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Plafonds de dépenses pluriannuels (modèle suédois) : audit

Date : 2026-03-30 Catégorie : Nouveau fédéral (proposition de HART) Statut : 🟠 Nouveau/réformé. Introduction d'un instrument budgétaire que la Belgique n'a pas


Phase 1 : recherche approfondie

1A. De quoi s'agit-il exactement ?

Les plafonds de dépenses pluriannuels sont des limites supérieures, fixées par la loi ou politiquement, aux dépenses publiques totales sur une période de plusieurs années. C'est un instrument budgétaire qui empêche les gouvernements de dépenser année après année plus que prévu, quelle que soit la conjoncture économique.

La Belgique n'a pas cet instrument. Il existe bien des objectifs budgétaires sur lesquels le Conseil supérieur des Finances (CSF) rend des avis et qui sont répartis entre les différents niveaux de pouvoir via l'accord de coopération de 2013, mais ils ne sont pas contraignants, pas exécutoires, et ne sont structurellement pas atteints.

Le processus budgétaire belge fonctionne comme suit :

Résultat : la Belgique avait en 2025 un déficit budgétaire de 5,2 % du PIB (33,2 milliards d'euros), le troisième plus élevé de l'UE, et une dette publique de 107,9 % du PIB. À politique inchangée, cette dette grimpe à 122,6 % en 2031 (Comité de monitoring, juillet 2026). Depuis juillet 2024, la Belgique est placée sous procédure européenne pour déficit excessif.

1B. Comment cela fonctionne-t-il en pratique (Belgique) ?

La pratique budgétaire belge se caractérise par :

  1. Élaboration budgétaire annuelle sans cadre pluriannuel : chaque budget est établi année par année. Il n'existe pas de plafond pluriannuel contraignant qui limite les dépenses totales. Le gouvernement renégocie chaque fois les économies et les dépenses.

  2. Estimations optimistes : la Cour des comptes a jugé en mai 2025 que l'estimation des effets retour sur lesquels comptait le budget fédéral était « insuffisamment étayée » et que « le risque est très grand qu'ils soient dans une large mesure surestimés ».

  3. Pas de véritables sanctions : si une Région ou une Communauté n'atteint pas son objectif budgétaire, aucune sanction financière ne suit. L'accord de coopération de 2013 laisse le Conseil supérieur des Finances évaluer le respect des objectifs et prévoit une correction en cas d'écart significatif, mais sans sanctions exécutoires. Le FMI demande donc des objectifs budgétaires contraignants pour les Régions et les Communautés, imposés par des sanctions financières, et un conseil budgétaire renforcé (Article IV 2026).

  4. Dépassements répétés : le Comité de monitoring a estimé en juillet 2026 le déficit de l'autorité fédérale et de la sécurité sociale (entité I) à 25,7 milliards d'euros (3,9 % du PIB) pour 2026, plus que les 24,6 milliards d'euros (3,7 % du PIB) du budget initial. Pour l'ensemble des pouvoirs publics, il s'agit de 5,1 % du PIB (34,1 milliards d'euros).

  5. Fiscal gap : les Communautés et les Régions effectuent plus d'un tiers des dépenses publiques (20,0 % du PIB sur un total de 54,2 %, 2025, non consolidé), mais en financent plus de la moitié par des transferts d'autres pouvoirs publics, surtout des dotations fédérales (10,9 % du PIB). C'est un découplage structurel entre qui décide et qui paie.

1C. Comparaison internationale

Suède : le modèle de référence

La Suède a introduit en 1997 des plafonds de dépenses pluriannuels après une profonde crise budgétaire au début des années 1990. Le système repose sur cinq piliers :

  1. Plafond de dépenses (utgiftstak) : le Riksdag fixe chaque année un plafond nominal pour les dépenses totales de l'État central pour la troisième année à venir. Le plafond est donc toujours connu trois ans à l'avance. Il couvre toutes les dépenses du budget de l'État sauf les charges d'intérêts sur la dette publique, ainsi que le système de pensions de vieillesse. Une « marge budgétaire » (budgetmarginal) est maintenue sous le plafond comme tampon pour les hausses de dépenses imprévues. Juridiquement, le Riksdag peut réviser le plafond ; en pratique, il fonctionne comme contraignant.

