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Point 20 sur 30

Pouvoirs publics

Programme du parti : Pouvoirs publics. HART

Programme du parti : Pouvoirs publics. HART Élections fédérales et flamandes

Sur la base de l'OCDE Government at a Glance, de l'IMD World Competitiveness Ranking 2026, des comptes des administrations publiques d'Eurostat, des statistiques d'emploi de l'ONSS, du Bureau fédéral du Plan, de la BNB, du Comité de monitoring, des rapports d'audit de la Cour des comptes, du Digital Government Policy Framework e-Estonia/OCDE, de la Kommunalreform danoise de 2007, du modèle ABD néerlandais, du Public Finance Act néo-zélandais et des réformes budgétaires suédoise et canadienne


Principe fondamental

L'État belge est le quatrième plus cher de l'Union européenne, mais il ne fournit pas le quatrième meilleur service. Le problème n'est pas que les Belges demandent trop à leur État. Le problème est que l'architecture institutionnelle multiplie les coûts sans multiplier les résultats. Six gouvernements, une cinquantaine de ministres et secrétaires d'État, plus de 3.700 entités publiques, environ 1.800 collaborateurs de cabinet et plus de 1,1 million de personnes qui travaillent dans la fonction publique ou dans l'enseignement, pour 11,9 millions d'habitants. HART ne veut pas de rhétorique d'austérité mais une réforme structurelle : moins de niveaux, moins de cabinets, plus de numérique, plus de méritocratie, plus de transparence. Des pays aux services publics comparables ou meilleurs, les Pays-Bas, le Danemark, la Suisse, l'Estonie, y parviennent à un coût radicalement inférieur.

Voir aussi : chapitre HART Subsidiarité (répartition des compétences, provinces, Sénat, fusions de communes, autonomie fiscale).


Faits et sources

Fait Chiffre Source
Dépenses publiques belges (% PIB, 2024) 54,1 % (2025 : 54,2 %, quatrième plus haut niveau de l'UE) Eurostat, comptes des administrations publiques
Moyenne UE des dépenses publiques (% PIB, 2024) 49,1 % Eurostat
Pays-Bas, dépenses publiques (% PIB, 2024) 44,4 % Eurostat
Suisse, dépenses publiques (% PIB, 2024) 33,6 % Eurostat
Estonie, dépenses publiques (% PIB, 2024) 44,0 % Eurostat
Travailleurs des pouvoirs publics et de l'enseignement (premier trimestre 2025) 1.125.953 (27 % de tous les travailleurs), dont 549.248 statutaires ONSS, analyse du marché du travail
Coûts de personnel de toutes les administrations (2025) 80,2 Mds € (12,5 % du PIB) Eurostat, comptes des administrations publiques
IMD World Competitiveness Ranking : Belgique 32e sur 70 (2026) ; 13e en 2023 IMD 2026
Pilier efficience des pouvoirs publics de l'IMD : Belgique 42e sur 70 (2026), le plus faible des quatre piliers IMD 2026
Collaborateurs de cabinet, fédéral 594 pour 15 membres du gouvernement (2025) ; 838 pour 20 membres en 2020 belgium.be 2025 / VRT NWS 2020
Collaborateurs de cabinet, tous gouvernements ± 1.800 (2025-2026), environ 200 M€/an selon estimation belgium.be, Parlement flamand, Wallex, RTBF / VRT NWS (estimation des coûts 2018)
Membres de cabinet par million d'habitants : Wallonie + Bruxelles ± 175 (2025-2026) calcul propre sur la base de Wallex, RTBF et Statbel
Membres de cabinet par million d'habitants : Flandre ± 42 (fin 2025) calcul propre sur la base du Parlement flamand et de Statbel
Collaborateurs de cabinet par ministre : Belgique, fédéral ± 40 (594 ÷ 15 membres du gouvernement, 2025) belgium.be 2025
Collaborateurs politiques par ministre : Royaume-Uni (Special Advisers) 4 à 5 par ministre hors Downing Street (159 dans l'ensemble du gouvernement, dont 47 dans l'équipe du Premier ministre, mars 2026) GOV.UK Cabinet Office 2026
Collaborateurs politiques par membre du gouvernement : Pays-Bas 1 conseiller politique (2 pour le Premier ministre et les vice-Premiers ministres) Rijksoverheid, Handboek voor bewindspersonen 2026
Plafond des cabinets en France 10 par ministre (2017-2020), puis 15 décrets 2017-1063 et 2020-862 (Légifrance)
SPF Finances : personnel ± 20.500 (2025), le plus grand SPF SPF Finances, rapport annuel 2025
Dette publique (% PIB, fin 2025) 107,9 % (692,5 Mds €) BNB
Déficit budgétaire (% PIB, 2024) 4,4 % BNB / Commission européenne
Déficit budgétaire (% PIB, 2025) 5,2 % (33,2 Mds €) BNB
Déficit de l'autorité fédérale (2025) 24,1 Mds € (3,8 % du PIB) BNB
Dépenses en consultants externes, fédéral (2020-2022) 2,5 Mds € TVA comprise Cour des comptes 2025
Utilisateurs itsme® plus de 8 millions (2025) itsme®
Belgique : UN E-Government Development Index 56e sur 193 (2024) UN EGDI 2024
Danemark : UN EGDI n° 1 (score 0,9847, 2024) UN EGDI 2024
Estonie : économies grâce à l'e-gouvernement 2 % du PIB attendus lors de l'introduction de la signature numérique (2002) ; X-Road économise selon le gouvernement estonien ± 1.345 années de travail par an (2025) e-Estonia / gouvernement estonien
Canada : assainissement budgétaire des années 90 ratio ± 7:1 économies vs. impôts Budget canadien 1995 / Fraser Institute
Suède : cadre budgétaire Plafonds de dépenses + objectif d'excédent (à partir de 2027 objectif d'équilibre) + ancrage de dette 35 % Government.se / Riksdag
Pays-Bas : déficit budgétaire (2025) 1,6 % du PIB Eurostat
Pays-Bas : dette publique (2025) 44,4 % du PIB Eurostat
Zones de police en Belgique 176 (2026) SPF Intérieur / BRUZZ

Position 1 : un État plus svelte : assainir par l'efficience, pas en coupant à l'aveugle

La Belgique consacre 54,1 % de son PIB aux dépenses publiques (2024) : dix points de pourcentage de plus que les Pays-Bas et vingt de plus que la Suisse, sans service public démontrablement meilleur. Plus de 1,1 million de personnes travaillent dans la fonction publique ou dans l'enseignement, soit plus d'un travailleur sur quatre (2025). Les coûts de personnel de toutes les administrations réunies s'élèvent à 80,2 milliards d'euros par an, soit 12,5 % du PIB (2025). Dans l'IMD World Competitiveness Ranking, la Belgique est passée de la 13e place (2023) à la 32e sur 70 pays (2026) ; pour l'efficience des pouvoirs publics, elle occupe la 42e place, le plus faible des quatre piliers. Dans le même temps, l'autorité fédérale a dépensé 2,5 milliards d'euros en consultants externes sur trois ans (2020-2022), selon la Cour des comptes sans stratégie centrale et, pour 78 % des contrats examinés, sans justification (suffisante).

