIM distinctes. Le citoyen ne doit plus regarder qu'à un seul endroit. |
| 5 | Taille critique | ✅ Satisfait | Dans le modèle HART, les douze gouvernements des entités fédérées siègent au Conseil, avec 42 voix pondérées ; le gouvernement fédéral y siège sans voix. Avec un secrétariat permanent compact (±30-40 pers.), l'organe est assez grand pour fonctionner professionnellement et assez petit pour garder sa capacité d'action. |
| 6 | Compétences concurrentes | ✅ Satisfait | Le Conseil est le gardien du système de compétences concurrentes (sur le modèle allemand) : une exécution fédérale dans un domaine concurrent et le déplacement d'une compétence requièrent toujours son accord (art. 27 et 28), et il peut contester une loi fédérale devant la Cour constitutionnelle, y compris sur la base de la subsidiarité (art. 49). Il coordonne là où les niveaux agissent ensemble. Cette fonction n'est structurellement confiée à personne dans le système actuel. |
| 7 | Orientation résultats | ✅ Satisfait | Pouvoir de décision formel à la majorité (22 voix sur 42 et 7 entités fédérées sur 12, pas d'unanimité), avec un mécanisme de déblocage en cas de refus : dans les soixante jours une commission de médiation de la Chambre et du Conseil, puis la Chambre décide aux deux tiers. Les accords entre pouvoirs publics sont publics et valent pour une durée déterminée (art. 32). |
| 8 | Numérique d'abord | ✅ Satisfait | Les exigences de transparence (ordre du jour public, procès-verbaux, diffusion en direct) supposent une plateforme numérique solide. S'y ajoute une consultation citoyenne numérique obligatoire avant chaque décision du Conseil qui touche des compétences des entités fédérées, via la plateforme numérique de participation (voir le chapitre HART Administration numérique, Position 9). Les citoyens peuvent introduire des positions et des alternatives ; le Conseil publie une réponse motivée aux propositions les plus soutenues. Cela fait du Conseil non seulement un organe de décision, mais aussi un organe participatif doté d'une dimension numérique à part entière. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ✅ Satisfait | Le modèle combine des éléments éprouvés : le Bundesrat allemand (des gouvernements d'entités fédérées avec mandat, des voix uniformes par entité fédérée, des voix pondérées et un droit d'assentiment), le Vermittlungsausschuss (médiation en cas de désaccord), la structure de la MPK (concertation régulière sans unanimité) et la transparence de la KdK (secrétariat distinct, positions publiques). |
Synthèse : 9 principes sur 9 satisfaits. La consultation citoyenne numérique obligatoire renforce à la fois la légitimité démocratique et la dimension numérique. Le défi se situe dans la mise en œuvre, pas dans le concept.
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Nouveau/réformé : le Conseil des entités fédérées (art. 35 de la Constitution HART), un nouvel organe des douze gouvernements des entités fédérées qui remplace le Sénat, le Comité de concertation et les conférences interministérielles, décide à la majorité sans veto linguistique, approuve les lois fédérales qui touchent les entités fédérées et renforce fondamentalement la coordination entre les niveaux de pouvoir.
3B. Proposition concrète
Nom : Conseil des entités fédérées (art. 35 de la Constitution HART)
Ce qu'il remplace :
- Le Sénat (supprimé, voir l'audit distinct)
- Le Comité de concertation
- Les conférences interministérielles (21 en 2025) : les ministres sectoriels se concertent au sein du Conseil
Composition :
- Les gouvernements des douze entités fédérées : Anvers, Flandre-Orientale, Flandre-Occidentale, Brabant flamand, Limbourg, Hainaut, Liège, Namur, Brabant wallon, Luxembourg, Bruxelles et Ostbelgien
- Par entité fédérée, le président du gouvernement et le ministre sectoriel par point de l'ordre du jour (composition variable selon le thème)
- Le gouvernement fédéral y siège sans voix
- Chaque entité fédérée vote de manière uniforme, au nom de son gouvernement, pas à titre personnel, sur le modèle du Bundesrat
Prise de décision :
- Voix pondérées : chaque entité fédérée a 2 voix plus 1 par tranche complète de 500.000 habitants, fixées au début de chaque législature, soit 42 au total. Les cinq entités fédérées flamandes en ont 21, les sept autres ensemble également 21.
