Gouvernement flamand : 9 ministres
Audit HART réforme de l'État
Date : 2026-03-30 Statut : 🔴 Supprimé Ligne : Flandre : Gouvernement
Phase 1 : recherche approfondie
1A. De quoi s'agit-il exactement ?
Le Gouvernement flamand est le pouvoir exécutif de la Communauté flamande et de la Région flamande. Deux entités qui ont fusionné leurs institutions en 1980 en un seul Parlement flamand et un seul Gouvernement flamand. C'est unique en Belgique : seule la Flandre a réuni ses institutions régionales et communautaires.
Base juridique :
- Loi spéciale de réformes institutionnelles (LSRI) du 8 août 1980, article 1 §1 (les organes de la Communauté flamande exercent aussi les compétences de la Région flamande) et article 63 §1 (onze membres au plus, au moins un membre domicilié en Région de Bruxelles-Capitale)
- Décret spécial du 7 juillet 2006 relatif aux institutions flamandes, article 20 (composition)
- Constitution belge, articles 121 à 126 (gouvernements de communauté et de région) et article 11bis
Composition (légale) :
- Maximum 11 ministres, ministre-président compris
- Au moins un membre doit être domicilié dans la région bilingue de Bruxelles-Capitale
- Règle de genre : le gouvernement compte des personnes de sexe différent (Constitution, article 11bis)
Composition en septembre 2026 (gouvernement entré en fonction le 30 septembre 2024) : Coalition N-VA (31 sièges) + Vooruit (18 sièges) + CD&V (16 sièges) = 65/124 sièges
| Ministre | Parti | Compétences |
|---|---|---|
| Matthias Diependaele (MP) | N-VA | Économie, Innovation, Industrie, Politique extérieure, Numérisation, Gestion facilitaire |
| Melissa Depraetere (vice-MP) | Vooruit | Logement, Énergie, Climat, Tourisme, Jeunesse |
| Hilde Crevits (vice-MP) | CD&V | Administration intérieure, Politique urbaine et rurale, Vivre ensemble, Intégration et parcours d'intégration civique, Affaires administratives, Économie sociale, Pêche maritime |
| Ben Weyts (vice-MP) | N-VA | Budget, Finances, Périphérie flamande, Patrimoine immobilier, Bien-être animal |
| Zuhal Demir | N-VA | Enseignement, Justice, Emploi |
| Caroline Gennez | Vooruit | Bien-être, Lutte contre la pauvreté, Culture, Égalité des chances |
| Jo Brouns | CD&V | Omgeving (environnement et aménagement du territoire), Agriculture |
| Annick De Ridder | N-VA | Mobilité, Travaux publics, Ports, Sport |
| Cieltje Van Achter | N-VA | Bruxelles, Médias |
Total : 9 ministres (sous le maximum légal de 11). Fait notable : 6 des 9 ministres sont des femmes.
Budget (budget initial 2026, selon la Cour des comptes) :
- Dépenses : environ 66,0 milliards d'euros, recettes 61,6 milliards d'euros (consolidé SEC)
- Solde de financement : -2,9 milliards d'euros ; par rapport à l'objectif budgétaire propre du Gouvernement flamand (notamment sans les travaux de l'Oosterweel) -1,7 milliard d'euros
- Dette consolidée : environ 56,6 milliards d'euros (estimation fin 2026)
Effectif de l'autorité flamande :
- Fin 2025 : 28.166 membres du personnel (25.705 ETP)
- Après une baisse de 1.519 membres du personnel en 2024, nouvelle légère hausse (+194 en 2025)
- 59 % de femmes
- Plus grand domaine politique : Emploi, Économie, Sciences, Innovation, Agriculture et Économie sociale (>6.000 ETP)
Cabinets :
- Environ 290 collaborateurs de cabinet, soit 262,8 ETP au total (situation au 31 décembre 2025)
- En moyenne environ 32 par ministre
- L'arrêté sur les cabinets autorise des membres d'état-major fixes (16 chez le ministre-président, 14 par vice-ministre-président, 4 chez les autres ministres), plus un pool de 112 conseillers de contenu et 12 membres du personnel supplémentaires pour l'ensemble des cabinets
- Ministre-président et vice-ministres-présidents : max. 14 membres du personnel de soutien par cabinet ; autres ministres : max. 9
- Cela donne ensemble, avec un ministre-président, trois vice-ministres-présidents et cinq ministres, 303 places (202 membres d'état-major et 101 membres du personnel de soutien), soutien facilitaire non compris
- Coût : le budget flamand des dépenses comporte pour chaque cabinet un article de crédits d'appareil, ensemble 42,4 M€ en 2026 (plus de 160.000 € par ETP, fonctionnement compris)
1B. Que fait-il en pratique ?
