INASTI (Institut national d'assurances sociales pour travailleurs indépendants) : audit
Date : 2026-03-29 Statut : 🟠 Réformé : intégration dans un seul institut de sécurité sociale Catégorie : parastataux de la sécurité sociale
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Nom officiel : Institut national d'assurances sociales pour travailleurs indépendants (INASTI) / Rijksinstituut voor de Sociale Verzekeringen der Zelfstandigen (RSVZ)
Base juridique : arrêté royal n° 38 du 27 juillet 1967 organisant le statut social des travailleurs indépendants, complété par l'AR n° 74 du 10 novembre 1967 et par la loi du 21 décembre 1970 portant création d'un Institut national d'assurances sociales pour travailleurs indépendants. Arrêtés d'exécution : AR du 19 décembre 1967 (Règlement général).
Date de création : 1er janvier 1971 (loi du 21 décembre 1970). Le statut social des travailleurs indépendants lui-même date de 1967 (AR n° 38).
Niveau de pouvoir : fédéral. L'INASTI est une institution publique fédérale de sécurité sociale (IPSS), sous la tutelle du ministre compétent pour les Indépendants.
Personnel : environ 800 collaborateurs (SPF Sécurité sociale ; werkenvoor.be), avec un siège à Bruxelles et des bureaux régionaux. Masse salariale : 66,9 millions d'euros (2023, Cour des comptes).
Implantation : Quai de Willebroeck 35, 1000 Bruxelles
Organe de gestion : le Comité général de gestion pour le statut social des travailleurs indépendants (CGG) est l'organe d'avis et de gestion du régime : il rend des avis et exerce, avec le ministre des Indépendants, l'autorité sur la gestion financière globale. Il compte 12 membres avec voix délibérative : des représentants des organisations d'indépendants et d'agriculteurs, des ministres concernés et de l'administration. L'INASTI assure le secrétariat du CGG.
Contrat d'administration : l'INASTI travaille avec un contrat d'administration conclu avec l'État fédéral ; le sixième a couru de 2022 à 2025.
Public : 1.327.994 indépendants affiliés (31 décembre 2025), dont :
- 820.978 à titre principal
- 352.517 à titre complémentaire
- 154.499 actifs après l'âge de la pension (première baisse en 22 ans, après le relèvement de l'âge de la pension à 66 ans en 2025)
- Par région linguistique : 62,1 % en région de langue néerlandaise (825.267), 26,9 % en région de langue française et de langue allemande (357.841), 9,7 % à Bruxelles (129.372) ; les 15.514 autres résident à l'étranger
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales :
- Gestion financière globale (GFG) : toutes les cotisations des indépendants sont centralisées à l'INASTI, puis réparties entre les différents secteurs du statut social (pensions, soins de santé, incapacité de travail ; les allocations familiales relèvent depuis la sixième réforme de l'État de la compétence des entités fédérées).
- Caisse nationale auxiliaire : l'INASTI gère sa propre caisse d'assurances sociales, la Caisse nationale auxiliaire, pour les indépendants qui ne s'affilient pas à une caisse privée. Qui ne s'affilie pas dans le délai légal est affilié d'office à la Caisse nationale auxiliaire.
- Pensions : l'INASTI calcule et octroie les pensions des indépendants ; le Service fédéral des Pensions les verse.
- Secrétariat du CGG : l'INASTI offre un appui administratif et juridique au Comité général de gestion.
- Service des dispenses de cotisations (DVR) : traite les demandes des indépendants qui, en raison de difficultés financières ou économiques, sollicitent une dispense de leurs cotisations sociales.
- Direction Concurrence loyale (ECL) : contrôle l'affiliation des indépendants et des sociétés ainsi que leurs droits, et combat la fraude sociale telle que les affiliations fictives, les faux indépendants et les non-affiliations.
- Réglementation et avis : l'INASTI prépare la législation et rend des avis sur le statut social des travailleurs indépendants.
Chevauchements avec d'autres institutions :
- ONSS (Office national de sécurité sociale) : l'ONSS gère la gestion financière globale pour les salariés. L'INASTI fait la même chose pour les indépendants. Deux systèmes parallèles avec des administrations, des plateformes informatiques et des flux de financement séparés.