Les faits :

  • Dépenses publiques : 54,1 % du PIB (2024) contre une moyenne UE de 49,1 %, les Pays-Bas 44,4 %, la Suisse 33,6 % (Eurostat).
  • Personnel public : 1.125.953 travailleurs dans les pouvoirs publics et dans l'enseignement, 27 % de tous les travailleurs, dont 549.248 statutaires (premier trimestre 2025, ONSS) ; coûts de personnel de toutes les administrations de 80,2 milliards d'euros (2025, Eurostat).
  • Dépenses fédérales de consultance : 2,5 milliards d'euros TVA comprise (2020-2022), plus de 80 % en IT ; pour 78 % de 101 contrats examinés, le recours n'était pas ou pas suffisamment justifié (Cour des comptes 2025).
  • IMD World Competitiveness Ranking : 32e sur 70 (2026), en recul depuis la 13e place en 2023 ; pilier efficience des pouvoirs publics 42e sur 70 (IMD 2026).
  • Le Canada a assaini ses finances dans les années 90 selon un rapport d'environ 7 économies pour 1 hausse d'impôt, a supprimé 45.000 postes de fonctionnaires et a atteint un excédent budgétaire en quatre ans (budget canadien 1995, Fraser Institute).

Ce que nous allons faire :

  • Passer au crible chaque SPF, parastatal et agence sur ses missions essentielles, ses doublons et son efficience via une spending review indépendante. Sur le modèle canadien (Program Review 1994-1996). Chaque institution doit démontrer pourquoi elle existe et ce qu'elle apporte.
  • Réduire les effectifs par les départs naturels et le non-remplacement, en combinaison avec des investissements dans la numérisation et l'automatisation. Pas d'économies brutes mais des processus plus intelligents. Objectif chiffré : ramener les dépenses publiques à 48 % du PIB en dix ans, juste sous la moyenne UE (49,5 % en 2025).
  • Constituer une expertise interne pour réduire structurellement la dépendance aux consultants externes. Au maximum 10 % des budgets IT pour la consultance externe, le reste pour le personnel propre et des solutions open source.
  • Intégrer les deux SPP restants (Intégration sociale et Politique scientifique) dans des SPF existants. Ils avaient été créés en 2002 lors de la réforme Copernic comme structures temporaires, en principe pour une législature, mais sont devenus permanents de facto.

Éprouvé : le Canada a réduit son taux d'endettement fédéral d'environ 30 points de pourcentage en une dizaine d'années grâce au Program Review. Non pas en coupant à l'aveugle, mais en confrontant chaque programme public à six critères, dont « Est-ce encore un rôle pour l'État ? » En 1997-98, les dépenses des départements étaient inférieures de 7,2 milliards de dollars canadiens à ce qu'elles auraient été sans cet examen. La Suède a transformé en cinq ans un déficit de 13 % du PIB (1993) en excédent, grâce à des plafonds de dépenses et à des réformes structurelles. Les deux pays ont combiné assainissement et croissance économique. (Budget canadien 1995, ministère canadien des Finances, Fraser Institute, FMI, Government.se)


Position 2 : dépolitisation : réduire les cabinets, instaurer la méritocratie

Le système belge des cabinets ministériels est unique en Europe du Nord et structurellement dysfonctionnel. En 2020, 838 collaborateurs de cabinet travaillaient pour vingt membres du gouvernement fédéral ; en 2025, ils étaient encore 594 pour quinze, soit en moyenne environ 40 par ministre. Tous gouvernements confondus, la Belgique compte environ 1.800 collaborateurs de cabinet (2025-2026), qui coûtent selon estimation 200 millions d'euros par an. La Wallonie et Bruxelles réunies comptent environ 175 membres de cabinet par million d'habitants, la Flandre environ 42 : un écart par habitant du simple au quadruple. Les cabinets usurpent le rôle de l'administration à toutes les phases de la politique : préparation, décision et exécution. Les groupes d'intérêts s'adressent aux cabinets plutôt qu'aux administrations, sachant que ces dernières ne jouent aucun rôle significatif. Cela démoralise la fonction publique et pousse les meilleurs talents vers les cabinets, qui ont alors besoin d'encore plus de personnel.

Malgré le système des mandats introduit par la réforme Copernic de 2001, l'emprise politique sur les nominations au sommet reste totale. On peut coller une couleur politique à presque chaque très haut fonctionnaire, le plus souvent en raison d'un passé de chef de cabinet.

Les faits :

  • 594 collaborateurs de cabinet au niveau fédéral pour 15 membres du gouvernement en 2025, soit en moyenne environ 40 par cabinet (838 pour 20 membres du gouvernement en 2020) ; environ 1.800 tous gouvernements confondus (2025-2026), pour un coût estimé à 200 M€/an (belgium.be 2025, VRT NWS 2020 avec estimation des coûts pour 2018).
  • Wallonie + Bruxelles : environ 175 membres de cabinet par million d'habitants ; Flandre : environ 42 (2025-2026). Un écart du simple au quadruple au sein du même cadre institutionnel, ce qui démontre qu'un dégraissage est techniquement réalisable en Belgique (calcul propre sur la base de Wallex, RTBF, Parlement flamand et Statbel).
  • Collaborateurs nommés politiquement par ministre (comparaison à périmètre égal) : Pays-Bas 1 conseiller politique par membre du gouvernement (2 pour le Premier ministre et les vice-Premiers ministres), Royaume-Uni en moyenne 4 à 5 Special Advisers par ministre (159 dans l'ensemble du gouvernement, dont près d'un tiers dans l'équipe du Premier ministre, mars 2026), France 10 sous le plafond de 2017 (décret 2017-1063), Belgique au niveau fédéral environ 40. La Belgique compte par ministre de quatre à quarante fois plus de personnel nommé politiquement que les pays dotés d'une structure administrative professionnelle. Il ne s'agit pas ici de la capacité totale d'élaboration des politiques : aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, celle-ci réside dans la fonction publique neutre (GOV.UK Cabinet Office 2026, Rijksoverheid, Légifrance).
  • L'ordre des étapes est crucial. En 2017, la France a limité les cabinets à 10 collaborateurs (décret 2017-1063 du 18 mai 2017). Le plafond a tenu trois ans et a été relevé à 15 en juillet 2020 (décret 2020-862). Non pas parce que 10 était irréalisable, mais parce que l'administration française ne disposait pas d'un Algemene Bestuursdienst (corps des hauts fonctionnaires sur le modèle néerlandais) pour absorber la capacité d'élaboration des politiques retirée aux cabinets. La leçon pour la Belgique : d'abord construire la capacité dans l'administration, ensuite réduire les cabinets (Acteurs Publics, Dalloz).
  • Une recherche de l'Instituut voor de Overheid de la KU Leuven (2008) sur la réforme flamande BBB montre comment les acteurs politiques ont contribué à déterminer la répartition en 13 domaines politiques : une logique politique plutôt qu'organisationnelle.
  • Pays-Bas : les ministres travaillent avec un seul conseiller politique ; le travail d'élaboration des politiques est effectué par une fonction publique neutre dirigée par un secrétaire général (ABD/P-Direkt).
  • Royaume-Uni : la Civil Service Commission indépendante préside en personne chaque sélection au plus haut niveau (permanent secretaries et équivalents) ; les ministres peuvent définir le profil de compétences mais ne peuvent pas siéger au comité de sélection (Constitutional Reform and Governance Act 2010).
  • Nouvelle-Zélande : le Public Service Commissioner nomme les hauts fonctionnaires en toute indépendance ; depuis 1988, sur des centaines de nominations, une recommandation du Commissioner n'a été écartée qu'une seule fois (Te Ara, NZ Public Service Commission).
  • Le SPF BOSA a participé à partir de 2022, avec Belspo, le Bureau fédéral du Plan et Statbel, au trajet OCDE/UE Evidence Informed Policy Making (EIPM) dans le cadre du Technical Support Instrument de la DG Reform. Quatre axes prioritaires : les compétences des décideurs, les réseaux d'échange, la préparation des politiques et l'analyse d'impact, et une politique RH fondée sur les données probantes. Un point d'ancrage pour le renforcement des capacités au sein de l'administration, sur lequel un ABD s'appuie (SPF BOSA, rapport OCDE 2025).