Missions principales :
- Exécution des décrets flamands (compétences régionales et communautaires)
- Établissement et exécution du budget
- Gestion des centimes additionnels à l'impôt des personnes physiques et des impôts régionaux
- Adoption d'arrêtés réglementaires (arrêtés du Gouvernement flamand)
- Représentation dans les enceintes fédérales et européennes
Chevauchements et complexité :
- La fusion de la région et de la communauté fait que le Gouvernement flamand combine des compétences qui, en Wallonie et à Bruxelles, sont exercées par plusieurs gouvernements
- C'est en principe plus efficient, mais cela crée une complexité interne : un même ministre peut être responsable de matières régionales et communautaires
- Exemple (2026) : la ministre de l'Administration intérieure (administration intérieure, région) est aussi compétente pour l'Intégration et le parcours d'intégration civique (communauté) et l'Économie sociale
- La répartition des compétences avec le niveau fédéral mène régulièrement à des conflits, en particulier pour les soins de santé, le marché du travail et l'énergie
Culture des cabinets : Le système belge (et donc aussi flamand) de cabinets ministériels est une exception en Europe : en Europe occidentale, de grands cabinets n'existent plus guère qu'en Belgique, en France et en Italie (Samenleving & Politiek, 2023). Les collaborateurs de cabinet forment de fait une structure de décision parallèle à côté de la fonction publique. La relation cabinet-administration est un point de blocage connu :
- Les cabinets reprennent à l'administration le travail de préparation des politiques
- Cela mène à la démotivation des fonctionnaires et à la perte de mémoire institutionnelle
- Le pantouflage entre cabinet et administration (détachement) crée des conflits d'intérêts
Indicateurs de performance : La Cour des comptes a attribué aux informations de performance jointes au budget flamand 2025 une « note médiocre ». Le Gouvernement flamand a alors revu à la baisse sa propre ambition, d'au moins un indicateur de performance par élément structurel de contenu à un par exposé du budget, et s'est engagé à compléter les jeux d'indicateurs lors de la confection du budget 2026. Pour le budget 2026, la Cour des comptes a constaté des progrès, mais la qualité de contenu des indicateurs de performance est restée « globalement médiocre » et l'attention portée aux évaluations des politiques « globalement insuffisante ». Une Journée flamande de la reddition de comptes n'existait pas encore en 2026.
1C. Comparaison internationale
Pays-Bas : pas de cabinets ministériels Les Pays-Bas ne connaissent pas de système de cabinets au sens belge. Chaque ministre ou secrétaire d'État peut nommer un conseiller politique, le ministre-président et les vice-Premiers ministres en ont deux ; les porte-parole et le secrétariat sont des fonctionnaires. Toute la préparation des politiques est assurée par la fonction publique permanente (les départements). Ce modèle est moins cher, plus professionnel et limite la problématique du pantouflage. Les Pays-Bas comptent 18 ministres et 10 secrétaires d'État au niveau national (2026), mais pas de gouvernements d'entités fédérées. Les 12 provinces sont administrées par les Gedeputeerde Staten, sans cabinets.
Allemagne : des Länder sans culture des cabinets Les 16 entités fédérées allemandes (Länder) ont chacune leur propre Landesregierung :
- Rhénanie-du-Nord-Westphalie (environ 18 millions d'habitants, plus d'une fois et demie la Belgique) : ministre-président + 12 ministres, pas de système de cabinets à la belge
- Bavière (environ 13 millions d'habitants) : ministre-président, 14 ministres d'État et 3 secrétaires d'État (gouvernement depuis 2023, situation 2026)
- Les ministres des Länder allemands travaillent avec un petit staff personnel, mais la préparation des politiques est assurée par la Ministerialverwaltung (la fonction publique départementale)
- Pas de structure de cabinet parallèle : c'est l'appareil administratif qui est la machine à produire les politiques
Danemark : simplification radicale en 2007 Le Danemark a supprimé le 1er janvier 2007 ses 13 provinces (amter) et les a remplacées par 5 régions aux compétences limitées (principalement les soins de santé) ; à partir de 2027, elles seront 4. Les communes ont été fusionnées, de 271 à 98. Le gouvernement central compte 21 ministres (2026). Les régions sont administrées par des conseils régionaux élus au suffrage direct, mais n'ont pas de gouvernements propres avec des ministres.