- 8 caisses d'assurances sociales privées agréées (Group S, Xerius, Liantis, Partena, Acerta, Securex Integrity, Avixi et la caisse de l'UCM) : des organismes privés qui perçoivent les cotisations, traitent les dossiers et versent certaines prestations, comme le droit passerelle. Elles facturent des frais de gestion en plus des cotisations. L'INASTI centralise ensuite les flux financiers.
- SFP (Service fédéral des Pensions) : paie les pensions des indépendants, après que l'INASTI les a calculées et octroyées. L'INASTI les finance via sa gestion globale.
- INAMI : gère l'assurance maladie. Aussi pour les indépendants, financée via l'INASTI.
- BCSS (Banque Carrefour de la Sécurité sociale) : échange de données.
Taux de cotisation à titre principal (2026, hors frais de gestion) :
- Jusqu'à 75.024,54 € de revenu professionnel net imposable : 20,50 %
- De 75.024,54 € à 110.562,42 € : 14,16 %
- Au-delà de 110.562,42 € : pas de cotisation (plafond)
- Cotisation minimale à titre principal : 890,42 € par trimestre (sur un revenu minimum de 17.374,08 €) ; cotisation maximale 5.103,05 € par trimestre
- Les cotisations provisoires sont calculées sur le revenu d'il y a trois ans, puis régularisées sur le revenu de l'année elle-même (depuis 2015).
Poids financier : le régime des indépendants est bien plus petit que le régime des salariés. La gestion globale des salariés a financé 97,6 milliards d'euros de besoins (ONSS, 2025). La gestion globale des indépendants a versé 6,5 milliards d'euros de prestations (2024), surtout des pensions (5,6 milliards d'euros). Elle a reçu en 2024 5,6 milliards d'euros de cotisations, 3,7 milliards d'euros de financement alternatif issu des impôts et, en plus, une dotation de l'État (Cour des comptes).
Indicateurs de performance : l'INASTI travaille avec un contrat d'administration qui contient des KPI, mais les résultats ne sont pas accessibles publiquement sous une forme détaillée.
1C. Comparaison internationale
Pays-Bas :
- Pas d'institut distinct pour les indépendants. La SVB (Sociale Verzekeringsbank) gère les assurances nationales (AOW, allocations familiales) pour tout le monde, salariés et indépendants. L'UWV gère les assurances des travailleurs salariés.
- Les ZZP'ers (indépendants sans personnel) ne sont pas assurés obligatoirement contre l'incapacité de travail ou le chômage. Ils paient les primes des assurances nationales via l'impôt sur les revenus.
- Conséquence : pas de bureaucratie distincte pour les indépendants, mais aussi un trou dans la protection. Une proposition de loi instaurant une assurance de base obligatoire contre l'incapacité de travail pour les indépendants a été déposée en 2026 à la Seconde Chambre néerlandaise.
- Gain d'efficience : une seule SVB pour toutes les assurances nationales = moins de frais de structure, moins de doublons.
Allemagne :
- Les indépendants ne sont en principe pas assurés obligatoirement dans l'assurance pension et l'assurance chômage légales (sauf certains groupes professionnels). Une assurance maladie est en revanche obligatoire, publique ou privée.
- Exception : la Künstlersozialkasse (KSK) pour les artistes et les publicistes. Ils paient eux-mêmes la moitié de leurs cotisations pour l'assurance maladie, la pension et l'assurance soins de longue durée ; la KSK paie l'autre moitié, financée par un prélèvement sur les entreprises qui recourent aux artistes et aux publicistes (30 %) et par une subvention fédérale (20 %).
- La Rentenversicherung (pension) est obligatoire pour certaines catégories d'indépendants (enseignants, infirmiers, artisans).
- Pas d'institut central pour tous les indépendants : c'est morcelé par groupe professionnel.
Suisse :
- Les indépendants sont assurés obligatoirement dans l'AVS (vieillesse/survivants), l'AI (invalidité) et les APG (perte de gain).
- Inscription auprès de la caisse de compensation cantonale (Ausgleichskasse) ou auprès de la caisse de compensation d'une association professionnelle.