Ce que nous allons faire :

  • Limiter les cabinets à un maximum de 5 collaborateurs politiques par ministre, y compris dans les entités fédérées, exclusivement pour la coordination politique. Sur le modèle néerlandais. Il n'y a pas de secrétaires d'État. Toute la préparation et l'exécution des politiques sont rendues à l'administration.
  • Le plafond tient parce que l'administration fait le travail. Le Service belge d'administration générale (BABD) fournit la capacité de conseil stratégique qui se trouve aujourd'hui dans les cabinets. Pas de répétition du scénario français de 2017, où le plafond a sauté parce que l'administration n'était pas prête.
  • Un Organe de nomination indépendant, ancré dans la Constitution et calqué sur le Public Service Commissioner néo-zélandais et la Civil Service Commission britannique. Il sélectionne sur la base des compétences, pas de la carte de parti, pour tous les pouvoirs publics, avec deux chambres distinctes de sept commissaires chacune. La chambre gouvernance sélectionne les hauts fonctionnaires, les chefs des institutions et les administrateurs des entreprises publiques ; la chambre contrôle sélectionne les contrôleurs : les membres des conseils de contrôle, le Comité R, la Cour des comptes, le Bureau du Plan et le Conseil supérieur des Finances. Qui choisit les contrôleurs ne choisit pas les contrôlés.
  • Les commissaires eux-mêmes : ils sont tirés au sort dans un vivier délimité par la loi : anciens magistrats, professeurs émérites, anciens dirigeants d'institutions indépendantes et experts étrangers. Un jury international vérifie qui remplit les conditions, de sorte que personne ne choisit les sélectionneurs. Au moins un tiers sont des experts étrangers, personne n'a été membre d'un parti dans les cinq années précédentes, et chaque commissaire siège six ans, non renouvelables. Le ministre compétent définit le profil d'une fonction de haut niveau et peut refuser une proposition de manière motivée ; après un refus répété, l'organe décide.
  • Des mandats sunset (à échéance automatique) assortis de KPI publics pour toutes les nominations au sommet via l'Organe de nomination. Chaque haut fonctionnaire, administrateur d'une entreprise publique ou d'un organe de régulation est nommé pour un mandat de 5 ans, avec 5 à 8 objectifs mesurables publiés le jour de la nomination. Après 5 ans suit une évaluation indépendante, non par le ministre de tutelle mais par l'Organe de nomination, sur la base des KPI fixés au préalable. Le mandat est renouvelable une seule fois pour 3 ans si les résultats obtenus sont démontrés. Après 8 ans au maximum, la rotation obligatoire est la norme. Sur le modèle des « performance agreements » néo-zélandais et de la rotation de l'ABD néerlandais (maximum 7 ans par poste). Ce n'est pas une limite de durée dictée par la méfiance, mais un mécanisme qui récompense la performance et empêche l'immobilisme. Les KPI sont publics, l'évaluation est indépendante, et le citoyen peut vérifier si le sommet de l'État tient ses engagements.
  • Créer un Service belge d'administration générale (BABD) sur le modèle néerlandais, sous la chambre gouvernance de l'Organe de nomination : les principaux postes de senior management sont gérés de manière centralisée, avec une mobilité obligatoire et un maximum de huit ans par fonction, en phase avec les mandats sunset. L'ABD néerlandais, créé en 1995, gère plus de 2.000 postes de management (2025). Cela brise le cloisonnement et crée un encadrement supérieur professionnel au service de l'État dans son ensemble. HART s'appuie ici sur le trajet TSI OCDE/UE Evidence Informed Policy Making auquel le SPF BOSA a participé à partir de 2022 avec Belspo, le Bureau fédéral du Plan et Statbel. HART accélère et ancre, sans réinventer.
  • Créer un Bureau de coordination interministériel placé sous le Premier ministre, sur le modèle du Cabinet Office britannique et du Department of the Prime Minister and Cabinet néo-zélandais. Ce bureau remplace les groupes de travail intercabinets comme mécanisme de concertation interdépartementale et intercoalition, avec une petite structure politique de tête et un socle administratif professionnel. La politique de coalition reste un réel enjeu de coordination, mais la solution n'est pas des dizaines de cabinets qui négocient en permanence, c'est un seul organe structuré qui organise la concertation de manière systématique.
  • Pas de discrimination positive dans les nominations. La meilleure personne pour chaque poste, quelle que soit son origine. Une vraie méritocratie.

Éprouvé : le gouvernement fédéral comptait en 2025 594 collaborateurs de cabinet pour 15 membres du gouvernement, soit en moyenne environ 40 collaborateurs nommés politiquement par ministre (838 pour 20 membres du gouvernement en 2020). Le Royaume-Uni fonctionne avec en moyenne 4 à 5 Special Advisers par ministre, les Pays-Bas avec un conseiller politique par membre du gouvernement, la France a fonctionné trois ans avec un plafond légal de 10. La différence ne tient pas à la capacité totale d'élaboration des politiques. Elle tient à la taille de la couche nommée politiquement au-dessus d'une fonction publique professionnelle. L'ABD néerlandais gère depuis 1995 des postes seniors, fin 2025 plus de 2.000, dont un Top Management Group de 103 plus hauts fonctionnaires. Le résultat : une fonction publique plus professionnelle, moins politisée, qui obtient systématiquement de meilleurs scores que la belge dans les comparaisons internationales d'efficacité des pouvoirs publics. Singapour combine une Public Service Commission inscrite dans la Constitution, des salaires compétitifs alignés sur le secteur privé et un programme de bourses qui identifie les talents dès l'université. (Voir aussi : chapitre HART L'État efficace, principes 9 et 13, pour le fondement théorique des spending reviews et des sunset clauses.) (GOV.UK Cabinet Office 2026, belgium.be, Rijksoverheid, Légifrance, Algemene Bestuursdienst, Institute for Government UK, NZ Public Service Commission)


