safe.brussels : audit 2026-03-31
Ligne : safe.brussels (Région bruxelloise : OIP)
Statut sur la page Réforme de l'État : Région bruxelloise. OIP Auditeur : automatisé (skill HART) Date : 2026-03-31
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Nom officiel : Bruxelles - Prévention & Sécurité (BPV) ; depuis juillet 2022 sous le nom d'usage safe.brussels Base juridique : ordonnance du 28 mai 2015 portant création d'un organisme d'intérêt public rassemblant la gestion de la politique de prévention et de sécurité en Région de Bruxelles-Capitale (MB 10/06/2015). L'ordonnance du 4 avril 2019 a ajouté l'école régionale de formation Brusafe ; l'ordonnance du 16 mai 2024 a de nouveau supprimé ce régime distinct, après quoi Brusafe a été intégrée comme direction dans safe.brussels le 1er janvier 2025. Type : organisme d'intérêt public (OIP), placé directement sous l'autorité du ministre-président et du Haut Fonctionnaire Niveau de pouvoir : Région de Bruxelles-Capitale Créé : 2015 (ordonnance), avec un budget propre depuis le 1er janvier 2017 Adresse : rue de la Ligne 40, 1000 Bruxelles Numéro d'entreprise : 0664.962.516
Budget : en 2024, safe.brussels a eu 121,3 millions d'euros de recettes, presque entièrement une dotation de la Région (119,5 millions d'euros). Environ les trois quarts des dépenses sont des transferts : en 2024, 87,3 millions d'euros de subsides, dont 35 millions d'euros aux zones de police, 27,6 millions d'euros aux communes pour leurs plans locaux de prévention et de proximité, 10,5 millions d'euros aux écoles de formation (GIP, GSOB, Brusafe), 5,3 millions d'euros à des institutions régionales (entre autres la STIB) et 8,9 millions d'euros à des ASBL. Le fonctionnement propre a coûté en 2024 environ 25 millions d'euros (personnel 9,3 millions d'euros, fonctionnement 11,7 millions d'euros, investissements 4,3 millions d'euros). La Région reçoit de l'autorité fédérale chaque année 55 millions d'euros pour la sécurité et la prévention, entre autres en lien avec les sommets européens et la fonction internationale de Bruxelles (2024 : 35 millions d'euros pour les zones de police, 20 millions d'euros pour la prévention communale).
Personnel : 156 membres du personnel fin 2024 (118 agents régionaux, 38 détachés), soit 119 ETP ; sans le personnel de Brusafe, arrivé le 1er janvier 2025. Le directeur général est aussi Haut Fonctionnaire de l'Agglomération bruxelloise. L'organisation recrute des analystes, des chefs de projet, des administrateurs de subsides, des juristes, des collaborateurs RH, communication et logistique.
Tutelle : safe.brussels fait rapport au Gouvernement bruxellois et au Conseil régional de sécurité (CRS). En tant que Haut Fonctionnaire, le directeur général exerce également les compétences de l'ancien gouverneur de l'arrondissement administratif de Bruxelles-Capitale (supprimé après la sixième réforme de l'État), entre autres pour la planification d'urgence et la gestion de crise.
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales :
- Coordination de la politique de sécurité lien entre les zones de police, les communes, les pompiers, les services d'ambulance et les institutions régionales
- Plan global de sécurité et de prévention (PGSP) élaboration, coordination et suivi (plan pluriannuel ; le plan 2021-2024 comptait 9 thèmes et 77 mesures)
- Observatoire de la criminalité publication annuelle de statistiques de criminalité et d'enquêtes de sécurité
- Gestion de crise activation du Centre régional de crise (76 activations et 6 exercices de crise en 2022 ; 115 activations en 2024)
- Tutelle sur les budgets des zones de police contrôle budgétaire des zones de police bruxelloises (six zones, fusionnées par la loi en une seule zone à partir du 1er janvier 2028)
- Approche administrative appui aux communes en matière de maintien administratif (notamment immeubles liés à la drogue, traite des êtres humains)
- Politique des caméras coordination du réseau régional de caméras
- Répartition des subsides gestion des subsides à une quarantaine d'organisations de prévention et aux plans locaux de prévention et de proximité des 19 communes
- Campus de formation depuis l'été 2020, un campus régional de formation à Haren avec 4 écoles : l'académie de police bruxelloise, l'école du feu, l'école d'aide médicale urgente et l'École régionale d'administration publique. Depuis le 1er janvier 2025, Brusafe est intégrée dans safe.brussels comme direction Learning and Development.