- Taux de cotisation : 10,0 % du revenu (AVS 8,1 %, AI 1,4 %, APG 0,5 %), dégressif pour les revenus plus faibles (2026).
- Pas d'institut distinct. Les caisses de compensation existantes traitent les salariés et les indépendants.
- Efficace : un seul système, pas de bureaucratie parallèle.
Danemark :
- Pas de système distinct pour les indépendants. La sécurité sociale est gérée par les communes (aide sociale) et par Udbetaling Danmark (prestations).
- Les indépendants paient des impôts qui financent les prestations sociales. Pas de système de cotisation distinct.
- Très efficient et numérique : presque tout se fait automatiquement via le système fiscal.
Suède :
- Försäkringskassan gère les assurances sociales pour tout le monde, salariés et indépendants.
- Un seul institut, aucune distinction dans le traitement administratif.
- Les indépendants paient leurs egenavgifter (cotisations propres, 28,97 % en 2026) via leur déclaration fiscale auprès de l'administration fiscale Skatteverket. Il n'y a pas de caisse distincte comme intermédiaire.
France :
- La France avait jusqu'en 2018 un régime distinct pour les indépendants, le RSI (Régime social des indépendants). Il a été supprimé le 1er janvier 2018 ; après une transition de deux ans, les indépendants relèvent du régime général (URSSAF pour les cotisations, les caisses ordinaires d'assurance maladie et de pension).
Autriche :
- L'Autriche a bien une institution distincte : la SVS (Sozialversicherungsanstalt der Selbständigen), fusion depuis le 1er janvier 2020 des caisses des commerçants (SVA) et des agriculteurs (SVB), dans le cadre d'une réforme faisant passer de 21 à 5 les institutions de sécurité sociale.
Conclusion de la comparaison internationale : la Belgique est, avec entre autres l'Autriche (SVS), l'un des rares pays européens à disposer d'un institut entièrement distinct pour la sécurité sociale des indépendants. Aux Pays-Bas, en Suisse, au Danemark et en Suède, les indépendants sont intégrés dans le système général, et la France a supprimé son régime distinct en 2018. Cela produit moins de frais de structure, moins de doublons de systèmes informatiques, et un paysage plus simple.
1D. Problèmes et critiques
Bureaucratie parallèle : l'INASTI (environ 800 collaborateurs) existe à côté de l'ONSS (1.668 collaborateurs en 2025) avec largement la même fonction : centraliser les cotisations, gérer les flux financiers et les répartir entre les organismes d'exécution. Deux plateformes informatiques séparées, deux systèmes comptables séparés, deux lignes de reporting séparées.
Une couche intermédiaire que l'indépendant voit à peine : pour la plupart des indépendants, tout le contact passe par leur caisse d'assurances sociales. Les cotisations sont en grande partie perçues par 8 caisses d'assurances sociales privées. L'INASTI calcule et octroie les pensions, mais le SFP les paie. L'assurance maladie passe par l'INAMI et les mutualités. En dehors de la Caisse nationale auxiliaire et du dossier de pension, l'INASTI est en substance une courroie de transmission financière dotée d'un rôle de régulation.
8 caisses privées + 1 caisse publique : le morcellement entre 8 caisses d'assurances sociales privées agréées (Acerta, Liantis, Xerius, Partena, Securex Integrity et d'autres) plus la Caisse nationale auxiliaire entraîne des frais de marketing, des frais de gestion et une concurrence qui n'apporte aucune plus-value à l'indépendant : les droits sociaux sont les mêmes à chaque caisse. Les caisses font largement la même chose : calculer, percevoir et reverser les cotisations à l'INASTI. L'indépendant paie pour cela des frais de gestion en plus de ses cotisations.
Numérisation sans intégration : le CGG a soutenu en 2023 (avis 2023/08) le projet de numérisation de l'INASTI dans le cadre de la stratégie plus large E-gov 3.0, avec des moyens européens de relance : une « banque de données centrale et une plateforme de données de sécurité sociale pour les indépendants ». Le CGG a posé comme condition que le projet ne remette pas en question la spécificité des régimes distincts et n'amorce pas d'unification des statuts. Le projet vise donc une plateforme distincte pour les indépendants ; les systèmes de l'INASTI et de l'ONSS restent séparés.