Position 3 : administration numérique : l'Estonie comme boussole

La Belgique dispose de bonnes briques numériques, mais il lui manque l'intégration et l'ambition des pays de tête. L'application itsme® compte plus de 8 millions d'utilisateurs (2025) et l'eID a été un précurseur européen. Pourtant, la Belgique n'occupe que la 56e place de l'E-Government Development Index de l'ONU (2024). Bien en deçà de son potentiel technique. La boîte aux lettres numérique eBox est facultative pour les citoyens au lieu d'être la norme. Le principe once only est inscrit depuis 2014 dans une loi fédérale, mais ne lie pas tous les niveaux de pouvoir. Et la structure de pouvoir à plusieurs niveaux crée des problèmes d'interopérabilité que les leaders du numérique ont résolus depuis longtemps. Les démarches administratives sont trop souvent encore des processus papier recouverts d'une couche numérique, au lieu de conceptions digital-first centrées sur l'expérience utilisateur.

Les faits :

  • Belgique : 56e sur 193 à l'EGDI de l'ONU (2024) ; 16e sur 27 au eGovernment Benchmark de la Commission européenne (2026) ; itsme® plus de 8 millions d'utilisateurs (2025) ; eBox facultative pour les citoyens ; loi once only du 5 mai 2014, uniquement pour les services fédéraux (UN EGDI 2024, Commission européenne 2026, itsme®, Moniteur belge).
  • Estonie : depuis décembre 2024, tous les services publics en ligne, le divorce étant le dernier service ; X-Road a traité en 2025 environ 3,7 milliards de requêtes pour plus de 3.600 services ; 98 % des déclarations à l'impôt des personnes physiques sont introduites par voie électronique ; lors de l'introduction de la signature numérique (2002), une économie de 2 % du PIB était attendue, et selon le gouvernement estonien, X-Road économise environ 1.345 années de travail par an (2025) (gouvernement estonien, x-tee.ee, administration fiscale estonienne, e-Estonia).
  • Danemark : 97 % des Danois de plus de 15 ans ont un MitID actif (2026) ; communication numérique avec les pouvoirs publics obligatoire depuis le 1er novembre 2014 ; borger.dk comme portail central ; n° 1 à l'EGDI de l'ONU (score 0,9847, 2024) (MitID, Digst, UN EGDI).
  • Pays-Bas : DigiD a été utilisé 645 millions de fois en 2025 ; MijnOverheid comme portail central, avec plus de 92 millions de messages de 431 organisations via la Berichtenbox (2025) (Logius).

Ce que nous allons faire :

  • Construire une plateforme d'interopérabilité de type X-Road qui relie tous les niveaux de pouvoir (fédéral, entités fédérées, concordats et communes), exploitée par un gestionnaire indépendant. L'investissement numérique le plus important que la Belgique puisse faire. Pas d'entrepôt de données central, mais un échange de données décentralisé et sécurisé, avec une piste d'audit complète, sur le modèle estonien.
  • Une boîte aux lettres numérique par citoyen et par entreprise, avec le numérique comme norme, sur le modèle danois : le papier reste possible, mais qui peut passer au numérique et choisit quand même le papier en supporte les coûts. Qui ne peut pas le faire en numérique obtient une exemption gratuite et une aide au guichet communal.
  • Rendre le principe once only juridiquement contraignant pour tous les niveaux de pouvoir : les citoyens et les entreprises fournissent leurs données une seule fois et celles-ci sont partagées dans l'ensemble des pouvoirs publics. Plus de formulaires en double.
  • Concevoir toutes les démarches et tous les services administratifs en digital-first, en mettant l'accent sur l'expérience utilisateur. Objectif chiffré : 95 % des services publics entièrement numériques d'ici 2030.
  • Les pouvoirs publics se consacrent à la collecte, à la gestion et à l'ouverture des données comme bien public, dans le strict respect de la vie privée et du RGPD.

Éprouvé : depuis décembre 2024, l'Estonie est, selon le gouvernement estonien, le premier pays au monde où tous les services publics sont disponibles en numérique. L'infrastructure X-Road a traité en 2025 environ 3,7 milliards de requêtes, dont la grande majorité automatiquement entre systèmes publics, sans que le citoyen ait quoi que ce soit à demander. Le Danemark a atteint 97 % d'adoption de l'identité numérique grâce à un basculement obligatoire combiné à une excellente expérience utilisateur. Pour la Belgique, HART estime le potentiel d'économies à 10 milliards d'euros par an : l'Estonie estime l'économie de son administration numérique à environ 2 % du PIB, et HART compte prudemment avec 1 à 2 %, soit 6 à 13 milliards d'euros. Où se trouve cet argent : les charges administratives pour les entreprises (environ 6 milliards d'euros en 2022, Bureau fédéral du Plan), un écart de TVA d'environ 5,2 milliards d'euros (2023, Commission européenne), plus de 0,8 milliard d'euros par an de consultance fédérale (2020-2022) et des doublons évitables. Ces postes se recoupent en partie et ne sont pas simplement additionnés. (Gouvernement estonien, x-tee.ee, MitID, Bureau fédéral du Plan, Commission européenne, Cour des comptes)


Position 4 : discipline budgétaire : des règles du jeu qui fonctionnent

La dette publique belge s'élevait fin 2025 à 107,9 % du PIB (692,5 milliards d'euros) et grimpe, à politique inchangée, vers environ 113 % en 2027 et près de 123 % en 2031. Le déficit budgétaire est passé de 4,4 % en 2024 à 5,2 % en 2025 (33,2 milliards d'euros), le troisième plus élevé de l'UE. Le déficit de l'autorité fédérale à lui seul s'élevait à 24,1 milliards d'euros (2025). Depuis juillet 2024, la Belgique fait l'objet d'une procédure européenne pour déficit excessif, qui exige que le déficit soit corrigé d'ici 2029. Un déficit budgétaire est un impôt sur les générations futures, qui s'ajoute au coût du vieillissement.