  2. Objectif de surplus (överskottsmål) : le solde budgétaire structurel de l'ensemble des pouvoirs publics doit atteindre en moyenne +1/3 % du PIB sur le cycle conjoncturel (depuis 2019). Le Riksdag a décidé en novembre 2025 qu'à partir de 2027 un objectif d'équilibre (équilibre sur le cycle) le remplacera.

  3. Ancre de dette (skuldankare) : la dette publique brute ne peut structurellement pas dépasser 35 % du PIB (tolérance de ±5 points de pourcentage). Introduite en 2019.

  4. Conseil budgétaire indépendant (Finanspolitiska rådet) : évalue chaque année si le gouvernement respecte le cadre.

  5. Exigence d'équilibre pour les communes : les pouvoirs locaux doivent présenter un budget en équilibre.

Résultats :

Facteurs critiques de succès : le système fonctionne parce qu'il est (a) fixé par le Parlement, (b) qu'il regarde trois ans à l'avance, ce qui rend la politique de court terme difficile, (c) qu'il dispose d'un gendarme indépendant, et (d) qu'il connaît des sanctions par la pression politique et la reddition de comptes publique.

Pays-Bas : politique budgétaire tendancielle

Les Pays-Bas appliquent depuis 1994 un système comparable de plafonds de dépenses :

Résultat : les Pays-Bas avaient en 2025 une dette de 44,4 % du PIB et un déficit budgétaire de 1,6 % du PIB. Respectivement 63,5 et 3,6 points de pourcentage de mieux que la Belgique (107,9 % et 5,2 %).

Danemark : plafonds légalement contraignants avec sanctions

Le Danemark a adopté en 2012 une loi budgétaire (budgetloven), en vigueur depuis 2014, avec des plafonds de dépenses quadriennaux légalement contraignants pour trois niveaux : l'État central, les régions et les communes.

Résultat : le Danemark avait en 2025 une dette de 27,9 % du PIB et un excédent budgétaire de 2,9 % du PIB. Les plafonds et la limite de déficit ont été respectés chaque année en 2014-2020.

Finlande : spending limits par législature

La Finlande fixe au début de chaque législature des limites de dépenses pour toute la durée du mandat parlementaire (4 ans). Environ 85 % des crédits budgétaires relèvent de ce plafond. Il existe un mécanisme d'exception pour les crises extraordinaires (pandémie, guerre).

Suisse : frein à l'endettement (Schuldenbremse)

La Suisse applique depuis 2003 un « frein à l'endettement » constitutionnel qui lie les dépenses annuelles aux recettes corrigées de la conjoncture. Les bonnes années, on épargne ; les mauvaises années, on peut dépenser davantage. Mais sur l'ensemble du cycle, cela doit être à l'équilibre. Le mécanisme a été approuvé par référendum le 2 décembre 2001 avec 84,7 % des voix.

Résultat : la dette fédérale suisse est passée de 25,3 % du PIB (2003) à 13,5 % du PIB (2019), soit une baisse d'environ 27 milliards de francs.

1D. Problèmes et critiques en Belgique

  1. Pas de cadre légal : la Belgique n'a pas de loi qui rende obligatoires des plafonds de dépenses pluriannuels. L'accord de coopération de 2013 est politique, pas juridiquement exécutoire.

  2. Le Conseil supérieur des Finances n'est pas assez indépendant : le Conseil au complet est présidé par le ministre des Finances et ses membres sont nommés par le gouvernement par arrêté royal. Le FMI demande dans ses rapports par pays un conseil budgétaire renforcé et crédible (Article IV 2025 et 2026).

  3. Le Comité de monitoring, messager sans pouvoir : le Comité de monitoring établit des estimations mais ne peut imposer aucun plafond ni sanctionner les dépassements.

  4. Incitants pervers dus au fiscal gap : les Communautés et les Régions sont largement financées par des dotations issues de la loi spéciale de financement. Elles décident des dépenses mais ne portent pas toute la charge du financement. Cela conduit structurellement à des dépenses plus élevées.

  5. Pensée de court terme : sans plafond pluriannuel, chaque ronde budgétaire est une négociation politique dans laquelle la pression pour économiser diminue dès que l'élection suivante approche.