- Double majorité à la place de l'actuel principe du consensus : une décision requiert plus de la moitié des voix et plus de la moitié des entités fédérées, donc au moins 22 voix et 7 entités fédérées. Aucun des deux côtés ne décide seul, et comme cinq entités fédérées peuvent déjà réunir 22 voix, quelques grandes entités fédérées ne décident jamais seules non plus. En revanche, chaque côté peut seul bloquer.
- Mécanisme de déblocage en cas de refus : une commission de médiation de la Chambre et du Conseil cherche un accord dans les soixante jours (sur le modèle du Vermittlungsausschuss allemand). Si cela échoue, la Chambre décide aux deux tiers, sans majorités de groupes linguistiques.
- Pas de veto par gouvernement : aucune entité fédérée ne peut bloquer seule une décision, contrairement à l'actuel Comité de concertation, où chaque gouvernement a un veto. Sur la loi de péréquation, les fourchettes et les bases communes des impôts, une exécution fédérale dans un domaine concurrent et le déplacement d'une compétence, le Conseil garde toujours le dernier mot : la Chambre ne peut pas l'écarter.
Compétences :
- Droit d'assentiment pour les lois fédérales qui touchent aux compétences ou aux finances des entités fédérées, et pour les autres lois pour lesquelles la Constitution requiert son accord (art. 35). Pas de pouvoir législatif : la Chambre reste le législateur.
- Coordination formelle des compétences qui touchent plusieurs niveaux : santé, marché du travail, mobilité, climat, énergie
- Accords et concordats : coopération via des accords publics d'une durée fixe, approuvés par les parlements concernés ; les gouvernements se transmettent uniquement l'exécution, jamais un pouvoir législatif (art. 32). Le Conseil peut déclarer le concordat obligatoire d'application générale, à la demande d'une majorité des entités fédérées de ce groupe linguistique (art. 31).
- Détermination des positions belges au Conseil de l'UE : lorsqu'un dossier relève principalement d'une compétence des entités fédérées, le Conseil fixe la position à la majorité, et sans majorité le gouvernement fédéral ; un ministre fédéral s'exprime, un ministre d'une entité fédérée fait partie de la délégation (art. 59). Dans le système actuel, cela passe par une coordination administrative au sein du SPF Affaires étrangères (accord de coopération du 8 mars 1994), sans reddition de comptes publique ; sans accord, la Belgique s'abstient. Le Conseil assure aussi le contrôle européen de la subsidiarité (art. 60) et approuve les traités qui touchent les entités fédérées (art. 61).
- Conflits d'intérêts repris du Comité de concertation et du rôle d'avis du Sénat, mais avec des délais contraignants et un mécanisme de déblocage : un différend politique sur une loi fédérale est réglé par le Conseil et la commission de médiation (art. 35). La Cour constitutionnelle contrôle sur le plan juridique, y compris sur la subsidiarité, et le Conseil peut y contester une loi fédérale (art. 48 et 49)
- Cour constitutionnelle et révision : le Conseil choisit la moitié des juges de la Cour constitutionnelle dans une liste classée de la chambre contrôle de l'Organe de nomination indépendant (art. 48) et peut proposer une révision de la Constitution ; la Chambre l'adopte aux deux tiers, puis suit un vote citoyen obligatoire avec une majorité des électeurs et des entités fédérées (art. 63)
Structure et appui :
- Secrétariat permanent (±30-40 membres du personnel) : préparation de l'ordre du jour, analyse des dossiers, suivi des accords, rapportage
- Groupes de travail sectoriels (à la place des conférences interministérielles ; les ministres sectoriels se concertent au sein du Conseil) : cadence de réunion fixe, avec mandat pour préparer des propositions destinées au Conseil en plénière
- Plateforme numérique : ordre du jour public, diffusion en direct des séances plénières, publication des procès-verbaux et des résultats des votes dans les 48 heures
Cadence des réunions :
- Plénière : mensuelle (12x/an), et réellement : le Comité de concertation n'atteint pas son rythme mensuel en pratique, la MPK se réunit 4x/an
- Groupes de travail sectoriels : bimestrielle par domaine
- Reddition de comptes numérique permanente (proposition HART distincte) : le Conseil rend compte publiquement et en continu à tous les parlements du fonctionnement du modèle fédéral de coopération
Coûts estimés :