Suède : deux couches de pouvoir, pas de ministres régionaux La Suède compte 21 län (provinces) avec :
- Des County Administrative Boards (länsstyrelser) : des gouverneurs désignés par l'État central, qui exécutent la politique nationale
- Des Regioner (régions) : des conseils élus au suffrage direct qui gèrent les soins de santé et les transports en commun Pas de cabinets ministériels au niveau régional. La séparation entre le pouvoir exécutif national et la démocratie régionale est claire.
1D. Problèmes et critiques
Le système des cabinets comme administration de l'ombre : les environ 290 collaborateurs de cabinet forment des mini-administrations qui éclipsent le travail de plus de 28.000 membres du personnel de l'autorité flamande. Selon la revue Samenleving & Politiek (2023), cela mène à « la démotivation et à la perte du sens des responsabilités » dans la fonction publique.
Absence de mesure des résultats : la Cour des comptes a jugé les exposés du budget des budgets 2025 et 2026 globalement médiocres. Pour le budget 2025, le Gouvernement flamand a revu à la baisse sa propre ambition en matière d'indicateurs de performance ; les évaluations des politiques sont insuffisamment utilisées.
Morcellement des compétences avec le niveau fédéral : le Gouvernement flamand partage des compétences cruciales (soins de santé, marché du travail, énergie, climat) avec le niveau fédéral, ce qui entraîne des structures de concertation, des accords de coopération et des conflits de compétence.
Autonomie fiscale limitée : sur les 61,6 milliards d'euros de recettes du budget 2026, 34,7 milliards d'euros (56 %) étaient estimés sous forme de dotations via la loi spéciale de financement. Pour l'ensemble des entités fédérées belges et des pouvoirs locaux, l'écart fiscal vertical (la part des dépenses qui n'est pas payée par des recettes propres) s'élevait selon le FMI à environ 50 % (2019).
Déficit démocratique dans la représentation bruxelloise : au moins un ministre doit habiter à Bruxelles. Ce ministre codécide des matières régionales de la Région flamande, alors que la Communauté flamande n'a à Bruxelles que des compétences communautaires, directement ou via la VGC.
Phase 2 : évaluation au regard des neuf principes
| # | Principe | Appréciation | Justification |
|---|---|---|---|
| 1 | Subsidiarité | ⚠️ | La fusion région/communauté est positive (moins de couches), mais la répartition des compétences avec le niveau fédéral est floue. Les compétences partagées (santé, énergie) créent des chevauchements. |
| 2 | Transparence | ⚠️ | Les cabinets fonctionnent comme des boîtes noires. Les CV des conseillers ne sont pas publiés par défaut. Les décisions du Gouvernement flamand sont publiées en ligne, mais le processus de préparation des politiques est opaque. |
| 3 | Responsabilité = financement | ⚠️ | Écart fiscal vertical considérable, dû à la dépendance aux dotations fédérales via la loi spéciale de financement. Celui qui décide des dépenses ne perçoit pas entièrement les recettes. |
| 4 | Simplicité | ✅ | La fusion région/communauté est une particularité belge qui réduit la complexité. 9 ministres (sous le maximum de 11) est relativement compact. |
| 5 | Taille critique | ✅ | Avec 6,9 millions d'habitants (2026) et un budget d'environ 66 milliards d'euros, la Flandre est, comme entité fédérée, comparable au Danemark ou à un grand Land allemand. Taille suffisante. |
| 6 | Compétences concurrentes | ❌ | La Belgique connaît des compétences exclusives (contrairement au modèle allemand de législation concurrente). Cela crée de la rigidité et des conflits de compétence. |
| 7 | Orientation résultats | ❌ | La Cour des comptes attribue aux informations de performance une « note médiocre ». Les KPI sont incomplets, la culture de l'évaluation est à peine en construction. Une Journée flamande de la reddition de comptes n'existait pas encore en 2026. |
| 8 | Numérique d'abord | ⚠️ | Les décisions sont publiées sous forme numérique. La numérisation est une priorité politique (le ministre-président en est chargé), mais la fonction publique et les cabinets travaillent encore largement de manière traditionnelle. |
| 9 | Éprouvé à l'étranger | ⚠️ | La fusion région/communauté est unique et fonctionne. Mais le système des cabinets va à l'encontre de ce qui fonctionne manifestement mieux aux Pays-Bas, en Allemagne et en Scandinavie. |
Synthèse : le gain le plus important se situe au niveau du principe 7 (orientation résultats) : introduction de vrais KPI et d'un cycle d'évaluation ; du principe 6 (compétences concurrentes) : paquets de compétences homogènes et, là où les niveaux interviennent ensemble, compétences concurrentes avec primauté fédérale sur le modèle allemand, pour réduire les conflits de compétence ; et du principe 2 (transparence) : réforme du système des cabinets.