  6. Cour des comptes impuissante : la Cour des comptes peut formuler des critiques (comme en mai 2025 sur les effets retour), mais n'a aucun instrument pour bloquer ou corriger le budget.


Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes

# Principe Appréciation Justification
1 Subsidiarité ⚠️ Les plafonds de dépenses sont par excellence un instrument fédéral, mais ils doivent aussi valoir pour les entités fédérées. Le modèle danois avec des plafonds par niveau de pouvoir est le plus pertinent.
2 Transparence ❌ Le citoyen ne peut pas voir combien les pouvoirs publics peuvent dépenser ni si ce plafond est respecté. Il n'existe aucun plafond public et compréhensible.
3 Responsabilité = financement ❌ Le fiscal gap (différence entre qui dépense et qui perçoit) est grand : les Communautés et les Régions financent plus de la moitié de leurs dépenses par des transferts, surtout des dotations fédérales (2025). Des plafonds sans lien avec des recettes propres ne fonctionnent pas.
4 Simplicité ❌ Le système est un enchevêtrement de Comité de monitoring, de CSF, d'accord de coopération, de plan budgétaire européen à moyen terme et de procédure pour déficit excessif. Aucun citoyen ne comprend cela.
5 Taille critique ✅ Un plafond de dépenses au niveau fédéral et au niveau des entités fédérées est modulable. La Suède (10,6 millions d'habitants) et le Danemark (6,0 millions) prouvent que cela fonctionne pour des pays de taille comparable ou plus petite.
6 Compétences concurrentes ⚠️ Les plafonds doivent laisser aux entités fédérées la place de faire leurs propres choix à l'intérieur de leur plafond. Le modèle suédois le permet. Le plafond de l'entité fédérée vaut pour le total, pas par domaine politique.
7 Orientation résultats ❌ Aucun résultat n'est mesuré ni imposé. Les objectifs budgétaires ne sont structurellement pas atteints et il n'y a aucune conséquence.
8 Numérique d'abord ⚠️ Pas directement pertinent, mais un tableau de bord transparent montrant les dépenses en temps réel face au plafond (comme la Suède le publie) serait un pas en avant.
9 Éprouvé à l'étranger ✅ La Suède, les Pays-Bas, le Danemark, la Finlande et la Suisse, cinq pays européens comparables, prouvent que des plafonds de dépenses pluriannuels ou un frein à l'endettement fonctionnent. La Belgique est l'exception.

Synthèse : le gain le plus important peut être réalisé sur la transparence (principe 2), la responsabilité = financement (principe 3) et l'orientation résultats (principe 7). L'absence de plafonds de dépenses pluriannuels est l'une des raisons centrales pour lesquelles la Belgique dépense structurellement plus qu'elle ne peut se le permettre.


Phase 3 : la proposition de HART

3A. Classification

🟠 Nouveau/réformé La Belgique n'a pas de système fonctionnel de plafonds de dépenses pluriannuels. C'est un nouvel instrument budgétaire qui doit être introduit par la loi.

3B. Proposition concrète

Ce qui change : La Belgique introduit des plafonds de dépenses pluriannuels légalement contraignants, inspirés du modèle suédois mais adaptés à la structure fédérale belge.

Structure :

  1. Plafond de dépenses fédéral : le Parlement fédéral fixe chaque année un plafond de dépenses nettes réelles pour la troisième année à venir (T+3), avec des sous-plafonds par domaine politique. Ce plafond couvre toutes les dépenses fédérales sauf les charges d'intérêts sur la dette publique. Sous le plafond, une marge budgétaire d'au moins 1,5 % est maintenue comme tampon. Les bonnes surprises du côté des recettes ne sont pas dépensées mais vont au désendettement.

  2. Plafonds des entités fédérées : chacune des douze entités fédérées fixe, à l'entrée en fonction du gouvernement, un plafond de dépenses pour toute la législature (5 ans). Ce plafond est légalement contraignant.

  3. Mécanisme de sanction (modèle danois) : si une entité fédérée dépasse le plafond, la contribution fédérale à la péréquation est automatiquement réduite l'année suivante du montant du dépassement. Cela vaut collectivement (pour le niveau dans son ensemble) et individuellement (pour celui qui dépasse).