- Secrétariat permanent : ±4 à 5 M€ par an (30-40 ETP + frais de fonctionnement)
- Plateforme numérique (ordre du jour public, diffusion en direct, consultation citoyenne) : ±1 M€ par an
- Infrastructure de réunion : utilisation des bâtiments existants (la Chambre, l'ancien Sénat)
- Total : ±5 à 6 M€ par an
Économie estimée par rapport à la situation actuelle :
- Suppression du Sénat : -44,6 M€ (dotation 2025)
- Secrétariat et plateforme du Conseil des entités fédérées : +5 à 6 M€
- Économie nette : ±39 à 40 M€ par an et un organe qui fonctionne réellement
Modèle international : Un hybride entre :
- Le Bundesrat allemand : des gouvernements d'entités fédérées avec mandat, vote en bloc par entité fédérée, voix pondérées et droit d'assentiment
- La MPK allemande : concertation régulière des chefs de gouvernement, décisions sans unanimité
- Le Vermittlungsausschuss allemand : commission de médiation en cas d'impasse
- La KdK suisse : secrétariat distinct, transparence, positions publiques
- Pas de veto linguistique : une double majorité des voix et des entités fédérées à la place de majorités par groupe linguistique ; les cinq entités fédérées flamandes et les sept autres ont chacune besoin d'un partenaire
Trajet de mise en œuvre :
- Première année : poser la base constitutionnelle. Le Conseil des entités fédérées figure dans la Constitution HART elle-même, avec sa composition, ses voix, sa prise de décision et son droit d'assentiment (art. 35) ; la révision suit l'art. 63 : deux tiers à la Chambre, puis un vote citoyen obligatoire
- Deuxième année : loi fédérale, avec l'accord du Conseil des entités fédérées là où l'art. 35 l'exige : suppression du Comité de concertation et des conférences interministérielles, secrétariat, commission de médiation et publicité des réunions
- Troisième année : opérationnalisation : recrutement du secrétariat, mise en place des groupes de travail sectoriels, construction de la plateforme numérique
- Aux prochaines élections fédérales : pleinement opérationnel. La nouvelle Chambre et le nouveau Conseil des entités fédérées démarrent ensemble
Modifications légales requises :
- Révision de la Constitution selon l'art. 63 de la Constitution HART : les articles 36, 56, 67-73 (Sénat → Conseil des entités fédérées, art. 35), 77-78 (procédure bicamérale → procédure d'assentiment du Conseil avec commission de médiation) et 143 (conflits d'intérêts, rôle d'avis du Sénat → Conseil) de la Constitution actuelle sont abrogés ; le Conseil reçoit aussi son rôle en Europe (art. 59 à 61) et auprès de la Cour constitutionnelle (art. 48 et 49)
- Loi fédérale (avec l'accord du Conseil des entités fédérées là où l'art. 35 l'exige) : fonctionnement du Conseil, son secrétariat et la commission de médiation, en remplacement des dispositions pertinentes de la loi ordinaire du 9 août 1980
- Lois fédérales : adaptation des procédures relatives aux accords entre pouvoirs publics (art. 32), aux différends et à la détermination des positions à l'UE (art. 59)
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
Conseil des entités fédérées : nouveau La Belgique a six gouvernements qui travaillent côte à côte au lieu de travailler ensemble. HART remplace le Sénat, le Comité de concertation et les conférences interministérielles par le Conseil des entités fédérées : les douze gouvernements des entités fédérées y décident à la majorité, sans veto linguistique, et approuvent les lois fédérales qui touchent à leurs compétences ou à leur argent. Ouvert, mensuel, avec une médiation puis la Chambre aux deux tiers en cas de blocage, et une consultation citoyenne numérique obligatoire avant chaque décision qui touche les entités fédérées.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
La coordination entre les gouvernements belges passe par le Comité de concertation. Un organe que vous ne connaissez pas, et c'est précisément le problème. Le Comité de concertation se compose du Premier ministre, des ministres-présidents et de quelques ministres. Il devrait se réunir chaque mois, mais se réunit quand cela l'arrange, à huis clos, sans ordre du jour public ni procès-verbal. Il décide par consensus, ce qui signifie que chaque gouvernement peut bloquer chaque décision. S'ils ne s'entendent pas, il n'y a pas d'étape suivante : pas d'arbitrage, pas de délai avec des dents, pas de décision judiciaire. Le conflit subsiste tout simplement.