Les faits :

  • Dette publique : 107,9 % du PIB (fin 2025, 692,5 Mds €) ; projection de 112,8 % en 2027 (Commission européenne, printemps 2026) et de 122,6 % en 2031 à politique inchangée (Comité de monitoring, juillet 2026) (BNB, CE, Comité de monitoring).
  • Déficit budgétaire : 4,4 % du PIB (2024) et 5,2 % (2025), troisième plus élevé de l'UE ; autorité fédérale 24,1 Mds € ou 3,8 % du PIB (2025) (BNB).
  • Procédure de déficit excessif : la Belgique y est depuis juillet 2024 ; selon la recommandation du Conseil du 20 juin 2025, le déficit excessif doit être corrigé d'ici 2029 (Conseil de l'UE, Comité de monitoring).
  • Pays-Bas : déficit de 1,6 % du PIB, dette de 44,4 % (2025), avec des plafonds de dépenses pluriannuels et un chiffrage indépendant par le CPB (Eurostat).
  • Suède : plafonds de dépenses, objectif d'excédent (⅓ % du PIB sur le cycle conjoncturel, remplacé à partir de 2027 par un objectif d'équilibre), ancrage de la dette (35 % du PIB ± 5 pp), obligation d'équilibre budgétaire pour les communes, Fiscal Policy Council indépendant (Government.se, Riksdag, CEPR).
  • Nouvelle-Zélande : Fiscal Responsibility Act (1994) : des principes plutôt que des cibles fixes, avec une justification publique obligatoire en cas d'écart (Treasury NZ).

Ce que nous allons faire :

  • Instaurer des plafonds de dépenses pluriannuels sur le modèle suédo-néerlandais : au début de chaque législature, des plafonds réels de dépenses nettes sont fixés par secteur politique. Les bonnes surprises du côté des recettes ne sont pas dépensées, mais affectées à la réduction de la dette.
  • Un ancrage de la dette inscrit dans la loi, à 90 % du PIB maximum comme objectif à dix ans, avec une trajectoire de convergence contraignante chaque année.
  • Un frein à l'endettement pour chaque autorité inscrit dans la Constitution : dépenses et recettes en équilibre sur le cycle conjoncturel, et pas de sauvetage fédéral d'une entité fédérée. Le Conseil supérieur des Finances est le gendarme indépendant : il signale tout écart par rapport aux règles budgétaires, et le gouvernement concerné présente dans les trente jours un plan de correction à son parlement.
  • Renforcer substantiellement le Bureau fédéral du Plan pour un chiffrage systématique de tous les programmes électoraux. Sur le modèle du CPB néerlandais. Le CPB dispose d'une capacité nettement supérieure à celle du Bureau du Plan belge pour cet exercice. Les chiffres budgétaires doivent être vérifiés de manière transparente et indépendante avant que l'électeur n'entre dans l'isoloir.
  • Assainir par l'efficience, pas par des coupes linéaires. D'abord investir dans l'optimisation des processus, la numérisation et l'automatisation, ensuite travailler avec moins de personnel. Les institutions qui peuvent générer davantage de recettes (comme la VRT) doivent le faire.

Éprouvé : la Suède a transformé en cinq ans un déficit budgétaire de 13 % du PIB (1993) en excédent et a bâti le cadre budgétaire le plus solide au monde : des plafonds de dépenses pluriannuels, un objectif d'excédent et un Fiscal Policy Council indépendant. La dette publique suédoise est passée d'environ 70 % dans les années 90 à environ 35 % du PIB (2025). Le Canada a obtenu un résultat comparable avec un ratio d'environ 7:1 entre économies et hausses d'impôts, en confrontant chaque programme public à des questions essentielles sur sa pertinence et son efficience. Les deux pays ont combiné assainissement et croissance économique, pas récession. (FMI, Eurostat, Government.se, Fraser Institute, budget canadien 1995)


Position 5 : reddition de comptes numérique permanente : chaque euro visible, chaque jour

Pour le Belge moyen, il est pratiquement impossible de savoir combien d'argent va à quel service public et dans quel but. La Belgique ne figure pas dans l'Open Budget Survey de l'International Budget Partnership, un déficit de transparence frappant pour un pays de l'OCDE. L'infographie « budget compréhensible » du SPF BOSA est un début, mais il n'existe aucun lien systématique entre dépenses et résultats. Un moment annuel de reddition de comptes comme la Verantwoordingsdag néerlandaise (la Journée de la reddition de comptes) est un pas en avant, mais reste un instantané. HART choisit la caméra de surveillance : une reddition de comptes numérique permanente, où rendre des comptes n'est pas un rituel annuel mais un état continu.

Les faits :

  • La Belgique ne figure pas dans l'Open Budget Survey de l'International Budget Partnership.
  • Le SPF BOSA publie une infographie budgétaire simplifiée, mais il n'y a pas de reddition de comptes systématique sur les résultats (BOSA).
  • La Cour des comptes contrôle les budgets fédéral et des entités fédérées, mais n'a pas de juridiction sur les communes ni de mécanisme de suivi contraignant (Cour des comptes, Parlement flamand).
  • Les avis de l'Inspection des Finances ne sont pas publiés systématiquement, et un ministre peut faire passer outre un avis négatif sans motivation publique (Vlaamse Codex Overheidsfinanciën, protocole IF).
  • Slovénie : la commission anticorruption KPK gère Erar, une application web publique qui affiche en continu toutes les transactions de toutes les institutions publiques et entreprises publiques (NIO, UNODC).
  • Royaume-Uni : chaque dépense ministérielle supérieure à 25.000 £ est publiée en ligne chaque mois (depuis 2010), et les membres du gouvernement publient chaque trimestre leurs rencontres, cadeaux et voyages (GOV.UK).
  • Pays-Bas : Verantwoordingsdag depuis 2000, chaque année le troisième mercredi de mai, avec l'avis de l'Algemene Rekenkamer (la Cour des comptes néerlandaise) et des données budgétaires ouvertes sur rijksfinancien.nl (Tweede Kamer, ministère des Finances).
  • Nouvelle-Zélande : le Public Finance Act impose des budgets fondés sur les outputs et une comptabilité d'exercice (accrual accounting), de sorte que les comptes publics ressemblent à des rapports annuels d'entreprise avec un bilan (Treasury NZ).

Ce que nous allons faire :

  • Un tableau de bord de reddition de comptes en direct par ministre : chaque dépense supérieure à 500 euros, chaque contrat, chaque campagne, alimenté automatiquement depuis la comptabilité et relié à l'objectif, au résultat et à la portée. Du niveau fédéral au niveau communal. Pas de rapport séparé après coup : les données proviennent directement de la source. (Voir aussi : chapitre HART Corruption & Intégrité, Position 8 : pas de publication, pas de contrat.)
  • Système de signaux d'alerte : les anomalies apparaissent automatiquement sur le tableau de bord et à l'ordre du jour de la commission parlementaire compétente : attribution sans mise en concurrence, dépassement de budget, avis négatif de l'Inspection des Finances outrepassé, portée très inférieure à l'objectif. La reddition de comptes est déclenchée par les événements plutôt que par le calendrier.
  • Décharge continue : le parlement peut à tout moment tenir un débat de reddition de comptes et un vote par programme politique. Un ministre ayant des signaux d'alerte en suspens répond publiquement dans les 30 jours, sur le tableau de bord lui-même.
  • L'Inspection des Finances sort de l'ombre : tous les avis de l'IF sont publiés. Sur les chiffres et les règles budgétaires, un avis de l'IF est contraignant. Si, sur un autre point, un ministre s'écarte d'un avis négatif, cet avis devient automatiquement public et est signalé au parlement, et le ministre répond publiquement et de manière motivée dans les trente jours. Des seuils d'avis plus bas pour les dépenses de communication et de campagne.
  • Publication trimestrielle par ministre des contacts avec les lobbies, des cadeaux, des voyages et des dépenses de communication, sur le modèle des ministerial transparency returns britanniques.
  • Étendre la juridiction de la Cour des comptes aux communes et renforcer le caractère contraignant de ses recommandations. Une Cour des comptes qui signale des problèmes sans que personne ne soit obligé d'y donner suite est intenable.
  • Évoluer vers des budgets fondés sur les outputs sur le modèle néo-zélandais : non pas « combien dépensons-nous pour l'enseignement » mais « quels résultats scolaires achetons-nous avec ce budget ».

