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Point 14 sur 30

Défense

Principe fondamental : si vis pacem, para bellum. Les guerres modernes sont d'échelle industrielle. Une petite armée professionnelle ne survit pas à une véritable invasion. Toute la population doit être prête. La guerre en Ukraine l'a définitivement prouvé.

Principe fondamental : si vis pacem, para bellum. Les guerres modernes sont d'échelle industrielle. Une petite armée professionnelle ne survit pas à une véritable invasion. Toute la population doit être prête. La guerre en Ukraine l'a définitivement prouvé. La Belgique doit dépenser intelligemment, pas seulement dépenser plus.

En 2025, la Belgique a atteint, selon l'OTAN, pour la première fois depuis la norme des 2 % de 2014, de nouveau 2 % du PIB : environ 12,8 milliards d'euros. Mais ce chiffre mérite une nuance. Une grande partie correspond à des engagements pour des contrats pluriannuels ; les paiements sont plus bas (10,4 milliards d'euros de crédits de liquidation en 2025). En 2024, la Belgique en était encore à 1,27 %, le niveau le plus bas de tous les pays de l'OTAN. Notre armée est passée de plus de 30.000 militaires en 2014 à environ 22.000 (OTAN, 2025), alors que la Vision stratégique pour la Défense 2025 en vise 34.500 d'ici 2035. Quatre recrues sur dix ont abandonné en 2024 pendant la formation. Entre-temps, nous avons zéro char, plus aucune défense sol-air depuis fin 2017, et un corps de réservistes qui n'existe pratiquement pas. La Finlande peut mobiliser 280.000 soldats en temps de guerre, sur 5,7 millions d'habitants. La Belgique, avec plus de deux fois plus d'habitants, en est incapable. HART veut changer cela.


Les faits

Indicateur Belgique Contexte
Dépenses de défense 2,00 % du PIB en 2025, environ 12,8 Mds € (estimation OTAN) 1,27 % en 2024, le niveau le plus bas de tous les pays de l'OTAN ; 0,97 % en 2014. Une grande partie correspond à des engagements pour des contrats pluriannuels
Norme OTAN 2 % du PIB (sommet du pays de Galles, 2014) ; 5 % du PIB d'ici 2035, dont au moins 3,5 % de défense au sens strict et jusqu'à 1,5 % de sécurité au sens large (sommet de La Haye, juin 2025) De 2014 à 2024 inclus, la Belgique est restée sous les 2 %
Personnel militaire environ 22.100 militaires (estimation OTAN 2025) ; plus de 30.000 en 2014 Objectif de la Vision stratégique pour la Défense 2025 : 34.500 militaires + 8.500 civils + 12.800 réservistes d'ici 2035
Abandons pendant la formation 4 recrues sur 10 sont parties en 2024 (54 % en 2022) Chaque abandon est un investissement perdu en recrutement et en formation
Volonté de défendre le pays 19 % (WIN/Gallup International, 2015) Un des taux les plus bas d'Europe ; Finlande : 74 %
Chars 0 (derniers Leopard 1A5 retirés en 2014, jamais remplacés) Finlande, Pologne et Allemagne : chaque fois des centaines de chars de combat
Défense sol-air Reconstruite à partir de zéro (Mistral retiré fin 2017) NASAMS (attendu à partir de 2027) et Mistral 3 en cours d'acquisition ; défense anti-drones en construction
F-35A 34 commandés (2018) + 11 supplémentaires (2025) = 45 au total Les 3 premiers ont atterri à Florennes le 13 octobre 2025
Frégates 2 frégates ASW commandées (programme NL-BE), une troisième prévue Premier navire belge au plus tôt vers 2034. Chasseurs de mines : 6 de classe City (premier livré en novembre 2025)
Drones 4 MQ-9B SkyGuardian (achat décidé en 2018, contrat en 2020, premier livré en août 2025, armement approuvé par la commission de la Défense de la Chambre en 2025) Aucune capacité propre de production de drones
Industrie belge de la défense ± 892 entreprises, 5 Mds € de chiffre d'affaires, 16.300 emplois directs (Agoria, 2025) FN Browning Group (934 M€ de chiffre d'affaires, 2024), John Cockerill (1,6 Md € de chiffre d'affaires du groupe, 2025), Sonaca
Cyber Force 5e composante des forces armées depuis juillet 2025, issue du Cybercommando créé en 2022 au sein du SGRS ITU Global Cybersecurity Index 2024 : Tier 1, la catégorie la plus élevée

Sources : OTAN (Defence Expenditure of NATO Countries, juillet 2026) ; Défense (Vision stratégique pour la Défense 2025) ; Chambre (budget de la Défense) ; VRT NWS ; Agoria ; WIN/Gallup International ; UIT (Global Cybersecurity Index 2024).


1. Comment dépenser les 2 % intelligemment ? Les priorités

Position : En 2025, la Belgique a atteint la norme OTAN de 2 % du PIB (environ 12,8 Mds €). HART veut porter les dépenses de défense à 2,5 % du PIB d'ici 2030. Mais plus d'argent sans stratégie, c'est du gaspillage. En 2024, à peine 15 % des dépenses de défense sont allées aux équipements majeurs, un des taux les plus bas de l'OTAN et sous la ligne directrice de l'OTAN de 20 %. Le personnel et les pensions en ont absorbé 48 %. La guerre en Ukraine prouve que des drones bon marché détruisent des chars (un rapport de coût de plusieurs milliers contre un), que la guerre électronique domine le champ de bataille et que la capacité de production industrielle compte plus que les stocks.