À côté de cela existent plus de vingt conférences interministérielles (21 en 2025) : des organes de concertation sectoriels pour la santé, l'environnement, l'énergie et ainsi de suite. Elles n'ont aucun pouvoir de décision contraignant et aucun personnel propre. Parmi les 24 conférences qui existaient entre 2019 et 2023, cinq ne se sont réunies aucune fois en presque quatre ans. Tout le système tourne à la bonne volonté. Quand celle-ci n'est pas là, et dans un pays traversé par une ligne de fracture communautaire c'est régulièrement le cas, il ne se passe rien.
Le Sénat était jadis conçu comme le lieu de rencontre parlementaire des entités fédérées, mais cette fonction a depuis longtemps été reprise par le Comité de concertation. Le Sénat a coûté 44,6 millions d'euros en 2025, pour en moyenne ±20 heures de séance plénière par an. HART supprime le Sénat, mais voit aussi un danger : si vous supprimez le Sénat sans mettre à sa place une véritable chambre des entités fédérées, vous remplacez une coquille vide par un vide.
Ce qui ne va pas
Le problème central est double. Premièrement : aucune transparence. Le citoyen ne peut pas voir qui décide quoi au sein du Comité de concertation. Pour un organe doté d'autant de pouvoir de fait, c'est démocratiquement inacceptable. Deuxièmement : aucune capacité d'action. Une prise de décision par consensus dans un pays qui compte six gouvernements de part et d'autre d'une frontière linguistique mène à la paralysie. Pendant le COVID-19, le Comité de concertation s'est soudain révélé capable de fonctionner comme organe de décision, mais seulement sous une pression temporelle extrême, sans cadre légal adapté et sans contrôle parlementaire. C'était de la gestion de crise à la belge : de l'improvisation qui fonctionne jusqu'au moment où elle ne fonctionne plus.
Les accords de coopération, les engagements contraignants entre les entités, prennent des années à conclure. Les règles européennes sur le filtrage des investissements étrangers s'appliquent depuis octobre 2020 ; l'accord de coopération belge n'est entré en vigueur que le 1er juillet 2023. Pendant presque trois ans, la Belgique n'a eu aucun filtrage interfédéral.
Et si une entité porte atteinte aux intérêts d'une autre ? Une procédure de conflit d'intérêts démarre : 60 jours de concertation, un avis du Sénat et 30 jours au Comité de concertation, qui ne décide qu'au consensus. Aucune sanction n'est attachée au dépassement des délais, et il n'existe aucun mécanisme de déblocage si la médiation échoue. Le conflit reste tout simplement en plan.
Comment cela fonctionne ailleurs
L'Allemagne combine deux organes qui font ensemble ce que la Belgique n'arrive pas à faire. Le Bundesrat est un organe constitutionnel : les 16 gouvernements des entités fédérées y envoient des représentants qui votent en bloc par entité fédérée, sur instruction de leur gouvernement. Pour plus d'un tiers des lois fédérales (34,7 % en 2021-2025), le Bundesrat a un droit d'assentiment : sans un « oui » du Bundesrat, une telle loi n'est pas adoptée. En cas de désaccord, il existe une commission de médiation (Vermittlungsausschuss) où les deux chambres sont représentées à parts égales. Le Bundesrat dispose de son propre secrétariat d'environ 200 membres du personnel et a coûté 38,5 millions d'euros en 2025 : moins que le Sénat belge, mais avec un rendement multiple. HART reprend cette logique : des gouvernements avec mandat, avec un droit d'assentiment et une commission de médiation.
À côté de cela, les 16 ministres-présidents se réunissent quatre fois par an au sein de la Ministerpräsidentenkonferenz (MPK) : pour la coordination horizontale et les positions communes. La MPK décide avec au moins 13 voix sur 16, pas à l'unanimité. La présidence est assurée par rotation annuelle. Sous la MPK fonctionnent une vingtaine de conférences ministérielles sectorielles dotées d'une structure et d'une cadence de réunion fixes.