Chevauchements avec d'autres institutions :
- Police fédérale (coordination des grandes opérations, terrorisme)
- 6 zones de police locale (policing opérationnel ; la Chambre a approuvé le 13 mai 2026 la fusion en une seule zone, avec effet au 1er janvier 2028)
- 19 communes (prévention locale, amendes SAC : 271.113 dossiers SAC en 2022)
- SIAMU/DBDMH (pompiers bruxellois : 16.542 interventions en 2022)
- SPF Intérieur (sécurité nationale, sécurité civile)
- OCAM (analyse de la menace)
- NCCN (centre de crise national)
Public : les citoyens et les visiteurs bruxellois (indirectement), les zones de police, les administrations communales, les organisations de prévention.
Indicateurs de performance :
- Les statistiques de criminalité sont publiées chaque année (Observatoire)
- En 2022 : 4.009 vols avec violence sans arme dans l'espace public (44 % du total belge)
- 75.303 infractions contre les biens enregistrées par la police en 2022 (le thème le plus fréquent)
- Près de la moitié des habitants ne se sentent jamais en insécurité dans leur quartier (enquête régionale de sécurité, chiffres 2022)
- 104.319 interventions d'ambulance en 2022, soit 15 % de plus qu'en 2021
Évaluation et critiques :
- Aucun audit spécifique de la Cour des comptes sur le fonctionnement de safe.brussels elle-même ; la Cour des comptes a toutefois approuvé le compte général 2023
- En revanche, critique accablante de la Cour des comptes sur la gestion financière de la Région bruxelloise dans son ensemble (novembre 2021 : pas de certification des comptes régionaux 2020)
- 40 organisations de prévention ont tiré la sonnette d'alarme en octobre 2025 sur leur financement : réduction budgétaire de 15 % en 2025, aucune indexation depuis des années, risque d'interruption de services pour des dizaines de milliers de Bruxellois (sans-abri, victimes de la traite des êtres humains, soins liés aux assuétudes, victimes de violences sexuelles)
- Critiques parlementaires (février 2025) sur la passivité du ministre-président de l'époque, qui a répondu qu'il n'a presque aucune compétence en matière de sécurité
1C. Comparaison internationale
Pays-Bas. 25 régions de sécurité Le modèle néerlandais est le point de référence le plus pertinent. Les Pays-Bas sont divisés en 25 régions de sécurité (veiligheidsregio's), administrées par les bourgmestres des communes participantes. Chaque région coordonne les pompiers, la lutte contre les catastrophes, la gestion de crise et l'aide médicale (GHOR). Le financement provient pour environ 85 % des communes, via le Fonds des communes (lien direct avec la responsabilité locale) ; l'État central complète. Il existe une procédure d'escalade standardisée (GRIP, Gecoördineerde Regionale Incidentbestrijdingsprocedure) selon un cadre de référence national, ce qui permet une montée en puissance rapide. Les 25 présidents forment ensemble le Veiligheidsberaad pour la coordination nationale.
Différence avec Bruxelles : aux Pays-Bas, l'organisme de coordination est une structure de coopération entre communes (bottom-up), et non un OIP régional placé au-dessus des communes (top-down). Le bourgmestre est et reste le détenteur de l'autorité. À Bruxelles, safe.brussels est une couche régionale qui opère à côté des zones de police, des communes, de la police fédérale et des pompiers, mais sans autorité opérationnelle.