Ce que nous allons faire, par ordre de rendement par euro :

Priorité 1 : capacités asymétriques

  • Investir massivement dans les drones et les systèmes sans pilote. L'Ukraine a produit ± 2,2 millions de drones en 2024 et est passée de 7 fabricants de drones avant l'invasion à grande échelle à plus de 500. Les drones sont responsables de 60 à 70 % du matériel russe endommagé et détruit (RUSI, 2025). La Belgique n'a aucune production militaire de drones propre. HART veut un écosystème belge du drone : des marchés publics attribués à des producteurs belges et européens, un centre d'essai pour les systèmes autonomes et l'intégration des drones dans tous les systèmes d'armes.
  • Accélérer la capacité anti-drones. Après des survols de drones au-dessus d'aéroports et de sites militaires, la Belgique a acheté fin 2025, dans un paquet d'urgence de 50 M€, entre autres des drones intercepteurs lettons. Un système C-UAS intégré fait défaut. HART veut accélérer l'acquisition de systèmes guidés par laser (sur le modèle de l'Iron Beam israélien, quelques dollars par tir) et de moyens de guerre électronique.
  • La Cyber Force comme atout stratégique. Depuis juillet 2025, la Belgique dispose avec la Cyber Force d'une cinquième composante des forces armées, issue du Cybercommando créé en 2022 au sein du service de renseignement militaire (SGRS). La Belgique fait partie de la catégorie la plus élevée (Tier 1) de l'ITU Global Cybersecurity Index (2024). Mais son budget n'est qu'une fraction de celui de pays comparables : la France y consacre 4 milliards d'euros (loi de programmation militaire 2024-2030), le Royaume-Uni 2,6 milliards de livres sur trois ans (stratégie nationale de cybersécurité 2022). HART veut tripler le budget de la Cyber Force, développer des capacités cyber offensives et créer un corps civil de cyber-réservistes sur le modèle estonien.
  • Guerre électronique et renseignement d'origine électromagnétique. En 2023, l'Ukraine a perdu, selon le RUSI, environ 10.000 drones par mois, surtout à cause du brouillage russe. Le cycle d'innovation se compte en semaines, pas en années. Les drones à fibre optique (insensibles au brouillage) ont été la percée de 2025. La Belgique n'a pas de capacité SIGINT autonome comme la FRA suédoise ou la JSCU néerlandaise. HART veut que la Belgique se dote d'une capacité propre et complète en guerre électronique et en SIGINT, intégrée dans un cadre multinational via les partenariats existants (JSCU aux Pays-Bas, CCDCOE de l'OTAN, coopération avec la FRA suédoise), sans renoncer à sa contribution aux autres missions de l'OTAN.

Priorité 2 : personnel et réservistes

  • Lancer un programme volontaire « Entraînez-vous avec la Défense » : des formations gratuites le week-end dans les casernes, sur le modèle polonais (wGotowości). Ouvert à tous les citoyens dès 18 ans. Modules : sécurité des armes, premiers secours, survie en situation de crise, cyberhygiène. Objectif : 50.000 volontaires formés par an, avec un passage vers le corps de réserve pour ceux qui veulent aller plus loin (voir section 4).
  • Professionnaliser le système de réserve. La Vision stratégique pour la Défense 2025 vise 12.800 réservistes d'ici 2035, mais un système de réserve qui fonctionne bien fait défaut. HART veut un registre numérique des réservistes avec des jours d'exercice annuels (minimum 2 semaines), une procédure d'activation rapide (sur le modèle du système israélien Tzav 8 : convocation par téléphone, e-mail et WhatsApp) et des unités et des rôles attribués à l'avance.
  • S'attaquer à la crise du personnel. Quatre recrues sur dix sont parties en 2024 pendant la formation (54 % en 2022). L'Année de service militaire volontaire (lancée en août 2026, 500 places) est un début, mais elle ne suffit pas. HART veut : des salaires compétitifs (alignés sur le secteur privé), des parcours de promotion plus rapides et un budget de formation par militaire.

Priorité 3 : intégration multinationale

  • Conserver un large éventail, intégrer chaque capacité dans un cadre multinational. Les doubles investissements dans le contexte OTAN/UE sont du gaspillage, mais la spécialisation monoculturelle l'est aussi : qui ne mise que sur quelques niches ne peut rien apporter dans tout scénario qui en sort et se rend lui-même politiquement insignifiant. HART opte pour un éventail de capacités relativement large, où chaque programme est intégré dans un cadre multinational afin d'obtenir une efficience de coûts sans dépendance politique. Points forts belges concrets au sein de ce large éventail : la capacité F-35 (maintenance partagée NL-BE), les frégates ASW et les chasseurs de mines (programme NL-BE), les blindés terrestres (CaMo/Scorpion avec la France), le hub logistique de l'OTAN à Bruxelles, la Cyber Force et les Special Operations.
  • Des achats européens conjoints partout où c'est possible. La Belgique est membre de l'ESSI (European Sky Shield Initiative, 24 pays en 2025), participe à des projets PESCO et joue un rôle de premier plan dans la lutte européenne contre les mines. Le plan ReArm Europe/Readiness 2030 doit rendre possibles jusqu'à 800 milliards d'euros d'investissements de défense ; via SAFE, la Belgique peut obtenir environ 8,3 milliards d'euros de prêts européens bon marché. HART veut que la Belgique exploite au maximum ce financement européen.
  • L'industrie belge de la défense comme fournisseur européen. FN Browning Group (934 millions d'euros de chiffre d'affaires du groupe en 2024, un acteur mondial des armes légères), John Cockerill (1,6 milliard d'euros de chiffre d'affaires du groupe en 2025 ; le rachat d'Arquus en 2024 en fait un constructeur européen de véhicules blindés) et les entreprises aéronautiques Sonaca et SABCA sont de niveau mondial. Mais il leur manque une stratégie nationale pour l'industrie de la défense. HART veut : une seule stratégie cohérente (comme celle lancée par les Pays-Bas en 2025), des licences d'exportation d'armes simplifiées (aujourd'hui éclatées entre trois Régions) et un meilleur accès au financement bancaire pour les entreprises de défense.