La Suisse a opté en 1993 pour la Conférence des gouvernements cantonaux (KdK) : un organe distinct doté de son propre secrétariat, qui représente les 26 cantons face au niveau fédéral. Une position de la KdK requiert le soutien de 18 des 26 cantons. La recherche montre une répartition claire des tâches : la KdK exerce l'influence verticale (cantons → fédéral), les conférences sectorielles assurent la coordination horizontale (entre cantons).
En Autriche, la Landeshauptleutekonferenz est informelle, absente de la Constitution, mais dotée d'un bureau de liaison permanent depuis 1951. Elle est considérée comme « l'organe de gouvernance le plus puissant des entités fédérées », plus puissante que le Bundesrat formel, considéré comme édenté.
Ce que HART propose
Le Conseil des entités fédérées : ancré dans la Constitution (art. 35 de la Constitution HART), pas informel. Il remplace le Sénat, le Comité de concertation et les conférences interministérielles. Les douze gouvernements des entités fédérées forment le Conseil : chaque entité fédérée est représentée par le président de son gouvernement et le ministre sectoriel par point de l'ordre du jour. Le gouvernement fédéral y siège sans voix.
Droit d'assentiment, avec médiation. Le Conseil approuve les lois fédérales qui touchent aux compétences ou aux finances des entités fédérées. S'il refuse, une commission de médiation de la Chambre et du Conseil cherche un accord dans les soixante jours (sur le modèle du Vermittlungsausschuss allemand) ; si cela échoue, la Chambre décide aux deux tiers, sans majorités de groupes linguistiques. Sur la péréquation, les liens fiscaux, les bases communes, une exécution fédérale dans un domaine concurrent et le déplacement d'une compétence, le Conseil garde toujours le dernier mot.
La majorité à la place du consensus. Chaque entité fédérée a 2 voix plus 1 par tranche complète de 500.000 habitants, soit 42 au total, et vote de manière uniforme. Une décision requiert au moins 22 voix et 7 entités fédérées. Les cinq entités fédérées flamandes ont 21 voix, les sept autres ensemble également 21 : aucun des deux côtés ne décide seul, et comme cinq entités fédérées peuvent déjà réunir 22 voix, quelques grandes entités fédérées ne décident jamais seules non plus. Cela évite la paralysie qui caractérise le système actuel, sans veto linguistique.
Une seule voix belge en Europe. Lorsqu'un dossier de l'UE relève principalement d'une compétence des entités fédérées, le Conseil fixe la position belge à la majorité, et sans majorité le gouvernement fédéral. Un ministre fédéral s'exprime, un ministre d'une entité fédérée fait partie de la délégation (art. 59). Plus d'abstention parce que les gouvernements ne sont pas d'accord.
Secrétariat permanent (±30-40 membres du personnel) : préparation de l'ordre du jour, analyse des dossiers, suivi des accords entre pouvoirs publics. Hébergé dans l'ancien bâtiment du Sénat.
Transparence totale. Réunions publiques, diffusion en direct, publication des procès-verbaux et des résultats des votes dans les 48 heures. Reddition de comptes continue à tous les parlements via la reddition de comptes numérique permanente.
Les conférences interministérielles disparaissent : les ministres sectoriels se concertent au sein du Conseil, préparés dans des groupes de travail sectoriels avec une cadence de réunion fixe, un mandat propre et une obligation de rapportage.
Consultation citoyenne numérique obligatoire avant chaque décision du Conseil qui touche des compétences des entités fédérées. Via la plateforme numérique de participation (voir le chapitre HART Administration numérique, Position 9), les citoyens peuvent introduire des positions, des arguments et des alternatives. Le Conseil est obligé de publier une réponse motivée aux propositions les plus soutenues. Cela répond au risque qu'un organe de concertation purement exécutif soit structurellement plus difficile à décrypter qu'un débat parlementaire, et intègre un contrepoids participatif sans miner la capacité d'action de l'exécutif. Sur le modèle taïwanais Join.