Allemagne. Ordnungsamt + Landespolizei Dans les villes allemandes, l'Ordnungsamt (service communal de l'ordre) est responsable du maintien de l'ordre léger : stationnement gênant, déchets sauvages, règlements locaux. La Landespolizei (police de l'entité fédérée) assure le maintien de l'ordre lourd. Il n'existe pas d'« OIP de coordination » distinct. Le bourgmestre ou le sénateur coordonne via les structures existantes. La lutte contre les catastrophes en temps de paix est une compétence des entités fédérées ; le Bundesamt für Bevölkerungsschutz und Katastrophenhilfe (BBK) fédéral assure la protection civile et soutient les entités fédérées.
Danemark. Le modèle SSP Le modèle danois SSP (Skole-Socialforvaltning-Politi), lancé en 1977, est une structure locale de coopération entre les écoles, les services sociaux et la police pour la prévention de la criminalité chez les enfants et les jeunes. Ce n'est pas une institution distincte : la coordination est intégrée dans les structures existantes au niveau communal, et la plupart des communes danoises l'utilisent.
Conclusion de la comparaison internationale : aucun des pays de référence n'a d'agence distincte de « coordination de la prévention et de la sécurité » comme couche intermédiaire au-dessus de la police et des communes. La coordination se trouve soit chez le bourgmestre (NL, DE), soit intégrée dans les structures de coopération existantes (DK). Un OIP distinct est une anomalie bruxelloise qui découle de la complexité administrative de 19 communes et de 6 zones de police.
1D. Problèmes et critiques
Coordination sans autorité safe.brussels coordonne, mais n'a aucune autorité opérationnelle sur la police, les pompiers ou les communes. Elle ne peut pas imposer, seulement piloter. Le ministre-président de l'époque a lui-même déclaré en février 2025 au Parlement bruxellois qu'il n'a presque aucune compétence en matière de sécurité.
Couche intermédiaire sans plus-value directe safe.brussels répartit des subsides (87 millions d'euros en 2024) et élabore des plans (PGSP), mais l'exécution opérationnelle est du ressort de la police et des communes. C'est un maillon bureaucratique entre la Région et les acteurs locaux.
Cri d'alarme budgétaire des organisations de prévention 40 organisations financées via safe.brussels ont tiré la sonnette d'alarme sur une réduction budgétaire de 15 % en 2025 et sur des années sans indexation. Cela montre que la couche de coordination ne parvient pas à protéger ses propres organisations subsidiées contre les économies.
Double casquette du directeur général le DG de safe.brussels est depuis 2022 également Haut Fonctionnaire de l'Agglomération bruxelloise. Cela crée un conflit de rôles : coordination de la sécurité + compétences résiduelles de l'ancien gouverneur + tutelle sur les budgets des zones de police.
Morcellement du paysage bruxellois de la sécurité safe.brussels opère à côté de 6 zones de police, de 19 communes, du SIAMU, de la police fédérale, de l'OCAM et du NCCN : un enchevêtrement d'instances, précisément le problème qu'elle devait résoudre. La fusion des zones de police (une seule zone à partir du 1er janvier 2028) rend safe.brussels en partie superflue comme couche de coordination.