  4. Objectif de surplus : l'ensemble des pouvoirs publics vise un excédent budgétaire structurel de 1/3 % du PIB en moyenne sur le cycle conjoncturel, d'après l'objectif de surplus suédois. Cela remplace les accords non fonctionnels de l'accord de coopération.

  5. Ancre de dette : une ancre de dette légale est instaurée : le taux d'endettement revient à 90 % du PIB comme objectif à dix ans (fin 2025 : 107,9 %), avec une trajectoire de convergence exécutoire chaque année.

  6. Gendarme budgétaire indépendant, le Conseil supérieur des Finances : le Conseil supérieur des Finances reste une institution distincte et indépendante, dont les membres sont sélectionnés par la chambre contrôle de l'Organe de nomination indépendant (art. 42 de la Constitution HART), et reçoit le rôle du Finanspolitiska rådet suédois. Il :

    • Évalue chaque année si les plafonds sont respectés et signale chaque écart ; le gouvernement concerné présente dans les trente jours un plan de correction à son parlement (art. 56)
    • Fait rapport publiquement au Parlement
    • Ne peut pas être présidé par un ministre
    • Dispose de son propre secrétariat et de son propre budget

    Ses avis sur les chiffres et les règles budgétaires sont contraignants (art. 41). Les estimations macroéconomiques du Comité de monitoring sont examinées par le Bureau fédéral du Plan renforcé (CPB belge), qui fixe les chiffres de manière contraignante avec la Cour des comptes (art. 56). Le CSF ne se fond pas dans le Bureau du Plan : ainsi la section Besoins de financement reçoit un rôle clair au lieu d'être hybride.

  7. Tableau de bord de transparence : un tableau de bord public en ligne (sur le modèle suédois) qui montre en temps réel : (a) le plafond fixé par niveau, (b) les dépenses réalisées, (c) la marge restante, (d) la position de la dette face à l'ancre de dette.

Modèle international : principalement la Suède (plafond T+3 + objectif de surplus + conseil indépendant), complétée par la politique budgétaire tendancielle néerlandaise (sous-plafonds, bonnes surprises vers le solde), le mécanisme de sanction danois pour les entités fédérées et l'ancrage constitutionnel suisse.

Impact estimé :

Trajet de mise en œuvre :

  1. Année 1 : loi, avec l'assentiment du Conseil des entités fédérées (art. 35 de la Constitution HART), qui rend obligatoires les plafonds de dépenses pluriannuels pour tous les niveaux de pouvoir (art. 56) + mission légale du Conseil supérieur des Finances comme gendarme budgétaire
  2. Année 2 : premier plafond fédéral fixé pour l'année 5 (T+3)
  3. À l'entrée en fonction des prochains gouvernements des entités fédérées : plafonds des entités fédérées pour toute la législature
  4. Année 5 : système pleinement opérationnel avec mécanisme de sanction
  5. En dix ans : ancre de dette de 90 % du PIB atteinte

Modifications légales requises :


Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)

Partie A : le point du programme

Plafonds de dépenses pluriannuels. Nouveau La Belgique n'a pas de plafonds de dépenses pluriannuels contraignants ; la Suède, les Pays-Bas, le Danemark et la Finlande les appliquent depuis des années. HART les introduit sur le modèle suédois : chaque année, le Parlement fixe une limite de dépenses pour trois ans plus tard, un gendarme budgétaire indépendant contrôle, et celui qui dépasse paie lui-même la facture.

Partie B : l'explication

Comment cela fonctionne aujourd'hui

La Belgique établit chaque année un budget sans plafond légal pour les dépenses totales. Il existe bien des « objectifs budgétaires » sur lesquels le Conseil supérieur des Finances rend des avis, mais ils ne sont pas contraignants et ne sont structurellement pas atteints. Le Comité de monitoring établit des estimations, mais ne peut rien imposer. Le résultat : un déficit budgétaire de 5,2 % du PIB (33,2 milliards d'euros) en 2025, une dette publique de 107,9 % du PIB qui, à politique inchangée, dépasse 120 % (Comité de monitoring, juillet 2026), et depuis juillet 2024 une procédure européenne pour déficit excessif.