Analyse d'impact scientifique et auprès des parties prenantes obligatoire avant chaque décision du Conseil ayant un impact budgétaire ou sociétal. Deux composantes. Premièrement : le Bureau du Plan/CPB belge renforcé (voir le chapitre HART Pouvoirs publics, Position 9) fournit pour chaque point de l'ordre du jour une analyse d'impact indépendante, en amont, pas après coup. Sur le modèle suédois du « remiss », où chaque modification législative est obligatoirement soumise aux institutions scientifiques et aux parties prenantes concernées avant son examen au parlement. Deuxièmement : les partenaires sociaux et les organes consultatifs concernés (le CNT pour le marché du travail, le CCE pour l'économie, le Conseil Supérieur de la Santé pour la santé, etc.) reçoivent un droit d'avis formel assorti d'une obligation de traitement. Le Conseil doit répondre de manière motivée à chaque avis et le publier, exactement comme pour la consultation citoyenne. Il ne s'agit pas d'un nouvel organe mais d'un couplage obligatoire de l'expertise existante à la nouvelle structure de décision. Ce qui change : dans le système actuel, les avis sont sans engagement et restent souvent sans suite. Dans le modèle du Conseil, ils sont structurellement intégrés à la phase de décision, pas à la phase de mise en œuvre. Ainsi, les scientifiques et les parties prenantes sont associés à l'élaboration de la décision, et pas seulement lorsque la décision est déjà prise.
Ce que cela rapporte
- 39 à 40 millions d'euros par an d'économie nette : le Sénat a coûté 44,6 M€ (2025), le secrétariat et la plateforme du Conseil des entités fédérées ±5 à 6 M€
- Un seul organe au lieu de trois : fini le Sénat, le Comité de concertation et plus de vingt CIM éparses ; un seul organe transparent avec de vraies dents
- Le déblocage au lieu de la paralysie : des décisions à une majorité des voix et des entités fédérées à la place du consensus, sans veto linguistique, une commission de médiation en cas de refus, des délais contraignants
- Contrôle démocratique : le citoyen peut pour la première fois voir comment les gouvernements belges coopèrent. Ou justement pas
- Une représentation efficace à l'UE : un organe ancré dans la Constitution qui fixe la position belge pour les compétences des entités fédérées publiquement et à la majorité (art. 59), à la place d'une coordination administrative sans reddition de comptes et d'une abstention faute d'accord
- Un signal : la Belgique peut se réformer elle-même. Pas en supprimant des institutions en espérant que cela marche, mais en les remplaçant par quelque chose qui fonctionne.
Phase 5 : sources
| # | Source | URL | Date | Utilisé pour |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Loi ordinaire du 9 août 1980 de réformes institutionnelles, articles 31 et 31/1 | https://www.jurion.fanc.fgov.be/jurdb-consult/plainWettekstServlet?wettekstId=831&lang=nl | 1980 (coordonnée) | Base juridique et composition du Comité de concertation, « point central de concertation, de coopération et de coordination » |
| 2 | Constitution belge (texte coordonné, Sénat) | https://www.senate.be/doc/const_nl.html | 2026 | Article 143 (conflits d'intérêts, rôle d'avis du Sénat) ; article 141 (conflits de compétence, pas le Comité de concertation) ; les articles du Sénat à réviser (36, 56, 67-73, 77-78, 195) |
| 3 | Wikipedia. Overlegcomité | https://nl.wikipedia.org/wiki/Overlegcomit%C3%A9 | 2024 | Composition, double parité, prise de décision par consensus |
| 4 | Vlaams Parlement. Conflicten tussen overheden in België en hoe die voorkomen of opgelost worden | https://www.vlaamsparlement.be/nl/over-ons/conflicten-tussen-overheden-belgie-en-hoe-die-voorkomen-opgelost-worden | 2024 | Procédure de conflit d'intérêts : majorité des trois quarts, avis du Sénat, 30 jours au Comité de concertation |