Aucune mesure de la plus-value Les rapports annuels publient le personnel et le budget, et la Cour des comptes a approuvé le compte 2023. Mais il n'existe pas d'indicateurs publics qui montrent ce que la coordination elle-même apporte à la sécurité.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ | La coordination de la sécurité se situe logiquement au niveau régional pour une ville comme Bruxelles, mais la structure d'OIP est loin du citoyen. La responsabilité opérationnelle reste locale (communes, zones de police). |
| 2 | Transparence | ⚠️ | Les rapports annuels publient le personnel (156 membres du personnel fin 2024) et le budget, et la Cour des comptes a approuvé le compte 2023. Mais les mesures de résultats de la coordination elle-même ne sont pas publiques : le citoyen ne peut pas voir ce que safe.brussels apporte au regard de ce qu'elle coûte. |
| 3 | Responsabilité = financement | ❌ | Écart fiscal classique : la Région (safe.brussels) répartit des moyens fédéraux et régionaux (87 millions d'euros de subsides en 2024) mais n'a aucune autorité opérationnelle. Qui paie ne décide pas, qui décide ne paie pas. |
| 4 | Simplicité | ❌ | safe.brussels est une couche supplémentaire dans un paysage déjà illisible : 19 communes + 6 zones de police + SIAMU + police fédérale + Région. Le citoyen ne comprend pas pourquoi il faut encore un « OIP de coordination » à côté de la police. |
| 5 | Taille critique | ⚠️ | Pour la Région de Bruxelles-Capitale (plus de 1,25 million d'habitants, 2026), un seul organisme de coordination est en principe la bonne échelle. Mais avec la fusion des zones de police en 1 zone (à partir du 1er janvier 2028), la fonction de coordination devient largement superflue. |
| 6 | Compétences concurrentes | ❌ | Sans objet : il n'y a aucune place pour l'innovation régionale. safe.brussels est une construction purement bruxelloise sans équivalent dans les autres Régions. |
| 7 | Orientation résultats | ⚠️ | L'Observatoire publie des données de criminalité et le PGSP 2021-2024 a fait l'objet en 2023 d'une évaluation intermédiaire interne, mais il n'y a pas de KPI solides pour safe.brussels elle-même qui mesurent les résultats de la coordination. Bruxelles concentrait en 2022 44 % de tous les vols avec violence sans arme dans l'espace public en Belgique, malgré safe.brussels. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ | La politique des caméras et l'observatoire des données sont des outils numériques, mais le service au citoyen est indirect. Pas de principe once only applicable. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ❌ | Aucun pays de référence n'a d'agence comparable. Partout, la coordination se trouve chez le bourgmestre (NL, DE) ou est intégrée dans les structures existantes (DK). |
Synthèse : 0 × ✅, 5 × ⚠️, 4 × ❌. Les gains les plus importants se situent au niveau de la simplicité (supprimer une couche supplémentaire), de la responsabilité = financement (qui décide doit aussi payer) et de l'orientation résultats (mesurer ce que la coordination rapporte).
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🟠 Réformé safe.brussels est dissoute en tant qu'OIP autonome. Les fonctions utiles sont intégrées dans le corps de police bruxellois unique de l'entité fédérée (les six zones deviennent une seule zone à partir du 1er janvier 2028) et dans l'administration de l'entité fédérée bruxelloise.
3B. Proposition concrète
Ce qui change :
safe.brussels est supprimée en tant qu'OIP. L'organisme est un produit du morcellement administratif qu'il devait résoudre. Avec la fusion des 6 zones de police en 1 zone, sa principale raison d'être disparaît.