Phase 3 : la proposition de HART
3A. Classification
🔴 Supprimé : le Gouvernement flamand disparaît en tant que gouvernement régional et communautaire. Son rôle passe aux cinq gouvernements d'entités fédérées flamandes de cinq membres au plus et au conseil communautaire du concordat néerlandophone pour l'enseignement, la langue, la radiodiffusion et les allocations familiales ; le conseil de contrôle néerlandophone les contrôle (art. 2, 31, 36 et 43 de la Constitution HART). Le système des cabinets est démantelé, la mesure des performances devient obligatoire, et la répartition des compétences est recalibrée via des paquets de compétences homogènes et des compétences concurrentes.
3B. Proposition concrète
1. Cinq gouvernements d'entités fédérées avec des cabinets sur le modèle allemand/néerlandais
- Le Gouvernement flamand cède la place aux gouvernements d'Anvers, de Flandre-Orientale, de Flandre-Occidentale, du Brabant flamand et du Limbourg : cinq membres au plus chacun, collégiaux et élus par le parlement de l'entité fédérée pour toute la législature, sur le modèle du gouvernement cantonal suisse (art. 43 §2 de la Constitution HART). L'enseignement, la langue, la radiodiffusion et les allocations familiales sont réglés par les cinq entités fédérées flamandes dans le concordat néerlandophone (avec Bruxelles pour ses institutions néerlandophones), via un conseil communautaire de ministres des entités fédérées (art. 31)
- Au maximum 5 collaborateurs politiques par membre du gouvernement (art. 40 et 43 §3), au total 125 au maximum au lieu d'environ 290
- La préparation des politiques retourne à la fonction publique permanente ; la chambre gouvernance de l'Organe de nomination indépendant (OBO) sélectionne les hauts fonctionnaires sur la compétence, pas sur la couleur de parti, et le Service belge d'administration générale (BABD) gère leur carrière, sur le modèle néerlandais (art. 38)
- Détachement de fonctionnaires vers les cabinets limité à 20 % des collaborateurs au plus, avec une période de carence de 3 ans
- Obligation de transparence : CV, registres d'activités et rémunération de tous les conseillers rendus publics, et un relevé complet des coûts par cabinet (salaires, y compris des détachés, fonctionnement et logement)
- Économie estimée : part de l'économie réalisée sur l'ensemble des cabinets (au plus environ 165 millions d'euros par an), comptée une seule fois à cet endroit ; non chiffrée séparément, car dans l'image finale, ce sont les cabinets de cinq gouvernements d'entités fédérées flamandes. En plus, un gain d'efficience dans la fonction publique.