Transparence limitée : le contrat d'administration contient des KPI, mais ceux-ci ne sont pas disponibles publiquement dans le détail. Le rapport annuel de l'INASTI (dernier en date : 2025) porte sur la législation et la jurisprudence, pas sur les performances opérationnelles, la satisfaction des clients ou l'efficience. La Cour des comptes a constaté que 1,55 milliard d'euros de cotisations pas encore perçues (fin 2023) ne figurent pas dans les comptes annuels de l'INASTI ; la certification des comptes ne démarre qu'avec l'exercice 2025.
Pas de contrôle démocratique par le parlement : la gestion financière globale est pilotée par le CGG (représentants des organisations d'indépendants, des ministres concernés et de l'administration) avec le ministre des Indépendants, et l'INASTI se trouve sous tutelle ministérielle. Le contrôle parlementaire est indirect et limité.
Coûts en hausse, vieillissement : le nombre de pensionnés du régime des indépendants est passé de 611.342 (1er janvier 2024) à 628.027 (1er janvier 2025). Les pensions des indépendants ont coûté 5,6 milliards d'euros en 2024. Les cotisations ne couvrent pas le régime : la gestion globale des indépendants repose pour une grande part sur le financement alternatif issu des impôts (3,7 milliards d'euros en 2024) et sur une dotation de l'État.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ | La perception des cotisations et le traitement des dossiers se font déjà de manière décentralisée via 8 caisses privées et la Caisse nationale auxiliaire. L'INASTI s'y ajoute comme couche intermédiaire centralisatrice. La question est de savoir si cette couche est nécessaire, ou si l'ONSS pourrait tout aussi bien assumer cette fonction. |
| 2 | Transparence | ❌ | Le citoyen sait à peine ce que fait l'INASTI. L'interaction passe par la caisse d'assurances sociales, pas par l'INASTI. Les données financières sur le régime sont difficiles à trouver et ne sont pas présentées de manière standardisée. |
| 3 | Responsabilité = financement | ⚠️ | L'INASTI ne perçoit lui-même que via la Caisse nationale auxiliaire ; les caisses privées perçoivent le reste. L'INASTI le répartit. La chaîne cotisation → caisse → INASTI → SFP/INAMI est longue et les responsabilités sont diffuses. Qui est responsable en cas de déficit ? |
| 4 | Simplicité | ❌ | INASTI + ONSS + 8 caisses privées + Caisse nationale auxiliaire + SFP + INAMI + BCSS = une toile opaque. Un jeune de 16 ans (ou un entrepreneur de 40 ans) ne peut pas expliquer ce système. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ | Environ 800 collaborateurs pour 1,3 million d'indépendants est en soi praticable. Mais l'ONSS gère un système comparable pour les salariés avec 1.668 collaborateurs, pour un volume financier bien plus important (97,6 Mds € de besoins financés en 2025). Une fusion produirait des avantages d'échelle. |
| 6 | Compétences concurrentes | ✅ | Sans objet. Il s'agit d'une matière fédérale qui doit rester fédérale (la sécurité sociale). |
| 7 | Orientation résultats | ❌ | Des KPI existent via le contrat d'administration, mais ils ne sont pas disponibles publiquement sous une forme détaillée. Il n'y a aucune reddition de comptes publique sur les délais de traitement, la satisfaction des clients ou le coût par dossier. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ | L'INASTI construit sa propre plateforme de données (dans le cadre d'E-gov 3.0), mais les systèmes de l'INASTI et de l'ONSS restent séparés. Le principe once only n'est pas réalisé : les indépendants qui travaillent aussi comme salariés ont affaire à deux systèmes séparés. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | Peu de pays comparables ont un institut distinct pour la sécurité sociale des indépendants ; l'Autriche (SVS) en est un. Aux Pays-Bas, en Suisse, en Suède et au Danemark, les indépendants sont intégrés dans le système général, et la France a supprimé son régime distinct (RSI) en 2018. Le modèle belge est une exception au niveau international. |
Synthèse : 1× ✅, 4× ⚠️, 4× ❌. Principaux gains : simplicité (fusionner l'INASTI et l'ONSS), transparence (des KPI et un reporting financier publics), et éprouvé à l'étranger (rejoindre le modèle universel).