Priorité 4 : moyens traditionnels

  • Achever la modernisation en cours. Le programme CaMo (franco-belge, écosystème Scorpion) comprend 474 véhicules blindés Griffon (premières livraisons commencées), 60 véhicules de reconnaissance Jaguar, 123 véhicules blindés légers Serval, 28 obusiers CAESAR NG et 24 porte-mortiers Griffon MEPAC. Plus 45 F-35A, 2 frégates ASW (une troisième prévue), 6 chasseurs de mines et 18 hélicoptères H145M. Tout cela doit rester dans les délais.
  • Pas de chars, un risque choisi en connaissance de cause. La Belgique n'a plus aucun char depuis 2014 et HART choisit délibérément de ne pas y investir. La guerre en Ukraine montre que les chars sont vulnérables face aux drones bon marché (les drones sont responsables de 60 à 70 % du matériel russe endommagé et détruit), mais nous reconnaissons que cela crée aussi un risque stratégique : dans un scénario terrestre de haute intensité, nous ne pouvons fournir aucune capacité de chars aux partenaires de l'OTAN. Nous acceptons ce risque parce que (1) la composante Terre belge se dote via CaMo d'une capacité moderne de véhicules blindés (Griffon, Jaguar, Serval), (2) notre capacité asymétrique en drones et en counter-UAS érode encore davantage la valeur relative des chars, et (3) la participation à un éventuel programme multinational de mutualisation de Leopard (modèle : coopération NL-DE) reste ouverte comme option si le contexte stratégique change.

2. Drones : masse et intelligence, l'investissement le plus important de la Belgique

Position : La guerre en Ukraine a prouvé une chose avant tout : les drones bon marché réécrivent la logique militaire. Un drone FPV de 400 à 500 $ détruit un char de 1 à 3 millions de dollars : un rapport de coût de plusieurs milliers contre un. Les drones sont responsables de 60 à 70 % du matériel russe endommagé et détruit (RUSI, 2025). Des drones intercepteurs de 1.000 à 5.000 $ abattent des drones Shahed qui coûtent des dizaines de milliers de dollars, et remplacent une défense antimissile qui coûte plus de 3 millions de dollars par tir. L'Ukraine a produit ± 2,2 millions de drones en 2024 et visait plus de 4,5 millions en 2025. Le pays est passé de 7 fabricants de drones avant l'invasion à grande échelle à plus de 500. En 2024, l'Ukraine a créé les premières Unmanned Systems Forces au monde : une composante des forces armées entièrement dédiée aux drones.

La Belgique n'a aucune production militaire de drones propre. Nous avons commandé 4 MQ-9B SkyGuardian (armement approuvé en 2025) et acheté, dans un paquet d'urgence, des moyens anti-drones, dont des drones intercepteurs lettons. Mais nous dépendons entièrement de fournisseurs étrangers. C'est stratégiquement inacceptable. HART veut que la Belgique investisse dans deux extrêmes : des drones consommables de masse extrêmement bon marché et des systèmes autonomes de pointe.

Ce que nous allons faire :

Des drones extrêmement bon marché : la masse l'emporte

  • Construire une capacité belge de production de drones FPV. L'Ukraine a prouvé que la production de drones ne doit être ni coûteuse ni complexe. Ce sont des composants commerciaux (moteurs, contrôleurs, caméras) avec une application militaire. HART veut stimuler, via les marchés publics et la SFPIM (Société fédérale de Participations et d'Investissement), un écosystème belge de fabricants de drones. Objectif : au moins 5 producteurs belges capables de livrer ensemble 10.000+ drones FPV par mois d'ici 3 ans.
  • Les drones intercepteurs comme défense antiaérienne. En 2025, l'Ukraine a produit, selon son Conseil de sécurité nationale et de défense, 100.000 drones intercepteurs, une production multipliée par huit. Début 2026, une cible aérienne russe sur trois au-dessus de l'Ukraine a été abattue par un drone, pas par un missile. Au-dessus de Kyiv, c'était même plus de 70 % des Shahed abattus en février 2026. Le Pentagone a lui aussi montré en 2026 son intérêt pour l'achat de drones intercepteurs ukrainiens. HART veut que la Belgique adopte cette technologie en complément de la défense antiaérienne classique (NASAMS, Patriot) : radicalement moins chère, rapidement extensible.
  • Les drones à fibre optique (FPV fiber-optic). L'innovation de rupture de 2025 : des drones pilotés via un câble en fibre optique, totalement insensibles au brouillage et à la guerre électronique. La Russie et l'Ukraine en produisent à grande échelle. HART veut que la Belgique co-investisse dans une production européenne de drones à fibre optique : une technologie contre laquelle les brouilleurs ne peuvent rien.
  • Stratégie de stocks : des milliers, pas des dizaines. Les achats d'armes classiques raisonnent en dizaines (45 F-35, 60 Jaguar). Les drones doivent être acquis par milliers, voire par dizaines de milliers, et réapprovisionnés en continu. HART veut un programme d'achat permanent de drones consommables : comme des munitions, pas comme des avions.