2. Mesure obligatoire des performances (modèle suédois)
- Chaque ministre définit des KPI SMART par domaine politique à son entrée en fonction
- Reddition de comptes numérique permanente au lieu d'un moment de présentation annuel : un tableau de bord en direct par ministre et des signaux d'alerte qui arrivent automatiquement à l'ordre du jour de la commission parlementaire compétente
- Évaluation indépendante par la Cour des comptes, pas par sa propre administration
- Rapports de résultats annuels par domaine politique avec l'avis de la Cour des comptes, sur le modèle des rapports annuels néerlandais et de l'Algemene Rekenkamer
3. Paquets homogènes et compétences concurrentes (modèle allemand)
- Ce qui est morcelé entre les niveaux passe comme paquet de compétences homogène à un seul niveau
- Là où les niveaux interviennent ensemble, les entités fédérées (dont les cinq flamandes) peuvent légiférer tant et dans la mesure où l'autorité fédérale ne le fait pas elle-même ; le droit fédéral a la primauté (article 72 Grundgesetz ; art. 26 et 28 de la Constitution HART)
- Cela réduit les conflits de compétence et stimule l'innovation régionale
- Fondement : la Constitution HART elle-même ; une compétence se déplace ensuite par une loi avec l'accord du Conseil des entités fédérées (art. 27 §2), sans loi spéciale
4. Une plus grande autonomie fiscale
- Chaque entité fédérée flamande vit pour l'essentiel d'impôts propres : un taux propre à l'impôt des personnes physiques dans une fourchette autour d'un taux de référence et des impôts propres de l'entité fédérée, avec un seul service des impôts qui perçoit pour tous les niveaux (art. 52 à 54 de la Constitution HART)
- Objectif : ramener l'écart fiscal vertical, dans les dix ans, d'environ 50 % à 30 % au maximum
- Modèle : les cantons suisses ou les Länder allemands
Modèle international : combinaison du modèle allemand de la Landesregierung (petit staff politique, fonction publique forte, compétences concurrentes) et du modèle suédois de mesure des performances.
Trajet de mise en œuvre :
- Gouvernements d'entités fédérées : la Constitution HART fait des cinq provinces flamandes des entités fédérées dotées d'un gouvernement de cinq membres au plus (art. 2 et 43) ; chaque entité fédérée règle le fonctionnement de son gouvernement dans son statut organique et adhère par loi de l'entité fédérée au concordat néerlandophone (art. 31)
- Réforme des cabinets : cinq collaborateurs politiques au plus par membre du gouvernement selon la Constitution HART (art. 40 et 43 §3), par étapes au cours de la première législature, dès que le Service belge d'administration générale (BABD) fonctionne sous la chambre gouvernance de l'Organe de nomination indépendant (art. 38)
- Mesure des performances : via une loi de l'entité fédérée et les instructions budgétaires, dès le premier budget
- Compétences concurrentes : elles figurent dans la Constitution HART elle-même (art. 26 à 29) ; une compétence se déplace ensuite par une loi avec l'accord du Conseil des entités fédérées (art. 27 §2), sans majorité spéciale
- Autonomie fiscale : la Constitution HART (art. 52 à 55), avec une loi qui fixe la fourchette autour du taux de référence et une loi de péréquation à la place de la loi spéciale de financement, toutes deux avec l'accord du Conseil des entités fédérées (art. 35)
Phase 4 : point du programme (texte prêt pour le site)
Partie A : le point du programme
Gouvernement flamand (9 ministres) : supprimé Le Gouvernement flamand cède la place à cinq gouvernements d'entités fédérées flamandes de cinq membres au plus, et l'administration de l'ombre d'environ 290 collaborateurs de cabinet est réduite à cinq collaborateurs politiques au plus par membre du gouvernement. L'enseignement, la langue, la radiodiffusion et les allocations familiales sont réglés ensemble par les entités fédérées flamandes dans le concordat néerlandophone. Le travail de politique publique retourne à la fonction publique, chaque ministre est jugé sur des résultats mesurables.
Partie B : l'explication
Comment cela fonctionne aujourd'hui
Le Gouvernement flamand compte 9 ministres, responsables ensemble d'un budget d'environ 66 milliards d'euros (2026) et de plus de 28.000 membres du personnel de l'autorité flamande (2025). C'est en soi compact. La Flandre est la seule entité fédérée à combiner compétences régionales et communautaires dans un seul gouvernement, ce qui lui épargne une couche de pouvoir par rapport à la Wallonie et à Bruxelles. Le problème ne tient pas au nombre de ministres, mais à leur manière de travailler.
Chaque ministre a un cabinet : une équipe politique personnelle de 32 collaborateurs en moyenne, environ 290 au total (fin 2025). Ces cabinets ne font pas que du conseil politique. Ils reprennent aussi le travail de préparation des politiques à l'administration créée pour cela. Le résultat est une structure de décision parallèle qui mine la véritable fonction publique.