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé : l'INASTI est intégré dans un seul Office national de sécurité sociale, fusion de l'ONSS, de l'INASTI, de l'ONVA et de Fedris. La réglementation spécifique aux indépendants (taux de cotisation, plafonds, droits sociaux) est maintenue, mais l'administration est fusionnée.
3B. Proposition concrète
Ce qui change :
- L'INASTI est supprimé comme institution distincte et intégré dans l'Office national de sécurité sociale (fusion de l'ONSS, de l'INASTI, de l'ONVA et de Fedris), avec informatique, RH et bureaux partagés.
- La gestion financière globale des salariés et celle des indépendants sont fusionnées. Un seul pot, avec une séparation interne par statut là où c'est nécessaire.
- Les indépendants paient une cotisation sociale intégrée unique via leur déclaration fiscale, sans affiliation obligatoire à une caisse d'assurances sociales distincte. L'Office perçoit et répartit. Les cotisations provisoires sont basées sur le revenu de l'année en cours, et non sur celui d'il y a trois ans.
- La Caisse nationale auxiliaire est intégrée dans l'Office. Les prestations que versent les caisses, comme le droit passerelle, passent à l'Office. Le calcul et l'octroi des pensions des indépendants passent au Service fédéral des Pensions, qui les verse déjà.
- Une seule plateforme numérique pour toute la sécurité sociale, pour les salariés et les indépendants. Un seul login, un seul aperçu, un guichet unique.
Vers quel niveau : reste fédéral.
Modèle international : la Suède (Försäkringskassan : une seule institution pour tout le monde, cotisations via la déclaration fiscale), la Suisse (Ausgleichskassen : les mêmes caisses pour les salariés et les indépendants), le Danemark (Udbetaling Danmark : organisme central de paiement des prestations), la France (suppression du régime distinct RSI en 2018).
Gain d'efficience estimé :
- Économie de personnel par la mise en commun des frais de structure (informatique, RH, management, immobilier) : estimation de 10-15 % du personnel de l'INASTI, soit environ 80-120 ETP. Cela représente environ 7-10 millions d'euros par an de frais de personnel (masse salariale de l'INASTI : 66,9 millions d'euros en 2023). Ce gain fait partie de l'économie de l'Office national de sécurité sociale dans son ensemble (estimée à 50-100 millions d'euros par an, voir l'audit du SPF Sécurité sociale) et ne compte pas séparément.
- Intégration des systèmes informatiques : investissement unique, économie structurelle sur les licences, la maintenance et le développement en double.
- Les indépendants ne paient plus de frais de gestion à une caisse en plus de leurs cotisations. C'est un gain pour l'indépendant, pas une économie dans le budget.
- Meilleure qualité des données grâce à une seule banque de données pour les salariés et les indépendants (pertinent pour les statuts mixtes).
Trajet de mise en œuvre :
- Année 1-2 : cadre légal : adaptation de l'AR n° 38 et des lois organiques de l'ONSS et de l'INASTI. Loi de fusion. Base légale pour la perception des cotisations sociales des indépendants par l'Office, calculées sur la déclaration fiscale.
- Année 2-3 : intégration informatique : migration des systèmes de l'INASTI vers la plateforme de l'Office.
- Année 3-4 : intégration organisationnelle : transfert du personnel, fusion du back-office, passage des caisses à la perception par l'Office.
- Année 4-5 : intégration opérationnelle complète. Un seul guichet, une seule plateforme.
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
INASTI (Institut national d'assurances sociales pour travailleurs indépendants) : Réformé
L'INASTI est intégré dans un seul Office national de sécurité sociale. Les indépendants paient leur cotisation sociale à l'Office, calculée sur leur déclaration fiscale, sans caisse d'assurances sociales distincte. Les indépendants et les salariés méritent la même administration professionnelle, sans double bureaucratie.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
L'INASTI gère la sécurité sociale de 1,33 million d'indépendants en Belgique (fin 2025). Il a été créé en 1971 et compte environ 800 collaborateurs, avec un siège à Bruxelles. Les indépendants doivent s'affilier à l'une des 8 caisses d'assurances sociales privées agréées (Acerta, Liantis, Xerius, Partena et d'autres) ou à la Caisse nationale auxiliaire de l'INASTI. Ils paient leurs cotisations sociales (20,50 % de leur revenu net imposable, avec un plafond) plus des frais de gestion pour la caisse. Les cotisations provisoires sont basées sur le revenu d'il y a trois ans. Les caisses reversent les cotisations à l'INASTI, qui centralise l'argent et le répartit entre les pensions, l'assurance maladie (INAMI) et les autres branches de la sécurité sociale. L'INASTI calcule les pensions des indépendants ; le Service fédéral des Pensions les verse.