| 5 | Wikipedia. Belangenconflict (Belgisch staatsrecht) | https://nl.wikipedia.org/wiki/Belangenconflict_(Belgisch_staatsrecht) | 2024 | Procédure des conflits d'intérêts : 60 jours de concertation, 30 jours au Sénat, 30 jours au Comité de concertation, pas de sanction |
| 6 | Vlaams Parlement. Schriftelijke vraag nr. 473 (29 april 2025) over de evaluatie van het Overlegcomité, met antwoord van de minister-president | https://docs.vlaamsparlement.be/files/pfile?id=2176902 | 2025 | Réunion mensuelle selon le règlement d'ordre intérieur, non atteinte ; trois réunions depuis septembre 2024 ; 21 CIM approuvées le 21 mai 2025 |
| 7 | Vlaams Parlement. Overzicht en evaluatie van de interministeriële conferenties van 2 oktober 2019 tot 18 augustus 2023 (bijlage bij schriftelijke vraag) | https://docs.vlaamsparlement.be/pfile?id=1991652 | 2023 | 24 CIM en 2019-2023, dont cinq ne se sont pas réunies |
| 8 | SPF Chancellerie du Premier Ministre. Algemene directie Secretariaten en Coördinatie | https://kanselarij.belgium.be/nl/algemene-directie-secretariaten-en-coordinatie/ | 2026 | Secrétariat du Comité de concertation à la Chancellerie, suivi des accords de coopération |
| 9 | Wikipedia. German Bundesrat | https://en.wikipedia.org/wiki/German_Bundesrat | 2024 | Vote en bloc sur instruction du gouvernement de l'entité fédérée, 35 voix sur 69, Vermittlungsausschuss |
| 10 | Bundesrat. Die Arbeit des Bundesrates im Spiegel der Zahlen (Gesamtstatistik, stand 9 mei 2025) | https://www.bundesrat.de/SharedDocs/downloads/DE/statistik/gesamtstatistik.pdf?__blob=publicationFile&v=1 | 2025 | Part des lois d'assentiment : 50,8 % (2002-2005) à 34,7 % (2021-2025) |
| 11 | Bundeshaushaltsplan 2026, Einzelplan 03 Bundesrat | https://www.bundesrat.de/SharedDocs/downloads/DE/sekretariat/Haushalt_Bundesrat_2026.pdf?__blob=publicationFile&v=2 | 2026 | Budget du Bundesrat : 38,5 M€ (2025), 41,0 M€ (2026) |
| 12 | Bundesrat. Sekretariat des Bundesrates | https://www.bundesrat.de/DE/bundesrat/sekretariat/sekretariat-node.html | 2026 | Environ 200 membres du personnel |
| 13 | Wikipedia. Conference of Ministers-President (Duitsland) | https://en.wikipedia.org/wiki/Conference_of_Ministers-President | 2024 | MPK : 4x/an, depuis 2004 au moins 13 voix sur 16, présidence tournante annuelle |
| 14 | Baden-Württemberg. Conference of Minister-Presidents | https://www.baden-wuerttemberg.de/en/government/baden-wuerttemberg-in-the-federation/conference-of-minister-presidents | 2024 | MPK : au moins 4x/an, deux fois avec le chancelier fédéral |
| 15 | Wikipedia. Fachministerkonferenzen der deutschen Länder | https://de.wikipedia.org/wiki/Fachministerkonferenzen_der_deutschen_L%C3%A4nder | 2025 | Une vingtaine de conférences ministérielles sectorielles, secrétariat de la KMK (±200 collaborateurs), décisions le plus souvent unanimes et politiquement contraignantes |
| 16 | Wikipedia. Conference of State Governors (Oostenrijk) | https://en.wikipedia.org/wiki/Conference_of_State_Governors_(Austria) | 2024 | LHK : informelle, unanimité, semestrielle, « most powerful governing institution of the federal states » |
| 17 | Austria-Forum. Landeshauptleutekonferenz; OTS. Verbindungsstelle der Bundesländer wird 50 (15 mei 2001) | https://austria-forum.org/af/AustriaWiki/Landeshauptleutekonferenz ; https://www.ots.at/presseaussendung/OTS_20010515_OTS0235/verbindungsstelle-der-bundeslaender-wird-50-bundesratspraesident-klamt-lobt-hervorragende-zusammenarbeit | 2001-2024 | Verbindungsstelle comme secrétariat de la LHK, en activité depuis mai 1951 ; deux séances fixes par an |
| 18 | SWI swissinfo.ch. Conference of Cantonal Governments | https://www.swissinfo.ch/eng/swiss-politics/conference-of-cantonal-governments/5160776 | 2024 | KdK : créée en 1993, mission |