Des systèmes autonomes de pointe : l'intelligence l'emporte

  • Guidage terminal piloté par l'IA. Les drones ukrainiens dotés d'un guidage terminal autonome ont fait passer le taux de réussite d'environ 10-20 % à 70-80 % (CSIS, 2025). L'opérateur sélectionne la cible à distance ; le drone parcourt la dernière partie du trajet de façon autonome, y compris à travers les zones de brouillage. HART veut que la Belgique investisse dans cette technologie via le Fonds européen de la défense et les entreprises belges d'IA.
  • Les essaims de drones. Les véritables essaims autonomes (des dizaines de drones qui attaquent ensemble une cible sans pilotage individuel) sont la prochaine étape, et la technologie évolue rapidement. HART veut que la Belgique co-investisse dans la technologie des essaims via DIANA de l'OTAN (Defence Innovation Accelerator for the North Atlantic) et le Fonds européen de la défense.
  • Drones sous-marins autonomes et chasseurs de mines. La Belgique est le leader européen de la lutte contre les mines (6 nouveaux navires de classe City ; le programme belgo-néerlandais livre 12 navires avec ensemble environ 100 drones autonomes). HART veut étendre cette avance à une capacité sous-marine plus large : surveillance autonome, détection de sous-marins et protection des ports.
  • Le counter-UAS comme priorité absolue. La Belgique a acheté des drones intercepteurs lettons, mais il lui manque un système intégré. HART veut accélérer les investissements dans : les systèmes guidés par laser (Iron Beam israélien : quelques dollars par tir), la guerre électronique (brouillage, spoofing) et une défense en couches qui combine des drones bon marché avec des systèmes classiques.

Éprouvé : Ukraine. De 7 fabricants de drones à plus de 500, de ± 2,2 millions de drones (2024) à un objectif de plus de 4,5 millions (2025). Drones responsables de 60 à 70 % du matériel russe endommagé et détruit (RUSI, 2025). 100.000 drones intercepteurs produits en 2025. Unmanned Systems Forces, première composante des forces armées dédiée aux drones au monde (2024). Drones à fibre optique comme percée contre le brouillage. Le guidage terminal autonome fait monter le taux de réussite de 10-20 % à 70-80 %. Drone intercepteur P1-SUN de SkyFall : environ 1.000 $ pièce, plus de 3.000 Shahed abattus dans les premiers mois de 2026. Sting de Wild Hornets : environ 2.100 $ pièce, 3.900+ Shahed abattus entre avril 2025 et février 2026, et en décembre 2025 le premier intercepteur à abattre un Geran-3 à réaction. Le Pentagone a lui aussi montré en 2026 son intérêt pour les drones intercepteurs ukrainiens.


3. L'intelligence artificielle dans la défense : la vitesse de décision comme arme

Position : L'IA change fondamentalement la conduite de la guerre. Pas dans un avenir lointain : cela se passe déjà. En Ukraine, le guidage terminal autonome fait passer le taux de réussite des drones d'environ 10-20 % à 70-80 % (CSIS, 2025). Le Maven Smart System américain de Palantir fusionne images satellites, géolocalisation et interceptions de communications dans une seule interface de champ de bataille, et est utilisé depuis 2025 aussi par l'Allied Command Operations de l'OTAN. Un chatbot d'IA a été utilisé en 2026 lors d'une opération militaire américaine au Venezuela. La Chine investit elle aussi lourdement dans l'IA militaire. L'UE identifie « AI, Quantum, Cyber & Electronic Warfare » comme l'un des sept domaines prioritaires pour la préparation de la défense européenne.

Avec l'IMEC, la Belgique possède un leader mondial de la R&D en semi-conducteurs, un score de cybersécurité dans la catégorie la plus élevée de l'UIT et de solides chercheurs en IA à la KU Leuven, à l'UGent et à la VUB. Mais il n'existe aucune stratégie militaire en matière d'IA. HART veut changer cela.

Ce que nous allons faire :

  • Développer une stratégie belge d'IA militaire. L'OTAN a lancé une AI Strategy en 2021 et une version révisée en 2024. Le livre blanc Readiness 2030 de l'UE cite l'IA comme priorité absolue. La Belgique n'a pas de stratégie nationale d'IA militaire. HART en veut une dans les 12 mois, centrée sur : la navigation autonome des drones, l'analyse du renseignement, la cyberdéfense, l'optimisation logistique et l'aide à la décision.
  • L'IA pour l'autonomie des drones. La percée décisive : des drones qui naviguent, identifient des cibles et attaquent de manière autonome, sans pilotage humain constant, surtout quand la guerre électronique coupe le lien de communication. La Belgique doit investir dans l'edge AI (une IA qui tourne sur le drone lui-même, pas dans le cloud) et dans la vision par ordinateur pour la reconnaissance de cibles. L'expertise de l'IMEC en technologie des puces place la Belgique dans une position unique pour développer des puces d'edge AI destinées aux drones militaires.
  • L'IA pour l'analyse du renseignement et la situational awareness. Le système Maven du Pentagone montre comment l'IA peut fusionner images satellites, données de capteurs, interceptions de communications et informations en sources ouvertes en une image du champ de bataille en temps réel. La Cyber Force et les services de renseignement belges doivent disposer d'outils d'IA comparables, adaptés aux valeurs européennes et à l'interopérabilité OTAN.
  • L'IA pour la cyberdéfense. L'IA peut détecter et neutraliser les cyberattaques plus vite que des analystes humains. La solide position de la Belgique en cybersécurité (UIT Tier 1, avec le CCB comme pivot) offre une base pour développer une cyberdéfense pilotée par l'IA, tant pour les réseaux militaires que pour les infrastructures civiles critiques.
  • L'IA pour la logistique et la maintenance prédictive. Une armée d'environ 22.000 militaires qui ambitionne d'atteindre 34.500 n'a aucune marge pour l'inefficience. L'IA peut optimiser la gestion des stocks, la commande de pièces, les cycles de maintenance et la planification du personnel, de sorte que les mêmes moyens produisent davantage de capacité opérationnelle.
  • Cadre éthique : le human-in-the-loop comme principe. HART souscrit au principe OTAN de « responsible AI » et aux Principles of Responsible Use : un être humain décide toujours de l'usage de la force létale. Les systèmes autonomes peuvent identifier et recommander des cibles, mais la responsabilité finale reste humaine. Ce n'est pas de la naïveté. C'est un choix stratégique : les systèmes sous contrôle humain sont plus fiables, moins sujets aux erreurs et juridiquement défendables. Qui choisit l'autonomie totale choisit la vitesse plutôt que la fiabilité ; l'Occident doit choisir la fiabilité.
  • L'IMEC comme partenaire dual-use. La technologie des semi-conducteurs de l'IMEC est intrinsèquement à double usage : les mêmes puces qui pilotent les smartphones et les voitures font aussi fonctionner les capteurs militaires, les drones et les systèmes d'IA. HART veut que les pouvoirs publics belges, via la SFPIM et le subside des entités fédérées flamandes, soutiennent activement le rôle de l'IMEC dans l'innovation de défense, sans saper son noyau civil. Il ne s'agit pas de militariser l'IMEC ; il s'agit de mobiliser le plus grand atout technologique de la Belgique là où ça compte.