Les fonctions sont redistribuées :
- Gestion de crise + politique des caméras + maintien administratif → intégrés dans le corps de police bruxellois, un seul corps pour l'entité fédérée, sous l'autorité du gouvernement de l'entité fédérée bruxelloise, qui coordonne la gestion de crise et la sécurité
- Observatoire de la criminalité → transféré à l'Institut bruxellois de statistique et d'analyse (IBSA) (la statistique relève d'un institut de statistique, pas d'un organisme opérationnel de sécurité)
- Répartition des subsides de prévention (plans locaux de prévention et de proximité, organisations de prévention) → directement par l'administration de l'entité fédérée bruxelloise, sans couche intermédiaire ; le corps de police bruxellois ne reçoit pas de subside fédéral distinct : il figure au budget de l'entité fédérée, et la péréquation compense la fonction de capitale de Bruxelles (art. 55 de la Constitution HART)
- Campus de formation (4 écoles de formation) → établissement de formation autonome sous le corps de police bruxellois, sur le modèle néerlandais (académie de police détachée de la coordination)
- Tutelle sur les budgets des zones de police → superflue avec un seul corps : le budget du corps de police bruxellois fait partie du budget de l'entité fédérée, que le parlement bruxellois vote et contrôle, avec une évaluation par la Cour des comptes (art. 42 de la Constitution HART) et le contrôle de la police de l'entité fédérée auprès de la chambre bruxelloise bilingue des conseils de contrôle (voir l'audit de la zone de police bruxelloise)
La fonction de Haut Fonctionnaire disparaît, tout comme les gouverneurs, et aucun commissaire administratif ne vient la remplacer : comme dans chaque entité fédérée, le gouvernement de l'entité fédérée bruxelloise coordonne lui-même la planification d'urgence et la gestion de crise, en concertation avec le NCCN.
Modèle international : modèle allemand (police de l'entité fédérée, lutte contre les catastrophes au niveau de l'entité fédérée, pas d'OIP de coordination distinct) + modèle danois SSP (prévention intégrée dans les structures existantes).
Gain d'efficience estimé :
- Suppression des frais de structure de l'OIP (direction, RH, juridique, communication, logistique de safe.brussels elle-même)
- Flux de subsides plus directs : moins de bureaucratie, financement plus rapide des organisations de prévention
- Un seul point de contact pour la sécurité à Bruxelles (le chef de corps du corps de police bruxellois) au lieu d'un enchevêtrement DG safe.brussels + 6 chefs de corps + 19 bourgmestres
- Estimation conservatrice : 2 à 5 millions d'euros par an de frais de structure. Le fonctionnement propre de safe.brussels a coûté en 2024 environ 25 millions d'euros (personnel 9,3 millions d'euros, fonctionnement 11,7 millions d'euros, investissements 4,3 millions d'euros) ; les missions de fond (centre de crise, observatoire, caméras, formations, subsides) subsistent, seules la direction distincte et les services de support disparaissent (10 à 20 % des coûts de fonctionnement propres)
Trajet de mise en œuvre :
- Dès que la zone de police unifiée est opérationnelle (à partir du 1er janvier 2028) : intégrer la gestion de crise et la politique des caméras dans la zone
- Dans les deux ans qui suivent : observatoire vers l'IBSA, répartition des subsides vers l'administration de l'entité fédérée
- Dans la foulée : safe.brussels formellement supprimée comme OIP par une loi de l'entité fédérée
- Le campus de formation devient un établissement de formation autonome
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
safe.brussels. Réformé (OIP supprimé, fonctions intégrées) Bruxelles n'a pas besoin d'une couche de coordination supplémentaire au-dessus de la police, des communes et des pompiers. Les fonctions utiles de safe.brussels sont intégrées dans le corps de police bruxellois unique et dans l'administration de l'entité fédérée.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
safe.brussels est un organisme d'intérêt public (OIP) de la Région bruxelloise, créé en 2015 après la sixième réforme de l'État. Il coordonne la politique de prévention et de sécurité à Bruxelles : il élabore le Plan global de sécurité et de prévention (PGSP), répartit environ 87 millions d'euros par an de subsides (2024), surtout aux zones de police (35 millions d'euros) et aux communes (27,6 millions d'euros), gère un observatoire de la criminalité et le centre régional de crise, coordonne le réseau régional de caméras et fait tourner le campus de formation de Haren avec 4 écoles pour la police, les pompiers, l'aide médicale urgente et l'administration publique. Il comptait fin 2024 156 membres du personnel. Le directeur général est aussi Haut Fonctionnaire de l'Agglomération bruxelloise, une fonction qui a repris les compétences du gouverneur supprimé de Bruxelles-Capitale.