Ce qui ne va pas
Trois problèmes fondamentaux :
Premièrement, le système des cabinets. La Belgique fait partie, avec la France et l'Italie, des rares pays d'Europe occidentale qui travaillent avec de grands cabinets ministériels. Aux Pays-Bas, un ministre a un conseiller politique. En Allemagne, un petit staff personnel. En Flandre : 32 par ministre. Ces cabinets créent de la démotivation chez les fonctionnaires (« à quoi bon préparer une politique si le cabinet la reprend de toute façon ? »), des conflits d'intérêts par le détachement, et un manque de mémoire institutionnelle. À chaque nouveau gouvernement, le personnel de cabinet repart de zéro.
Deuxièmement, l'absence de mesure des résultats. La Cour des comptes a attribué aux informations de performance jointes au budget flamand 2025 une note médiocre, et pour le budget 2026 aussi, la qualité est restée globalement médiocre. Il y a trop peu de KPI, trop peu d'évaluations, et aucune conséquence lorsqu'une politique ne fonctionne pas. Une véritable reddition de comptes, où le gouvernement présente ses résultats au parlement, n'existait pas encore en 2026.
Troisièmement, le morcellement des compétences. Le Gouvernement flamand partage des compétences cruciales avec le niveau fédéral : soins de santé, marché du travail, énergie, climat. La Belgique connaît des compétences exclusives : soit fédérales, soit fédérées, avec une zone grise entre les deux. Chaque zone grise signifie de la concertation, des accords de coopération et des années de retard. La Cour constitutionnelle doit régulièrement trancher quel niveau est compétent pour quoi.
Comment cela fonctionne ailleurs
En Allemagne, les gouvernements des entités fédérées travaillent sans cabinets au sens belge. La Rhénanie-du-Nord-Westphalie, avec environ 18 millions d'habitants plus grande que toute la Belgique, a 12 ministres qui travaillent avec un petit staff personnel et une fonction publique professionnelle qui fait le travail de politique publique. Pas de 290 collaborateurs de cabinet, pas d'administration de l'ombre.
Plus important encore : l'Allemagne connaît les compétences concurrentes (konkurrierende Gesetzgebung). Dans ces domaines, les entités fédérées peuvent légiférer tant et dans la mesure où l'autorité fédérale ne le fait pas elle-même, et le droit fédéral a la primauté. Cela clarifie qui décide et stimule l'innovation : si un Land développe une bonne politique, les autres peuvent la reprendre.
En Suède, l'organe indépendant Riksrevisionen contrôle les dépenses de l'État, l'efficience des agences publiques et la question de savoir si les décisions politiques atteignent le résultat visé. Les ministres ne sont pas jugés sur leurs intentions, mais sur des chiffres.
Ce que HART propose
Cinq gouvernements d'entités fédérées avec de petits cabinets. Le Gouvernement flamand cède la place aux gouvernements d'Anvers, de Flandre-Orientale, de Flandre-Occidentale, du Brabant flamand et du Limbourg : collégiaux, cinq membres au plus chacun. L'enseignement, la langue, la radiodiffusion et les allocations familiales sont réglés ensemble dans le concordat néerlandophone, via un conseil communautaire de ministres des entités fédérées qui siège publiquement. Au maximum 5 collaborateurs politiques par membre du gouvernement, au total 125 au maximum au lieu d'environ 290, sur le modèle allemand/néerlandais. Toute la préparation des politiques retourne à la fonction publique permanente, avec des hauts fonctionnaires que l'Organe de nomination indépendant sélectionne sur la compétence. Obligation de transparence : noms, CV, rémunération et activités de tous les conseillers rendus publics, et un relevé complet des coûts par cabinet. Détachement de fonctionnaires vers les cabinets limité à 20 % au plus, avec une période de carence de 3 ans.
Mesure obligatoire des performances. Chaque ministre définit à son entrée en fonction des KPI mesurables par domaine politique. Évaluation annuelle par la Cour des comptes, pas par sa propre administration. Pas de moment de présentation annuel, mais une reddition de comptes numérique permanente, une vraie mise en balance parlementaire : si les objectifs ne sont pas atteints, le ministre doit expliquer en continu pourquoi et ce qui change.