Éprouvé : États-Unis. Palantir Maven Smart System (contrat de 480 M$, porté en 2025 à 1,3 Md$) : fusion par IA de données satellites, de géolocalisation et de communications, aussi utilisée à l'OTAN (2025). GenAI.mil : plateforme d'IA pour tous les collaborateurs du ministère américain de la Défense (décembre 2025). Opération appuyée par l'IA au Venezuela (2026). Budget : 250 millions de dollars pour l'écosystème IA + 250 millions de dollars pour l'IA du Cyber Command (One Big Beautiful Bill Act, 2025). Ukraine. Le guidage terminal autonome fait passer le taux de réussite des FPV d'environ 10-20 % à 70-80 %. Delta : système de gestion du champ de bataille qui rassemble les données de capteurs en une seule image. Israël. Désignation de cibles pilotée par l'IA à Gaza (déployée opérationnellement et très controversée). L'Unit 8200 comme passerelle entre l'expérience militaire de l'IA et le secteur technologique civil. OTAN. AI Strategy (2021, révisée en juillet 2024), DIANA (Defence Innovation Accelerator), AI Review Board. UE. « AI, Quantum, Cyber & EW » comme l'un des 7 domaines prioritaires de Readiness 2030. Le Fonds européen de la défense investit dans des projets d'IA. L'AI Act (2024) exclut explicitement les applications militaires.


4. Préparer la population, volontairement, gratuitement, le week-end : le modèle polonais pour la Belgique

Position : La Belgique compte environ 22.000 militaires et presque aucun réserviste. En cas de crise, le pays est livré à lui-même. La Finlande peut mobiliser 280.000 soldats en temps de guerre, sur 5,7 millions d'habitants. Israël a convoqué 360.000 réservistes dans les jours qui ont suivi le 7 octobre 2023. La Belgique en est incapable. Et HART ne veut pas d'un service militaire obligatoire pour changer cela.

Le service militaire obligatoire est politiquement irréalisable en Belgique, économiquement coûteux, et inutile si l'alternative est assez bonne. La Pologne prouve qu'on peut faire autrement. En novembre 2025, la Pologne a lancé le programme wGotowości (« Prêt »), le plus grand programme volontaire d'entraînement à la défense de l'histoire polonaise. L'objectif : former 400.000 citoyens d'ici fin 2026. Les formations sont gratuites, ont lieu le week-end dans les casernes et sont ouvertes à tous les adultes (18+), sans obligations. Le programme précédent « Trenuj z Wojskiem » (Entraîne-toi avec l'Armée, depuis 2022) a attiré près de 33.000 participants sur sept éditions, avec plus de 98 % de participants satisfaits.

HART veut reprendre ce modèle et le porter à l'échelle belge.

Ce que nous allons faire :

  • Lancer un programme belge « Entraînez-vous avec la Défense » : des formations gratuites le week-end dans les casernes locales, ouvertes à tous les citoyens dès 18 ans. Une journée par session, avec des modules : sécurité des armes et tir de base, premiers secours et prise en charge des traumatismes, survie en situation de crise, cyberhygiène et détection de la désinformation, et comportements de base en cas d'alerte ou d'évacuation. Pas de serment, pas d'obligation. Les participants choisissent eux-mêmes leur caserne et leur date via une application qui les associe aux formations selon l'âge, le lieu et les centres d'intérêt.
  • Monter à 50.000 volontaires formés par an dans les 3 ans. La Pologne visait au départ 400.000 participants d'ici fin 2026. La Belgique, avec un tiers de la population polonaise, se fixe un objectif réaliste de 50.000 participants par an. À atteindre en proposant des formations dans chaque entité fédérée, chaque mois.
  • Un passage vers le corps de réserve pour ceux qui veulent aller plus loin. Qui veut davantage après la formation du week-end peut passer à l'Année de service militaire volontaire (lancée en 2026 avec 500 places ; à porter à 5.000 par an) ou à une formation de base volontaire de 28 jours sur le modèle polonais, avec une indemnité et l'option de devenir réserviste à l'issue. Objectif : 50.000 réservistes actifs dans les 10 ans, 100.000 dans les 15 ans.
  • Impliquer les entreprises. La Pologne encourage les employeurs à envoyer leurs collaborateurs ensemble aux formations. HART veut inciter les entreprises belges : qui envoie des travailleurs à une formation de défense reçoit un avantage fiscal (comparable au crédit-formation). Cela renforce à la fois la culture d'entreprise et la résilience nationale.
  • Un registre numérique des réservistes et une mobilisation rapide. Pour qui s'inscrit comme réserviste : un registre numérique avec unité, rôle et lieu de rassemblement attribués à l'avance. Le système israélien Tzav 8 comme modèle : convocation numérique par téléphone, e-mail et applications de messagerie. Objectif : mobiliser 50.000 réservistes en 72 heures.
  • Prépositionner le matériel. Un stockage décentralisé de l'équipement de base (uniforme, protection, communication) dans des dépôts régionaux, pour que les réservistes soient immédiatement opérationnels en cas de mobilisation.
  • Construire une adhésion sociétale. Seuls 19 % des Belges se disaient prêts à défendre le pays, un des scores les plus bas d'Europe (WIN/Gallup International, 2015 ; Finlande : 74 %, Pologne : 47 %). La différence est culturelle. HART veut ramener la conscience de la défense via l'enseignement, les médias et un exercice national annuel. L'expérience polonaise montre que les programmes volontaires attirent bel et bien un large public, sans la résistance que suscite le service militaire obligatoire.