Ce qui ne va pas
safe.brussels coordonne, mais n'a aucune autorité opérationnelle. Elle ne peut pas intervenir en cas de problème de sécurité. Elle ne peut qu'élaborer des plans et répartir de l'argent. Résultat : une couche bureaucratique supplémentaire dans un paysage déjà incompréhensible de 6 zones de police, 19 administrations communales, les pompiers bruxellois, la police fédérale et le centre de crise national.
Les problèmes concrets sont visibles. En 2022, 4.009 vols avec violence sans arme ont eu lieu dans l'espace public à Bruxelles : 44 % du total belge, dans une Région qui compte plus de 10 % de la population. Quarante organisations de prévention financées via safe.brussels ont tiré la sonnette d'alarme en 2025 : réduction budgétaire de 15 %, aucune indexation depuis des années, et risque d'interruption de services pour des dizaines de milliers de Bruxellois vulnérables (sans-abri, victimes de la traite des êtres humains et de violences sexuelles, soins liés aux assuétudes). Le ministre-président de l'époque a lui-même déclaré en février 2025 au Parlement bruxellois qu'il n'a presque aucune compétence en matière de sécurité.
Ce que la coordination apporte n'est pas mesuré. Les rapports annuels montrent le personnel et le budget, mais aucun indicateur qui démontre que Bruxelles en devient plus sûre. Le citoyen ne peut pas vérifier ce que cet organisme apporte au regard de ce qu'il coûte.
Comment cela fonctionne ailleurs
Aucun pays comparable n'a d'« agence de coordination de la sécurité » distincte comme couche intermédiaire au-dessus de la police et des communes.
Les Pays-Bas divisent le pays en 25 régions de sécurité, administrées par les bourgmestres des communes participantes. Le bourgmestre est et reste le détenteur de l'autorité. Aucun organisme supplémentaire ne s'intercale. Le financement provient pour environ 85 % des communes, via le Fonds des communes, ce qui établit un lien direct entre payer et décider. Une procédure d'escalade standardisée (GRIP) selon un cadre de référence national permet une montée en puissance rapide en cas de crise.
En Allemagne, le bourgmestre ou le sénateur de l'entité fédérée coordonne la sécurité via les structures existantes (Ordnungsamt pour le maintien de l'ordre léger, Landespolizei pour le lourd). Au Danemark, le modèle SSP (école-social-police) est, depuis 1977, une structure de coopération qui intègre la prévention dans les services communaux existants, sans institution distincte.
Ce que HART propose
safe.brussels est supprimée en tant qu'OIP. Les fonctions utiles sont redistribuées :
La gestion de crise, la politique des caméras et le maintien administratif passent au corps de police bruxellois unique de l'entité fédérée, qui remplace les six zones. Un seul chef de corps, une seule autorité, un seul point de contact, sous le gouvernement de l'entité fédérée bruxelloise, qui coordonne la gestion de crise et la sécurité.
L'observatoire de la criminalité est placé à l'Institut bruxellois de statistique et d'analyse (IBSA). La statistique relève d'un institut de statistique, pas d'un organisme opérationnel.
La répartition des subsides de prévention (environ 27,6 millions d'euros par an pour les plans locaux de prévention et de proximité des communes et environ 9 millions d'euros pour les organisations de prévention, 2024) passe directement par l'administration de l'entité fédérée bruxelloise, sans couche intermédiaire. Les 35 millions d'euros fédéraux pour la police disparaissent en tant que subside distinct : le corps de police bruxellois figure au budget de l'entité fédérée, et la péréquation compense la fonction de capitale de Bruxelles selon une formule publique (art. 55 de la Constitution HART). Plus rapide, plus transparent, moins de frais de structure.
Le campus de formation (académie de police, école du feu, aide médicale urgente, école d'administration) devient un établissement de formation autonome sous le corps de police bruxellois.