Ce qui ne va pas
La Belgique est l'un des rares pays européens à avoir un institut entièrement distinct pour la sécurité sociale des indépendants. À côté de l'INASTI (environ 800 collaborateurs, pour les indépendants) existe l'ONSS (1.668 collaborateurs en 2025, pour les salariés), avec largement la même fonction : centraliser les cotisations et les répartir entre les mêmes organismes d'exécution (SFP, INAMI). Deux systèmes informatiques séparés, deux systèmes comptables séparés, deux structures de management. Celui qui est à la fois salarié et indépendant (un groupe qui grandit : 352.517 indépendants à titre complémentaire fin 2025) a affaire à deux systèmes parallèles. Pour la plupart des indépendants, tout le contact passe par la caisse d'assurances sociales ou par la mutualité ; ils voient à peine l'INASTI. Entre les deux se trouvent 8 caisses privées qui font largement la même chose et facturent chacune des frais de gestion, alors que les droits sociaux sont partout les mêmes. En dehors de la Caisse nationale auxiliaire et du dossier de pension, l'INASTI est en substance une courroie de transmission financière dotée d'un rôle de régulation. Entre-temps, les indicateurs de performance du contrat d'administration ne sont pas disponibles publiquement et il n'y a aucune reddition de comptes transparente sur les coûts et les résultats.
Comment cela fonctionne ailleurs
En Suède, Försäkringskassan gère les assurances sociales pour tout le monde, salariés et indépendants, dans un seul système ; les indépendants paient leurs cotisations tout simplement via leur déclaration fiscale. En Suisse, les indépendants s'inscrivent auprès des mêmes caisses de compensation cantonales que les salariés et paient jusqu'à 10 % de leur revenu. Au Danemark, les prestations sociales pour tous sont financées via le système fiscal et payées par Udbetaling Danmark. Pas de système distinct, pas d'institut distinct. Aux Pays-Bas, il n'existe même pas du tout d'organe distinct pour les indépendants : la SVB gère les assurances nationales pour tout le monde, l'UWV uniquement les assurances des travailleurs salariés. La France a supprimé en 2018 son régime distinct pour les indépendants (RSI) et les a placés dans le régime général. Le résultat : moins de frais de structure, un meilleur échange de données et un système plus simple.
Ce que HART propose
L'INASTI est intégré dans un seul Office national de sécurité sociale, avec l'ONSS, l'ONVA et Fedris. Les règles spécifiques aux indépendants (taux de cotisation plus bas, plafond, droits sociaux propres) sont intégralement maintenues. C'est l'administration qui fusionne, pas le statut. Les indépendants paient une cotisation sociale intégrée unique à l'Office, calculée sur leur déclaration fiscale : plus d'affiliation obligatoire à une caisse d'assurances sociales distincte, plus de frais de gestion en plus des cotisations. Les cotisations provisoires sont basées sur le revenu de l'année en cours, de sorte qu'aucun gros rappel de cotisations ne tombe des années plus tard. La Caisse nationale auxiliaire est intégrée dans l'Office ; le Service fédéral des Pensions calcule et paie toutes les pensions. Une seule plateforme numérique donne à chaque citoyen, salarié, indépendant ou les deux, un aperçu complet de sa sécurité sociale au même endroit. Le Comité général de gestion pour les indépendants (CGG) subsiste comme organe consultatif, mais fait rapport au conseil d'administration de l'Office.