Ce qui ne va pas

Le problème central est qu'il n'y a aucun frein sur les dépenses. Chaque ronde budgétaire est une négociation politique dans laquelle les partis tentent d'obtenir le plus possible pour leur électorat. Sans plafond strict, il y a toujours de la place pour « ajouter encore ceci ». Le Conseil supérieur des Finances n'est pas vraiment indépendant : le ministre des Finances préside le Conseil au complet. Le FMI demande à plusieurs reprises un conseil budgétaire renforcé. La Cour des comptes a averti en mai 2025 que le budget fédéral comptait sur des effets retour « insuffisamment étayés ». Mais personne n'a le pouvoir d'appuyer sur le frein.

À cela s'ajoute que les Communautés et les Régions effectuent plus d'un tiers des dépenses publiques, mais en financent plus de la moitié par des transferts, surtout des dotations fédérales (2025). Elles décident donc des dépenses sans en porter la pleine responsabilité financière. C'est comme si vous pouviez utiliser une carte de crédit dont quelqu'un d'autre paie la facture. Vous dépensez structurellement plus.

Comment cela fonctionne ailleurs

La Suède a introduit en 1997 des plafonds de dépenses pluriannuels après une profonde crise budgétaire. Chaque année, le Riksdag (le Parlement) fixe un plafond pour les dépenses totales de l'État central trois ans plus tard. Ce plafond est nominal. Le chiffre est fixe, quelle que soit la conjoncture. Une marge est toujours maintenue sous le plafond comme tampon. Un conseil budgétaire indépendant évalue chaque année si le gouvernement respecte le cadre.

Le résultat est spectaculaire : la dette publique suédoise est passée de 69 % du PIB en 1996 à 35 % en 2025. Divisée par deux. La croissance économique était pendant ce temps comparable à celle des États-Unis et de l'Allemagne, ou meilleure. La Suède prouve que discipline budgétaire et croissance économique vont parfaitement ensemble.

Les Pays-Bas utilisent un système comparable : au début de chaque législature, des plafonds de dépenses sont fixés pour toute la période. Les bonnes surprises fiscales vont au solde, pas à des dépenses supplémentaires. Résultat en 2025 : une dette de 44,4 % du PIB et un déficit de 1,6 %. Respectivement 63,5 et 3,6 points de pourcentage de mieux que la Belgique.

Le Danemark va encore un pas plus loin, avec des plafonds légalement contraignants et des sanctions automatiques : si les communes dépensent plus que convenu, leur contribution de l'État est réduite l'année suivante, en grande partie pour les communes qui ont dépassé. Dette : 28 % du PIB (2025). La Suisse a même inscrit le « frein à l'endettement » dans sa Constitution, approuvé par référendum avec 84,7 % des voix. La dette fédérale y est passée de 25,3 % à 13,5 % du PIB (2003-2019).

Ce que HART propose

HART veut introduire des plafonds de dépenses pluriannuels légalement contraignants à tous les niveaux de pouvoir :

  1. Le Parlement fédéral fixe chaque année un plafond de dépenses pour trois ans plus tard (T+3), sur le modèle suédois, avec des sous-plafonds par domaine politique. Ce plafond est contraignant et couvre toutes les dépenses sauf les charges d'intérêts. Les bonnes surprises du côté des recettes vont au désendettement, pas à des dépenses supplémentaires.

  2. Chaque entité fédérée fixe, à l'entrée en fonction de son gouvernement, un plafond pour toute la législature.

  3. Qui dépasse, paie : si une entité fédérée passe au-dessus de son plafond, la contribution fédérale à la péréquation est automatiquement réduite du montant du dépassement (sur le modèle danois).

  4. Un gendarme budgétaire indépendant : le Conseil supérieur des Finances, dont les membres sont choisis sur la base d'un score via l'Organe de nomination indépendant, distinct du Bureau du Plan. Non présidé par un ministre, avec son propre budget et son propre secrétariat. Il contrôle chaque année si les plafonds sont respectés, publie ses constats et signale chaque écart : le gouvernement concerné présente dans les trente jours un plan de correction à son parlement.

  5. Une ancre de dette légale est instaurée : la dette revient à 90 % du PIB comme objectif à dix ans, avec une trajectoire de convergence exécutoire chaque année.

  6. Un tableau de bord public en ligne montre en temps réel combien les pouvoirs publics peuvent dépenser, combien ils ont dépensé et quelle marge il reste.