Éprouvé : la Slovénie affiche en continu, via Erar, toutes les transactions de l'ensemble du secteur public ; la commission anticorruption utilise le système comme arme structurelle contre le clientélisme. Le Royaume-Uni publie depuis 2010 chaque mois toute dépense ministérielle supérieure à 25.000 £ et chaque trimestre les rencontres, cadeaux et voyages de chaque membre du gouvernement. Les Pays-Bas prouvent, avec une Verantwoordingsdag depuis 2000 et des données budgétaires ouvertes sur rijksfinancien.nl, que la reddition de comptes publique change la culture budgétaire ; HART rend cette reddition de comptes permanente au lieu d'annuelle. La Nouvelle-Zélande a été pionnière des budgets fondés sur les outputs et de la comptabilité d'exercice, qui relient chaque dollar à un résultat mesurable. (NIO/UNODC, GOV.UK, Tweede Kamer, Treasury NZ)


Position 6 : réforme des circonscriptions : le plus de voix = élu

Le système électoral belge répartit les 150 sièges de la Chambre entre onze circonscriptions : les dix provinces et Bruxelles-Capitale. Ce système favorise le morcellement régional, limite le choix de l'électeur et crée une distance artificielle entre les responsables politiques et les citoyens des autres provinces. Les suppléants et les votes en case de tête contribuent à déterminer qui est élu, pas uniquement l'électeur. Le groupe Pavia a proposé en 2007 d'élire une partie des sièges dans une circonscription fédérale, mais cette proposition s'est enlisée dans les oppositions communautaires.

Les faits :

  • Belgique : 150 sièges à la Chambre répartis entre 11 circonscriptions (10 provinces et Bruxelles-Capitale) avec un seuil électoral de 5 % (loi adoptée en 2002, appliquée pour la première fois aux élections de 2003) ; BHV scindé en 2012.
  • Groupe Pavia (académiques néerlandophones et francophones) : proposition du 14 février 2007 de 15 sièges dans une circonscription fédérale pour favoriser le dialogue intercommunautaire (Paviagroup.be).
  • Pays-Bas : 150 sièges dans une seule circonscription nationale avec un seuil effectif de 0,67 % ; proportionnalité maximale mais fragmentation partisane extrême (17 partis en 2021) (Electoral Reform Society).

Ce que nous allons faire :

  • Une circonscription nationale pour une partie de la Chambre : les 60 sièges de la Chambre vont aux entités fédérées selon leur population, et la loi peut faire élire une partie d'entre eux dans une seule circonscription pour l'ensemble du pays, sans sièges pour un groupe linguistique. Pour les parlements des entités fédérées, HART plaide pour une seule circonscription par entité fédérée.
  • Supprimer le système des suppléants et des votes en case de tête : les candidats ayant obtenu le plus de votes de préférence sont élus. C'est l'électeur qui décide, pas la liste du parti.
  • Maintenir la répartition proportionnelle des sièges. Chaque voix pèse le même poids, où que l'on habite.
  • Chaque entité fédérée garde au moins un siège à la Chambre, afin que même les plus petites entités fédérées, comme le Luxembourg et Ostbelgien, ne perdent pas leur voix au parlement.

Éprouvé : les Pays-Bas répartissent les sièges au niveau national, dans une seule circonscription, depuis plus de cent ans et prouvent qu'une proportionnalité complète est réalisable. Le système garantit que chaque voix a la même valeur et élimine les effets de circonscription qui, en Belgique, avantagent les candidats des grandes villes. Le groupe Pavia a montré que même un nombre limité de sièges fédéraux peut modifier fondamentalement la structure d'incitations des responsables politiques en faveur de la coopération par-delà la frontière linguistique. (Electoral Reform Society, Paviagroup.be)


Position 7 : facilités linguistiques : maintenir, en échange de la fin des vetos linguistiques

Les facilités linguistiques s'appliquent dans 27 communes belges et étaient conçues comme un instrument de promotion de l'intégration. Elles ont obtenu le résultat inverse. Dans les six communes de la périphérie bruxelloise, les francophones forment, selon tous les indicateurs disponibles, une large majorité de la population ; un recensement linguistique officiel n'existe plus depuis 1947. Des données démographiques indirectes (notamment la préférence linguistique auprès des opérateurs télécoms et les enregistrements de Kind & Gezin, l'agence flamande de l'enfance) montrent que la part des familles néerlandophones dans ces communes a baissé de façon constante. Pourtant, HART maintient les facilités, comme prix d'une chose qui pèse plus lourd : la fin des vetos linguistiques qui bloquent chaque réforme.

Les faits :

  • 27 communes à facilités réparties en quatre catégories : 6 communes de la périphérie, 10 communes de la frontière linguistique, 9 en Communauté germanophone, 2 dans la région de Malmedy (Adjoint du Gouverneur, Vlaamserand).
  • Base légale : la loi sur la frontière linguistique (1962) et la loi sur l'emploi des langues en matière administrative (1963) ; depuis la révision de la Constitution de 1988, le régime de ces communes ne peut être modifié qu'à une majorité spéciale (article 129, §2 de la Constitution) ; la loi de pacification (1988) a réglé entre autres l'emploi des langues des mandataires dans les communes à facilités (Constitution, Vlaamserand, DOCU).
  • Les données démographiques indiquent une francisation nette dans les communes de la périphérie : diverses sources (notamment les données de préférence linguistique de Belgacom et les enregistrements de Kind & Gezin) confirment que les francophones y forment une large majorité et que la part des familles néerlandophones a fortement baissé.
  • Circulaire Peeters (1997, confirmée par la circulaire Keulen de 2005 et la circulaire Bourgeois de 2010) : les habitants doivent demander chaque fois à nouveau un service en français. Conseil d'État (2014, arrêt Caprasse) : compromis de demandes valables pour 4 ans.
  • La suppression exige une loi spéciale (majorité des 2/3 + majorité dans chaque groupe linguistique).