Ordonner les compétences. Ce qui est morcelé entre les niveaux passe comme paquet homogène à un seul niveau. Là où les niveaux interviennent ensemble, des compétences concurrentes avec primauté fédérale s'appliquent sur le modèle allemand : les entités fédérées flamandes peuvent y légiférer tant et dans la mesure où l'autorité fédérale ne le fait pas elle-même. Cela réduit les conflits de compétence, accélère la prise de décision et donne à toutes les entités fédérées de l'espace pour innover.
Élargir l'autonomie fiscale. Chaque entité fédérée flamande lève ses propres impôts et choisit son taux à l'impôt des personnes physiques dans une fourchette ; un seul service des impôts perçoit pour tous les niveaux. Qui décide des dépenses doit aussi lever l'impôt. Objectif : ramener l'écart fiscal vertical, dans les dix ans, d'environ 50 % à 30 % au maximum.
Ce que cela rapporte
- Des cabinets plus petits : part de l'économie réalisée sur l'ensemble des cabinets (au plus environ 165 millions d'euros par an), comptée une seule fois à cet endroit. Mais le vrai gain réside dans le gain d'efficience d'une fonction publique qui peut à nouveau faire elle-même la politique
- De meilleurs résultats politiques grâce à une vraie mesure des performances et à l'évaluation
- Moins de conflits de compétence et une prise de décision plus rapide grâce aux compétences concurrentes
- Plus de contrôle démocratique : le citoyen peut voir qui décide, qui paie et ce que cela rapporte
- Des gouvernements d'entités fédérées flamandes qui fonctionnent comme en Allemagne ou aux Pays-Bas : professionnels, transparents, orientés résultats
Phase 5 : sources
| Source | URL | Utilisé pour |
|---|---|---|
| Wikipedia. Vlaamse Regering | https://nl.wikipedia.org/wiki/Vlaamse_Regering | Composition, historique (contexte) |
| Vlaanderen.be. Government of Flanders | https://www.vlaanderen.be/en/government-of-flanders | Composition et compétences des ministres (2026), prestation de serment le 30 septembre 2024 |
| Codex Vlaanderen. Bijzondere Wet tot Hervorming der Instellingen | https://codex.vlaanderen.be/Portals/Codex/documenten/1004736.html | Base juridique : art. 1 §1 (les organes flamands exercent les compétences régionales), art. 63 §1 (max. 11 membres, un membre domicilié en Région de Bruxelles-Capitale) |
| Codex Vlaanderen. Bijzonder Decreet over de Vlaamse instellingen (7 juli 2006) | https://codex.vlaanderen.be/Portals/Codex/documenten/1015039.html | Art. 20 : composition du Gouvernement flamand, max. 11 membres |
| Codex Vlaanderen. Kabinettenbesluit (24 juli 2009) | https://codex.vlaanderen.be/Portals/Codex/documenten/1018221.html | Art. 6-9 : membres d'état-major 16/14/4, pool de 112 conseillers de contenu et 12 membres du personnel, personnel de soutien max. 14 ou 9, soutien facilitaire |
| Vlaams Parlement. Samenstelling van de kabinetten van de Vlaamse ministers, toestand op 31 december 2025, stuk 35 (2025-2026) nr. 1 | https://docs.vlaamsparlement.be/files/pfile?id=2298971 | Effectifs des cabinets : environ 290 collaborateurs, 262,8 ETP (fin 2025) |
| Moniteur belge. Decreet houdende de uitgavenbegroting van de Vlaamse Gemeenschap 2026 | https://www.ejustice.just.fgov.be/cgi/article_body.pl?language=nl&caller=summary&pub_date=2026-01-15&numac=2026000062 | Crédits d'appareil des 9 cabinets : ensemble 42,4 M€ (2026) |
| Statistiek Vlaanderen. Personeel Vlaamse overheid | https://www.vlaanderen.be/en/statistics-flanders/public-finances/staff-of-flemish-public-administration | 28.166 membres du personnel (25.704,5 ETP) fin 2025, +194 par rapport à 2024, -1.519 en 2024, 59 % de femmes, plus grand domaine politique >6.000 ETP |
