Trois tranches claires, une quotité exemptée d'impôt fortement relevée, et un Groeipakket (les allocations familiales flamandes) qui sort les familles avec enfants de la pauvreté. Pas d'idéologie, pas de chiffres ronds, pas de calcul au doigt mouillé.
Juste du calcul, sur de vraies données de ménages belges.
La réforme
L'impôt des personnes physiques compte quatre tranches (25 %, 40 %, 45 % et 50 %), avec le taux maximal de 50 % à partir de 49.840 euros de revenu imposable (exercice d'imposition 2026, revenus 2025). Pour cet exercice d'imposition, la quotité exemptée d'impôt s'élève à 10.910 euros, bien en dessous du plafond de la tranche la plus basse (16.320 euros), de sorte que les bas revenus subissent rapidement la pression fiscale. La loi du 15 juillet 2026 relève progressivement la quotité exemptée d'impôt des travailleurs à 15.600 euros d'ici l'année de revenus 2030 (exercice d'imposition 2031). HART simplifie en trois tranches et relève la quotité exemptée d'impôt à 16.000 euros, pour qu'elle coïncide exactement avec le plafond de la tranche la plus basse.
Le résultat : les premiers 16.000 euros de revenus sont entièrement exonérés d'impôt. La classe moyenne retrouve de l'air. Tout le monde y gagne : les déciles inférieurs le plus par rapport à leur revenu, la classe moyenne le plus en euros. Testé sur de vraies données de ménages belges.
En plus de la réforme fiscale, HART applique une hausse de 25 % du Groeipakket (montant de base, supplément d'âge, supplément social, allocations d'orphelin et d'invalidité). Cette hausse bénéficie de manière ciblée aux familles avec enfants et aux parents isolés, précisément les groupes où le risque de pauvreté est le plus élevé. HART introduit la réforme fiscale en une seule fois et la finance entièrement, sans creuser le déficit : d'abord par les économies d'un État allégé, et pour ce que celles-ci ne rapportent pas encore, par des recettes supplémentaires étayées chacune séparément : moins d'exceptions fiscales (taux de TVA réduits hors besoins de base, régime des voitures de société, subsides aux énergies fossiles) et moins de fraude à la TVA.
Les chiffres
EUROMOD simule la réforme ménage par ménage sur le jeu de données SILC officiel d'Eurostat, par rapport aux règles fiscales de 2025. Les graphiques ci-dessous montrent la variation annuelle du revenu disponible par décile et l'effet sur la pauvreté par type de ménage.
Tout le monde y gagne. Les déciles inférieurs gagnent le plus en termes relatifs : D2-D3 gagnent 4,7 à 5,7 % de leur revenu disponible, sous l'effet du Groeipakket et de la quotité exemptée d'impôt, qui couvre désormais toute la tranche la plus basse. La classe moyenne (D3-D7) gagne le plus en valeur absolue, 1.862 à 2.091 euros par an. Le décile supérieur (D10) y gagne aussi : +1.131 euros, mais seulement 1,1 % par rapport à son revenu.
L'effet sur la pauvreté est le plus fort pour les familles avec enfants et les familles monoparentales, précisément les groupes cibles où la pauvreté est la plus concentrée. Les mères isolées y gagnent le plus : 3,04 points de pourcentage de risque de pauvreté en moins.
La méthode
EUROMOD est le modèle officiel de microsimulation impôts-prestations (tax-benefit) de l'Union européenne, géré et développé depuis 2021 par le Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne. Le modèle simule les effets des réformes fiscales et de sécurité sociale sur des ménages réels et anonymes du jeu de données SILC d'Eurostat.
La version belge pour 2025 fonctionne avec les microdonnées EU-SILC ; le JRC tient le modèle à jour avec Eurostat et une équipe nationale. HART a encodé lui-même la réforme via l'interface web en ligne d'EUROMOD, que le JRC met à disposition. Les résultats bruts (déciles, Gini, AROP, par type de ménage) ont été repris tels quels. Pas de doigt mouillé, pas de cherry-picking.
La Commission européenne gère elle-même EUROMOD. Des chercheurs et des analystes politiques de toute l'Europe l'utilisent pour calculer de manière comparable, pays par pays, les effets des impôts et des prestations sur le revenu des ménages.
Pas de profils hypothétiques. La simulation tourne sur les microdonnées SILC d'Eurostat : des milliers de ménages belges anonymisés, avec leurs revenus et leurs compositions familiales réels.
Le tableau des déciles, le coefficient de Gini et les chiffres AROP proviennent directement des résultats EUROMOD. Pas de calculs maison, pas d'effets omis.
Tous les paramètres (tranches, seuils, quotité exemptée d'impôt, hausse du Groeipakket) sont documentés publiquement. Tout économiste ou journaliste peut refaire la simulation via l'interface web d'EUROMOD.