Éprouvé : Pologne. wGotowości (depuis novembre 2025) : volontaire, gratuit, formations le week-end dans les casernes, ouvert à tous les adultes (18+), objectif de 400.000 participants d'ici fin 2026. Programme précédent : « Trenuj z Wojskiem » (près de 33.000 participants sur sept éditions, plus de 98 % de satisfaction). Formation de base volontaire : 28 jours, suivis de jusqu'à 11 mois de spécialisation, avec une indemnité de 6.300 PLN brut par mois. La Pologne consacre selon les estimations de l'OTAN 4,7 % du PIB à la défense (2026) et compte environ 238.000 militaires (2025). Estonie. Kaitseliit (Defence League) : environ 18.000 membres, plus de 30.000 volontaires avec les organisations apparentées, entièrement intégrés dans la structure du temps de guerre. France. Nouveau service militaire volontaire (annoncé en novembre 2025) : 3.000 jeunes en 2026, 10.000 par an en 2030 et 50.000 par an en 2035, 10 mois, avec une indemnité d'au moins 800 € par mois. Israël. Système de mobilisation numérique Tzav 8 : 360.000 réservistes convoqués dans les jours qui ont suivi le 7 octobre 2023.


5. Industrie de la défense : de sous-traitant à acteur stratégique

Position : La Belgique possède des entreprises de défense de classe mondiale, mais pas de stratégie pour l'industrie de la défense. FN Herstal (filiale de la FN Browning Group, 934 millions d'euros de chiffre d'affaires du groupe en 2024) livre des armes légères dans le monde entier. John Cockerill a racheté le français Arquus en juillet 2024 et développe ainsi une branche européenne de défense. SABCA a assemblé les F-16 belges à Gosselies. Mais les entreprises belges de défense peinent à obtenir un financement bancaire (les politiques ESG excluent la défense), les licences d'exportation d'armes sont éclatées entre trois Régions, et il n'existe aucune stratégie nationale. Les Pays-Bas, eux, ont bel et bien lancé une stratégie pour l'industrie de la défense en 2025.

L'industrie belge de la défense compte ± 892 entreprises, 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 16.300 emplois directs (Agoria, 2025). Le 30 janvier 2026, FN Herstal, John Cockerill Defense et Thales Belgium ont lancé avec la Défense la joint-venture LS² pour le soutien du matériel de la composante Terre. C'est un début. Mais il faut aller plus loin.

Ce que nous allons faire :

  • Une seule stratégie nationale pour l'industrie de la défense, comme aux Pays-Bas. Avec un focus sur les niches belges : armes légères et remote weapon stations (FN Herstal), véhicules blindés et tourelles (John Cockerill), structures aéronautiques (Sonaca), optronique (OIP/Elbit) et cybersécurité.
  • Harmoniser les licences d'exportation d'armes. Aujourd'hui, chaque Région décide séparément (Flandre, Wallonie, Bruxelles). HART veut un guichet fédéral unique avec des critères fédéraux (art. 27 de la Constitution HART), pour que les entreprises belges ne soient pas désavantagées par rapport à leurs concurrents dans les pays dotés d'un régime d'exportation unique.
  • Débloquer le financement bancaire de la défense. Les entreprises belges de défense obtiennent difficilement des prêts en raison des exclusions ESG. HART veut que la défense soit explicitement reconnue comme secteur stratégique dans le cadre réglementaire financier belge, conformément à l'orientation politique européenne (EDIP, ReArm Europe).
  • Construire une capacité de production de drones. La Belgique n'a aucun producteur de drones militaires. HART veut stimuler un écosystème belge du drone via les marchés publics et la SFPIM, des drones FPV aux systèmes counter-UAS. L'Ukraine a prouvé que la production de drones peut monter en puissance rapidement : de 7 fabricants avant l'invasion à grande échelle à plus de 500.
  • Tester la capacité de montée en puissance industrielle. En cas de conflit prolongé, le matériel doit être produit à l'échelle industrielle. Le modèle européen du « just in time » a échoué : l'UE avait promis à l'Ukraine en mars 2023 1 million d'obus de 155 mm en un an, mais, selon sa propre estimation, n'en avait livré à l'échéance que ± 524.000. HART veut que la Défense soumette chaque année ses plans de production à un stress test avec le secteur privé : pas en jetant l'argent par les fenêtres, mais en établissant des plans réalisables assortis de garanties de livraison.

Éprouvé : Suède. Saab (79 milliards de SEK de chiffre d'affaires en 2025, soit environ 7 milliards d'euros ; Gripen, NLAW, Carl-Gustaf, systèmes de capteurs). Norvège. Kongsberg (58,6 milliards de NOK de chiffre d'affaires en 2025, soit environ 5 milliards d'euros ; missile NSM, remote weapon station PROTECTOR). Finlande. Patria (1,09 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2025 ; véhicules AMV, programmes multinationaux). Tous les trois : focus sur des niches, forte orientation export, partenariat étroit entre pouvoirs publics et industrie. Pays-Bas. Ont lancé en 2025 la Defensie Strategie voor Industrie en Innovatie 2025-2029, avec des priorités par domaine. FN Herstal, John Cockerill et Sonaca, en Belgique, sont d'un calibre comparable, mais il leur manque le cadre stratégique.