| Rekenhof. Onderzoek van de Vlaamse begroting voor 2025 (december 2024) | https://www.ccrek.be/sites/default/files/Docs/2024_61_BegrotingVG_2025.pdf | Informations de performance « note médiocre », ambition abaissée à un indicateur par exposé du budget |
| Rekenhof. Onderzoek van de Vlaamse begroting voor 2026, stuk 16 (2025-2026) nr. 1 (november 2025) | https://docs.vlaamsparlement.be/files/pfile?id=2235038 | Dépenses SEC 66,0 Mds €, recettes 61,6 Mds €, solde de financement -2,9 Mds €, solde par rapport à l'objectif budgétaire -1,7 Md €, dette 56,6 Mds €, dotations 34,7 Mds € ; indicateurs de performance « globalement médiocres », évaluations des politiques « globalement insuffisantes », Journée de la reddition de comptes en préparation |
| Vlaamse Regering. Vlaamse begroting 2026 (brochure) | https://publicaties.vlaanderen.be/view-file/77922 | Solde par rapport à l'objectif budgétaire -1,7 Md € (2026) |
| Vlaams Parlement. Plenaire vergadering van 8 juli 2026 (verslag) | https://www.vlaamsparlement.be/nl/parlementair-werk/plenaire-vergaderingen/2051610/verslag/2059353 | Journée flamande de la reddition de comptes pas encore tenue en 2026 |
| IMF. Fiscal Federalism in Belgium, Selected Issues Paper 2023/016 | https://www.imf.org/-/media/files/publications/selected-issues-papers/2023/english/sipea2023016.pdf | Écart fiscal vertical des entités fédérées belges et des pouvoirs locaux : environ 50 % (2019) |
| Samenleving & Politiek. Waarom we kabinetten niet moeten afschaffen (november 2023) | https://www.sampol.be/2023/11/waarom-we-kabinetten-niet-moeten-afschaffen | « La démotivation et la perte du sens des responsabilités » dans la fonction publique ; France et Italie avec les plus grands cabinets d'Europe occidentale |
| VRT NWS. Hebben we echt 838 kabinetsmedewerkers nodig? (2020) | https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2020/10/14/hebben-we-echt-838-kabinetsmedewerkers-nodig-of-kan-het-ook-zoa/ | Cabinets flamands : 289 sur un maximum autorisé de 303 (2020) ; comparaison avec les Pays-Bas |
| Rijksoverheid. Handboek voor bewindspersonen (2026) | https://www.rijksoverheid.nl/documenten/2026/02/23/handboek-voor-bewindspersonen | Pays-Bas : un conseiller politique par membre du gouvernement, deux pour le ministre-président et les vice-Premiers ministres |
| Land.NRW. Landeskabinett | https://www.land.nrw/landeskabinett | Rhénanie-du-Nord-Westphalie : ministre-président et 12 ministres (2026) |
| Bayern.de. Kabinett der Bayerischen Staatsregierung | https://www.bayern.de/staatsregierung/kabinett/ | Bavière : ministre-président, 14 ministres d'État et 3 secrétaires d'État (2026) |
| Gesetze im Internet. Artikel 72 Grundgesetz | https://www.gesetze-im-internet.de/gg/art_72.html | Législation concurrente allemande (konkurrierende Gesetzgebung) |
| Lex.dk. Strukturreformen | https://lex.dk/Strukturreformen | Danemark : 13 amter remplacés par 5 régions, communes de 271 à 98 (1er janvier 2007) |
| Region Sjælland. Region Østdanmark | https://www.regionsjaelland.dk/servicemenu/om-os/om-region-sjaelland/region-oestdanmark | Danemark : 4 régions à partir du 1er janvier 2027 |
| Länsstyrelsen Västerbotten. Om länsstyrelsen | https://www.lansstyrelsen.se/vasterbotten/om-oss/om-lansstyrelsen-i-vasterbottens-lan.html | Suède : 21 län avec chacun une länsstyrelse, landshövding désigné par le gouvernement |
| Riksrevisionen. About the Swedish NAO | https://www.riksrevisionen.se/en/about-the-swedish-nao.html | Contrôle indépendant suédois des dépenses et de l'efficience de l'État |
- Économie estimée : part de l'économie réalisée sur l'ensemble des cabinets (au plus environ 165 millions d'euros), comptée une seule fois à cet endroit ; non chiffrée séparément
- Révisé : 2026-09-27 (vérification des faits : chiffres, sources, formulation intemporelle)