Ce que cela rapporte
La mise en commun des frais de structure (informatique, RH, management, immobilier) économise selon les estimations 80-120 ETP à l'INASTI, soit environ 7-10 millions d'euros par an, dans le cadre de l'économie de l'Office dans son ensemble (estimée à 50-100 millions d'euros par an), plus des économies structurelles sur les systèmes informatiques et les licences en double. Les indépendants ne paient plus de frais de gestion à une caisse. Un meilleur service pour le groupe grandissant de citoyens à statut mixte (salarié + indépendant). Une seule banque de données améliore la qualité des données et rend enfin possible le principe once only. Et surtout : un système que le citoyen comprend. Un seul institut, une seule plateforme, un seul aperçu. Comme cela fonctionne déjà depuis des années en Suède, en Suisse et au Danemark.
Phase 5 : sources
| Source | URL | Utilisé pour |
|---|---|---|
| RSVZ. Over het RSVZ | https://www.rsvz.be/nl/over-het-rsvz | Mission, tâches, structure, contrat d'administration 2022-2025, rapport annuel 2025 (législation et jurisprudence) |
| ABC-CGG. Samenstelling | https://www.abc-cgg.be/nl/samenstelling | Composition du Comité général de gestion (12 membres avec voix délibérative) |
| ABC-CGG. Bevoegdheden | https://www.abc-cgg.be/nl/bevoegdheden | Avis et autorité sur la gestion financière globale, avec le ministre |
| FOD Sociale Zekerheid. Netwerk: RSVZ | https://socialsecurity.belgium.be/nl/netwerk/rijksinstituut-voor-de-sociale-verzekeringen-der-zelfstandigen-rsvz | Création le 1er janvier 1971 (loi du 21 décembre 1970), environ 800 travailleurs, bureaux régionaux |
| Werkenvoor.be. RSVZ als werkgever | https://werkenvoor.be/nl/onze-werkgevers/rijksinstituut-voor-de-sociale-verzekeringen-der-zelfstandigen | Nombre de collaborateurs (800), implantation |
| RSVZ. Cijfers en tendensen 2025 | https://www.rsvz.be/sites/rsvz/files/2026-05/Cijfers_en_tendensen_2025.pdf | 1.327.994 indépendants fin 2025, à titre principal et complémentaire, actifs après la pension, répartition par région linguistique et par caisse, pensionnés du régime des indépendants |
| KB nr. 38 van 27 juli 1967 (RSVZ.be) | https://www.rsvz.be/sites/rsvz/files/publication/wetgeving_sociaal_statuut_wettelijke_bepalingen_11.pdf | Base juridique, AR n° 74 et loi du 21 décembre 1970 |
| KB van 19 december 1967 (INASTI.be) | https://www.inasti.be/sites/rsvz/files/publication/wetgeving_sociaal_statuut_uitvoerende_bepalingen_09.pdf | Arrêtés d'exécution, dispense de cotisations |
| RSVZ. Hoeveel sociale bijdragen | https://www.rsvz.be/nl/faq/hoeveel-sociale-bijdragen-moet-ik-betalen | Taux de cotisation, frais de gestion |
| FOD Sociale Zekerheid. Sociale bijdragen 2026 | https://socialsecurity.belgium.be/sites/default/files/content/docs/nl/sociaal-beleid-vorm-geven/zelfstandigen/bijdragennota_2026_tabel_nl.pdf | Taux, limites, cotisation minimale et maximale 2026 |
| Socialsecurity.be. Berekening bijdragen | https://socialsecurity.belgium.be/nl/sociaal-beleid-mee-vorm-geven/zelfstandigen/hervorming-van-de-berekening-van-de-sociale-bijdragen-voor-zelfstandigen | Mode de calcul réformé (2015) |
| Socialsecurity.be. Lijst sociale verzekeringsfondsen | https://socialsecurity.belgium.be/nl/sociaal-beleid-mee-vorm-geven/zelfstandigen/lijst-van-sociale-verzekeringsfondsen | 8 caisses privées agréées et la Caisse nationale auxiliaire |
| RSVZ. Benaming en codes van de socialeverzekeringsfondsen | https://www.rsvz.be/nl/benaming-en-codes-van-de-socialeverzekeringsfondsen | Caisses actives et reprises |
| ABC-CGG. Advies 2023/08 | https://www.abc-cgg.be/sites/abc/files/2023-06/algemeen_beheerscomite_advies_202308.pdf | Projet de numérisation E-gov 3.0, conditions du CGG |