6. Cybersécurité et renseignement : guerre froide 2.0

Position : La Belgique fait partie de la catégorie la plus élevée de l'ITU Global Cybersecurity Index (Tier 1, 2024) et dispose depuis juillet 2025, avec la Cyber Force, d'une cinquième composante des forces armées. Mais son budget n'est qu'une fraction de celui de pays comparables. La Belgique n'a pas de capacité SIGINT autonome. La Sûreté de l'État (VSSE, service de renseignement civil, environ 1.000 collaborateurs, budget d'environ 110 millions d'euros en 2026) et le SGRS (service de renseignement militaire, environ 1.000 collaborateurs, budget non publié séparément) sont petits au regard de leur mission. Et ce, alors que la Belgique héberge le quartier général de l'OTAN et les institutions de l'UE, et qu'elle est de ce fait l'une des principales cibles d'espionnage en Europe.

La Chine et la Russie investissent massivement dans l'espionnage, les cyberattaques, la désinformation et les opérations d'influence. En 2022, la Belgique a publiquement attribué des cyberattaques à des acteurs chinois. Mais une capacité de réaction sans moyens offensifs ne suffit pas.

Ce que nous allons faire :

  • Tripler le budget de la Cyber Force à 400 millions d'euros ou plus par an, en mettant l'accent sur les capacités cyber offensives, la protection des infrastructures critiques (énergie, eau, télécoms, finance) et un corps civil de cyber-réservistes.
  • Construire une capacité SIGINT. La Belgique n'a pas d'équivalent de la FRA suédoise ou de la JSCU néerlandaise. HART veut une unité spécialisée de renseignement d'origine électromagnétique au sein de la Cyber Force, en étroite coopération avec les alliés de l'OTAN via les accords existants.
  • Renforcer la Sûreté de l'État et le SGRS. Un budget d'environ 110 millions d'euros pour la VSSE (2026) et un budget du SGRS qui n'est même pas publié séparément sont insuffisants pour un pays qui héberge le QG de l'OTAN et les institutions de l'UE. HART veut doubler le budget et étoffer les effectifs, avec un focus particulier sur le contre-espionnage (Chine, Russie, Iran) et la protection de la propriété intellectuelle dans les secteurs stratégiques (semi-conducteurs, pharma, défense).
  • Renforcer le CCDCOE de l'OTAN. Le Cooperative Cyber Defence Centre of Excellence de Tallinn (créé en 2008, après les cyberattaques russes contre l'Estonie en 2007 ; 39 pays participants en 2026) est le point de référence de la cyberdéfense. La Belgique doit y jouer un rôle plus important, vu sa position de pays hôte de l'OTAN.

Éprouvé : Estonie. CCDCOE de l'OTAN à Tallinn, Locked Shields (le plus grand exercice de cyberdéfense au monde), cyber-réserve, plus de 5 % du PIB pour la défense (estimation OTAN 2026). Israël. Unit 8200 (SIGINT/cyber), passerelle vers le secteur technologique (des anciens ont fondé notamment Check Point). Pays-Bas. JSCU (Joint Sigint Cyber Unit, AIVD et MIVD réunis), Defensie Cyber Commando. France. COMCYBER, ANSSI, loi de programmation militaire 2024-2030 : 4 milliards d'euros pour le cyber.


7. La Défense sur le territoire national : protection civile et réponse aux catastrophes

Position : La Défense, ce n'est pas seulement faire la guerre à l'étranger. Inondations (juillet 2021 : 2,3 milliards d'euros de dégâts assurés), pandémies, cyberincidents, terrorisme : l'armée a un rôle à jouer sur le territoire national. Aujourd'hui, ce rôle est rempli de manière ad hoc. HART veut en faire une mission structurelle.

Ce que nous allons faire :

  • Donner à la Défense un rôle permanent dans la protection civile et la réponse aux catastrophes. Pas pour remplacer les pompiers ou la police, mais en complément lors de crises de grande ampleur, avec des protocoles d'engagement planifiés à l'avance, pas seulement en réaction.
  • Des réservistes mobilisables pour les crises intérieures. Le corps de réserve (objectif : 100.000) peut être engagé rapidement en cas d'inondations, d'accidents industriels ou de terrorisme, sans entamer la capacité opérationnelle de l'armée professionnelle.
  • L'antiterrorisme au niveau militaire. Renforcer la coopération avec les services de renseignement et la police. L'engagement de militaires dans les rues (comme lors de l'opération Vigilant Guardian, 2015-2021) doit évoluer vers une approche plus intelligente : une présence moins visible, un engagement davantage guidé par le renseignement.

8. Autonomie européenne de défense : l'incertitude autour de l'OTAN rend cela urgent

Position : Donald Trump a semé le doute à plusieurs reprises sur l'article 5 du traité de l'OTAN. En février 2024, il a déclaré qu'il « encouragerait la Russie à faire ce qu'elle veut » avec les alliés qui ne paient pas assez. En juin 2025, il a dit que l'article 5 comportait « de nombreuses définitions ». Les États-Unis ont pendant des années insisté pour obtenir 2 % et ont ensuite exigé 5 % du PIB ; en juin 2025, les pays de l'OTAN ont convenu à La Haye de 5 % d'ici 2035 (au moins 3,5 % de défense au sens strict, jusqu'à 1,5 % de sécurité au sens large). L'autonomie européenne de défense n'est plus un luxe. C'est une nécessité.

Ce que nous allons faire :

  • Renforcer la coopération européenne de défense en complément de l'OTAN, pas en remplacement. La Belgique participe à l'ESSI (European Sky Shield Initiative, 24 pays en 2025), à la PESCO (75 projets en 2025), au Fonds européen de la défense (8 milliards d'euros, 2021-2027) et à l'EDIP (1,5 milliard d'euros, 2025-2027). HART veut que la Belgique tire le maximum de ces programmes.
  • Exploiter ReArm Europe/Readiness 2030. Le plan de l'UE doit rendre possibles jusqu'à 800 milliards d'euros d'investissements de défense. Via SAFE, la Belgique peut obtenir environ 8,3 milliards d'euros de prêts européens bon marché. HART veut que cet argent serve aux priorités de ce document : drones, cyber, défense antiaérienne et capacité de réserve.
  • La coopération belgo-néerlandaise comme modèle. Les chasseurs de mines communs (près de 2 milliards d'euros pour douze navires, le premier navire belge livré en novembre 2025) et les frégates ASW montrent comment fonctionne la coopération bilatérale. HART veut étendre cette approche à la défense antiaérienne, aux drones et à la cybersécurité.