| 19 | KdK. Plenarversammlung | https://kdk.ch/ueber-uns/plenarversammlung | 2026 | Une position requiert 18 cantons, une voix par canton, 4x/an |
| 20 | Wikipedia. Konferenz der Kantonsregierungen | https://de.wikipedia.org/wiki/Konferenz_der_Kantonsregierungen | 2025 | Secrétariat général confié à la ch Stiftung für eidgenössische Zusammenarbeit |
| 21 | Regional & Federal Studies. Vertical influence or horizontal coordination? The purpose of intergovernmental councils in Switzerland | https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13597566.2017.1368017 | 2017 | Division du travail KdK (vertical) vs. conférences sectorielles (horizontal) |
| 22 | ConstitutionNet. Toward a Unicameral Federalism in Belgium? | https://constitutionnet.org/news/voices/toward-unicameral-federalism-belgium | 2025 | Analyse académique : arguments pour/contre la suppression du Sénat, lacune dans le contrôle intergouvernemental |
| 23 | YJEA. Restoring Bicameralism in Belgium | https://yjea.org/2025/08/14/restoring-bicameralism-in-belgium/ | 2025 | Proposition alternative : rétablissement du bicamérisme, modèle Bundesrat pour la Belgique |
| 24 | Springer. Belgium: Challenges of Dual Federalism for Effective Governance | https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-3-031-83567-4_2 | 2025 | Problèmes structurels de coordination dans le fédéralisme dual belge |
| 25 | Commission européenne. 2025 Country Report Belgium (SWD(2025) 201) | https://economy-finance.ec.europa.eu/economic-surveillance-eu-member-states/country-pages-including-country-reports/country-report-belgium_en | 2025 | Morcellement et manque de coordination efficace entre les niveaux de pouvoir ; coordination budgétaire |
| 26 | PMC/NIH. Explaining Intergovernmental Coordination during the COVID-19 Pandemic | https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8344706/ | 2021 | Comparaison de la coordination de crise : Allemagne, Suisse, Australie, Canada |
| 27 | Springer. Leadership of Peak Intergovernmental Councils: COVID-19 in Germany and Switzerland | https://link.springer.com/chapter/10.1007/978-3-031-83567-4_21 | 2025 | Rôle de la MPK et de la KdK pendant la gestion de crise |
| 28 | SGI Network. Germany Coordination 2024 | https://www.sgi-network.org/2024/Germany/Coordination | 2024 | Évaluation de la coordination intergouvernementale allemande |
| 29 | Swiss Political Science Review. Strength through Weakness: State Executive Power and Federal Reform in Austria | https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/spsr.12017 | 2013 | Comparaison de la LHK autrichienne avec la MPK allemande |
| 30 | Sénat de Belgique. Begrotingsvoorstellen 2025 | https://www.senate.be/web/nl/article/1090/raw | 2025 | Dépenses du Sénat 2025 : 44.609.061 € |
| 31 | Vlaams Belang. Senaat kost per minuut plenair vergaderen 34.075 euro | https://www.vlaamsbelang.org/nieuws/senaat-kost-minuut-plenair-vergaderen-34075-euro | 2024 | 103 heures de séance plénière en 2019-2024 (comptage d'un groupe politique, pas une source officielle) |
| 32 | SPF Économie. Screening buitenlandse investeringen: overzicht 2023-2024 | https://news.economie.fgov.be/241793-screening-buitenlandse-investeringen-overzicht-2023-2024/ | 2024 | Accord de coopération du 30 novembre 2022, filtrage applicable depuis le 1er juillet 2023 |
| 33 | Commission européenne. Investment screening | https://policy.trade.ec.europa.eu/enforcement-and-protection/investment-screening_en | 2025 | Règlement (UE) 2019/452 applicable depuis le 11 octobre 2020 |
| 34 | Vlaams Parlement. Het Belgische systeem en de Europese ministerraden | https://www.vlaamsparlement.be/nl/over-ons/het-belgische-systeem-en-de-europese-ministerraden | 2024 | Accord de coopération du 8 mars 1994, coordination préalable, abstention sans accord |
- Révisé : 2026-09-27 (fact-check : chiffres, sources, formulation intemporelle)