Ce que cela rapporte

Si la Belgique avait réduit sa dette depuis 2000 aussi vite que la Suède, elle s'élèverait fin 2025 à environ 61 à 76 % du PIB au lieu de 107,9 %. Cela représente environ 4 à 6 milliards d'euros de charges d'intérêts en moins par an, sur une charge d'intérêts totale de 14,3 milliards d'euros (2025). De l'argent qui va aux détenteurs d'obligations au lieu d'aller aux écoles, aux soins et aux infrastructures.

Concrètement : chaque pour cent du PIB représente environ 6,4 milliards d'euros (2025). Une amélioration structurelle de 2 à 3 % du PIB en dix ans, comme la Suède l'a réalisée dans les années nonante, représente 13 à 19 milliards d'euros de déficit en moins par an. Les plafonds ne sont pas eux-mêmes une économie : ils font en sorte que les économies et les réformes se retrouvent aussi réellement dans le solde.

Mais il ne s'agit pas seulement d'argent. Il s'agit d'honnêteté. Sans frein, chaque gouvernement renvoie la facture à la génération suivante. Les plafonds de dépenses pluriannuels obligent les responsables politiques à faire des choix au lieu de laisser la dette grimper. Ce n'est pas du fétichisme de l'économie budgétaire. C'est du respect pour vos enfants.