La fonction de Haut Fonctionnaire disparaît, tout comme les gouverneurs : le gouvernement de l'entité fédérée bruxelloise coordonne lui-même la planification d'urgence et la gestion de crise, en concertation avec le centre de crise national.
Ce que cela rapporte
Une structure de sécurité que le citoyen comprend : un seul corps de police, un seul chef de corps, un seul responsable. Pas d'OIP supplémentaire qui coordonne sans autorité. Des flux de subsides plus directs et prévisibles vers les organisations de prévention. Économie estimée sur les frais de structure : 2 à 5 millions d'euros par an. Et surtout : de la clarté. Si quelque chose tourne mal à Bruxelles, tout le monde sait qui est responsable.
Phase 5 : sources
| # | Source | URL | Date | Utilisé pour |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Ordonnantie 28 mei 2015. Oprichting safe.brussels | https://etaamb.openjustice.be/nl/beschikking-van-28-mei-2015_n2015031343.html | 2015-05-28 | Base juridique, création |
| 2 | Ordonnantie 4 april 2019. Oprichting Brusafe | https://etaamb.openjustice.be/nl/beschikking-van-04-april-2019_n2019011700.html | 2019-04-04 | Création de l'école régionale de formation Brusafe |
| 3 | be.brussels. Safe.brussels: coördinatie van veiligheid | https://be.brussels/nl/over-het-gewest/structuur-en-organisatie/overheden-en-instellingen-het-gewest/safebrussels | s.d. | Missions, adresse, Haut Fonctionnaire |
| 4 | safe.brussels. About | https://safe.brussels/en/about | s.d. | Mission, compétences (compétences de gouverneur, tutelle sur les budgets des zones de police) |
| 5 | safe.brussels. Facts & Figures | https://safe.brussels/en/Facts-figures | s.d. | Chiffres 2022 : vols avec violence (4.009, 44 %), dossiers SAC, interventions d'ambulance et de pompiers, activations de crise, sentiment de sécurité |
| 6 | KB 20 december 2024. Federale toelage Brusselse veiligheid 2024 | https://etaamb.openjustice.be/nl/koninklijk-besluit-van-20-december-2024_n2024011456.html | 2024-12-20 | 55 millions d'euros (2024) : 35 millions d'euros zones de police, 20 millions d'euros prévention communale |
| 7 | BRUZZ. 40 veiligheids- en preventieorganisaties zeer ongerust over financiering | https://www.bruzz.be/actua/veiligheid/veertig-veiligheids-en-preventieorganisaties-zeer-ongerust-over-hun-financiering | 2025-10-02 | Réduction budgétaire de 15 % en 2025, pas d'indexation, des dizaines de milliers de Bruxellois |
| 8 | BRUZZ. Politieke week over het veiligheidsdebat | https://www.bruzz.be/actua/politiek/politieke-week-over-het-veiligheidsdebat-vervoort-zegt-dat-hij-amper-iets-kan-doen | 2025-02-14 | Critiques parlementaires, ministre-président sur ses compétences |
| 9 | Polinfo. Hervorming Brussel Preventie & Veiligheid | https://polinfo.kluwer.be/NewsView.aspx?contentdomains=POLINFO&id=VS301095723&lang=nl | 2024 | Ordonnance du 16 mai 2024, nom officiel et nom d'usage |
| 10 | talent.brussels. Safe.brussels als werkgever | https://www.talent.brussels/nl/werkgevers/safebrussels-125 | s.d. | Profils de recrutement |
| 11 | safe.brussels. GVPP 2021-2024 | https://safe.brussels/nl/globaal-veiligheids-en-preventieplan-2021-2024 | 2021 | Plan de sécurité, priorités |