Ce que nous allons faire :

  • Inscrire les 27 communes à facilités dans la Constitution elle-même : leurs habitants peuvent aussi communiquer avec les pouvoirs publics dans une seconde langue, et une fusion de communes n'y change rien.
  • En échange, les vetos linguistiques disparaissent : pas de groupes linguistiques à la Chambre, pas de sonnette d'alarme, pas de majorités spéciales par groupe linguistique et pas de parité linguistique au gouvernement fédéral. Bruxelles garde des sièges garantis et un gouvernement paritaire.
  • Une frontière linguistique plus solide : les régions linguistiques et les facilités ne changent plus que par une révision de la Constitution, avec deux tiers à la Chambre et une majorité des électeurs et des entités fédérées.
  • Une politique d'intégration active dans les communes de la périphérie, y compris le renforcement de l'enseignement, de l'accueil de la petite enfance et de l'offre culturelle néerlandophones.

Éprouvé : l'objectif des facilités, un soutien temporaire pour favoriser l'intégration, a manifestement échoué : dans les communes où les facilités s'appliquent depuis 1963, la francisation n'a fait que progresser. C'est pourquoi HART ne choisit pas de nouvelles exceptions mais des régions linguistiques fixes, sur le modèle suisse, où les cantons font strictement respecter leur langue, avec pour résultat un équilibre multilingue stable. (Vlaamserand, DOCU Vlaamse Rand, Adjoint du Gouverneur)


Position 8 : une réforme de l'État « zéro »

La Belgique a six réformes de l'État derrière elle (1970, 1980, 1988-89, 1993, 2001, 2011-2014), chaque fois selon le même schéma : transférer des compétences du fédéral vers les entités fédérées, ajouter des institutions et accroître la complexité. Le résultat est la lasagne institutionnelle d'aujourd'hui : six gouvernements, une distinction artificielle entre Régions et Communautés, et une Bruxelles prisonnière comme zone de chevauchement entre les deux structures. HART ne peut pas continuer à se taire sur la question politique la plus fondamentale en Belgique : quel est l'avenir de l'État belge ? Mais HART ne prend pas de position idéologique dans le débat communautaire. HART applique un seul critère : qu'est-ce qui fonctionne le mieux pour le citoyen ?

Les faits :

  • Six réformes de l'État (1970, 1980, 1988-89, 1993, 2001, 2011-2014) ont chaque fois suivi un schéma centrifuge : plus d'entités, plus de complexité (Apache, Belgischegrondwet.be).
  • L'article 195 de la Constitution a été ouvert à révision dans la déclaration de révision de mai 2024 (Chambre le 8 mai, Sénat le 17 mai, Moniteur belge du 27 mai), ce qui permet à la législature 2024-2029 de modifier la procédure de révision elle-même. Après chaque élection, cela n'est possible que si l'article a de nouveau été ouvert à révision (Sénat).
  • « La Belgique à quatre » (notamment l'Institut Destrée) : proposition de supprimer la distinction entre Régions et Communautés et de la remplacer par 4 entités fédérées : la Flandre, la Wallonie, Bruxelles-Capitale et Ostbelgien.
  • Une révision de la Constitution exige : une déclaration de révision (majorité simple), la dissolution et des élections, puis une majorité des 2/3 avec un quorum de présence des 2/3 dans chaque assemblée (Belgischegrondwet.be, VRT NWS).

Ce que nous allons faire :

  • Plaider pour une réforme de l'État zéro : non pas une septième réforme qui prolonge le schéma centrifuge, mais une simplification fondamentale de l'architecture institutionnelle fondée sur une analyse rationnelle, pas sur des petits jeux communautaires.
  • Le modèle final découle d'une analyse rationnelle de ce qui fonctionne : le modèle cantonal. Douze entités fédérées à forte autonomie (les dix provinces, Bruxelles et Ostbelgien), l'enseignement, la langue, la radiodiffusion et les allocations familiales par groupe linguistique dans un concordat contraignant, une seule hiérarchie des normes, et un Conseil des entités fédérées qui décide à la majorité, sans veto linguistique. Pas de « Belgique à quatre » : deux blocs se bloquent mutuellement, douze partenaires forment pour chaque dossier une autre coalition. Les compétences morcelées deviennent des paquets homogènes : fédéral, concurrent avec un cadre fédéral que les entités fédérées exécutent, ou entité fédérée. Le morcellement est intenable (voir les chapitres HART Réforme de l'État et Subsidiarité).
  • Simplifier la procédure de révision elle-même : deux tiers à la Chambre, puis un vote citoyen obligatoire, avec une majorité des électeurs et des entités fédérées, sans déclaration de révision et sans dissolution. Ainsi, les réformes structurelles ne sont plus prises en otage par des blocages procéduraux.

Position 9 : assainissement institutionnel : réformer des institutions spécifiques

Outre les réformes structurelles des chapitres HART Réforme de l'État et Subsidiarité (les provinces comme entités fédérées, les fusions de communes, le Sénat remplacé par le Conseil des entités fédérées, la rationalisation des intercommunales, un seul régulateur de l'énergie), des institutions concrètes ont besoin d'une réforme, d'une fusion ou d'une rationalisation.

Les faits :

  • SNCB/Infrabel : scindées en trois entités en 2005 (SNCB, Infrabel, SNCB-Holding), ramenées à deux en 2014 (SNCB-Holding supprimée) ; problèmes de coordination, services de support en double, ponctualité en baisse. La France a réuni l'infrastructure et l'exploitation dans un seul groupe public SNCF (réforme de 2014, groupe intégré depuis le 1er janvier 2020 avec SNCF Réseau et SNCF Voyageurs comme filiales) ; le Royaume-Uni a décidé de réunir l'infrastructure et l'exploitation dans Great British Railways. Le quatrième paquet ferroviaire de l'UE exige certes que le gestionnaire de l'infrastructure reste indépendant dans ses fonctions essentielles, mais autorise une structure de holding (Légifrance, EUR-Lex).
  • 176 zones de police (2026) : 196 à l'origine lors de leur création le 1er janvier 2001. La Chambre a approuvé en mai 2026 la fusion des six zones bruxelloises en une seule zone, opérationnelle à partir de 2027 et au plus tard le 1er janvier 2028, avec 65 millions d'euros de soutien fédéral (SPF Intérieur, BRUZZ).
  • Intégration des CPAS : achevée en Flandre le 1er janvier 2019 en vertu du Decreet Lokaal Bestuur (décret sur l'administration locale) du 22 décembre 2017. Amélioration du service social et simplification administrative. La Wallonie et Bruxelles n'ont pas suivi (Parlement flamand).
  • Bureau fédéral du Plan : n'a réalisé son deuxième chiffrage électoral qu'en 2024 (après 2019). Le CPB néerlandais dispose d'une capacité nettement supérieure et chiffre systématiquement tous les programmes électoraux depuis 1986 (VRT NWS).
  • Conseils consultatifs : selon l'estimation de HART, plus de 250 organes consultatifs fédéraux (il n'existe pas de recensement officiel), plus les conseils consultatifs des entités fédérées, aux compétences qui se chevauchent et à l'impact flou sur les décisions politiques.