Phase 5 : sources

Source URL Utilisé pour
Swedish Government. Fiscal Policy Framework https://www.government.se/government-of-sweden/ministry-of-finance/central-government-budget/the-fiscal-policy-framework/ Description du modèle suédois, 5 piliers, fonctionnement du plafond de dépenses
Sveriges Riksdag. Determines the central government budget https://www.riksdagen.se/en/how-the-riksdag-works/what-does-the-riksdag-do/determines-the-central-government-budget/ Fixation parlementaire des plafonds, mécanisme T+3, périmètre (hors intérêts, avec les pensions de vieillesse), marge budgétaire
Sveriges Riksdag. Statens budget 2026, rambeslutet (november 2025) https://www.riksdagen.se/sv/dokument-och-lagar/dokument/betankande/statens-budget-2026-rambeslutet_hd01fiu1/ Objectif de surplus remplacé par un objectif d'équilibre à partir de 2027
Finanspolitiska rådet. The Fiscal Policy Council https://www.fpr.se/english/fiscal-policy-council.html Rôle du conseil budgétaire suédois (évaluer, ne pas intervenir)
CEPR VoxEU. Fiscal policy is no free lunch: Lessons from the Swedish fiscal framework https://cepr.org/voxeu/blogs-and-reviews/fiscal-policy-no-free-lunch-lessons-swedish-fiscal-framework-fiscal Croissance suédoise comparable à celle des États-Unis et de l'Allemagne, ou meilleure (1998-2017)
Eurostat. Overheidsschuld en -saldo (gov_10dd_edpt1) https://ec.europa.eu/eurostat/api/dissemination/statistics/1.0/data/gov_10dd_edpt1?format=JSON&lang=en&geo=SE&geo=NL&geo=DK&geo=BE&unit=PC_GDP&sector=S13&na_item=GD&na_item=B9&sinceTimePeriod=1995 Dette et solde de la Suède (1995-2025), des Pays-Bas, du Danemark et de la Belgique (2025) ; Belgique 109,7 % (2000) ; calcul propre du rythme suédois
Eurostat. Overheidsuitgaven en -ontvangsten per subsector (gov_10a_main) https://ec.europa.eu/eurostat/api/dissemination/statistics/1.0/data/gov_10a_main?format=JSON&lang=en&geo=BE&sector=S13&sector=S1312&na_item=TE&na_item=D7REC&unit=PC_GDP&sinceTimePeriod=2023 Dépenses des Communautés et des Régions 20,0 % du PIB contre 54,2 % au total, transferts 10,9 % du PIB (2025)
INR / Nationale Bank. Rekeningen van de overheid 2025 (april 2026) https://www.nbb.be/doc/dq/n/dq3/nnco.pdf Déficit 5,2 % du PIB (33,2 milliards d'euros), dette 107,9 % (692,5 milliards d'euros), PIB 642,0 milliards d'euros, charges d'intérêts 14,3 milliards d'euros (2025)
Monitoringcomité. Rapport juli 2026 https://bosa.belgium.be/sites/default/files/content/documents/260706 %20Rapport%20Monitoringcomit%C3 %A9 %20-%20Version%20d%C3 %A9finitive.pdf Déficit entité I 25,7 milliards d'euros (3,9 % du PIB) en 2026, tous pouvoirs publics 5,1 % ; dette 122,6 % du PIB en 2031 à politique inchangée ; procédure pour déficit excessif depuis juillet 2024
Federaal Planbureau. Economische vooruitzichten 2025-2030 https://www.plan.be/en/publications/belgiums-economic-outlook-2025-2030-indicates Dette autour de 120 % du PIB en 2030 à politique inchangée
IMF. Belgium: Staff Concluding Statement of the 2026 Article IV Mission https://www.imf.org/en/news/articles/2025/12/15/cs-belgium-staff-concluding-statement-of-the-2026-article-iv-mission Objectifs contraignants pour les Régions et les Communautés, sanctions financières, conseil budgétaire renforcé
IMF. Belgium: Staff Concluding Statement of the 2025 Article IV Mission https://www.imf.org/en/news/articles/2025/02/04/mcs020425-belgium-2025-article-iv-mission Appel à un conseil budgétaire renforcé et à la responsabilité de toutes les entités fédérées
VRT NWS. Rekenhof over terugverdieneffecten (16 mei 2025) https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2025/05/16/begroting-terugverdieneffecten-regering-de-wever-rekenhof/ Citation de la Cour des comptes sur les effets retour insuffisamment étayés
Hoge Raad van Financiën. Afdeling Financieringsbehoeften van de Overheid https://hogeraadvanfinancien.be/nl/de-hoge-raad-van-financien/afdeling-financieringsbehoeften Rôle consultatif sur la trajectoire budgétaire, évaluation de l'accord de coopération de 2013, nomination par arrêté royal
Hoge Raad van Financiën. Samenstelling https://hogeraadvanfinancien.be/nl/de-hoge-raad-van-financien Conseil au complet présidé par le ministre des Finances
Rijksfinanciën NL. Trendmatig begrotingsbeleid en besluitvormingsproces (Miljoenennota 2023) https://www.rijksfinancien.nl/miljoenennota/2023/1468705 Politique budgétaire tendancielle néerlandaise depuis 1994, plafonds réels, trois sous-plafonds, bonnes surprises vers le solde
De Økonomiske Råd. Danske rammer https://dors.dk/offentlige-finanser/finanspolitiske-rammer/danske-rammer Budgetlov danoise (2012, révisée en 2022), limite de déficit de 1 % du PIB, plafonds quadriennaux, sanctions pour les communes et les régions
Finansministeriet (DK). Erfaringer med budgetloven 2014-2020 https://fm.dk/nyheder/nyhedsarkiv/2022/april/erfaringer-med-budgetloven-2014-2020-budgetloven-har-levet-op-til-sit-hovedformaal/ Plafonds et limite de déficit respectés chaque année (2014-2020)
Lejre Kommune. Budgetbemærkninger 2024-2027 https://cdn.lejre.dk/lejrekommune/media/13894/bilag-5-budgetbem%C3 %A6rkninger-2024-2027.pdf Sanction en cas de dépassement : 60 % individuellement, 40 % collectivement
World Bank. Expenditure policy and spending reviews in Denmark (2024) https://thedocs.worldbank.org/en/doc/069872779470c17d00a2edde1fff8a36-0080012024/original/6-World-bank-Expenditure-policy-and-spending-reviews-Denmark.pdf Plafonds quadriennaux ; la consommation publique croissait auparavant plus vite que prévu, surtout dans les communes
Finnish Ministry of Finance. Spending Limits https://vm.fi/en/central-government-spending-limits Système finlandais, environ 85 % des crédits sous le plafond, mécanisme d'exception
Swiss Federal Finance Administration. Debt Brake https://www.efd.admin.ch/en/the-debt-brake Frein à l'endettement suisse, applicable depuis 2003, dette fédérale en baisse d'environ 27 milliards de francs (2003-2019)
Eidgenössische Finanzverwaltung. Die Schuldenbremse des Bundes https://www.efv.admin.ch/de/schuldenbremse-bundes Référendum du 2 décembre 2001 (84,7 %), dette fédérale de 25,3 % à 13,5 % du PIB (2003-2019)

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