| RSZ Jaarverslag 2025. Financieren | https://www.rszjaarverslag.be/2025/nl/kerntaken/financieren/index.html | Gestion financière globale de l'ONSS 97,6 Mds € (2025) |
| RSZ Jaarverslag 2025 | http://www.rszjaarverslag.be/2025/nl/index.html | Personnel de l'ONSS (1.668) |
| Rekenhof. Boek 2025 over de Sociale Zekerheid (182e Boek, deel II) | https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/182e_b_II_SocZk.pdf | Missions de l'INASTI, contrôle des comptes annuels 2022-2023, recettes et dépenses de la gestion globale des indépendants 2024, masse salariale |
| SIOD. Directie Eerlijke Concurrentie RSVZ | https://www.siod.belgie.be/nl/siod/inspectiediensten/directie-eerlijke-concurrentie-rsvz | Missions de contrôle et de lutte contre la fraude de l'INASTI |
| RSVZ. Pensioen | https://www.rsvz.be/nl/pensioen | Examen des pensions et décision par l'INASTI |
| Business.gov.nl. Voluntary insurances self-employed | https://business.gov.nl/running-your-business/insurance/insurances-for-self-employed-professionals/ | Système néerlandais des ZZP'ers |
| Tweede Kamer. Wetsvoorstel 36912 (Wet basisverzekering arbeidsongeschiktheid zelfstandigen) | https://www.tweedekamer.nl/kamerstukken/wetsvoorstellen/detail?qry=wetsvoorstel%3A36912&cfg=wetsvoorsteldetails | Proposition de loi néerlandaise sur l'assurance obligatoire contre l'incapacité de travail |
| Försäkringskassan. Social insurance Sweden | https://www.forsakringskassan.se/english/moving-to-working-studying-or-newly-arrived-in-sweden/social-insurance-in-sweden | Modèle suédois |
| Skatteverket. Egenavgifter | https://www.skatteverket.se/foretag/drivaforetag/foretagsformer/enskildnaringsverksamhet/egenavgifterochsarskildloneskatt.4.361dc8c15312eff6fd1f678.html | Cotisations propres suédoises (28,97 %) via la déclaration fiscale |
| Selbststaendig-erwerbend.ch. Social insurance Switzerland | https://selbststaendig-erwerbend.ch/en | Modèle suisse |
| AHV-IV.ch. Self-employed contributions (2026) | https://www.ahv-iv.ch/p/2.02.e | Taux de cotisation suisses |
| Touring-artists.info. Social insurance Germany | https://www.touring-artists.info/en/social-security/social-insurance-in-germany | Modèle allemand, assurance maladie obligatoire |
| Künstlersozialkasse. Die Künstlersozialkasse | https://www.kuenstlersozialkasse.de/die-ksk/die-kuenstlersozialkasse.html | Financement de la KSK (50/30/20) |
| Assurance Maladie. Réforme du régime de protection sociale des indépendants | https://www.assurance-maladie.ameli.fr/presse/2017-12-13-dp-reforme-regime-protection-sociale-independants | Suppression du RSI en France (2018) |
| Sozialversicherung.at. Aus 21 werden 5 | https://www.sozialversicherung.at/cdscontent/?contentid=10007.853102&portal=svportal | SVS autrichienne (2020) |
Synthèse
L'INASTI est une exception internationale : un institut entièrement distinct pour la sécurité sociale des indépendants. Dans la plupart des pays comparables, les indépendants sont intégrés dans le système général de sécurité sociale ; la France a supprimé son régime distinct en 2018. Avec environ 800 collaborateurs, l'INASTI fonctionne, en dehors de la Caisse nationale auxiliaire et du dossier de pension, surtout comme une couche financière intermédiaire au-dessus de 8 caisses privées. L'intégration dans un seul Office national de sécurité sociale, avec perception des cotisations via la déclaration fiscale, rendrait le système plus simple, plus transparent et moins cher, sans que les règles spécifiques aux indépendants changent. Les modèles suédois, suisse et danois prouvent que c'est possible.
- Révisé : 2026-09-27 (factcheck : chiffres, sources, formulation intemporelle)