| 12 | Rijksoverheid.nl. Veiligheidsregio's | https://www.rijksoverheid.nl/onderwerpen/veiligheidsregios-en-crisisbeheersing/veiligheidsregios | s.d. | Modèle néerlandais : 25 régions, administration par les bourgmestres, Veiligheidsberaad, environ 85 % de financement via les communes, complété par l'État central |
| 13 | Wikipedia. Gecoördineerde Regionale Incidentbestrijdingsprocedure | https://nl.wikipedia.org/wiki/Geco%C3%B6rdineerde_Regionale_Incidentbestrijdingsprocedure | s.d. | GRIP, cadre de référence national (2006) |
| 14 | Lex (Den Store Danske). SSP-samarbejde | https://lex.dk/SSP-samarbejde | s.d. | Modèle danois SSP, lancé en 1977, pas d'institution distincte |
| 15 | Wikipedia. Municipal police (Germany) | https://en.wikipedia.org/wiki/Municipal_police_(Germany) | s.d. | Modèle allemand de l'Ordnungsamt |
| 16 | BRUZZ. Kamer keurt fusie Brusselse politiezones goed | https://www.bruzz.be/actua/politiek/kamer-keurt-fusie-brusselse-politiezones-goed-2026-05-13 | 2026-05-13 | Fusion en une seule zone à partir du 1er janvier 2028 |
| 17 | BBK. Wie funktioniert der deutsche Bevölkerungsschutz? | https://www.bbk.bund.de/DE/Das-BBK/Das-BBK-stellt-sich-vor/Das-deutsche-Bevoelkerungsschutzsystem/das-deutsche-bevoelkerungsschutzsystem_node.html | s.d. | Lutte contre les catastrophes au niveau des entités fédérées, protection civile fédérale |
| 18 | safe.brussels. Campus | https://safe.brussels/en/campus-safe | s.d. | Campus de formation à Haren depuis 2020, 4 écoles |
| 19 | safe.brussels. Jaarverslag 2024 | https://safe.brussels/sites/default/files/2026-03/Safe%20rapport%2024-NL%20AS.pdf | 2024 | Personnel (156 fin 2024), recettes, subsides, coûts de fonctionnement propres, 115 activations de crise, intégration de Brusafe le 1er janvier 2025 |
| 20 | Rekenhof. Brussels financieel beheer (BRUZZ) | https://www.bruzz.be/economie/rekenhof-vernietigend-voor-brussels-financieel-beheer-2021-11-04 | 2021-11-04 | Contexte plus large de la gestion financière de la RBC (pas de certification des comptes 2020) |
| 21 | safe.brussels. Rapport annuel 2023 | https://safe.brussels/sites/default/files/2024-11/SAF-RAPPORT-ANNUEL-23-WEB.pdf | 2023 | Subsides 2023, recettes, approbation du compte 2023 par la Cour des comptes, PGSP 2021-2024 (9 thèmes, 77 mesures), évaluation intermédiaire du PGSP |
| 22 | safe.brussels. Brussel Preventie & Veiligheid wordt safe.brussels | https://safe.brussels/nl/brussel-preventie-veiligheid-wordt-safebrussels | 2022 | Nom d'usage safe.brussels depuis juillet 2022, fusion du DG et du Haut Fonctionnaire |
| 23 | safe.brussels Observatorium. Data 2022 criminaliteit en veiligheid | https://www.safe.brussels/sites/default/files/2024-06/SAFE_23_004_RA2022_NL_web-PL.pdf | 2024 | 75.303 infractions contre les biens (2022) |
| 24 | Statbel. Bevolking per gewest | https://bestat.statbel.fgov.be/bestat/crosstable.xhtml?view=7ef37f09-4a96-4c4c-8d90-350d3dafb4ac | 2026 | 1.255.834 habitants en Région bruxelloise (1er janvier 2026) |
| 25 | safe.brussels. Wettelijke bepalingen | https://safe.brussels/nl/wettelijke-bepalingen | s.d. | Numéro d'entreprise 0664.962.516, adresse |
- Révisé : 2026-09-27 (factcheck : chiffres, sources, formulation intemporelle)