Éprouvé : ESSI (European Sky Shield Initiative) : 24 pays, système de défense antiaérienne multicouche autour de l'IRIS-T, du Patriot et de l'Arrow 3. PESCO. 75 projets, 26 États membres. ReArm Europe/Readiness 2030. Jusqu'à 800 milliards d'euros d'investissements de défense à l'échelle de l'UE. EDIP. 1,5 milliard d'euros de subsides, avec une règle selon laquelle au moins 65 % du coût des composants doivent provenir de l'UE ou de pays associés.


Résumé : ce que HART va faire

Dépenser intelligemment, pas seulement dépenser plus. En 2025, la Belgique a atteint la norme OTAN de 2 % du PIB (environ 12,8 Mds €), mais en 2024 à peine 15 % sont allés aux équipements majeurs tandis que le personnel et les pensions en absorbaient 48 %. HART porte les dépenses de défense à 2,5 % du PIB d'ici 2030 et fixe un ordre de priorités clair : d'abord les capacités asymétriques (drones, cyber, guerre électronique), puis le personnel et les réservistes, puis l'intégration multinationale du large éventail de capacités, puis les moyens traditionnels. Délai : en continu.

Drones : masse et intelligence. Les drones sont responsables de 60 à 70 % du matériel russe endommagé et détruit ; un drone FPV coûte 400 à 500 $. Des drones intercepteurs de 1.000 à 5.000 $ abattent des Shahed qui coûtent des dizaines de milliers. La Belgique a zéro production de drones propre. HART construit une capacité belge de production de FPV (10.000+ par mois dans les 3 ans), investit dans les drones intercepteurs comme défense antiaérienne bon marché, adopte les drones à fibre optique (insensibles au brouillage) et achète les drones par milliers, pas par dizaines. Délai : 1-3 ans.

L'IA comme multiplicateur stratégique. L'IA fait passer le taux de réussite des drones d'environ 10-20 % à 70-80 %, fusionne les données de capteurs en images du champ de bataille en temps réel et accélère l'analyse du renseignement. Avec l'IMEC et ses institutions de recherche en IA, la Belgique dispose d'une base unique. HART développe une stratégie d'IA militaire dans les 12 mois, investit dans l'edge AI pour l'autonomie des drones, dans la cyberdéfense pilotée par l'IA et dans l'optimisation logistique. Toujours avec le human-in-the-loop comme principe éthique. Délai : 1-5 ans.

Préparer la population. Volontaire, gratuit, le week-end. La Belgique compte environ 22.000 militaires et presque aucun réserviste. En 2025, la Pologne a lancé le programme wGotowości : des formations gratuites le week-end dans les casernes, objectif 400.000 participants d'ici fin 2026. HART reprend ce modèle : un programme belge « Entraînez-vous avec la Défense » pour 50.000 volontaires par an, avec un passage vers un corps de réserve de 50.000 dans les 10 ans et de 100.000 dans les 15 ans, et une mobilisation rapide sur le modèle israélien (Tzav 8). Délai : 3-15 ans.

Renforcer l'industrie de la défense. FN Browning Group, John Cockerill et Sonaca sont de classe mondiale, mais il leur manque une stratégie nationale. HART veut une seule stratégie pour l'industrie de la défense, des licences d'exportation d'armes harmonisées, un meilleur financement bancaire et une capacité belge de production de drones. Délai : 2-3 ans.

Faire monter en puissance la cybersécurité et le renseignement. La Belgique fait partie de l'élite mondiale en cybersécurité (UIT Tier 1), mais son budget n'est qu'une fraction de celui de pays comparables. HART triple le budget de la Cyber Force, construit une capacité SIGINT et double les budgets du renseignement, à la hauteur d'un pays qui héberge le QG de l'OTAN et les institutions de l'UE. Délai : 2-5 ans.

La Défense sur le territoire national. Des réservistes mobilisables en cas d'inondations, de pandémies et de terrorisme. Des protocoles structurels, pas des réactions ad hoc. Délai : 1-2 ans.

Autonomie européenne de défense. L'incertitude autour de l'OTAN rend la coopération européenne urgente. La Belgique exploite ReArm Europe (allocation SAFE de 8,3 milliards d'euros), approfondit la coopération belgo-néerlandaise et intègre son large éventail de capacités de défense dans un cadre multinational, avec des points forts belges dans le cyber, la lutte contre les mines et la maintenance des F-35. Délai : en continu.


La Belgique héberge le quartier général de l'OTAN et les institutions de l'UE, fait partie de l'élite mondiale en cybersécurité, possède avec l'IMEC un leader mondial de la technologie des semi-conducteurs, et des entreprises de défense de format mondial. Mais notre armée est trop petite, n'a presque aucun réserviste, zéro char, zéro production de drones propre, et une volonté de défendre le pays de 19 %. Le monde a changé : l'Ukraine prouve que les guerres sont industrielles, que des drones à 500 $ détruisent des armements valant des millions, que l'IA multiplie le taux de réussite des drones et que toute la population compte. La Pologne montre comment former volontairement des centaines de milliers de citoyens sans service militaire obligatoire. HART choisit une défense qui dépense intelligemment, investit massivement dans les drones et l'IA, prépare la population sur base volontaire et traite l'industrie belge comme un atout stratégique, pas comme une question secondaire.