Ce que nous allons faire :

  • Intégrer au maximum la SNCB et Infrabel dans les limites du quatrième paquet ferroviaire de l'UE : gouvernance commune, fusion des services de support (HR Rail est intégré comme service partagé dans la holding), planification intégrée. Là où l'UE exige une séparation, au minimum une structure de holding avec un seul point de pilotage.
  • Un seul corps de police par entité fédérée, douze au total au lieu de 176 zones de police, à côté de la police fédérale. Chaque commune conserve son commissariat de quartier et ses inspecteurs de quartier, comme section locale du corps de l'entité fédérée. La fusion bruxelloise de 6 zones en 1 est le modèle.
  • CPAS intégré partout dans la commune, y compris en Wallonie et à Bruxelles. L'expérience flamande montre que cela fonctionne.
  • Passer au crible et rationaliser les conseils consultatifs : regroupement là où il y a chevauchement, suppression là où aucun impact démontrable sur les politiques n'existe, et un aperçu transparent des conseils qui existent et de ce qu'ils coûtent.
  • Renforcer le Bureau fédéral du Plan pour en faire un véritable pendant du CPB néerlandais, avec une capacité suffisante pour le chiffrage systématique de tous les programmes électoraux et propositions politiques. Le Bureau du Plan renforcé fournit en outre des analyses d'impact indépendantes obligatoires avant chaque décision du Conseil des entités fédérées ayant un impact budgétaire ou sociétal. Sur le modèle suédois du « remiss ». (Voir aussi : chapitre HART Administration numérique, Position 9.)
  • Lier les mandats sunset à l'examen : dans chaque institution qui ressort de la spending review, les nominations au sommet sont automatiquement converties en mandats sunset assortis de KPI publics (voir Position 2). Pas d'examen sans conséquences pour le sommet. L'Australie applique des sunset clauses automatiques à sa législation secondaire : celle-ci expire en principe après dix ans sauf renouvellement explicite. Le Canada évalue tous les cinq ans chaque programme de subventions en cours. La Belgique ne fait ni l'un ni l'autre.

Éprouvé : l'intégration flamande des CPAS (2019) a conduit à une meilleure coordination de la politique sociale locale et à moins de frais généraux administratifs, même si des défis d'intégration culturelle subsistent. La fusion des zones de police bruxelloises a été décidée par la loi en 2026 : à partir du 1er janvier 2028, Bruxelles compte une seule zone de police. La France a réuni à nouveau la SNCF en un seul groupe intégré (depuis le 1er janvier 2020) pour résoudre les problèmes de coordination nés de la scission. Le CPB néerlandais chiffre depuis 1986 tous les programmes électoraux de manière indépendante et constitue une pierre angulaire de la politique budgétaire néerlandaise. L'Australie applique des sunset clauses automatiques à sa législation secondaire ; le Canada impose une évaluation quinquennale de chaque programme de subventions en cours. (Voir aussi : chapitre HART L'État efficace, principes 9 et 13.) (Parlement flamand, Chambre, Légifrance, VRT NWS)


Résumé

L'État belge n'est pas trop gros parce que les Belges demandent trop à leur État. Il est trop gros parce que l'architecture institutionnelle multiplie les coûts sans multiplier les résultats. Six gouvernements, environ 1.800 collaborateurs de cabinet, plus de 1,1 million de personnes dans la fonction publique et dans l'enseignement et des dépenses publiques de 54,1 % du PIB (2024) produisent un service qui n'est pas à la hauteur du prix. Au classement IMD, la Belgique est tombée à la 32e place (2026), et pour l'efficience des pouvoirs publics, elle occupe la 42e : son point le plus faible. La dette publique grimpe, à politique inchangée, vers 123 % du PIB en 2031.

HART ne veut ni rhétorique d'austérité ni petits jeux communautaires. HART veut un État qui fonctionne. Cela commence par un assainissement par l'efficience : passer chaque institution au crible de ses missions essentielles, investir dans la numérisation et l'automatisation, et seulement ensuite travailler avec moins de personnel, à l'exemple du Program Review canadien, après lequel le taux d'endettement fédéral a baissé d'environ trente points de pourcentage en une dizaine d'années. Cela signifie démanteler le système des cabinets et le remplacer par une fonction publique professionnelle et méritocratique sur les modèles néerlandais et néo-zélandais, avec un organe de nomination indépendant, des mandats sunset de cinq ans assortis de KPI publics pour toutes les nominations au sommet, et au maximum cinq collaborateurs politiques par ministre. Cela signifie numériser radicalement avec l'Estonie pour boussole : une plateforme d'interopérabilité X-Road sur le modèle estonien (qui traite en Estonie environ 3,7 milliards de requêtes par an), une boîte aux lettres numérique avec le numérique comme norme, et un principe once only qui lie tous les niveaux de pouvoir. Ensemble, un potentiel d'économies de 10 milliards d'euros par an.

La discipline budgétaire exige des règles du jeu qui fonctionnent : des plafonds de dépenses pluriannuels sur le modèle suédois, un ancrage de la dette à 90 % du PIB comme objectif à dix ans, un frein à l'endettement pour chaque autorité avec le Conseil supérieur des Finances comme gendarme, et un Bureau fédéral du Plan renforcé qui chiffre tous les programmes électoraux de manière indépendante avant que l'électeur n'entre dans l'isoloir. La transparence exige une reddition de comptes numérique permanente : un tableau de bord en direct par ministre reprenant chaque dépense supérieure à 500 euros, des signaux d'alerte qui arrivent automatiquement à l'ordre du jour du parlement, une décharge continue par programme politique, des avis publics de l'Inspection des Finances, et une Cour des comptes à la juridiction élargie et aux recommandations contraignantes. Le renouveau démocratique exige une circonscription nationale pour une partie de la Chambre et le plus grand nombre de voix de préférence pour seul critère, sans suppléants ni votes en case de tête qui faussent la volonté de l'électeur.

Sur le plan institutionnel, HART plaide pour une réforme de l'État zéro. Pas une septième réforme qui prolonge le schéma existant, mais une simplification fondamentale : le modèle cantonal, avec douze entités fédérées, une Chambre de 60, un Conseil des entités fédérées sans veto linguistique, et une Constitution qui ne change qu'avec deux tiers à la Chambre et un oui du citoyen. Le modèle final découle d'une analyse rationnelle, pas d'une idéologie. Concrètement, cela signifie aussi : un seul corps de police par entité fédérée au lieu de 176 zones de police, le CPAS intégré partout, la SNCB et Infrabel fusionnées au maximum, les conseils consultatifs assainis, des mandats sunset liés à chaque institution passée au crible, et les facilités linguistiques maintenues comme prix de la fin des vetos linguistiques.

Des pays aux services publics comparables ou meilleurs, les Pays-Bas, le Danemark, la Suisse, l'Estonie, y parviennent à un coût radicalement inférieur. Non parce qu'ils sont moins ambitieux, mais parce qu'ils ont conçu leur État pour l'efficience plutôt que pour l'accommodement politique. C'est la voie que HART veut emprunter.

La Belgique mérite un État qui travaille aussi dur que ses citoyens. Plus petit là où c'est possible. Plus intelligent là où c'est nécessaire. Honnête, toujours. Ce n'est pas une idéologie. C'est du bon sens.